Monthly Archives: February 2011
Le plan des attentats programmés révélé par des éléments terroristes
Les deux personnes récemment arrêtées par nos forces armées et de sécurité sont revenues, mercredi, dans un entretien accordé à la télévision nationale sur les détails des tentatives d’attentat contre la capitale, Nouakchott, comment l’opération a été préparée dès le départ, à partir de quel endroit et avec quelle logistique pour assurer son succès en atteignant les objectifs déterminés pour cette mission terroriste. Selon Saleck Ould Cheikh Mohamedou, né en 1984 à Atar, l’opération a été commanditée depuis le nord du Mali, après 4 mois de préparation, au terme desquels deux voitures ont été chargées de produits explosifs et deux autres gardées dans un atelier pour une utilisation ultérieure à des fins similaires.
Saleck qui dit avoir évolué dans les rangs de la “Kitiba des Moulethemines” (enturbannés) d’AQMI au nord du Mali, a indiqué dans ses déclarations que le premier véhicule était destiné à faire exploser le ministère de la défense nationale alors que le second visait l’ambassade de France en Mauritanie.
Dans cet entretien, il a cité les noms des occupants des 3 voitures à savoir, lui, Zoubeir, Saad, Abderrahmane, Zekeriya, Abou Jaavar ( bissau guinéen), Maaouiya et Abou Jendel.
Ces voitures se sont ébranlées du Mont Agharghar au nord du Mali à destination de la capitale, Nouakchott, en passant par le sud mauritanien, au niveau de Selibaby, poursuivant, de là, leur progression dans le territoire national vers l’objectif final.
Selon Saleck, la première voiture, comme l’avait annoncé auparavant les autorités officielles, avait à son bord une malle métallique contenant 1,5 tonnes de produits très explosifs.
Chaque passager avait sur lui, entre autres, un kalachnikov, 4 chargeurs, en plus de moyens de communication, ainsi qu’un appareil GPS.
Les véhicules transportaient aussi des bidons d’essence pour les besoins des longues distances parcourues dans la totale discrétion.
Ould Cheikh a souligné également que la troisième voiture était vide et que toute la colonne s’était fixée un rendez-vous à 10 km de Nouakchott où le dernier plan d’attaque des objectifs devait être donné, après le partage des rôles de tous les éléments de l’opération.
A propos de l’assaut contre l’Ambassade de France à Nouakchott, Ould Mohamedou a dit : ” le premier acte à faire dans cette attaque était de faire exploser tout d’abord le portail de la chancellerie par l’un des éléments qui devait se retirer par la suite, pour libérer la voie à la voiture piégée stationnée non loin, pour s’introduire immédiatement ensuite et faire exploser le véhicule. L’opération devait, selon les estimations, faire d’importants dégâts dans l’enceinte de l’Ambassade, évitant aux citoyens d’être touché par une explosion dont la déflagration peut s’étendre à un rayon de 500 mètres.
A la fin de ce témoignage, Saleck s’est dit heureux de l’échec de l’opération, précisant qu’il est déçu d’y avoir participé, appelant tous les mauritaniens présents dans les camps d’Aqmi au nord du Mali à rejoindre le pays et à se repentir, précisant que le pardon leur sera accordé par les autorités qui sont disposées à mettre en liberté tous ceux qui renoncent au terrorisme contre leur patrie, précisant enfin que personne ne doit détruire sa nation “.
L’autre terroriste, de nationalité Bissau guinéenne, répondant au nom de Youcef Galissa dit Abou Jaavar né en 1982 est presque revenu sur les mêmes confessions que son collègue mauritanien Saleck. Il a lancé lui aussi un appel aux anciens camarades restés dans les camps de l’organisation terroriste à renoncer à cette idéologie et à rejoindre leur patrie, faisant part de sa grande joie de voir les explosions programmées échouer.
ANI
Livre: Une vie de sébile de Bios Diallo
Une vie de sébile est un roman qui aspire à la réconciliation et à l’unité nationale en Mauritanie. En toile de fond, les événements de 1989. L’auteur Bios, Moussa Diallo de son vrai nom, y relate une vie difficile et conflictuelle entre deux jeunes amoureux mauritaniens : Bayel, (fille Peule) et Haamé (métissé Peul et Maure). Malgré qu’ils soient liés par un pacte d’amour, ils se sépareront en raison du deuil qui frappe la famille de Bayel. Un deuil dont les oncles et tantes de Haame sont présumés complices. L’histoire commence à Kidye, une ville imaginée par l’auteur, et qui se situerait quelque part dans le sud mauritanien. Ici Gon, «le petit dieu» sous les ordres de Coumba, perquisitionne les maisons.
Sa mission est « d’envoyer les démons (les noirs) au diable, vers l’autre rive du fleuve Sénégal.
Gon, et sa bande appelés «les Fanta», sèment la terreur. Partout où ils passent, on dénote « des morts et des blessés ». Parmi ces morts, il y a la fillette de Tegge, oncle de Bayel, que le drame poussera à la folie. Et pour s’échapper à la mort, Kesnido, la mère de Bayel, fait ses valises. Entre temps, elle aussi devient folle et «lâche ses habits dans la rue.»
Nimsa, le père de Haame, est du côté des Fan ennemis des Fanta. Par ce fait, n’a plus confiance en sa femme, Meté, soupçonnée d’appartenir aux Fanta, en raisons de ses liens de sang avec eux. Mete ne cesse, pourtant, de clamer son innocence et même d’essayer de détourner Coumba de son projet, par l’entremise de la femme Tevragh, jugée neutre.
Bayel, ne supporterant plus «le deuil et la déchirure», martèle : «Qu’on arrête de blesser la mémoire de ce peuple…Mon père, mes frères et sœurs sont tous enterrés dans ce pays. À cause de leur seule couleur de peau ». Puis, elle précise que ce conflit avec le Sénégal ne justifie en rien ce qui se passe. « C’est une bataille interne d’exclusion», dit-elle. Pour elle, il ne reste plus qu’à «prendre les arme» et de combattre, à partir de «l’autre rive, les lâches qui ont mis le couteau sous la gorge» de ses grands parents.
Mais Bayel ne réussira pas à convaincre Haame sur ce choix. Et pour cause : «les armes n’ont jamais rien résolu ». Il prône une solution par le dialogue. Bayel refuse, le traite d’indécis et d’être partagé entre les Fanta, sa lignée maternelle, et les Fan, le clan paternel. Il nie : «Tu te trompes ! Je ne cautionne rien. J’observe, impuissant (…) Je reste persuadé, aussi que tous mes oncles ne satisfont pas le dessin de Coumba.»
Bayel, malgré les conseils, quitte la ville, parce qu’elle «se refuse à être le témoin d’une terre où l’aurore brime la rosée». Et elle avoue son cœur plein de remords : «Haame, cette ville de Kidye n’est plus mienne». Elle s’en ira mais demeure attachée à la Mauritanie dont elle résume l’histoire : « Pour moi, dit-elle, l’histoire de ce pays, est celle de ma présence (…) La Mauritanie appartient à ceux qui l’habitent, aiment son drapeau».
Plus tard, dans les camps des réfugiés, à Dar Salam, sur l’autre rive, au Sénégal, Bayel mobilisera les réfugiés pour la résistance. Et quelque temps après, Haame la rejoint pour la convaincre à retourner au pays. «Bayel, c’est toi que je suis venu chercher. Je ne voudrai pas retourner sans toi». Sur le coup, elle ne le suit pas, mais par amour finira par le rejoindre à Seeno ( une ville facilement identifiable à Nouakchott. Pas pour longtemps.
Car, devant le refus de Haame à céder à la violence, Bayel se braque. Elle exhibe les morts pour faire la lumière sur se qui s’était passé. Catégorique, Haame lui dit : « On ne peut pas construire un pays en exhibant ses os». Bayel s’exile en France, en lui abandonnant « son lit et ses espoirs». En France, «terre des droits de l’homme», elle milite pour les droits de son peuple et se rend partout pour faire entendre sa voix. Ceci, jusqu’au jour où elle sera surprise de revoir Haame, venu en France, dans un sex shop.
Après cette bavure, Haamé renoue avec l’action militante et quitte Chabi, sa petite amie, qu’il croyait pourtant être «attachée à l’Afrique et aux africains». Puis il aura la curieuse révélation : «Tu sais, enfin, qui je suis, une perdue». Une perdue qui sera à l’origine de l’assassinat de Bayel. Les enquêteurs réécouteront ses appels téléphoniques avec Haame : « Cette écervelée de Bayel je l’aurai. Tu as intérêt à la mettre dehors …surtout de cesser de la soutenir dans ses actions».
Bayel, morte, ne sera pas enterrée, comme elle le souhaitait, chez elle à Kidye. Car pour «les autorités mauritaniennes» elle est « une traîtresse». Il n’empêche que des pèlerins viendront se prosterner devant son cercueil, lui rendre hommage à Juuga, à la frontière. Et c’est de là-bas que Haamé vient lui annoncer la bonne nouvelle : «une Mauritanie nouvelle est née. Une Mauritanie où tous les citoyens sont égaux». Une vie de sébile, un roman d’espoir, et pour la réconciliation.
Mohamed Diop –NOUAKCHOTT-INFO
L´UPR du Général: Prêt-à-injurier
L’Union Pour la République (UPR) s’est attaqué sans réserve, dans un communiqué incendiaire, à la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD) et, particulièrement, au Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) dont le président, Ahmed Ould Daddah, chef de file institutionnel de l’opposition démocratique, a été vilipendé et traité de tous les adjectifs dégradants. Les autres leaders de l’opposition au pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz ont eu, chacun, leur dose d’injures et de calomnies. Ce qui fait dire à certains qu’il y avait le prêt-à-porter, nous avons maintenant le prêt-à-injurier. Cette escalade verbale intervient au moment où le pays est confronté à une vague d’insécurité, consécutive à l’incursion de voitures de la nébuleuse islamiste AQMI, sur le territoire national.
Une situation qui devrait imposer à tous, de la majorité comme de l’opposition, une attitude d’apaisement et de retenue; focaliser les forces et resserrer les rangs, afin de contribuer au retour de la paix et de la stabilité. Le texte de l’UPR constitue une réponse aux propos contenus dans le virulent communiqué publié, il y a quelques jours, par le RFD. Une sorte de réponse du berger à la bergère, très caractéristique des formations politiques du pays. Or, celles-ci devraient s’adonner à plus important que cela, à quelques mois d’élections législatives et municipales déterminantes.
Quelle aigreur!
De quel droit se prévaut Mohamed Ould Abdel Aziz et son gouvernement pour empêcher une haute personnalité politique, chef de file d’une importante institution démocratique et président du plus important parti politique mauritanien, de rendre visite à des soldats mauritaniens, blessés lors d’une confrontation avec des terroristes? Une décision ridicule qui atteste de l’infantilisme et des limites de ceux qui ont en charge les affaires de ce pauvre pays. Il ne se passe plus une semaine sans qu’en propos ou en gestes, les plus hauts responsables étatiques commettent des incongruités. A quoi servent, alors, la dizaine de conseillers en affaires islamiques, en communication et autres affaires militaires? Visiblement, à rien. Car, en Mauritanie, c’est une tradition – en tout cas, depuis l’avènement des militaires, en 1978 – de s’entourer de beaucoup de conseillers béni-oui-oui qui hochent la tête, à gauche ou à droite, de haut en bas, selon l’humeur et la volonté du maître du moment. Comment, à part cette veulerie de basse-cour, expliquer cette décision de refuser le droit de visiter son prochain malade, à un musulman, haute personnalité nationale, qui plus est, de l’envergure d’un chef de file de l’opposition? Interdiction de rendre visite à des compatriotes, blessés dans le cadre de la défense nationale? Aigreur, idiotie, stupidité, ou les trois à la fois? Allez savoir !
LE CALAME
L’anniversaire de la naissance du Prophète (d’El Maouloud) sera mercredi prochain
Le mercredi 16 février 2011 sera le jour de l’anniversaire de la naissance du Prophète Mohammed (Paix et Salut sur Lui), El Maouloud Ennebewi, indique un communiqué rendu public mercredi par la commission centrale d’observation du croissant lunaire. Le document précise que les investigations menées par ladite commission ont établi que le premier jour du mois de “Rabii El Ewel” de l’an d’El Hijra (Hégire) ayant coincidé avec le 3 février 2011, par conséquent, le mercredi prochain, 16 février 2011 correspondra avec le jour la naissance du Prophète (PSL).
ANI
AZIZ/AQMI:La Guerre Totale
Une fois encore, la Mauritanie est visée par une tentative d’attentat signée par AQMI (Al Qaeda au Maghreb Islamique). Les éléments de la garde présidentielle ont réussi à faire exploser une voiture piégée aux portes de la capitale. On a frôlé la catastrophe, tant le véhicule transportait 1,5 tonne d’explosifs. Cette affaire relance le débat, jamais tranché, sur la guerre menée en solo par notre pays contre AQMI. Même si tout le monde politique annonce son soutien unanime aux forces armées, certains n’hésitent pas à qualifier cette guerre de véritable aventure aux conséquences incalculables pour le pays.
Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) a menacé, lundi, d‘une nouvelle tentative d‘assassinat du président Mohamed Ould Abdel Aziz qu‘elle accuse de mener contre elle une “guerre par procuration” pour le compte de la France. “Une nouvelle tentative sera menée par nous et nous continuerons à le faire tant qu‘il n‘aura pas cessé la guerre par procuration qu‘il mène contre les moudjahidines pour le compte de la France”, affirme un communiqué d‘AQMI publié lundi par l‘agence privée en ligne Nouakchott informations (ANI). Le communiqué appelle l‘armée mauritanienne à déposer le chef de l‘Etat, l‘accusant de vouloir lui “imposer une guerre qui n‘est pas la sienne” en “alliance avec les croisés”.
Ce texte confirme de premières déclarations d‘un des porte-paroles d‘AQMI à ANI: il avait affirmé que son organisation avait visé le président mauritanien dans une opération déjouée la semaine dernière par l‘armée mauritanienne. Une version démentie par celle du ministère de la Défense nationale qui soutient que les terroristes visaient l’ambassade de France à Nouakchott et les bureaux de la sixième région militaire. Quelques jours après cette bataille, il est toujours difficile d’établir avec exactitude ce qui s’était réellement passé.
Le film des événements
Tout a commencé, la semaine dernière, lorsque des voitures tout terrain avaient forcé un barrage de contrôle des forces de l’ordre à la frontière avec le Mali, dans la région du Guidimagha. Aussitôt, l’alerte est donnée sur l’ensemble du territoire national. Conséquences : fouilles sur toutes les routes menant à la capitale, multiplication des postes de contrôle et alerte rouge au sein des forces armées, augmentation. A Nouakchott, la brigade anti terroriste de la police est mobilisée pour la cause et procède à des fouilles poussées aidée par les fameux chiens dont elle s’est dotée récemment.
Lassés par cette alerte, beaucoup d’observateurs commençaient même à douter de la véracité des informations diffusées et penchaient même pour une manœuvre du pouvoir visant à détourner l’attention de l’opinion des révoltes qui se déroulent en Tunisie et en Egypte. Pourtant la menace se révélera juste.
Pendant la journée du lundi, une voiture 4X4 est saisie par la gendarmerie dans les environs de la ville de Rkiz (Trarza). Elle transportait des armes, des minutions et des explosifs. L’un des occupants du véhicule, un Bissau guinéen, est arrêté. Ses deux autres compagnons réussissent à disparaitre dans la nature. Beaucoup de forces sont lancées à leurs trousses. Mais, leur poursuite est vite éclipsée par une autre affaire plus urgente : une voiture piégée qui se dirigeait dans la nuit du mardi à mercredi à Nouakchott. Elle avait une mission grave et dangereuse : plusieurs opérations dans la ville. Les avis diffèrent par rapport à la source qui avait prévenu les autorités de l’existence de cette voiture. Certains estiment que le prisonnier d’AQMI avait parlé et a dévoilé les plans de ses amis. C’est ce que laissait entendre le ministre de la Défense dans sa première déclaration. Une autre version évoque une action des services de sécurité qui auraient ébauché des contacts ‘’fructueux’’ avec le représentant d’AQMI en Mauritanie. Ce dernier aurait ‘’vendu la mèche’’. La troisième hypothèse est que les hautes autorités auraient été les seuls informées sur les mouvements du véhicule d’AQMI à travers les écoutes téléphoniques. En tout cas, selon des informations dignes de foi, le pays dispose d’une valise d’écoute mobile qui serait gérée par un coopérant militaire français qui est directement en contact avec le chef de l’Etat.
Quoi qu’il en soit, les autorités disposaient d’informations sur le véhicule d’AQMI qui avait Nouakchott pour cible. La thèse officielle explique que des éléments de la garde présidentielle avaient réussi à faire exploser le véhicule à l’entrée de la capitale à l’aide d’un tir RPG qui l’a fait exploser. Une autre version soutient que les occupants du véhicule, un algérien et une autre personne non identifiée, se sont fait exploser à quarante mètres des éléments du BASEP qui ne les avaient pas remarqués parce qu’ils avaient éteint les lumières de leur voiture. Difficile de savoir la vérité. Toujours est-il que l’explosion était très forte. Elle a été entendue au centre ville. Beaucoup de ‘’baraka’’. En effet, si les terroristes étaient parvenus à leurs objectifs, il y aurait eu un véritable carnage.
Au total quatre membres présumés d‘Aqmi avaient trouvé la mort (trois tués par l‘armée, le dernier par suicide), deux ont été arrêtés. Un gendarme mauritanien a également été assassiné et huit blessés lors de ces opérations. Une voiture des terroristes a été saisie avec sa charge, une autre avait explosé, et aucune information sur la troisième voiture du convoi. Se trouve-t-elle toujours dans le pays ou avait-elle réussi à regagner à ses bases ?
Questions troublantes
En peu de temps, la Mauritanie est devenue l‘un des pays les plus touchés par les activités d‘Aqmi qui a des bases au Mali et opère dans le Sahel où elle commet attentats, enlèvements, essentiellement de ressortissants occidentaux, et divers trafics.
Très active dans la lutte anti-Aqmi ou se montrant comme telle, l‘armée mauritanienne a réussi à empêcher plusieurs tentatives d‘attentat de la branche maghrébine d‘Al-Qaïda à Nouakchott visant, outre le président Abdel Aziz, l‘ambassade de France et une caserne, selon différentes sources. Mais faut-il parler dans ce cas précis d’une action de l’armée nationale ou d’un seul corps : le Basep. Pourquoi les autres éléments de l’armée n’avaient pas intervenus directement dans cette bataille qui a été menée uniquement par la sécurité présidentielle. Les explications divergent. Il y a ceux qui estiment que le président de la République est très déçu de l’action ‘’insuffisante’’ des troupes armées chargées de la lutte contre le terrorisme et que pour cela il a avait décidé de confier la mission d’interception de la voiture piégée à sa propre sécurité présentée comme un véritable corps d’élite de l’armée disposant de beaucoup de moyens et mieux entrainé que les autres unités. Mais cette explication ne semble pas justifier tout. D’autant plus que plusieurs unités de l’armée ont en charge la sécurité de presque tout et enregistrent des succès certains dans ce domaine. Certains analystes estiment qu’il y a une raison autre liée au fait que le Basep est la seule unité qui dispose d’armement dans le périmètre de Nouakchott. Une mesure, dit-on, de précaution pour parer à toute éventualité de coup de force contre le régime. Cela pourrait bien être le cas dans la mesure où même pour poursuivre des terroristes dans la région du Brakna, on y envoie la sécurité présidentielle. La traque des deux présumés terroristes en cavale avait été confiée à cette unité.
Guerre sans vainqueur
La Mauritanie est engagée réellement dans une guerre qui parait sans fin. Notre pays est le seul dans sa zone qui est en conflit ouvert avec la branche maghrébine d’Al Qaida qui s’active de plus en plus dans la région et qui cherche bien à le punir pour cette ‘’hardiesse’’ que les terroristes estiment être dictée par la France, dont plusieurs de ses ressortissants demeurent aux mains d’AQMI depuis plusieurs mois.
Pour le pouvoir en Mauritanie, il s’agissait plutôt de se faire respecter en établissant son autorité sur l’ensemble de son territoire et même plus. Fidèle donc à cette logique, le président Aziz, qui s’est présenté depuis le départ à ses partenaires étrangers comme étant un homme fort capable de mettre de l’ordre dans un pays en proie à la menace terroriste, a fait de la lutte contre le terrorisme la priorité de ses priorités. Beaucoup de moyens, sinon tous les moyens du pays, ont été affectés à la modernisation de l’armée, son équipement et le relèvement de son niveau technique afin de pouvoir faire face à ce défi. Plusieurs unités spécialisées de la lutte contre le terrorisme furent mises sur pied. La capacité combattante de l’armée a été également renforcée par l’achat de plusieurs avions militaires. Dans un territoire vaste inhabité, comme le nôtre, les moyens aériens sont importants pour songer à le contrôler.
Parallèlement à cela, le commandement militaire mauritanien a décidé d’entreprendre une nouvelle stratégie dans la lutte contre AQMI : la guerre préventive. Celle-ci consiste à aller chercher les combattants d’Al Qaida dans leurs bases-arrières au nord du Mali. D’abord le droit de poursuite accordé par le voisin malien a été utilisé. Ensuite, il a été décidé de faire stationner en permanence des troupes mauritaniennes dans cette zone. Ce programme, ambitieux et très coûteux, est-il suffisant pour enrayer la menace ? C’est cet objectif qu’espérait le président Aziz, mais la dernière tentative d’attaque suicide contre Nouakchott suscitent des doutes quant à sa fiabilité. Trois voitures avaient réussi à franchir la frontière et aller jusqu’à la capitale. Finalement leur opération a échoué, mais elle a démontré tout de même que le déploiement au Mali ne remplit l’objectif escompté : transférer la guerre hors de nos frontière.
Autre démarche qui n’a pas réussi totalement : le dialogue avec les Salafistes. L’une des personnes qui étaient en cavale et qui est restée vivante avait été graciée par le président, tout dernièrement. Elle purgeait une peine de huit ans dans la prison civile à Nouakchott. Ce qui remet en cause cette approche pour laquelle le pouvoir avait mobilisé tous les oulémas connus du pays.
Alors que faut-il faire donc, le cas échéant ? Difficile à donner une réponse à cela. Tant cette situation ressemble à un début d’enlisement qui fait penser au scénario américain en Afghanistan. En effet, les terroristes sont très agiles, n’ont pas de charges comme c’est le cas d’un Etat et cherchent seulement à maintenir le conflit à travers des actions d’éclat tel que une opération kamikaze, une voiture piégée, un acte de sabotage ici ou là… Vraiment pas d’actions qui demandent beaucoup de moyens, ni beaucoup d’hommes. Ils ont l’avantage d’être un ennemi invisible, pernicieux et insaisissable…
Alors que doit faire la Mauritanie aujourd’hui ? C’est la question qui demeure posée ! En tout cas l’Etat ne peut pas abdiquer face à l’action de quelques dizaines d’apprentis terroristes qui n’ont aucune légitimité ou continuer une guerre qui n’a pas de perspective de fin et qui est très coûteuse pour un pays fatigué économiquement comme le nôtre…
Mohamed Mahmoud Ould Targui- BILADI



