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POUR UNE MAURITANIE DE CITOYENS ÉGAUX
Déclaration de Biram Dah Abeid sur la pétition des 242 cadres
J’ai pris connaissance avec attention de la pétition signée par 242 personnalités mauritaniennes appelant notamment à la reconnaissance constitutionnelle de la composante haratine et à l’adoption de politiques de discrimination positive en sa faveur.
Une grande partie des constats qu’elle formule est malheureusement réelle. Ils renvoient à une histoire que la Mauritanie ne peut ni effacer ni contourner. L’esclavage a marqué notre pays dans sa chair et ses survivances comme ses pratiques et ses séquelles continuent de produire des effets. Les Haratines ont subi les conséquences d’une longue histoire d’asservissement, de marginalisation et d’exclusion, notamment dans l’accès à la terre, aux responsabilités publiques, au crédit et aux opportunités économiques.
Mais reconnaître une injustice historique ne signifie pas enfermer l’avenir dans les identités qui l’ont subie ni enfermer les citoyens dans leur histoire. La Mauritanie ne peut construire son avenir en organisant la République comme une addition de communautés qui viendraient chacune réclamer auprès du pouvoir sa part de postes, de quotas, de privilèges ou de ressources. Une telle conception risquerait de consacrer institutionnellement les divisions que nous devons précisément dépasser.
L’égalité ne consiste pas à fermer les yeux sur les inégalités réelles. Elle commande au contraire à l’État de les combattre. Il faut donc des politiques publiques volontaristes, ciblées, transparentes et évaluables en faveur des populations et des territoires qui concentrent la pauvreté, l’exclusion et les handicaps hérités de l’histoire. Là où les Haratines sont les premières victimes de ces handicaps, ils doivent naturellement être parmi les premiers bénéficiaires de ces politiques. Il ne s’agit ni d’une faveur ni d’un privilège. Il s’agit de réparer une injustice et de rendre effective une égalité qui ne peut rester théorique.
Mais cette exigence ne saurait être réduite à une seule composante de notre peuple. La pauvreté, le chômage, l’exclusion, l’inégalité devant les opportunités, la confiscation des ressources publiques, l’arbitraire administratif et l’abandon territorial frappent également des citoyens maures et négro-mauritaniens, des femmes, des jeunes privés de perspectives et des populations entières laissées à l’écart du développement. La justice sociale ne peut avoir une couleur communautaire. Elle doit avoir un visage national.
Cette exigence de justice vaut également pour le passif humanitaire qui a profondément meurtri la communauté négro-africaine de Mauritanie. Les déportations, les violences, les exactions et les pertes humaines et matérielles subies par des milliers de nos compatriotes constituent une blessure nationale qui ne peut être ni occultée ni relativisée. La réconciliation véritable suppose que toutes les injustices de notre histoire soient reconnues, que les victimes et leurs familles obtiennent justice et que les conditions soient réunies pour que de telles tragédies ne puissent plus se reproduire.
C’est pourquoi la lutte contre les injustices historiques doit s’inscrire dans un combat plus vaste pour l’égalité de tous les Mauritaniens. Les souffrances d’une composante ne diminuent pas celles des autres. Les injustices ne se concurrencent pas. Elles se combattent. La justice ne doit pas devenir une compétition entre communautés.
C’est dans cette perspective qu’il faut examiner la proposition de discrimination positive fondée sur l’appartenance communautaire. Il existe une différence fondamentale entre des politiques publiques destinées à corriger des inégalités objectivement constatées et un système institutionnel qui organiserait durablement la répartition des fonctions et des ressources de l’État entre communautés. L’État de droit ne peut reposer sur un dosage communautaire des responsabilités publiques.
L’accès à la fonction publique, à la magistrature, aux forces armées et de sécurité, à la diplomatie ou aux responsabilités de l’État doit être garanti par le droit, la compétence, le mérite et des mécanismes transparents de lutte contre les discriminations. Il ne peut devenir le résultat d’une négociation permanente entre communautés pour déterminer la part de chacune dans l’appareil d’État. Une République ne peut demander à chaque citoyen de se présenter d’abord comme le représentant de son groupe pour accéder à ses droits. L’État doit reconnaître les citoyens, pas distribuer des citoyens entre communautés.
C’est toute la différence entre une politique de correction des inégalités et une organisation communautaire du pouvoir. La première cherche à produire l’égalité réelle. La seconde risque d’institutionnaliser les catégories mêmes dont nous devons progressivement nous libérer. Notre objectif doit donc être de faire de l’État le garant des droits de chaque citoyen, et non l’arbitre d’un partage communautaire des postes, des ressources et des responsabilités. Nous devons réparer les discriminations sans institutionnaliser la séparation des citoyens.
La République doit reconnaître les blessures de son histoire, corriger les déséquilibres qu’elles ont produits et garantir une égalité réelle. Mais elle doit aussi permettre à chaque citoyen de se projeter dans un avenir qui ne soit pas déterminé à jamais par son origine.
Pendant des années, la question haratine a été enfermée dans une lecture communautaire du débat politique, comme si la lutte contre l’esclavage et ses séquelles était le combat particulier d’un groupe contre les autres. Il faut sortir de cette logique. Les Haratines n’ont pas besoin d’être enfermés dans leur identité pour que leur histoire soit reconnue. Ils ont besoin que leurs droits soient garantis, que les injustices dont ils ont été victimes soient effectivement réparées et que leurs enfants puissent accéder aux mêmes possibilités que tous les autres citoyens. De même, les autres composantes de la nation n’ont pas à craindre que la justice rendue aux Haratines se transforme en injustice à leur égard. La justice doit être une force de rassemblement, pas un objet de compétition.
La Mauritanie n’a pas besoin de citoyens qui se définissent d’abord par la part de l’État qui reviendrait à leur communauté. Elle a besoin de citoyens qui puissent se reconnaître dans un même État, soumis aux mêmes lois, protégés par les mêmes droits et bénéficiaires des mêmes garanties. L’égalité ne consiste pas à prétendre que nous avons tous connu la même histoire. Elle consiste à faire en sorte que cette histoire ne détermine plus les droits et les chances de nos enfants.
C’est cette exigence qui doit guider notre action. La lutte contre l’esclavage et ses séquelles doit se poursuivre. Les injustices historiques doivent être reconnues et réparées. Les politiques publiques doivent corriger les inégalités qui en résultent. Mais cette réparation doit contribuer à construire une citoyenneté commune et non à figer davantage les appartenances. L’émancipation des Haratines ne doit pas être pensée contre l’émancipation des autres Mauritaniens. Elle doit en être une composante et une force.
C’est ainsi que la cause de la justice peut devenir une cause nationale. C’est ainsi que la reconnaissance de notre histoire peut devenir le point de départ d’un avenir commun. Et c’est ainsi que la Mauritanie pourra passer d’une coexistence de communautés à une véritable communauté de citoyens.
Une Mauritanie où les blessures de l’histoire sont reconnues et réparées, où les injustices sont combattues sans distinction et où aucun citoyen n’est enfermé dans son origine. Une Mauritanie où chacun peut enfin se dire simplement : ma communauté, c’est la Mauritanie.
Biram Dah Abeid
Nouakchott, le 27 juillet 2026
PETITION : Le cri de révolte des Haratines face à « l’exclusion systémique »
Dans une pétition solennelle publiée ce 27 juillet 2026 à Nouakchott, dont ci-après l’inégralité, des militants et intellectuels brisent le silence sur le sort de la communauté Haratine.
Entre spoliation des terres, barrières institutionnelles et répression ciblée, le texte dénonce un racisme d’État et exige cinq réformes urgentes, dont une révision constitutionnelle immédiate pour garantir la paix civile.
Pétition :
Nous, soussignés, constatant la persistance obstinée d’un passé douloureux et l’âpreté inacceptable d’un présent que vit la communauté haratine en Mauritanie et qui ne fait qu’exacerber les iniquités, élevons une voix solennelle pour dénoncer les conditions intolérables dont elle est victime.
Alors que les stigmates de l’esclavage, de la relégation et du mépris traversent les âges sans que l’avènement de l’État moderne n’y apporte de remède véritable, nous constatons, avec une gravité croissante, que ces maux, loin de s’estomper, se durcissent et se multiplient au fil des jours, comme s’ils prenaient une dimension systémique. Cette réalité douloureuse se manifeste, dans son évidence la plus crue, par un cortège de fléaux dont nous dressons ici, non sans une profonde amertume, le tableau, du reste incomplet :
• Un dénuement extrême qui frappe l’immense majorité des haratines , doublé d’une dépossession totale des moyens de production, provoquant des privations pérennes et une précarité permanente, non sans effet néfaste sur la dignité humaine ;
• La spoliation sans nom de leurs terres agricoles (dont ils sont les premiers et légitimes possesseurs) au profit ( des fils des” tribus) influentes, consacrant ainsi une expropriation déguisée ;
• L’éviction méthodique et systématique des concours d’accès à la Fonction publique, à la Magistrature, ainsi qu’aux différents corps des forces Armées, de l’Ordre et de Sécurité ;
• Les obstacles infranchissables érigés sur la voie des hautes fonctions de l’État, des promotions aux postes de direction et de toute perspective d’avancement professionnel ;
• L’exclusion économique de l’accès aux capitaux, de l’appropriation des banques, de l’entrepreneuriat, de la distribution des marchés publics, de même qu’aux licences de pêche et des permis d’exploitation minière ;
• Le découragement institué en règle des enfants des Adwabas et banlieues à poursuivre leur scolarité.
Face à ce cruel constat :
– Étant entendu que ces conditions, et tant d’autres qu’il serait fastidieux d’énumérer ici, engendrent et perpétuent, sur les plans social, économique, politique et humain, une misère endémique qui n’a d’égale que la résignation forcée des haratines au sein de l’État moderne, et que ces conditions générèrent par elles-mêmes *comme* exclusion systémique programmée ;
– Étant entendu que cette situation n’est point une allégation, mais une réalité tangible qui crève l’oeil dans les prisons, sur les marchés, dans les rues et sur les charrettes ; dans les carrières, les mines de sel et les abattoirs ; aux seuils des commerces, dans les ménages, les ports et sur les rivages de l’océan; dans les campagnes reculées( Adwabas) comme dans les métropoles (de Nouakchott et de Nouadhibou), partout où les haratines peinent pour subsister, alors même qu’ils sont les principaux producteurs de la richesse nationale ;
– Étant entendu que ces derniers demeurent, en dépit de leurs sacrifices et de leur labeur acharné, les grands perdants du partage des richesses du pays, qu’ils ont pourtant porté à bout de bras avec un dévouement et une fierté sans faille ;
– Étant entendu que l’aggravation de cette situation périlleuse fait peser une menace réelle sur l’unité nationale, et qu’il est de l’urgent devoir des autorités, comme de tous les hommes de bonne volonté, des sages, des responsables politiques et des défenseurs des droits humains, d’y apporter remède avec la célérité et la détermination que commande la gravité des faits ;
– Étant entendu que les Haratines constituent une composante à part entière de la société mauritanienne, investis des mêmes droits et assujettis aux mêmes obligations que tous les autres groupes, sans distinction ni exclusive ;
– Étant entendu enfin que la cohésion nationale et la paix civile exigent la fin de l’iniquité, et que les récents développements, où certaines pratiques indicibles ont dégénéré en agissements heurtant la conscience nationale, offensant les préceptes religieux et piétinant les normes éthiques et humanitaires les plus élémentaires, imposent un sursaut général;
nous ne pouvons que@ déplorer, par ailleurs, l’application partiale et incohérente de la loi. Nonobstant certains faits non des moindres, les haratines subissent une répression d’une brutalité inouïe : passages à tabac, traînages publics dans l’opprobre, incarcérations arbitraires, procès expéditifs et condamnations disproportionnées. Le sort réservé aux deux députées, à la journaliste et aux défenseurs des droits qui ont eu le courage de signaler un cas récent d’esclavage, ainsi qu’à tous ceux qui leur ont apporté leur soutien, constitue l’illustration la plus achevée d’une politique de deux poids, deux mesures et d’une persécution ciblée et programmée, dont la gravité ne saurait être éludée.@
En conséquence, et dans un ultime souci de redressement et de justice réparatrice, nous signataires de la présente pétition, demandons solennellement :
1. La révision de la Constitution afin d’y inscrire la reconnaissance explicite de toutes les composantes nationales, y compris la composante Haratine, afin de garantir et préserver l’intégralité de leurs droits politiques, sociaux, économiques et culturels ;
2. L’adoption d’une discrimination positive en faveur des haratines, par la mise en œuvre de politiques et de programmes sectoriels nationaux, afin d’assurer leur remise à niveau et l’intégration effective de leurs cadres au sein de l’administration centrale, de la magistrature, des corps de l’ordre et de sécurité et des forces armées, du corps diplomatique, des médias, des grandes sociétés et institutions et des projets structurants, seule voie permettant de combler le retard accumulé et de rétablir une équité longtemps bafouée ;
3. Une législation instaurant une discrimination positive pour les mandats électifs locaux (municipalités et conseils régionaux) ainsi que pour les sièges parlementaires, (les députés) garantissant ainsi une représentation juste et effective ;
4. La restitution intégrale des droits civils et politiques aux députées Mariam Cheikh Dieng et Ghamou Ashour Salem, sans quoi le décret de grâce présidentielle ne serait qu’une mesure inachevée aggravant le sentiment d’injustice et de ciblage arbitraire émanant des plus hautes sphères de l’État ;
5. La libération immédiate et inconditionnelle de la journaliste Warda Souleimane ainsi que de tous les prisonniers d’opinion, dont la détention constitue une offense à la liberté d’expression et à l’État de droit.
@Enfin, convaincus que la justice ne saurait demeurer silencieuse face à de telles atteintes,@ nous lançons un appel vibrant à toutes les consciences éprises de justice, à tous les défenseurs des droits et des libertés à se joindre à nous pour la signature de ces revendications légitimes
Fait à Nouakchott, le 27 Juillet 2026
Les signataires :
Signataires :
1. Samory Beye , militant des droits humains, président du mouvement El Hor , syndicaliste
2. Mohamed Borboss Moussa, chercheur, doctorant, romancier, ancien maire, ancien ministre et ancien chef de parti politique
3. Brahim Bilal, militant des droits humains, président de l’Organisation du Sahel pour la défense des droits humains
4. El-Kory Sneiba, inspecteur de l’éducation, leader des droits humains
5. Abdallahi Ould Louleid, ingénieur, ancien directeur général du port de Nouadhibou
6. Mih Ahmed Djewjda, ingénieure en économie agricole, expert en développement du secteur agricole
7. Yerba Nafea, président de la Charte pour les droits politiques, économiques et sociaux des Haratins
8. Fah Sid Ahmed, professeur à la retraite, directeur d’école privée
9. Aida Atiyatallah, ancien vice-président de la Communauté urbaine de Nouakchott , inspecteur retraité du ministère de la Justice
10. Omar Yali , ancien ministre , président du parti RAG en constitution
11. Sy Abdoulaye Baba, secrétaire général de l’institution de l’opposition
12. Mohamed Vall Sidi Meila , écrivain, journaliste et défenseur des droits de l’homme
13. Seyidna Ali Atiyah Allah, militant politique
14. Ahmedou El-Wadia, défenseur des droits humains et journaliste
15. Salka Hmeida, féministe et militante des droits humains
16. Dr El-Haj Ibrahim, chercheur en sciences sociales (Paris)
17. Mini Ould Ahmed Ibrahim, chercheur universitaire et historien
18. Prof Khaled Esseyssah , Département d’histoire, Université du Wisconsin-Madison (États-Unis)
19. Baba Ould Jeddou, militant des droits de l’homme, président de l’organisation Le Phare Citoyen
20. Maître El-Houssein Bilal, avocat
21. Haroune Mamadi, activiste politique et des droits humains
22. Yacoub Salek Med Abd , militant politique
23. Abidine Merzough , ingénieur Auto chez Ford (Allemagne)
24. Ahmedou Mohamed Khatary, prof à la retraite
25. Zeinabou Brahim Salek, militante des droits humains
26. Mohamed Djewdja, homme d’affaires, responsable politique et militant des droits humains
27. Bakary Tandia , co- fondateur de Abolition institute / Chicago
28. Jidaha Salek, militante des droits humains
29. Abdallah Meissara Souleymane, écrivain et chercheur dans un centre scientifique (Longueuil, Québec, Canada)
30. Sy Bekaye Sy Samba, militant des droits humains et expert en développement
31. Meyloud Khalih , ingénieur, Formatrur et militant des droits humains
32. Dr Mohameden Mohamadi, professeur d’université et ancien directeur de l’Institut des études technologiques de Rosso
33. Rabah Ould Radhy , militant politique
34. Abdallahi Eidjy , activiste , militant politique
35. Bouyaye Mohamed Naji, militant des droits humains
36. Ismail Ibrahim, chercheur spécialisé dans les droits humains
37. Abdat Boussahab, professeur, activiste politique
38. Dr Cheikh Abdel-Ahad, responsable politique
39. Massoud Cheikh, directeur d’établissement scolaire
40. Mohamed Salem (dit Isselmou ) Hamody , notable
41. Mohamed Mahmoud Hbeijak, prof à la retraite
42. Mohamed Yahya Denna , ingénieur
43. Bey Lahmami, ancien chef de service du personnel (SNIM)
44. Mohamed Messoud, technicien (retraité de la SNIM)
45. Mohamed Salek Mass, ingénieur géologue, blogueur et défenseur des droits humains
46. Oum El-Mouminine Fanjougman, chef de service secrétariat
47. Sidi Mohammedi, ingénieur en télécommunications
48. Cheikh Othman, expert financier
49. Maître Mohamed Messoud, avocat
50. Ramdan Jembery, professeur, responsable politique
51. Moustapha Cheibany , économiste
52. Aboubekrine Bey, ingénieur, militant des droits humains
53. Dr Ahmed Messlem, économiste, responsable politique
54. Mohamed El-Kory, docteur en sciences politiques et diplomatie
55. Ali Mohamed M’barek, enseignant à l’école d’application et de l’École normale d’instituteurs d’Aioun
56. Mohamed Moussa Mohamed, formateur à l’École normale d’instituteurs d’Aioun
57. Mohamed Jeddou, cadre agricole à la retraite
58. Aicha Mouri, ministère de l’Autonomisation des jeunes, des Sports et du Service civique
59. Jibril Mohamed Moussa, chef de division au ministère de la Santé
60. Messouda Demba, militante des droits humains
61. Abdeljalil M’himeid, responsable syndical
62. Fatimetou Mohamed Yahya, responsable politique
63. Oum El-Mouminine El-Mokhtar, haute fonctionnaire, figure d’opinion
64. Oum El-Mouminine El-Mokhtar, cadre supérieure, leader d’opinion
65. Lemine Lekouiri, inspecteur de l’éducation, personnalité politique
66. Mohamed Sid Ahmed, enseignant, responsable politique
67. Fatma M’Barek, enseignante, militante de la société civile
68. Roughaya Jaber, présidente d’organisation
69. Ali Sid Ali, enseignant
70. Bilal M’Haimid, militant des droits humains
71. Salek Boussahab, conseiller municipal
72. Salka Mahmoud, militante des droits humains, présidente d’ONG
73. Ahmed Jeddou Bouh , responsable politique
74. Ibrahim Soumaré, formateur, responsable politique
75. Mohamed Ammar, enseignant
76. Isselmou Beilil, professeur
77. Alioune Bleil, militant politique
78. Yeslem Saleck, militant de la société civile
79. Abderrahmane Jaber, responsable syndical
80. Jibril Aly, technicien informatique principal et militant des droits humains
81. Mokhtar El-Hassan, enseignant
82. Sidi Mohamed Menaba, dirigeant politique
83. Othman Mahmoud, activiste politique
84. Ali Bekaye, enseignant
85. El-Walda Limam, figure de la défense des droits humains
86. Fatma Salem, enseignante
87. Saddam Banjoukou, enseignant
88. Mohamed Ahmed, homme d’affaires
89. Mariam Mohamed Yahya, infirmière et militante des droits humains
90. Mohamed Mahmoud Oumarou, dirigeant politique
90. Mohamed Cheikh Mbeirick, militant politique
91. Mouhamedou El Hor, Imam et prédicateur
92. Oum El Fadl Samory, titulaire d’une licence en droit
93. Hamani Beye, professeur
94. Ahmed Baba Ould Mahfoudh, journaliste/militant des droits de l’homme
95. M’barek Mahmoud, Imam et prédicateur
96. Mohamed Vall Lemrabott, leader politique
97. Sidi Mourba, journaliste
98. Lemrat Abdou Ibrahim, enseignant
99. Isselmou Cheikh, enseignant
100. Aïcha Cheikh, enseignante
101. El Ghazali Cheikh, militant politique
102. Abdallah Cherif, ingénieur
103. Ely Cheikh Ahmed, professeur
104. Mahfoudh Boukhreiss, professeur
105. M’barek Fall (dit Telmidi »), militant des droits humains
106. Mohamed M’beirik, homme d’affaires
107. Moustapha Sidi Ehmane , militant des droits humains
108. Brahim Ould Bella , acteur économique
109. Salem Mahmoud, militant de la société civile
110. Malika Mohamed, enseignante
111. Larbas Hachem, militant des droits humains 112- Sidi Mohamed Boubacar, étudiant
113. Aziza Yarba , cadre, formatrice et présidente d’ ONG
114. El-Khalifa Moslem, militant de la société civile et des droits humains
115. Adama Ba, journaliste
116. Mohamed Mahmoud Ould Essalek, pharmacien
117. Mohamed Lemine Teyyib , militant politique
118. Lehbib Essalek, informaticien
119. Cheikh El-Jeilani Mohamed El-Eid, fonctionnaire administratif à la retraite
120. Bilal Dam, cadre retraité (ancien responsable des approvisionnements et des achats), SAFA/SNIM, Nouadhibou
121. Sidi Jibril Banjoukou, officier mécanicien de 2ème classe et chef des services techniques des bateaux de pêche
122. Aicha Sabar M’bareck, commerçante
123. Fatma Cheikh El-Jilani El-Eid, femme au foyer
124. Yacoub Yacoub, militant des droits de l’homme et activiste politique
125. Hamza Ali Beitikh, universitaire
126. Salek Ali , retraité de la SNIM
127. Dah Meissa Ely , professeur d’anglais
128. Dah Menza, gendarme à la retraite
129. Mohamed Lemine Mbery, inspecteur de l’éducation à la retraite
130. M’barka Alioune Mohamed Lemam, militante des droits de l’homme
131. Ahmed Ethmane Yarba, administrateur
132. Salek Matalla , enseignant et directeur d’école
133. Lemina Lekouiri, inspectrice de l’éducation
134. Mohamed Yahya Abdi, ancien capitaine de l’Armée nationale
135. Saleck Ould Alioune / Cadre du secteur transport maritime
136. Jamila Mint El-Kori , cadre du secteur bancaire
137. Ousmane Tine, inspecteur de l’éducation
138. Mariem Messaoud, étudiante
139. Sidi Yahya, étudiant
140. Mohamed Dhehbi, étudiant
141. El Arbi Beiba, étudiant
142. Ali Mohamed, enseignant
143. Issellem khalha Moctar mina, peintre-décorateur
144. Moustapha Doumess, militant politique et des droits humains
145. Haroun Sidi Mohamed, responsable syndical
146. Moustapha Mohamedou, militant des droits humains
147. Abeid Ould Bilal, militant des droits humains
148. Brahim Ould Hama, militant des droits humains
149. Boukhreiss El Kehel Mohamed El-Abed, activiste des droits de l’homme
150. Sidi Mohamed Ould Boubacar – Étudiant / Militant des droits humains
151. Sellek’ha Mint Mahmoud – Militante des droits humains
152. Amina Mokhtar Kane – Militante des droits humains
153. El Khalil Ould Salem – prof
154. Yahya Ould Ramdhan – Militant des droits humains
155. El Herim Ould Bah Ould Akhbarhoum – Militant politique
156. Mounih Ould Nweiker – Militant des droits humains
157. Aminetou Mohamed Abdallah Lahbib – Militante des droits humains
158. Mohamed El-Amine Salem Abdallah – Homme d’affaires
159. Mohamed Traoré – Professionnel du développement communautaire
160. Abdallah Souweidat – Fonctionnaire
161. Samba Ould Bilal – Ancien cadre de la SOMELEC
162. Elemine Meissa Lahrech – Acteur économique
163. Abderrahmane Amar Salem – Homme d’affaires
164. Sarr Khalidou – Officier militaire à la retraite
Ali Sidi Weikiss , garagiste
167. Ould Breihe Sidi Ali
168. Mohamed Ould Barka / Militant politique (France)
169. Ly El-Hassan / Expatrié
170. Alioune Ould Sidi
171. Kah Ould Boubou / Expatrié
172. Taher Ould Meissara / Expatrié
173. Mohamed Ould El kory / Doctorant
174. Cheikh Ibrahim Samb Samb / Doctorant et auteur
175. Mouhamedou Sneikel / Commandant de l’armée à la retraite / Expatrié aux États-Unis
176. Mohamed Ould Dadde / Expatrié en Espagne
177- bah M’bareck avocat à la Cours
178 – Mohamed samba Magha -Ingénieur spécialiste infrastructures de base ,en ALLEMAGNE
179 -Ahmed Diakitè technicien supérieur secteur des mines
180 -Daddah mekhalla -Prof Universitaire en TUNISIE
181 -Mohameden abderrahmane -cadre formateur
182 -Dr Ahmed selmane chahrour ,chercheur et écrivain journaliste.
183 -mohamed Hboidiak,Prof retraité,leader pol
184 -Sidi Mohamed hboydiack informaticien
185 -Moctar hacen -prof
186 -Mohamed sidi aly prof
187-Fatimetou hacen -SC,présidente ONG
188 -Tamboura Arsike -activiste droit de l’homme
189 -Dr Abdallahi Nagi -prof.d’Université
190 -Dhehbi Beye -licence en droit -activiste pol
191 -hasnya ghanim – activiste société Civile
192 -Souleymane Beye -licence en informatique résident aux États Unis d’Amérique
193 -lemana ould sid Ahmed Leader syndicaliste
194 -Ahmedou Ould ramdhane-leader syndicaliste
195 -Ahmed Salem Idoumou -commerçant
196 -yeslem Ould saleck -activiste SC
197 – Ethmane Ould Yareig / activiste politique
198 -Aichetou Ahmedou -société Civile
199 -salem Ould Mohamed Docker professionnel au port Autonome de Nktt
200 -cheikh Mbareck mourou dit Brahim mourou informaticien
201-Edweih mint Mahmoud -SC
202 -Ahmedou Mohamed activiste SC’
203 -didi Mohamed -activiste droit de l’homme
304 -Elmamya Bilal-enseignante
205 -selekha said-leader politique
206 -Sidi doudou-activiste SC
207 -louleid meissara -Conseiller municipal/act.pol
208 -Mohamed Meissa-imam et prêcheur leader politique
209 -roughaya Ebyaye -act.droits humains , présidente groupement cooperatives
210-md ghali hamady samba leader pol.
211-Mohamed Abdou,avocat à la cour
212-Mohamed samba technicien santé-leader droits de l’homme
213- Boubacar Ndiaye professeur de Sciences politiques dans les universités américaines (rèsident à Ohio)
214- Salka Elhacen Activiste des la SC
215- El Moumna Daoud , chercheuse
216- Khalifa Abeid prof, Dren adjoint à la retraite
217- Ahmednah bowbe :Agriculteur
218- Taleb Mohamed Atih Alla . Professeur
219- Mbeyrick Laghdaf. Cadre du ministère de la justice à la retraite/ activiste politique
220- Vadly Ahmed , AVA , ancien maire , act po
221- Ahmed Sidi Mohamed , activiste politique
222- Mohamedou El Moustapha, activiste politique
223- Ely Cheikh Taghiyoullah , ingénieur
224- Mohamed Leebeid , ing société laitière.
225- Moussa Salem inspecteur enseignement
226. Isselmou Mbareck , inspecteur enseignement
227. Beyane Abeidatt , Médecin
228. Lematt Soueidatt, conseillère municipale
229. Ahmed Vall Aheimed , Imam
230. Salka Mahmoud Pdte Cooperative
231. Sidi Abdoullah Elva , activiste politique
232. Sidi Mohamed Ahmed Taleb , étudiant universitaire
233. Mohamed Cheikh Mourba , étudiant universitaire
234. Aichetou mint Ahmed , licence eco
235. Essama Brahim , étudiante
236. Oumar Mahmoud, syndicaliste
237. Hanna Mohamed , Pdte Coop
238. Moctar Mohamed , technicien
239. Matalla Sidi Mohamed , agriculteur/ activiste politique
240. Sidi Mahmoud Moussa , éleveur, activiste politique
241. Ely Salem , chauffeur, activiste politique
242. Fatimetou Mint Youbba , commerçante/ activiste de société civile
Le Président de la République s’adresse à la nation à l’occasion de la 64ème fête de l’indépendance
AMI – S.E le président de la République, Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, a prononcé, mercredi soir, un important discours à la nation à l’occasion du 64ème anniversaire de la fête de l’indépendance nationale.
Son Excellence a annoncé qu’il a été décidé d’allouer une indemnité mensuelle de 20.000 anciennes ouguiyas aux enseignants de la sixième année de l’enseignement fondamental, et d’améliorer les conditions de vie des membres des forces armées et de sécurité en augmentant les salaires mensuels des soldats et des agents de 15.000 UM et les salaires des sous-officiers de 10.000 UM.
Il a également ordonné au gouvernement d’accélérer la convocation d’un dialogue entre les partenaires sociaux pour étudier les moyens d’augmenter le salaire minimum et à lancer une étude pour revoir le système de retraite des employés du secteur public afin d’améliorer les conditions des retraités.
Voici la traduction intégrale du discours du Président de la République :
« Citoyens
Citoyennes
Félicitations à vous tous, chers citoyens, où que vous soyez, à l’occasion du soixante-quatrième anniversaire de notre glorieuse fête de l’indépendance nationale, l’une des pages les plus brillantes et les plus mémorables de notre histoire.
Une page dont les lettres en or ont été écrites par les hommes héroïques de la résistance, avec le fusil et la plume, dans une suite de sublimes épopées émaillées de courage et vaillance, fédérant la lutte intellectuelle et culturelle et le combat armé pour le triomphe de la liberté et de la dignité de la patrie, et la défense de son identité religieuse et civilisationnelle.
La célébration de ces valeureux résistants et le souvenir de leur mémoire renforcent les valeurs d’amour et de fierté pour la patrie et réveillent le devoir de sacrifice et de loyauté envers elle.
Cela renforce également le sentiment d’appartenance à la patrie et de fierté de sa brillante histoire qui a tissé la trame authentique de coexistence qui reflète notre diversité culturelle unique et notre identité civilisationnelle exceptionnelle.
Nous devons tous, quelles que soient nos positions, faire de la préservation, du développement et de l’épanouissement de la patrie une priorité absolue pour qu’elle soit à la hauteur des espoirs et des aspirations de notre peuple, en hommage aux sacrifices de nos résistants et aux efforts de nos générations qui ont réussi à construire l’Etat mauritanien.
La nation est plus importante et plus durable que nous tous, et son bien commun prime sur les intérêts personnels et factionnels, aussi grands qu’ils puissent paraître à ceux qui les manifestent.
Elle mérite le don de soi et le sacrifice ultime comme l’illustre magnifiquement nos forces armées et nos forces de sécurité qui ont porté haut le flambeau de nos résistants et ont été, depuis leur création, et continuent d’être notre bouclier protecteur, le gardien de notre souveraineté et le défenseur de la dignité de notre peuple.
Qu’Allah entoure de sa miséricorde tous les martyrs de la patrie et que les membres de nos forces armées et de sécurité trouvent, ici, toute l’expression de l’honneur et de la considération qui leur sont dus aussi longtemps que cette journée sera commémorée.
Citoyens.
Citoyennes. L’indépendance de notre pays a constitué une restauration de la liberté, de la souveraineté et une renaissance de la nation couplée à un grand espoir nourri par notre peuple pour l’établissement d’un État au sens moderne du terme, qui gère et prend soin de ses affaires et de ses intérêts, et qui est son principal pilier et sa source d’autorité, ainsi que son objectif et sa finalité.
Plus l’État renforcera l’unité et la cohésion sociale de son peuple et fera du service au citoyen la pièce maîtresse de toutes ses stratégies et l’objectif de sa gouvernance, plus il sera en mesure d’atteindre le progrès, le développement et la prospérité.
C’est pourquoi, en raison de la gravité des facteurs qui affectent la concorde nationale, tels que le climat politique tendu, l’enracinement des hiérarchies illusoires, le fanatisme tribal et sectaire qui fragilisent notre unité nationale et notre cohésion sociale, en plus des phénomènes croissants de la pauvreté, de l’injustice et de l’exclusion, nous avons consacré notre travail tout au long de notre dernier mandat à combattre ces facteurs et à surmonter leurs effets destructeurs pour toute société.
Ainsi, nous avons opté pour le dialogue, la concertation et l’ouverture à toutes les parties comme base de notre approche dans la gestion des affaires politiques et des affaires publiques en général. Par la grâce d’Allah et de vos efforts, nous avons pu ramener l’arène politique à ce qu’un système démocratique sain exige par sa nature même, à savoir limiter les différences, les opinions divergentes et la concurrence dans un cadre de responsabilité morale, d’engagement éthique et de prévalence de l’intérêt public. Cela nous a permis d’organiser des élections présidentielles, législatives, régionales et municipales avec un consensus total sur les règles et les principes de leur déroulement.
Afin de consolider notre système démocratique, nous avons renforcé la confiance dans ses organes institutionnels et élargi la base de la représentation pour garantir l’inclusion des personnes ayant des besoins spécifiques, ainsi que la jeunesse pour laquelle aucun effort n’a été ou ne sera ménagé pour lui donner les moyens d’agir, convaincus qu’ils sont nos atouts présents et futurs.
A l’effet d’assurer la durabilité de la nette amélioration de notre gouvernance politique, nous avons dû travailler au renforcement de nos différentes institutions constitutionnelles. Ainsi, nous avons tenu à consolider le principe de séparation des pouvoirs et à renforcer chacune de ces institutions, en particulier le pouvoir judiciaire, car il est le référent qui garantit le bon fonctionnement de toutes les institutions de l’État. Nous avons œuvré à la modernisation du secteur judiciaire, au développement de son infrastructure et à l’amélioration des conditions de ses travailleurs, et lancé un processus consultatif visant à réformer la justice en profondeur, qui a abouti à un document national pour la réforme et le développement de la justice, actuellement en cours de mise en œuvre.
Cette amélioration de la gouvernance politique a joué un rôle important dans l’efficacité des efforts que nous avons déployés tout au long du premier mandat pour renforcer notre unité nationale et notre cohésion sociale. Ces efforts ont porté essentiellement sur la lutte contre la pauvreté, la précarité, l’injustice et l’exclusion par la mise en place d’un vaste filet de sécurité sociale, dont les citoyens les plus pauvres et les plus vulnérables ont bénéficié de ses différents programmes et interventions.
Ce filet de sécurité a été renforcé par les progrès réalisés en matière d’accès à l’assurance maladie universelle, avec la création d’un fonds national de solidarité santé qui a permis à près de 200 000 personnes, principalement à Nouakchott, d’accéder à l’assurance maladie à un coût symbolique. Ce fonds couvrira progressivement le reste du pays.
Nous nous sommes également opposés à tout ce qui pouvait nuire à notre coexistence et à l’harmonie sociale en luttant contre les faux stéréotypes, le tribalisme et le sectarisme. Nous avons promu les valeurs spirituelles inclusives grâce à de nombreuses réalisations dans le domaine de la promotion des affaires islamiques.
En outre, nous nous sommes attelés à la consolidation de l’État de droit et des institutions, à la promotion des libertés individuelles et collectives et à la lutte contre tous les comportements contraires aux droits de l’homme, en mettant en œuvre le plan national de lutte contre la traite des êtres humains et en œuvrant à l’harmonisation de nos lois avec les conventions et traités internationaux pertinents que nous avons ratifiés.
En outre, nous avons déployé de grands efforts pour réformer l’administration en rapprochant ses services du citoyen, en lui permettant d’effectuer ses démarches et de faire valoir ses droits avec dignité et facilité, et sur la base de la simple citoyenneté.
Nous avons soutenu ce mouvement de réforme de l’administration en luttant contre la corruption et la mauvaise gestion, tout en veillant à ce que cela se fasse de manière institutionnelle et impartiale, loin de la personnalisation et des règlements de comptes.
Rien de tout cela n’aurait été possible si nous n’avions pas réussi, avec l’aide et la volonté d’Allah, à mettre en œuvre notre stratégie de sécurité intégrée qui nous a permis de préserver notre sécurité et notre stabilité, malgré la prévalence de la violence, du terrorisme et des conflits armés dans notre environnement régional et mondial, tous facteurs qui sapent les fondements de la stabilité, entravent le développement dans toutes ses dimensions et menacent l’existence même des États.
Au cours des cinq dernières années, ce résultat a été favorisé par notre politique étrangère active et équilibrée, qui a considérablement renforcé notre présence et notre réputation aux niveaux régional et international en adoptant les règles du bon voisinage, du respect mutuel et de la promotion des intérêts communs, tout en défendant fermement les causes justes, telle que la cause palestinienne.
Ce qui a été réalisé au niveau de la gouvernance politique, du renforcement de l’unité nationale et de la cohésion sociale est nécessaire pour traduire dans les faits ce que nous avons promis dans le programme du premier mandat, à savoir construire une économie résiliente qui s’oriente vers une trajectoire ascensionnelle.
Afin de tenir cet engagement, nous avons déployé de grands efforts pour développer les services de base en termes de qualité et d’accessibilité, promouvoir l’exploitation des secteurs productifs et développer l’infrastructure de manière à atteindre un niveau permettant une transformation économique qui conduira à une amélioration qualitative des conditions de vie des citoyens et placera notre pays sur une trajectoire de développement ascendante.
Parallèlement, nous avons lancé une profonde réforme de l’éducation, renforcé le projet de l’école républicaine, élargi la construction d’infrastructures éducatives, recruté et formé des enseignants et fourni des soutiens éducatifs, ce qui a permis de porter le taux net de scolarisation primaire à 81 %, le taux de rétention à 83 % et le taux de réussite au baccalauréat à plus de 39 %. À cela s’ajoutent le doublement de la capacité d’accueil des établissements d’enseignement supérieur et professionnel et la diversification de l’offre de formation tout en l’alignant sur les besoins du marché du travail.
Au même moment, nous avons œuvré au renforcement de notre système de santé par la fourniture de médicaments et l’amélioration de leur qualité, l’élargissement du recrutement du personnel médical de toutes catégories, l’amélioration de ses conditions de travail, la construction et l’équipement d’infrastructures sanitaires telles que les hôpitaux, les centres et les points de santé, ce qui a permis au taux d’accès aux services de santé d’atteindre près de 80 % en 2024.
De même, nous avons déployé de grands efforts pour créer et équiper des points d’eau dans les différentes wilayas, poser des centaines de kilomètres de canalisations, réaliser des milliers de raccordements aux réseaux d’eau, renforcer et étendre les réseaux de distribution, ce qui a permis de porter le taux d’accès à l’eau potable à 78 % en 2024.
Grâce aux stratégies, programmes et projets, ainsi qu’à vos efforts, au cours des cinq dernières années, nous avons pu augmenter les surfaces cultivées de 33 %. En conséquence, la production agricole totale pour la campagne 2023/2024 a augmenté de 71 %, et la contribution de l’agriculture au PIB a atteint 5,2 % en 2023.
A la faveur d’une structure institutionnelle appropriée pour le développement de notre bétail, nous avons pu améliorer les races, établir des pôles de développement intégré dans les wilayas pastorales, promouvoir la santé animale et fournir du fourrage, ce qui a permis de porter la contribution de l’élevage au PIB à 10,7 % en 2023.
Dans le même sillage, nous avons accordé la plus grande attention à nos ressources halieutiques. C’est ainsi que pour faire face au risque d’épuisement de ces ressources, nous avons soutenu la surveillance maritime et la recherche scientifique pour reconstituer les stocks et garantir leur durabilité, et nous avons encouragé l’industrie de transformation à accroître le niveau de valeur ajoutée.
La même attention a été accordée à nos richesses minérales dont l’exploitation a été réglementée et encadrée, notamment l’activité minière artisanale qui est récente, tout comme nous avons promulgué la loi d’orientation sur le contenu local et ouvert le registre minier selon des règles transparentes. Ces efforts ont permis de porter la contribution du secteur au PIB à 17,1 % en 2023.
Par ailleurs, notre approche stratégique, basée sur l’exploitation des ressources nationales pour produire une énergie durable et propre capable de répondre aux besoins croissants des citoyens, nous a permis de porter l’accès à l’électricité à 57 % et la part des énergies propres dans notre mix énergétique total à 48 % en 2023.
Aussi, les concrétisations dans les services de base et les secteurs productifs ont été renforcées par nos réalisations en termes d’infrastructures. Nous avons pu augmenter la longueur de notre réseau routier de près de 3 000 kilomètres, entre nouvelles constructions et réhabilitations, ce qui a permis d’améliorer la connectivité entre les moughataas et les capitales des wilayas. Nous avons également créé des réseaux urbains qui ont contribué à améliorer l’aspect de nos villes et la fluidité du trafic routier à l’intérieur de celles-ci.
De même, l’infrastructure portuaire a bénéficié de la même attention, tout comme l’infrastructure numérique, qui s’est développée avec l’achèvement de 1 700 kilomètres de fibre optique et le parachèvement du projet de liaison frontalière.
Toutes ces réalisations, et plus généralement les politiques économiques et monétaires que nous nous sommes attachés à mettre en œuvre, nous ont permis d’atteindre un taux de croissance de 6,5 % en 2023, de porter notre PIB par habitant à environ 2400 dollars pour la même année, et de surmonter la question de la dette publique dont le ratio ramené au PIB n’est plus que de 40 %, en 2023.
Ces actions ont constitué un pilier fort de notre politique opérationnelle, qui a permis la création de plus de 125 000 emplois directs et 268 000 emplois indirects.
Sans les chocs externes violents, tels que la pandémie de coronavirus et les graves crises sécuritaires régionales et internationales et leurs diverses répercussions destructrices sur le monde en général, les bons résultats que nous avons obtenus aujourd’hui auraient été encore meilleurs et seraient plus impactants.
Citoyens
Citoyennes
Il ressort de ce qui précède qu’avec l’aide et la volonté d’Allah et avec votre soutien et votre participation, nous avons pu, au cours du mandat écoulé, mettre en place les conditions d’une transformation sociétale conduisant à une société fière de sa diversité, réconciliée avec elle-même, dont les composantes participent à la gestion des affaires publiques et bénéficient de manière égale et équitable des richesses de leur pays.
Avec l’aide d’Allah, nous continuerons à consolider ces acquis.
Sur cette voie, comme je l’ai souligné dans mon discours à l’occasion de mon investiture en tant que Président de la République pour un nouveau mandat, je m’en tiendrai toujours au principe d’ouverture, d’apaisement, de concertation et de main tendue à toutes les composantes de l’échiquier politique.
Je suis convaincu que préserver notre pays de tout ce qui peut troubler sa marche vers la construction et le développement, afin qu’il demeure libre, indépendant, stable et sûr, nécessite une communication, un dialogue et une discussion constants entre les différents acteurs politiques et sociaux sur les grandes questions nationales.
C’est pourquoi l’organisation d’un dialogue inclusif de toutes les composantes de l’échiquier politique a été l’un des éléments les plus marquants du programme que j’ai présenté au peuple mauritanien.
En application de cet engagement et de cette conviction, nous commencerons, par la volonté d’Allah, dans les prochains mois, à contacter les différents partis politiques, de la majorité et de l’opposition, pour nous concerter sur les moyens les plus appropriés de préparer un dialogue sur toutes les questions importantes, en particulier celles liées au renforcement de notre unité nationale et de notre cohésion sociale et à la consolidation de notre système démocratique.
Comme je l’ai déjà mentionné, je souhaite que ce dialogue soit inclusif, franc et responsable et que les parties ne soient pas mues par la recherche des gains personnels et partisans au détriment de l’intérêt public.
Pour ce faire, nous devons tirer les leçons des expériences passées et proposer un nouveau mécanisme et une nouvelle méthodologie pour garantir le succès de ce dialogue.
Outre ces efforts importants pour développer la gouvernance politique, lutter contre la pauvreté, les inégalités, le chômage, la mauvaise gestion et la corruption, et renforcer l’unité nationale et la cohésion sociale, nous continuerons à développer les services de base, les secteurs productifs et les infrastructures pour soutenir la croissance.
En ce qui concerne les services de base, nous poursuivrons la mise en œuvre de la réforme du système éducatif, le renforcement de l’école publique, l’amélioration de la capacité de rétention du système éducatif, l’amélioration de son efficacité externe et des conditions de travail des enseignants, ainsi que la diversification et la professionnalisation de l’offre de formation universitaire afin de l’aligner sur les besoins du marché du travail.
Nous œuvrerons également à l’atteinte de l’accès universel à des services de santé de qualité en développant et en réglementant la gouvernance du secteur, en généralisant les hôpitaux régionaux multi-spécialités et en construisant un complexe hospitalier universitaire.
Parallèlement, l’accès universel à l’eau potable sera réalisé par la diversification et la sécurisation des sources d’approvisionnement, y compris le dessalement, l’approfondissement de l’exploration des ressources souterraines et la mobilisation des eaux de surface, l’extension de la construction des barrages et la mise en place d’un assainissement efficace dans les capitales régionales, dont le premier volet est en cours de construction à Nouakchott.
Pour soutenir cet effort de service, l’une de nos principales priorités sera de renforcer notre trajectoire de développement ascendante en œuvrant à l’atteinte du niveau le plus élevé possible de sécurité et de souveraineté alimentaires par la mise à niveau de nos secteurs productifs, tels que l’agriculture, l’élevage et la pêche, ainsi que par le renforcement et le développement de nos infrastructures routières, portuaires et numériques.
Nous nous attelons également à exploiter nos réserves énergétiques de gaz et d’énergies renouvelables pour répondre aux besoins énergétiques domestiques et industriels, promouvoir et développer notre secteur minier et l’intégrer dans le tissu économique, ainsi que pour produire de l’hydrogène vert pour renforcer notre rôle en tant qu’acteur central dans la transition énergétique mondiale.
Mes chers compatriotes
Tous les efforts que nous avons déployés et que nous comptons déployer en matière d’amélioration de la gouvernance politique, économique et sociale ont pour objectif principal de préserver la sécurité et la stabilité de notre pays et de le développer afin d’améliorer constamment les conditions de vie des citoyens, en particulier des retraités et des responsables des services de base tels que la sécurité, l’éducation et la santé.
Soucieux d’assurer des conditions de vie décentes aux citoyens et d’améliorer leurs conditions matérielles et morales, je n’ai pas manqué l’occasion, au cours du dernier mandat, d’augmenter les salaires et les indemnités des travailleurs et les allocations des retraités.
Les travailleurs de la santé ont bénéficié d’un doublement de leurs salaires au cours des trois dernières années et d’une augmentation significative de la prime de risque. Les enseignants ont également bénéficié d’augmentations significatives qui ont doublé leurs indemnités d’encadrement, de craie et d’éloignement.
Les professeurs de l’enseignement supérieur ont également bénéficié d’importantes augmentations de salaire. Ces mesures s’ajoutent à l’augmentation générale des salaires de tous les employés de 20 000 MRO et au doublement de la pension des retraités.
Poursuivant la même démarche, nous avons décidé de créer un fonds pour financer un programme d’appui au logement des enseignants et professeurs et d’affecter l’ensemble des 2 508 logements construits dans le cadre du programme Dari, d’une valeur totale de plus de 22 milliards MRO à l’alimentation de ce fonds. Nous avons chargé le gouvernement de définir, dans les plus brefs délais, les mécanismes et les conditions d’accès à ce fonds en partenariat avec les représentants des enseignants.
Nous avons également décidé d’allouer une indemnité mensuelle de 20 000 MRO aux enseignants de la sixième année de l’enseignement fondamental, qui bénéficiera à plus de 4 000 enseignants au cours de l’année scolaire 2024-2025.
Dans le même esprit, nous avons décidé d’améliorer les conditions de nos forces armées et de sécurité en augmentant les salaires mensuels des soldats et des agents de 15 000 MRO et les salaires des sous-officiers de 10 000 MRO.
Nous avons également engagé le gouvernement à accélérer la convocation d’un dialogue entre les partenaires sociaux pour examiner les moyens d’augmenter le salaire minimum et à lancer une étude pour revoir le système de retraite des employés du secteur public afin d’améliorer les conditions des retraités.
Citoyens.
Citoyennes
Je crois au génie du peuple mauritanien et je suis convaincu qu’ensemble nous pouvons réaliser ce à quoi nous aspirons tous pour notre pays.
Ensemble, nous pouvons réaliser une transformation sociétale basée sur une forte confiance entre ses composantes et dans ses institutions, en consolidant notre unité nationale et en renforçant notre système démocratique.
Cela optimisera l’efficacité de nos efforts pour placer notre pays sur une voie de développement ascensionnelle qui accélérera l’avènement de la nation que nous voulons tous, une nation de justice, de fraternité, de progrès et de développement.
Vive la Mauritanie !
Que le salut et la bénédiction d’Allah soient sur vous. »
INAL | Samba Thiam, president des FPC
INAL
Ce qui s’est passé à Inal ne saurait être comparé avec Thiaroye. C’est sans commune mesure, tellement la cruauté y avait été atroce !
A Thiaroye les corps tombaient sous le feu des auto-mitrailleuses, mort douce et rapide…
A Inal, l’on mourrait lentement, avec une extrême souffrance. On mourrait par strangulation des ceinturons, par pendaison, par diète noire, par enterrement vivant, par écartèlement entre deux voitures, par traînée de corps tiré par une voiture, la corde autour du coup, les mains ligotées derrière le dos, le corps meurtri, écorché par les broussailles et le sable du désert…
A Thiaroye on mourrait d’un coup !
Voilà ce que Ghazouani laisse derrière lui pour aller compatir à Dakar, mystifier les opinions, comme si rien n’avait existé en Mauritanie.
Ironie et cynisme, le 28 novembre ceux qui manifestèrent dans le pays pour dire non à l’oubli de ces tragiques événements de 1986 /91 se verront réprimés puis arrêtés. Personne, au vu des agissements du régime, ne peut croire à la volonté politique réelle de règlement correct de ce dossier.
INAL fut pire que Thiaroye, Tazmamart ou le Rwanda !
Samba Thiam President des FPC
Mauritanie : Samba Thiam solidaire de Ibrahima Sarr
Les FPC s’opposent au projet de parti unique de la CVE dans sa nouvelle formule qui laisse apparaître une manœuvre astucieuse d’une implantation à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Une position qui ressort dans un communiqué publié cette fin de semaine. Elle rejoint celle de l’AJD-MR favorable seulement à une CVE qui a permis d’aller aux dernières élections présidentielles.
Samba Thiam et Ibrahima Sarr se donnent ainsi la main pour mettre fin aux manœuvres secrètes de comploteurs dont l’agenda caché circule cette semaine sur les réseaux sociaux et qui les visaient particulièrement.
Le rapprochement des FPC à l’AJD-MR ne date pas d’aujourd’hui. Il remonte même bien avant septembre 2018 date des élections législatives municipales et régionales où Samba Thiam avait soutenu Ibrahima Sarr. Les deux combattants de la liberté avaient enterré la hache de la guerre pour mieux combattre le racisme d’Etat des différents régimes mauritaniens. Les retrouvailles dans la CVE pour aller aux dernières présidentielles ne sont le fait du hasard.
Aujourd’hui les FPC et l’AJD-MR sont les moteurs de l’opposition antisystème même si le parti ex –Flamiste n’est pas toujours reconnu officiellement. Et qu’on le veuille ou non le parti de Ibrahima Sarr est bien implanté dans le pays même si les dernières législatives n’ont pas donné les résultats escomptés. Contrairement aux dernières présidentielles où les deux leaders se sont particulièrement distingués secrètement et contribué au succès de la CVE surtout à l’intérieur du pays durant la campagne. Et comme en témoignent les résultats plus de 8 pour cent des suffrages en dépit de fraudes électorales et d’irrégularités administratives pointées par les observateurs.
Cette crise ouverte au sein de la CVE ne peut que conforter deux anciens prisonniers du mouroir de Oualata dont le sacrifice est un exemple pour les nouvelles générations.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassat




