Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

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MORALITÉ PUISSANTE

La peur nourrit les mauvaises idées.

Le courage les détruit.

Le silence des personnes justes permet aux absurdités de grandir.

Mais une seule voix, au bon moment, peut arrêter la folie.

Parfois, l’acte le plus héroïque n’est pas de combattre…

C’est de parler.

  PS…Il y a des moments dans la vie où le silence semble plus sûr que la vérité.

Mais chaque fois que nous choisissons le silence par peur…

nous donnons à l’erreur le droit de régner.

Le courage n’est pas l’absence de peur.

C’est décider que la vérité vaut plus que notre confort.

Un seul homme a osé parler.

Pas parce qu’il était plus fort.

Mais parce qu’il aimait son pays plus que sa sécurité.

Et parfois…

Dieu, l’histoire et la destinée attendent simplement qu’une voix se lève.

Si personne ne parle, l’injustice devient normale.

Si personne ne résiste, l’absurde devient loi.

Si personne n’ose, le monde s’enfonce.

Mais quand une personne se lève…

Elle réveille les consciences.

Elle brise les chaînes invisibles.

Elle change le cours des choses.

Ne sous-estime jamais le pouvoir d’une parole courageuse.

Une phrase peut sauver une génération.

Une vérité peut libérer une nation.

Une voix peut réveiller un monde.

  CONSEILS INSPIRÉS POUR CEUX QUI LISENT CE TEXTE

Ne laisse jamais la peur décider à ta place.

Si quelque chose est faux, ose poser une question.

Le respect ne signifie pas l’aveuglement.

Reste humble, mais ne sois jamais complice du silence.

Parle avec sagesse, mais parle.

Protège ton intégrité comme un trésor sacré.

Sois cette voix qui éclaire quand tout le monde s’éteint.

Apprends à réfléchir avant d’applaudir.

Le courage intelligent vaut plus que l’obéissance aveugle.

L’histoire appartient à ceux qui osent.

Samba THIAM 

Président des FPC

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*De la déchéance d’une école ou le génocide silencieux de l’intelligence*

La saison des grands rendez-vous, cet implacable calendrier qui rythme les examens d’entrée en première année du premier cycle du secondaire, l’accession au brevet et le mythique baccalauréat, s’ouvre sous les auspices de la fébrilité et du tourment. 

Ces épreuves, points d’inflexion irréversibles dans le destin des élèves, charrient en leur sillage un cortège aussi dense que contradictoire d’allégresses et de désillusions, d’espérances exaltées et de désespoirs pathétiques. 

Pourtant, dans notre pays, ce rendez-vous habituel revêt une gravité singulière. Il interroge nos consciences et chagrine nos oreilles insensibles aux marmonnements de dérives dangereuses.

Petit illustré. J’ai reçu, non sans une stupéfaction douloureuse, l’enregistrement d’une intervention d’un président d’une association de parents d’élèves dans la moughataa de Boghé. Cet homme, par ailleurs éminent professeur retraité et ancien directeur de lycée, en appelait à une mobilisation farouche de tous les parents d’élèves contre la triche, ce fléau métastasé qui, en pervertissant l’âme scolaire, abrutit méthodiquement la jeunesse. 

Il rappelait, pour appuyer son invite, l’édifiante mésaventure d’un DREN du Brakna, jadis publiquement blâmé par l’Autorité administrative pour les piètres résultats de sa région. Le malheureux eut beau plaider la rigueur, arguant d’une politique de tolérance zéro qui pénalisait mécaniquement son classement, rien n’y fit : la réprimande fut cinglante et définitive. 

Dès lors, le dictat implicite du « faisons-comme-tout-le-monde » s’est imposé en maître absolu, nivelant les taux d’admission sur l’échelle trompeuse des moyennes nationales.

L’éthique, ce pilier séculaire, a déserté les enceintes scolaires aux alentours de la fin des années quatre-vingt, lorsque les épreuves orales du baccalauréat, jadis nobles exercices de maïeutique, se muaient en véritables bazars de compromissions malsaines, parfois négociées au poids du rubis ou scellées sur le tapis d’alcôve. 

En proie à une érosion déontologique sans précédent, le ministère, acculé, n’a eu d’autre issue que d’abolir purement et simplement la pratique des oraux. Abrogation funeste s’il en fut, car, loin de se réduire à une simple formalité protocolaire, l’épreuve orale constitue le vvéritable creuset où s’éprouve la valeur d’un candidat. Tandis que l’écrit autorise les repentirs, les ratures et le luxe d’une réflexion différée, l’oral impose la dictature de l’instant : il ne s’agit plus seulement de restituer un savoir appris, mais de faire preuve d’une agilité intellectuelle à toute épreuve, par sa capacité à convaincre, à rebondir face à l’imprévu et à élever le débat au-dessus de la simple récitation. C’est donc un exercice pédagogique aussi important que l’examen écrit. Cette suppression, passée comme une lettre à la poste, a paradoxalement consacré la victoire de l’exception indélicate sur la règle de la probité.

L’avènement des téléphones portables et de leurs corollaires technologiques, l’IA en tête, a contraint à des mesures d’interruption du signal numérique sur tout le territoire, le temps du déroulement des épreuves. Mais ce palliatif technique est un aveu d’impuissance : dans une cité où les larrons sont plus nombreux que les gendarmes, le dernier des gendarmes n’a de salut que dans la complicité ou la résignation. 

Ainsi, à force de laisser-aller et de conciliabules, notre école s’est muée en un terreau luxuriant d’anti-valeurs, un abattoir méthodique des talents, une usine à fabriquer en série la médiocrité. La gangrène, ayant atteint l’université, y est désormais en état de métastase avancée.

Proclamons-le avec l’implacable lucidité qui s’impose : un génocide intergénérationnel, silencieux et continu, décime notre appareil éducatif depuis deux décennies.

J’en atteste pour ma part : Il y a vingt ans que l’encadrement des mémoires de fin de cycle m’est devenu un exercice périlleux, sinon impossible, les étudiants ayant visiblement perdu jusqu’à la faculté de mener une investigation autonome et de structurer leur pensée dans un discours cohérent. Cette régression procède d’un déficit cumulatif qui, du primaire au secondaire, s’est insidieusement enraciné dans les tréfonds de notre pédagogie. La concomitance des départs en retraite des cadres expérimentés et l’arrivée massive de néo-enseignants, formatés pour certains dans les limbes de ce même système défaillant, ne fait qu’exacerber cette déliquescence cognitive, à laquelle s’adjoint, hélas, une érosion morale et identitaire d’une profondeur inouïe.

Il est désormais patent que notre édifice scolaire a définitivement perdu son statut de sanctuaire des valeurs fondamentales. En cet état de délabrement terminal, toute réforme relève du cosmétique ; seule une tabula rasa, une refondation intégrale et une rupture épistémologique avec nos vieux démons, pourrait lui insuffler un nouveau souffle. Mais cette perspective ne saurait advenir de sitôt, car, tout compte fait, nous persistons, collectivement, dans le déni le plus obstiné de nos responsabilités dans ce “génocide” intergénérationnel. Nous contemplons notre nombril, nous berçant d’illusions métaphysiques, tandis que le crime se perpétue sous nos yeux, et nous osons nous congratuler pour ce « meilleur des mondes » … factice. 

Dès lors, Vive l’école républicaine… pour autant qu’elle accepte de se regarder en face dans le miroir brisé de nos propres dénis.

*Birane Hamath Wane*, Professeur d’université

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Ould Haidalla : « Le géant qui a semé la terreur dans tous les foyers et tenté de fuir la “prison du pouvoir” »

Premier journaliste à rencontrer l’ancien président mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidalla après la chute de son régime, Cheikh Bekaye évoque dans le récit qui suit son entretien avec celui qu’il a décrit comme « Le géant ayant semé la terreur dans tous les foyers et tenté de fuir la “prison du pouvoir”

Nouakchott – par Cheikh Bekaye*

Traduit de l’arabe Initiatives News avec IA.

Porté par les hasards de l’histoire au sommet de l’État en 1980, l’officier mauritanien Mohamed Khouna Ould Haidalla s’est retrouvé à diriger un pays pour lequel, selon ses propres mots, il n’était « ni préparé ni demandeur ».

Héritier à la fois de la rudesse du désert, de la discipline militaire et de la simplicité bédouine, il a dû assumer un pouvoir qu’il décrit comme lourd et contraignant.
Dès ses débuts, il s’attelle à la lutte contre la corruption et les dysfonctionnements administratifs, tout en tentant de répondre aux attentes sociales. Mais progressivement, son exercice du pouvoir se durcit, jusqu’à instaurer un climat de crainte au sein de la société. À un moment charnière, il envisage même de se retirer « avec honneur », sans y parvenir.

Isolé, lâché par ses propres services de sécurité qui l’avaient induit en erreur et en conflit avec de nombreux acteurs, il connaît ensuite la chute, la prison, puis une forme de retrait presque ascétique : vivant sous une tente, renouant avec une existence pastorale rythmée par le désert.
Installé dans la petite villa modeste où vit sa famille dans l’un des quartiers de Nouakchott, l’ancien président mauritanien accorde un entretien au journal Al-Hayat. Il revient sur son expérience du pouvoir, ses erreurs, la vie bédouine, son retour à la politique et sa vision de l’avenir.

Son retour à la politique s’est fait tardivement. «Je n’avais d’autre choix que le silence, car depuis ma sortie de prison (…) je suis placé sous surveillance et interdit d’accès aux villes de Nouakchott, Zouerate et Nouadhibou, sauf autorisation spéciale et pour des raisons médicales. » Explique-t-il.

Aspirait-il à gouverner à nouveau la Mauritanie ?

Le Colonel Haidalla répond par la négative :« J’ai gouverné à une autre époque, et mon temps est passé. Le peuple mauritanien compte des hommes dignes d’assumer cette responsabilité et qui en ont le droit. »

À propos de la démocratie et du rôle de l’armée, il déclare :« Indépendamment de ses aspects positifs ou négatifs, la démocratie est une exigence de tous et l’air du temps. Je pense qu’il est désormais temps que les forces armées retournent dans leurs casernes. »

Il ajoute :« J’ai tenté une sortie honorable pour moi et pour l’armée en 1980, en instaurant une constitution fondée sur une démocratie multipartite. »

Haidalla fut nommé Premier ministre un an après le coup d’État contre le président civil Moktar Ould Daddah en 1978, tandis que deux officiers — Mustapha Ould Salek et Mohamed Mahmoud Ould Louly — se succédaient à la tête de l’État et du gouvernement. La faiblesse de ces deux officiers et les luttes internes entre militaires pour le pouvoir firent de Haidalla le dirigeant réel, jusqu’à sa prise complète du pouvoir en 1980 à la faveur d’un « quasi-coup d’État ».

Il décrit cette période comme « une phase de grand chaos et de conflit entre jeunes officiers et hauts gradés ».

L’ancien président considère sa période au pouvoir comme « une grande prison dans laquelle j’ai été conduit contre ma volonté, les circonstances m’ayant imposé un pouvoir dont je n’ai jamais rêvé ni que je n’ai aimé ».

Lorsqu’on lui rappelle qu’il est lui-même revenu sur cette constitution, renoncé à restituer le pouvoir aux civils et restreint les libertés, il répond simplement :« J’ai échoué à fuir, car le pire défaut pour un officier est d’être lâche. »

Il explique que la tentative de coup d’État du 16 mars 1981, menée par des officiers mauritaniens venus du Maroc, ainsi que l’état de tension qui l’accompagnait et « les pratiques du gouvernement civil dirigé par Sidi Ahmed Ould Bneijara », rendirent impossible le transfert du pouvoir aux civils à cette époque. Il évoque l’émergence d’un courant puissant dans l’armée appelant à renforcer la mainmise militaire sur le pays :« Nous avons d’abord refusé leurs exigences, mais nous avons fini par céder, car il n’y avait pas d’autre choix. »

« J’avais le choix entre me sauver de cette prison et quitter le champ de bataille, ou céder aux exigences des jeunes officiers et rester… J’ai choisi le courage. »Sans aucun doute, la tentative du 16 mars fut un tournant pour Haidalla, qui fut envahi à la fois par la peur et la colère. Il fit arrêter et disperser la plupart de ceux soupçonnés de sympathies pro-marocaines, dans un contexte de relations tendues avec le Maroc, accusé de soutenir le putsch, tandis que Rabat accusait Haidalla de soutenir le Front Polisario.Il poursuivit ensuite une série d’arrestations qui touchèrent de nombreuses personnes durant ses cinq années de pouvoir.

Il rejette toute comparaison avec le président suivant Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya :« Si les Mauritaniens noirs s’étaient opposés à moi, je n’aurais pas agi comme d’autres… J’ai affronté les baassistes, mais je n’ai pas puni leurs familles ni pris des innocents pour des crimes qu’ils n’avaient pas commis. »

Il reconnaît avoir commis des erreurs :« Beaucoup de vérités m’ont été révélées que je ne connaissais pas. J’admets avoir commis des erreurs », mais il ajoute :« J’agissais de bonne foi, et d’autres me poussaient à commettre ces erreurs pour les exploiter contre moi ou servir leurs propres intérêts. »Il s’arrête longuement sur les arrestations sanglantes de mars 1984 contre les nassériens, qu’il considère comme une préparation à son renversement neuf mois plus tard.Bien que le mouvement nassérien ait diffusé des tracts, inscrit des slogans hostiles sur les murs dans la plupart des grandes villes, mené des grèves et des troubles, il entretenait en même temps des liens avec le régime de Haidalla, en raison de ses positions proches des pays arabes dits « progressistes » de l’époque : l’Algérie, la Libye, la Syrie et le Yémen du Sud. La question du Sahara occidental constituait également un point de convergence entre Haidalla et les nassériens.Ironie du sort, ces arrestations coïncidèrent avec la décision de Haidalla de reconnaître la « République arabe sahraouie ».

Il fut surpris de constater que tous les services de renseignement s’accordaient à évoquer un complot nassérien visant à renverser le régime, soutenu par les Libyens et les Marocains dans le cadre de leur rapprochement au sein de « l’Union arabo-africaine ».

Mais la surprise fut plus grande encore lorsque les noms de membres de son propre camp au sein du comité militaire apparurent dans les procès-verbaux d’enquête : parmi eux, Moulay Ould Boughreiss, Mohamed El Amin Ould Zein, Sidi Ahmed Ould Ahmed Aïda, Moulay Hachem Ould Moulay Ahmed et Atiyeh Hemat.Le président entra dans une grande colère :« Si je devais douter du colonel Boughreiss, je ne douterais pas des autres », déclara-t-il. Il contacta alors un détenu, lui demandant de préciser les dates de recrutement de ces officiers et leurs recruteurs.

Sa joie fut grande lorsque le détenu répondit :« Si j’ai dit cela, c’est que je n’étais pas conscient. »Bien qu’il apparût que les services de renseignement avaient falsifié les procès-verbaux et fabriqué le complot, et malgré son refus d’arrêter ses partisans, les centaines de détenus restèrent un problème qu’il ne put — ou n’eut pas le courage — de résoudre rapidement.

Deux personnes moururent sous la torture, d’autres eurent la peau brûlée par des décharges électriques. Les médias amplifièrent « le complot ignoble contre la patrie », et la télévision officielle montra de nombreux chèques bancaires présentés comme des fonds versés par la Libye à ses agents.

Bien que l’opinion publique comprît rapidement que l’affaire était fabriquée, il était difficile pour l’État d’en reconnaître le mensonge.

Neuf mois plus tard, alors qu’il avançait prudemment vers une résolution de la « crise des nassériens » en libérant progressivement les détenus sous contrôle judiciaire en attendant un procès qui ne devait jamais avoir lieu, la musique militaire retentit le 12 décembre 1984, mettant fin à « l’ère du pouvoir individuel », selon le communiqué n°1.

Le colonel Ould Taya commença là où Haidalla s’était arrêté, en annonçant « l’abandon des poursuites judiciaires contre nos enfants innocents ». Une dizaine de nassériens avaient déjà été libérés dans le cadre du plan de Haidalla.

L’ancien président se souvient de son angoisse après son arrestation à l’aéroport, à son retour d’un voyage où il assistait à une conférence :« J’étais très inquiet pour ma famille, car je ne leur avais laissé que 3000 ouguiyas (38 dollars), nos chameaux étaient loin et nous n’avions pas de maison… Je me rassurais en me disant que l’État leur donnerait un logement et de l’argent, mais cela ne s’est malheureusement pas produit : ma famille a été expulsée et n’a reçu aucune aide. »Il ajoute :« J’avais sur mon compte 80 000 ouguiyas (environ 1000 dollars).

J’ai écrit au directeur de la sécurité pour les retirer, mais ma demande a été refusée, et on m’a informé qu’il ne restait que 11 000. »— Pourquoi n’aviez-vous pas de maison alors que vous possédiez des troupeaux de chameaux ?— « Avant d’arriver au pouvoir, j’avais obtenu un terrain pour lequel j’avais payé les droits à l’État.

Mais une fois devenu président, j’ai refusé de construire ce que je ne possédais pas auparavant. Nous avions décidé au sein du comité militaire que les officiers ne devaient pas construire. »

Sheikh Bekaye,

Il ajoute : « Mais malheureusement, il s’est avéré que de nombreux officiers ont amassé d’énormes fortunes. »Haidalla rend hommage aux Mauritaniens qui ont soutenu financièrement sa famille durant sa détention, mais se souvient avec amertume d’un ami proche qui entrait chez lui sans autorisation lorsqu’il était président, mais qui, après sa chute, n’a même pas salué sa famille.Malgré sa mauvaise réputation en matière de droits de l’homme, beaucoup lui reconnaissent une probité personnelle.

Le Colonel Mohamed Khouna Ould Haidala a dirigé ka Mauritanie de 1980 à 1984
L’ancien Président Ould Haidalla

Haidalla est un véritable homme du désert, resté lié à la vie bédouine et à ses troupeaux de chameaux acquis avant son arrivée au pouvoir. Il n’a connu la vie urbaine que durant ses études dans une académie militaire française ou pendant ses cinq années de pouvoir. Ses adversaires racontent qu’alors qu’il était président, il se rendait dans le désert, attrapait la queue de son chameau le plus robuste et courait derrière lui jusqu’à épuisement, avant de se laver les mains et d’ordonner à son cortège de repartir.

(« Al-Hayat », Londres)(De mon livre : #Ornements_sur_le_visage_du_sable)

*Écrivain et journaliste mauritanien.
Il a travaillé comme correspondant pour BBC, Associated Press, le journal Al-Hayat et la chaîne LBC.
Il a évolué au sein de plusieurs médias mauritaniens, occupant notamment les fonctions de :
Directeur de la rédaction de l’agence,
Directeur de la rédaction du journal Echaab,
Directeur du secteur de la radio.
Il a enseigné à Université de Nouakchott et à l’École nationale d’administration.

Kassataya

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*L’éditorial de La Nouvelle Expression : Samba Thiam : Refuser l’assimilation, et être accusé de racisme*




En Mauritanie, il existe une règle non écrite, mais solidement ancrée : tu peux exister, à condition de te diluer. Tu peux appartenir, à condition de t’effacer. Et surtout, tu peux parler… à condition de ne rien déranger.
 
Samba Thiam a choisi l’inverse. Et il en paie le prix.
 
Depuis les années de braises — celles des fractures, des expulsions, des silences organisés — jusqu’aux arènes contemporaines du dialogue politique, il n’a pas changé de cap. Membre-fondateur des FLAM, il a porté une parole constante, y compris pendant plus de trente ans d’exil. Trente ans sans reniement. Trente ans sans ajustement opportuniste. Trente ans sans ce réflexe si répandu qui consiste à édulcorer ses convictions pour rester audible.
 
Et c’est peut-être cela, au fond, qui dérange le plus.
 
Car dans un environnement politique souvent marqué par les repositionnements, les silences tactiques et les revirements discrets, Samba Thiam apparaît comme une anomalie : il est resté le même.
Même discours.
Même ligne.
Même exigence.
 
Lorsqu’il revient au pays sous Mohamed Ould Abdelaziz, certains espéraient une inflexion, une adaptation, une forme d’alignement. Mais non. Il revient avec ce qu’il n’a jamais quitté : une parole droite, sans détour, sans compromis sur l’essentiel.
 
Il dit : Je suis noir, je suis Mauritanien.
Et derrière cette affirmation, il y a plus qu’une identité — il y a un refus : celui de se conformer à un modèle unique imposé comme norme nationale.
 
C’est ici que le débat bascule.
Car ce refus de l’assimilation est immédiatement requalifié.
Non pas comme une revendication légitime, mais comme une menace.
Non pas comme une exigence d’égalité, mais comme une forme de radicalité.
Et le mot tombe, commode, disqualifiant : raciste.
 
Mais de quel racisme parle-t-on ?
Celui de l’homme qui demande à être reconnu tel qu’il est ?
Ou celui, plus insidieux, qui exige que certains cessent d’être eux-mêmes pour être acceptés ?
 
Samba Thiam ne varie pas, et c’est précisément cette invariance qui dérange.
Parce qu’elle empêche la récupération.
Parce qu’elle déjoue les stratégies d’usure.
Parce qu’elle expose, dans sa nudité, le décalage entre les discours officiels et les réalités vécues.
 
Traqué, caricaturé, diabolisé — oui. Mais jamais dévié.
Là où d’autres ajustent, il maintient.
Là où d’autres négocient, il affirme.
Là où d’autres s’effacent, il insiste.
 
Dans les dialogues nationaux, il ne vient pas pour accompagner. Il vient pour dire. Et dire, dans ce contexte, est déjà une forme de rupture.
 
Alors non, Samba n’est pas un accident du paysage politique.
Il en est une ligne de fracture.
 
Et s’il dérange autant, ce n’est pas seulement pour ce qu’il dit.
C’est pour ce qu’il incarne : une cohérence que le temps n’a pas entamée, et une constance que les pressions n’ont pas brisée.
 
Dans un pays où l’on pardonne souvent les contradictions mais rarement la fidélité à soi-même, cela suffit à faire de lui une cible.
 
Et pourtant, c’est peut-être précisément de cela que manque le plus le débat national : des hommes qui, malgré tout, restent debout dans ce qu’ils ont toujours été.
 
*Camara Seydi Moussa*
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PARTAGE DE LECTURE : Un instant , Monsieur le Président,

J’ai toujours été et suis encore sûr de votre bonne foi. Et je suis désolé , très désolé de vous dire que vous avez été gravement induit en erreur par des gens qui ‘ne connaissent rien au droit foncier  mauritanien. Vous avez dit que la loi ne reconnaît pas la propriété collective de la terre. Votre parole a certes valeur de décret mais elle ne peut valoir en l’espèce car la terre ne peut être nationalisée que par une loi.

Je voudrais donc rappeler à votre auguste mémoire que l’ordonnance 83127 du 5 juin 1983 reconnaît bien la propriété terrienne collective qu’elle soumet a l’obligation d’être individualisée, à moins que la collectivité qui la possède préfère se transformer en personnalité morale (coopérative,association ou GIE) car le droit de propriété du sol ne peut se rattacher qu’à une personne physique ou une personne morale. C’est la grande nouveauté introduite et l’essence même de l’abolition du mode de tenure foncière qui trompent beaucoup de soi-disant juristes

La réglementation portant application de cette ordonnance prévoit un certificat de propriete à délivrer aux personnes ayant mis en valeur des terres avant la promulgation de la loi 60132 du 2 août 1960 portant organisation domaniale, pourvu que cette mise en valeur ait continué 

Les décrets de 1984, 1990, 2000 et 2010 ont tous reconnu la propriété terrienne collective traditionnelle. Des walis dont moi même ont délivré des certificats de propriété collective,

Je voudrais rappeler à notre Président à qui je souhaite réussite et longue vie  que les personnes civiles encore vivantes qui ont participé à l’écriture de  cette  ordonnance sont  Sid Ahmed Yessa et moi-même. Nous sommes témoins du fait que le Comité Militaire’ tenait a fonder le droit sur la charia et a respecter absolument les droits acquis des particuliers

Ceux qui conseillent les Ministères actuellement concernés par le foncier étaient encore à l’école primaire.au moment où cette ordonnance se discutait.

Mais il y a des gens qui n’ont jamais possède des terres et qui font tout pour nier sciemment le droit de très nombreuses collectivités et individus qui ont consenti d’immenses sacrifices pour cultiver, protéger et assainir d’ incommensurables espaces. Et il y en a aussi  d’autres qui font tout pour vivre d’une fausse réputation de juristes, ou d’autres qualifications et passent auprès de certains ministres pour des savants.

Il y en a enfin qui pensent qu’en niant l’existence de la propriété collective terrienne on fait mal uniquement à nos communautés negro-africaines alors que celles-ci ne sont pas les seules à avoir des terres dans la Vallée et à vivre exclusivement d’elles depuis des siècles 

C’est malheureusement toute une mouvance qui tient à enchaîner notre pays  dans une vision vulgairement ethnique de tous les problèmes qui se posent à nous. Mais dans ce cas, ils font plus de mal à ceux dont ils prétendent paradoxalement défendre les intérêts au nom d’un nationaliste arabe primaire aux origines décriées.  La Vallée appartient à toutes nos communautés et personne ne peut nier le droit de propriété terriennes aux tribus Taghredient, Rkakna، Idejewadj , Ould Boulli, Zermbotti, Zeilouva Oulad Ayed, Oulad. Ebeiri, Tendgha, Idab. Lehsen, Oulad Mansour, Tenak, Oulad Seyid , Ideidjba، Tagnit, Oulad Noughmach, Idellik, Oulad Mheimdatt, Idegmambra, Litama, Chorfa de Mbout, etc.

En conclusion, je convie tous ceux qui prétendent connaître le droit foncier mauritanien à un débat sur la nature et l’étendue des droites des individus et communautés qu’il reconnaît ou ne reconnaît pas.

Je conseillerai donc à notre cher Président de se référer à ceux qui connaissent, comme Allah le lui a ordonné. Isselou ehledhikr in kountoum laa t’alamoun

On me dira que malheureusement, il n’y a plus d’autorité scientifique dans notre cher pays!!!

C’est hélas, le prélude à l’absence d’une autorité morale et l’avant prélude de l’absence d’une autorité tout court 

Isselmou Ould Abdel Kader

Administrateur civil spécialiste du foncier

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