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LARENCONTRE AVEC LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Nous avons été hier invités en tant que ‘’Pôle des 15’’ de l’Opposition à un échange avec le Président de la République . Echange long ,même trop long, dispersé mais intéressant par ce qu’il révèle…
D’un côté , il s’agissait d’ informer sur ce qui a été fait pour contenir les conséquences de la crise des hydrocarbures au regard des efforts accomplis , de l’autre, apprécier mais encore porter des attentes ,exprimer l’espoir de voir le président s’impliquer pour débloquer, enfin, le dialogue en panne …
Examinons d’abord la forme …
Je découvre un président avec de grandes qualités humaines ; patient , calme , ouvert , impassible et presque permissif face à des postures parfois désinvoltes qui frisent les dérapages… Une Opposition ,par certains éléments ,qui révèle un nationalisme intolérant et chauvin qui refuse la traduction, alors que tous ne parlaient pas Hassanya. C’est le camp du Président qui traduit , insiste et en rappelle la nécéssité , c’est notre camp de l’opposition qui fait fi du rappel… Alors que la traduction est une des règles essentielles du fonctionnement du Pôle. La traduction est un droit -pour permettre à tous d’être au même niveau dans le débat- en même temps qu’un respect implicite de notre diversité-, même si certaines victimes se jouent de cette dimension , à leur perte, pour des raisons obscures …
Autre élément notable , un ‘’pôle des 15’’ dans un cafouis indescriptible où chaque membre tient à s’exprimer ; Ca va dans tous les sens , alors que le président du pôle a passé correctement le message.. Un discours décousu , sans fil directeur , répétitif à géner…Des jeunes loups aux dents longues, qui cherchent de la visibilité… S’asseoir auprès d’un Président ça fait gloriole ! Il faut forcer la dose en lui adressant la parole , et parfois même tomber dans la polémique. Parler en désordre de tous les sujets, pêle-mêle , même des plus superficiels et personnels . Le ‘’m’as-tu-vu’’ en somme…assez courant chez le genre humain !
Maintenant venons en au fond
Le Président ouvre la séance en nous expliquant avec force détails et chiffres à l’appui , de ce qui avait été fait, depuis notre dernière rencontre , pour contenir la crise , ou du moins ses conséquences négatives sur les populations… En termes d’appui aux familles démunies, aux handicapés, aux fonctionnaires, aux retraités ,aux malades etc, à travers une rallonge de plusieurs milliards d’ouguyas .
Le sentiment général qui se dégage ,je crois , de l’appréciation collective était que , si nous ne contestions pas ces mesures , leur impact sur le terrain ne nous semblait pas visible . En effet , les prix ,-tous les prix-flambent à commencer par les denrées de 1ere nécéssité , les viandes , le poisson, par répercussion du prix du transport ( Taxis ,routiers etc ).
Efforts financiers , sans nul doute , mais effet presque nul à l’arrivée …comme sentiment général.
Sur ce point des mesures correctives , la question a été posée au Président : qu’attendait –il de nous , de l’Opposition, en nous informant de cette situation ? Juste nous informer , en spectateurs passifs , ou faire de nous des acteurs ‘’actifs’’ ? J’ai eu le sentiment que sur cette question le Président a botté en touche .
Autre point sur lequel un certain nombre de camarades , à commencer par le president Maouloud , sont revenus : la question du dialogue…bloqué. L’opposition souhaitait que le Président mette le holà dans les rangs de sa Majorité . Là , il m’a semblé tiquer un peu , avant de mettre fermement les points sur les « i » ; il n’était pas question de contraindre sa Majorité a changer de posture, renvoyant dos à dos cette Majorité et l’Opposition dans la responsabilité du blocage du dialogue. Ambiguité on ne peut plus claire pour qui veut décrypter…
J’ai eu , par ailleurs ,le sentiment ,dans les limites de ma compréhension (en raison de l’absence de traduction bien souvent ), que les questions des libertés fondamentales , les tensions dans la vallée du fleuve autour des terres , l’apaisement du climat social n’ont pas été abordées ou l’ont été insuffisamment. ..hélas !
Maintenant , quelle lecture des motivations sur les non- dits de cette rencontre , et quelle perspective pour l’Opposition ?
Le Président brandit l’instabilité qui nous entoure à nos frontières en appelant à une ‘’Opposition responsable’’ ; appelant toujours au dialogue sur les grandes questions d’intérêt national….
Décryptons : tenez vous tranquilles, pour nous éviter des turbulences , mais ne perdez pas espoir …vous aurez quand meme votre dialogue !
Stratégie de ‘’ containement’’ subtil ?
A l’opposition de choisir , entre un dialogue mais pas dans les conditions souhaitées de départ ou la voie de l’opposition frontale.
Je ne suis pas sùr , par ma part , aux yeux de la composition de cette opposition , de sa fragilité en raison de l’origine de ses jeunes loups aux dents longues , désireux de se faire adouber, pour un bon nombre parmi eux, que le choix de cette derniere option prévale .
Mais bon, wait and see…Personne n’est devin.
Samba Thiam President des FPC
*M. Samba Thiam, président des Forces Progressistes du Changement (FPC) :*
‘’Il serait trop tôt de parler ‘’de front permanent’’ de l’opposition, connaissant nos déboires du passé’’
*Le Calame : Monsieur le Président, le meeting de l’opposition du 10 mai dernier à Nouakchott a réuni des mil liers de citoyens. Quel bilan tirez-vous de cette mobilisation face à la vie chère et aux restrictions des libertés ? Est-ce le signal d’un nouveau front uni et per manent de l’opposition face au pouvoir ou d’un simple ras-bol de circonstance ?*
*Samba Thiam :* Merci de me redonner la parole après un long temps de silence de ma part. Concernant le meeting de l’opposition tenu dimanche dernier vous confirmez, par vos propres observations, la présence massive des populations, en effet ; ce dont nous nous félicitions au niveau de l’opposition. Il faut toutefois rappeler que les thèmes retenus concernaient, en plus de la vie chère et les restrictions de liberté, l’Unité nationale, une de nos préoccupations essentielles.
Quel bilan ? indéniablement un succès, malgré quelques dysfonctionnements dans l’organisation, chose normale en pareille circonstance, dans cette première sortie groupée des trois pôles. Ras-le bol des populations supposez-vous ? Certainement, au regard du calvaire vécu, à tous les niveaux, et pour avoir tant sup porté. Ces populations, dirons-nous, ont fait preuve de patience et de résilience. Vous avez souvenance de ce que la hausse du prix d’une baguette de pain avait coûté en Tunisie, en comparaison d’un marché où tout flambe tous les jours, au gré des humeurs des commerçants qui tiennent les gouvernements par leurs financements des campagnes électorales ! Oui nos populations, toutes composantes nationales confondues, pour ce qu’elles ont tant enduré, ont fait preuve de patience. Mais l’on sait qu’il y a une limite à tout …
Pour l’instant il serait trop tôt de parler ‘’de front permanent’’ connaissant nos déboires du passé. N’allons donc pas trop vite en besogne. Il faut toutefois espérer que nous saurons nous armer d’optimisme et faire preuve de sursaut en tirant les leçons des échecs des compagnon nages précédents. Mais, en tout état de cause, pour un coup d’essai ce fut un coup de maître, osons le reconnaître… Devant la foule, vous avez émis des réserves sur la capacité de l’opposition à former un bloc uni pour instaurer une justice sociale. Qu’est-ce qui vous fait douter de cet engagement commun aujourd’hui ?
‘’Emis des réserves’’, c’est trop dire, à mon sens ! Je voulais juste alerter le groupe sur la responsabilité qui lui incombe en ces moments de gravité où bien des dangers guettent de toutes parts notre pays. Mais disons aussi, pour être honnête, qu’il y eut par le passé l’expérience du G8 qui fut porteuse d’espoirs, mais que j’avais fini par quitter, quelque peu douché. On y louvoyait beaucoup trop, refusant d’aborder frontalement certaines questions de fond. J’espère que ça ne sera pas encore le cas avec ce rassemblement. Est-ce que nous serons capables de surmonter nos clivages internes, nos méfiances ataviques, de résister durable ment aux chants des sirènes du pouvoir, et surtout aptes à sérier l’essentiel de l’accessoire, c’est- à-dire oser aborder les véritables questions de fond dont l’unité nationale constitue la pierre angulaire ? C’est une question. Est-ce que nous saurons durer, c’est toute la question !
*La justice vient de condamner à quatre ans de prison ferme deux députées de l’alliance RAG-SAWAB pour « atteinte aux symboles de l’État » après avoir dénoncé des discriminations. En tant que leader des FPC — parti également non reconnu qui partage une condition similaire avec le RAG —, com ment qualifiez-vous ce verdict et quel impact a- t- il, sur la solidarité au sein de l’opposition ?*
Nous avions déjà, au nom de ‘’ la Coalition anti-Système’’, réagi à l’évène ment à chaud et de manière vive. Il n’empêche, je ne puis ne pas redire, ici, mon indignation et réaffirmer avec force ma condamnation de cet acte de provocation que j’assimile à un traitement humiliant et dégradant. On ne jette pas des élus du peuple en prison comme de vulgaires individus, au mépris des règles et principes mêmes de l’hémicycle ; au nom d’une loi scélérate qui, du reste, est bien souvent invoquée et appliquée avec un double standard. C’est un précédent dangereux, c’est de l’intimidation doublée d’une forme de menace à l’attention de tout député de l’opposition.
Ces pratiques, en fait, relèvent d’une carence consubstantielle des régimes militaires- réels ou déguisés – qui nous gouvernent depuis 1978, profondément inégalitaires et discriminatoires, et pour lesquels la loi c’est le prince. La non reconnaissance du RAG et des FPC que vous évoquez en filigrane s’inscrit dans cette veine ; et s’explique par la logique même du Système. Et puisqu’on en parle, le dossier des FPC, je dois le dire, est toujours en souffrance à la Cour Suprême, malgré la relance de mon avocat, Maître Lô, à travers un mémoire béton ; celui relatif à ma pension au niveau de la fonction publique demeure également dans les tiroirs, du moins jusqu’ici, malgré ma démarche récente de rappel. Bref tout est au point mort. Il y a eu des promesses mais j’attends toujours. Sans toutefois me faire trop d’illusions et sans me faire museler…
*Vous avez récemment dénoncé le fait que le dialogue national se heurte au « mur de la majorité présidentielle ». Vous ciblez notamment les tentatives de certains cercles du pouvoir d’intro duire la question de la révision constitutionnelle des mandats présidentiels. Pourquoi cette question constitue-t-elle une ligne rouge absolue pour les FPC et l’ensemble de l’opposition ?*
Elle constitue une ligne rouge pour les FPC, de par l’ambition que nous avons pour ce pays. Accepter cet amendement vous amène à vous engager dans des dédales juridiques sans fin, qui conduiraient à courir le risque de suivre l’exemple désastreux de certains pays du continent, auquel nous assistons impuissants, attristés. Je veux nommer la Rdc, la Guinée Conakry, le Congo, le Cameroun et ces Etats du Sahel qui ont basculé dans le mandat à vie ! Nous souhaitons bien mieux pour notre pays, nous voulons pour la Mauritanie un destin comparable à celui du Bénin, du Nigéria et du Sénégal.
*Le processus de dialogue est aujourd’hui dans l’impasse. Alors que le chef de l’État avait initialement validé la démarche, vous pointez du doigt les résistances de ses ministres et de sa majorité. Pensez-vous que le Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani est otage de ses propres « faucons », ou manque-t-il de réelle volonté politique pour faire avancer les réformes structurelles ?*
Bonne question mais question piège et non sans danger au regard de la ‘’loi scélérate sur les Symboles’’, un fourretout destiné à piéger les opposants, qui plane sur nos têtes. La question ressemble à un piège à nigaud par sa double facette apparente ; en effet, quelle que soit la prouesse dans la réponse apportée, elle vous conduit forcément au même résultat : juger le Président. Et je m’en garderai bien. Mais si je devais malgré tout m’y risquer, je parlerais d’une personnalité avenante, courtoise ; sans plus.
Mais retournons votre question : Un Président fort peut-il accepter d’être pris en otage par quelques factions rétives du pouvoir, quand la ‘’volonté politique’’ est nettement déclinée et s’inscrit dans l’intérêt supérieur d’un pays ? A chacun d’en juger.
Pour ce que je pense du dialogue à cet instant ‘’T’’, je dirais qu’il perd, au fil des jours, en crédibilité.
D’’abord ce blocage, manifestement réfléchi, par l’introduction d’un point de contentieux qui rompt avec les clauses admises de départ. Cela ressemble fort à une stratégie astucieuse : glisser un grain de sable pour gripper la machine, et ainsi dissimuler un rétropédalage, camouflé, qui ne dit pas son nom…
S’y ajoute cette manœuvre insolite qui interroge, consistant à soustraire des thèmes retenus du dialogue la question du ‘’Passif humanitaire’’, en complicité avec le coordinateur même du dialogue nation al ! Et cela dans le but d’opter pour un règlement en sourdine, avec un groupe de rescapés militaires et des orphelins très portés sur les sous ; trop portés sur les sous ! Et avec quel scénario s’il vous plait ? Celui porté par la fameuse feuille de route de M. K qui se décline ainsi : ‘’ Dans un stade archi -comble, le Président viendrait et prendrait tout le mal sur lui, puis suivraient des veuves qui ‘’pleur nicheraient un peu’’(-c’est le terme choisi-),et accorderaient ensuite tacitement leur pardon et hop…de l’argent à flot pour sécher les larmes ‘’ … Ni plus ni moins ! Hélas, la dignité a déserté nos cœurs. Un problème aussi grave, de portée nationale que l’on cherche à étouffer, à solder en catimini, de manière cavalière. Il faut cesser de considérer ce problème comme étant celui d’un groupe ; cesser de le sous-traiter avec une association fantôme, sans légitimité aucune ! Il n’y a pas une âme dans la vallée du Fleuve, voire dans tout le pays, qui n’ait souffert dans sa chair pendant ces évènements.
On nous dit ’’ pas de Justice’’, pas même la Vérité ! Rien que de l’argent pour solder la mémoire des morts et des mutilés de ces années de braise. Nous aurons ainsi fait moins que le Maroc, moins que la Gambie à côté et, bien entendu, beaucoup moins que l’Afrique du Sud, l’Argentine et le Chili !
Il faut que les Justes de ce pays, les bonnes consciences parlent, élèvent la voix. E Burke, que je paraphrase ici, dis ait en substance, ‘’qu’il suffit, pour que le mal triomphe, que les hommes de bien se taisent et ne fassent rien ‘’. A Einstein dis ait à peu près la même chose. Hélas, dans ce registre nos compatriotes ne sont malheureusement pas légion.
Autre élément à vous rendre encore plus dubitatif : ce problème du ‘’Passif’’ que l’on cherche à solder, en le déconnec tant de la cause première qui l’a engendré, qui est d’ordre politique : l’exclusion totale des négro-africains. On veut s’atta quer à l’effet sans toucher à la cause con tre tout bon sens, guérir le mal sans l’extirper à la racine ! Il se trouve hélas que, depuis le début du mandat du président Ghazouani, jusqu’ici, nous n’avons senti aucune inflexion sérieuse, aucun fléchissement du Système sur cette ’exclusion, qui se renforce plutôt… Le contraire aurait pu pourtant, en prélude, réconforter et rassurer sur la volonté politique réelle d’aborder les questions de fond pendant ce dialogue, d’amorcer petit à petit les solutions. Mais rien absolument rien ! Sans compter cette répression féroce actuelle qui s’abat sur des acteurs et activistes politiques, en particulier sur ceux de l’IRA.
Un dilemme, enfin, à rendre quiconque perplexe : Le Président dit s’engager solennellement à appliquer les conclusions consensuelles qui découleraient de ce dialogue. Intention louable s’il en fut, mais qui pose problème. En effet, quel consensus pourrait résulter d’un ‘’dia logue’’ entre deux groupes quand l’un y est foncièrement hostile et n’en veut pas, et l’autre y reste attaché ? Comment concilier les points de vue de ces deux groupes diamétralement opposés sur tout ? Appliquer quoi, puisqu’il n’en sortira rien du tout ou rien de vraiment significatif.
C’est tout cela qui, mis bout à bout, force légitimement au scepticisme, au doute sur la perspective d’un dialogue sérieux, crédible. Peut-on continuer encore d’y croire ? A chacun de juger…
*‘’ Je pense que le dialogue perd en crédibilité au fil des jours’’*
*Malgré l’interruption du processus, le ministre de l’Intérieur et plusieurs personnalités s’activent pour trouver un compromis. Des rumeurs annoncent un démarrage du dialogue d’ici fin mai ou début juin. Partagez-vous cet optimisme ?*
-Je ne pense pas, encore une fois, que ce rôle de pompier sied au ministre de l’intérieur, et ce d’autant plus que des pans entiers de l’opposition croit dur comme fer qu’il appartient au clan des faucons du régime, au regard des multiples coups fourrés ourdis à leur dépens. S’y ajoute la gestion des partis dans leur reconnaissance qui obéit au faciès et, manifestement, à la même logique implacable du Système. Neuf partis politiques à couleur unique ; un blanchissement de l’espace politique en cours à la manière de Ould Deh pour la santé. Tout le monde observe mais personne ne dit mot!
Lorsqu’on gère un fichier en toute exclusivité, sans contrôle aucun, tout peut arriver ! Jusqu’à l’aventure de cette dame-à la tête d’une Ong- qui, dit-on, s’est réveillée, toute surprise, de se voir octroyée un parti politique sans l’avoir demandé ! Mais étant donné que le vivier d’Insaf pour les parrainages est intarissable, il n’y a là rien qui puisse vraiment surprendre. On aura tout vu dans cette république, jusqu’à ces mosquées qui poussent comme des champignons à tous les coins de rue, souvent sur des espaces publics ou terrains privés squattés, alors que le peuple a faim…
Si le dialogue devrait démarrer en fin Mai, comme le laisse entendre la rumeur dites-vous, on en aurait noté les prémices, noté les signes annonciateurs. Pour l’instant je n’en vois pas.
*Face à un pouvoir qui refuse toujours de reconnaître légalement votre parti, les FPC, et qui durcit le ton contre les voix critiques, quelle est votre stratégie à court terme ? Si le dialogue politique échoue définitivement, la rue et les rassemblements populaires resteront ils votre unique recours pour imposer le débat sur l’unité nationale et l’égalité ?*
Bonne question, sur la stratégie à trou ver. Il nous faut bien, en effet, trouver une stratégie pour avancer, trouver les ressorts en nous-mêmes, sans jamais renoncer à nos lignes de force.
Pour le second segment de votre ques tion il ressemble encore à un piège-à nigaud (sourire)…Je dirai que le débat sur l’unité nationale et l’égalité ne saurait être imposé par les FPC toutes seules, mais par le peuple et par l’ensemble des forces vives et patriotiques de notre pays. Ce sera le peuple- sa jeunesse, la classe poli tique, -le tout ensemble qui choisira les voies et moyens d’y parvenir, la cadence adéquate à fixer. Si je comprends bien, vous faîtes allusion au changement à faire advenir. L’expérience d’autres pays a montré qu’il peut advenir à pas feutrés, ou se produire par explosion -que personne ne souhaite bien entendu-qui résulterait d’une maturation des conditions internes. L’on sait que le couvercle de la marmite saute par ébullition excessive. Il en est de même pour un pays, pour un peuple, par accumulation poussée des effets de poli tiques oppressives cumulées. Le trop plein finit toujours par verser, dit l’adage. Et nous savons tous que nous traversons en ce moment une situation explosive à tous égards…Il appartient donc au prési dent de la République d’en prendre con science afin de désamorcer les choses pendant qu’il est encore temps. Il en sorti rait certainement honoré pour toujours, et par la grande porte …
*Que Dieu protège la Mauritanie !*
*PROPOSRECUEILLISPAR DALAYLAM*
Samba reagit sur l interview de Hindou Mint Ainina
J’ai lu, avec plaisir, le commentaire ramassé de l’interwiew de Hindou Mint Ainina dans un média national.
Contenu intéressant mais sans surprise, venant de cette Dame au courage et à l’ honnêteté intellectuelle éprouvés pendant les années de plomb, avec Al Bayane. Sa posture, son souci permanent de l’unité nationale et ses tentatives de la colmater pendant son éphémère séjour au ministère de la culture, lui vaudront d’être éjectée très vite de ce poste par son gangster et chauvin de ‘’Boss’’.
C’est à l’œuvre qu’on juge l’ouvrier disait quelqu’un. Hindou a , depuis, convaincu et rassuré l’opinion négro africaine …
Le hic toutefois dans son propos c’est quand elle tente de convaincre sur l’intention de ses chefs et grands chefs sur le projet national qui , eux , n’ont rien prouvé jusqu’ici , et pour lesquels L’Unité nationale -la vraie- constitue, à mon avis , le cadet des soucis !
En effet, qu’observe-t-on depuis 2019 avec Ghazouani ?
Des mots rien que des mots, des intentions généreuses qui tranchent, radicalement, avec les actes posés, que traduit un chauvinisme poussé, exacerbé au quotidien, exprimé, chaque jour, par un blanchissement méthodique et appliqué du gouvernement et de son administration dans ses démembrements.
Hindou s’essaye à nous convaincre sur les intentions de ce Président de ‘’dialoguer’’ et de trouver des solutions aux grands problèmes de l’heure …Mais s’il existait chez ce dernier une volonté politique réelle, sans cachotteries, de s’atteler sérieusement à la résolution des problèmes de fond, ces questions controversées, comme la loi d’orientation sur l’éducation ou celle portant sur les partis politiques, attendraient le dialogue ! On ne chercherait pas par ailleurs , comme c’est actuellement le cas, à trouver des ‘’solutions ‘’ en catimini au problème du ‘’ Passif humanitaire ‘’ !
Non, nous voulons bien la croire, mais nous sommes sceptiques, par la force des choses. Car il n’est pas sûr que l’esprit qui l’anime soit celui de ses supérieurs. Certains signes ne trompent pas…Si c’était le cas elle n’aurait pas été ravalée et gardée au rang de conseillère – poste de garage- et de surcroît conseillère d’un Premier ministre .
Bref, nous attendons des actes, rien que des actes pour prouver la bonne foi de ceux -là qui nous gouvernent et dont elle tente de nous vendre l’image et les intentions ….
Samba Thiam
Président des FPC.
(je reviendrai sur la declaration du 1er ministre au parlement inchallah )
Mauritanie – Kaaw Touré immortalisé dans « I’AM BLACK », un film documentaire
Kassataya — Figure de la lutte politique et de la défense des droits des noirs en République Islamique de la Mauritanie, le parcours de Kaaw Toure est aujourd’hui immortalisé à travers une œuvre cinématographique. En effet, le grand producteur Suèdois Matz Eklund a realisé un film sous le titre « I ́AM BLACK » (Je suis noir, Ndlr).
Ce documentaire retrace le parcours de ce militant de la des droits humains de la prison à l ́exil. Cette œuvre a été primé comme meilleur film documentaire au festival de films scandinaves de Boden en Suède.
Kaaw Touré plus connu sous le nom de Elimane Bilbassi est originaire de Jowol, dansle Sud de la Mauritanie, une des anciennes capitales du Fouta et village du légendaire guerrier peul Samba Guéladio Djégui. Il s’est engagé dans la lutte dès son jeune.
Malgré son jeune âge, le jeune lycéen de 15 ans s’est engagé à porter le combat des droits humains, notamment des noirs en Mauritanie. Cette lutte acharnée lui a valu un séjour en prison à l ́âge de 18 ans.
Ceci a fait de lui, le premier plus jeune prisonnier politique de Ould Taya en 1986. Cette arrestation est intervenue, selon Kaaw Touré, après la publi-cation du « manifeste du négro-mauritanien opprimé ».
Une vie d’exilée au Sénégal
« Cette expérience carcéral sous le régime militaire dur et pur m´a renforcé dans mes convictions»; confie-t-il. Loin de se décourager, il récidive aussitôt après sa sortie de prison en 1987. Mais cette fois-ci, il était avec d ́autres jeunes camarades au lycée de Kaëdi en dirigeant une grève pour protester contre l´exécution des 3 premiers martyrs noirs le 6 décembre 1987 au camp de Djreïda à Nouakchott.
« J ́ai été à nouveau recherché et poursuivi par la police mauritanienne, ce qui m´a plongé dans la clandestinité et ensuite vers un exil forcé le 15 décembre 1987 au Sénégal. De Dakar j ́ai continué mes études au lycée Seydina Limamoulaye de Pikine où j´ai obtenu mon Bac et admis à l’ENEA (école nationale d’économie appliquée) de Dakar où je suis sorti comme ingénieur en planification économique et travaillé comme consultant à l´ONG Plan international dans la région de Thiès », nous raconte Kaaw Touré.
En dehors de ses études et activités professionnelles, l’activiste a continué la lutte avec ses camarades mauritaniens exilés au Sénégal pour alerter l´́opinion internationale sur la situation politique en Mauritanie et l’apartheid méconnu. « Plus tard, je fus propulsé à la tête du département de la presse et de la communication des FLAM et directeur de publication de notre organe d ́information le FLAMBEAU, journal interdit en Mauritanie.
Cet activisme débordant auprès de la presse sénégalaise et internationale m´a valu des mises en demeure répétées de la police sénégalaise et j’ai échappé de justesse à une tentative d ́extradition suivie d ́une expulsion en juillet 1999, suite aux pressions diplomatiques du gouvernement mauritanien, notamment du régime du colonel-président Ould Taya qui ne voulait plus de ma présence au pays de la Téranga.
Grâce aux Nations Unies j´ai obtenu l ́asile politique en Suède où je vis depuis et continue mon activisme en tant que porte-parole du parti d´opposition mauritanienne, les FPC (Forces progressistes du changement).
En Suède, M. Touré a continué ses études jusqu ́au master en sciences sociales et histoire des langues dans lesuniversités suédoises et travaille comme responsable d´́insertion et d´intégration des chercheurs d´emploi et denouveaux établis (immigrés) en Suède et par ailleurs formateur en langues modernes.
« A mes heures perdues je suis poète pulaar, j ́ai déjà écrit un recueil de poèmes en pulaar ”Sawru gumdo” (la canne de l ́aveugle) et enregistré plusieurs audios de la poésie pulaar. Je suis dans la rédaction d ́un recueil de poèmes-pulaar-français». Sa page Facebook est l´une des pages francophone les plus suivies en Mauritanie et qui compte plus de 100.000 abonnés.
Dieynaba TANDIANG
Source : LE QUOTIDIEN Numéro 1218 du vendredi 24 janvier 2025
Analyse et commentaire critique du nouveau projet de loi du ministre de l’Intérieur (Forme, Fond et Perspectives)
Dans la Forme, il y a eu sélectivité dans les convocations ( FPC non convoquées ), et par ailleurs l’opinion des partis convoqués n’a pas été prise en compte. En vérité, c’est toujours notre faire-semblant, soutendu par un subterfuge que nous avait servi Ould Eyih, avec les fameuses journées de concertation sur la réforme de l’Education…
Il faut donner l’impression d’une caution de popularité, et ici de crédibilité, par le “soutien” des partis politiques présents, “associés” qui auraient donné leur aval au projet ! Tout ça relève d’un grossier montage –un gros mensonge-, destiné à la consommation de l’opinion nationale et internationale mystifiées, car le projet est déjà concocté et mûri en amont.
En tout état de cause, il ressort des conclusions de l’échange que tous les partis demandeurs de reconnaissance et les partis officiellement reconnus ont tous désavoué le projet et demandé l’application de la loi 91-024, bien plus flexible.
Mais le ministre n’en eut cure…
Si nous nous attaquons à la critique de fond, nous dirons que les motivations secrètes du gouvernement à travers certains critères mentionnés (5000 parrains issus de toutes les régions, des sièges dans la moitié du territoire ) pour des partis qui n’existent que par le sacrifice de leurs membres, et au regard, comme on le sait, du bon vouloir du parti au pouvoir à accorder à la carte les parrainages) c’est d’effacer, d’éliminer toute Opposition crédible ou tout parti qui refuse d’être inféodé au parti au pouvoir.
Entre autres arguments, en lieu et place des critères, arbitraires, retenus, d’autres paramètres plus pertinents auraient été plus indiqués, telle
+ la participation active du Parti à la vie politique du pays
+ sa vie politique active interne ( Assemblée, activités internes, journées de réflexion, fora etc )
+ la possession d’un siège ( être localisable )
+ une gestion transparente des ressources du Parti ( règles de gestion et de contrôle respectées etc )
+ Dissolution à moins de 1 ou 2 % des suffrages, par compromis.
Ces critères sont suffisants et pertinents pour l’évaluation du sérieux d’un Parti politique.
Par ailleurs que penser de l’appel au dialogue du Président Ghazouani si ce n’est que cet appel manque de crédibilité et de cohérence, pour relever de l’hypocrisie et du cynisme ? En effet, comment, d’un côté appeler au dialogue, et de l’autre avancer son agenda secret sur des questions qui devaient relever du justement de ce Dialogue ? Comment d’un côté chercher à discuter avec les partis, dans l’inclusion, en même temps préparer en secret une loi pour les avoir pieds et poings liés ?
Cynisme quand tu nous tiens !
Quelle perspective ou conclusion tirer des manouvres du gouvernement à travers son ministre de l’intérieur ?
– Il est clair que ce projet de loi constitue une menace pour tout le monde, y compris pour les partis politiques officiels, dépourvus pour la plupart de ressources ( parrainages et nombre de sièges requis dans une limite de temps restreinte ) d’une part, et, d’autre part, par cette disposition du projet très élastique que traduit la menace à l’ordre public. A tout moment le ministre de l’intérieur peut faire tomber un parti sous le coup de cet article. Voilà pourquoi je pense que ces partis politiques reconnus devraient être plus audibles, dans leur opposition au projet du ministre…
Ce projet constitue un recul démocratique marquant et notoire !
Je crois, dur comme fer qu’avec ce gouvernement, par l’élimination des partis de l’opposition significative, l’on s’achemine, vers l’instauration d’un régime de parti unique, à la manière de Moctar Un Remake de sa stratégie; comment il procéda ?
En effet, l’on se souvient comment Moctar se débarrassa des personnalités fortes de son régime (ould Cheikh Sidiya, Mohamed Ould Cheikh et leurs partisans ) pour imposer le parti unique ), devenant le seul chef à bord !
– Faire disparaitre les Opposants, bâillonner les activistes, supprimer les libertés fondamentales d’expression et d’opinion, à terme, inféoder tous les médias pour instaurer la pensée unique comme actuellement au Mali, en Guinée Conakry, au Burkina et au Maghreb, voilà l’objectif secret de ce gouvernement.
C’est la menace ou l’épée sur nos têtes !
Quelle solution ?
Revenir à la loi 91- 024 et laisser les partis politiques compétir librement, sous la sanction des électeurs ou l’arbitrage des urnes. C’est la seule voie juste et de pacification du climat politique.
Maintenant commentons un peu les conditions personnelles, scandaleuses posées par le ministre de l’intérieur à Biram Dah pour l’obtention de son parti. Il s’agit de :
– Reconnaitre la victoire de Ghazouani, qui est une position de toute la Coalition.
– Se séparer de Samba Thiam dans cette Coalition.
– Revenir sur son jugement concernant l’ex-président Abdel Aziz.
Quelle lecture en faisons nous?
D’abord faire remarquer que cette personnalité centrale et officielle de l’Etat, ne fait pas honneur à notre Etat, si tant est qu’on en ait un !
En temps normal, dans un pays normal, elle démissionnerait ou on la ferait démissionner, parce que sa posture indique que le citoyen n’obtient pas ses droits en conformité à la loi, mais par le bon vouloir personnel d’un ministre…Mépris et violation flagrante de la loi, pour un magistrat en charge de veiller à son application !
Requête pour 1 fois, 2 fois passe, mais 4 fois de suite la même condition cela suppose qu’il s’agit d’une conviction forte, d’une posture ancrée.
Ces révélations indiquent que notre Etat n’a aucune crédibilité …
C’est un piège dans lequel, le camarade Biram n’est pas, heureusement, tombé. Satisfaire ce ministre serait se faire hara kiri, politiquement, par l’immensité du discrédit, et la perte totale de son aura politique…Et au bout, perte toute capacité de nuisance. Et c’est là que le ministre l’attendrait pour le jeter comme du klenex usé!
Biram a compris la ruse, le piège tendu, et l’a soigneusement évitée. Il faut le féliciter pour avoir fait preuve de dignité mais surtout de lucidité.
Le 30 décembre 2024
Samba Thiam
Président des FPC.




