Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: February 2011

Lettre ouverte des victimes des évènements de 89/91 au président de la République

altLettre ouverte

adressée à son Excellence, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz,

Président de la République Islamique de Mauritanie

 Excellence,

Voilà une année sur votre instruction matérialisée en Conseil des Ministres, que les fonctionnaires et agents de la fonction publique victimes des évènements douloureux de 89/91 ont été recensés aussi bien à Nouakchott qu’à l’étranger, en vue de les rétablir dans « leurs Droits » – c’était là un pas apprécié et soutenu par la Communauté Nationale et Internationale ; donc  un début du règlement du passif social qui figurait parmi vos engagements politiques pour la consolidation de l’Unité Nationale.

Le REVE 89/91 s’était investi à côté de la Commission Nationale de Recensement par un travail sérieux et transparent car, à nos yeux c’était un devoir républicain.

Excellence, Voilà une année écoulée que nous attendons les résultats de cette Commission qui semble être victime d’un blocage dont nous ignorons les principales raisons.

Nous continuons après 21 années d’injustice, d’indifférence et de mépris à compter nos morts, nos malades et nos familles disloquées en refusant énergiquement « le désespoir » dans la dignité et la sagesse… car nous avons vécu la violence sous toutes ses formes et savons bien ce que c’est.

Dans un Etat de Droit : réparer une injustice est un devoir et un droit.

En ces moments de turbulences sous-régionales, notre Pays a besoin de la réconciliation de ses fils et nous attendons de votre part, Monsieur le Président, une réelle volonté politique officielle qui doit être exécutée à tous les niveaux de l’appareil d’Etat pour régler définitivement ce passif social qui n’a fait que trop durer.

Cette lettre ouverte n’est qu’un cri de détresse, des victimes privées de leurs droits élémentaires, après vous avoir adressé trois lettres de demandes d’audience qui ont été déchargées à la Présidence et qui demeurent sans suite.

Excellence, Monsieur le Président de la République et ceux des pauvres : « qui dit pauvre dit victime », nous restons dans l’espoir d’être bien entendus pour une solution juste, consensuelle et rapide.

Veuillez agréer, Excellence, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre plus haute considération.

Pour le Bureau Exécutif

Le Président  

LO Souleymane

Mauritanie : remaniement ministériel

altLe président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a procédé ce soir à un léger remaniement de son gouvernement, changeant à nouveau de ministre des Finances, deux mois seulement après la nomination du précédent, selon un décret lu à la télévision nationale. Le ministère des Finances est confié à Thiam Dioumbar, précédemment trésorier général. Il remplace à ce poste Amadi Camara, qui avait été nommé le 15 décembre 2010. Ce dernier hérite du ministère de l’Environnement. Le ministère du Pétrole et de l’Energie revient, dans la nouvelle équipe, à Taleb Ould Abdi Vall, ancien directeur de la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Le précédent titulaire de ce portefeuille, Wane Ibrahima Lamine, quitte le gouvernement.
Le ministère de l’Industrie et des Mines a disparu de la nouvelle nomenclature et son titulaire, Mohamed Abdallahi Ould Oudaa a été évincé du gouvernement. Les Mines sont à présent rattachées au ministère du Pétrole et de l’énergie. L’Industrie est rattachée au ministère du Commerce.
Le changement concerne par ailleurs le ministère de la Santé, qui revient à Ba Husseinou Hamadi, en remplacement de Cheikh Ould Horma, qui n’a plus de fonctions ministérielles.

AFP

 

Mauritanie : remaniement ministériel

 

Le Président de la République, Mohamed Ould Abdelaziz, a procédé,  ce samedi 12 février 2011 à un remaniement ministériel, qui a concerné, les départements des Finances, de la Santé, de l’Industrie, du Pétrole et de l’Environnement. Par ce mouvement, l’ex-ministre trésorier général de la République, Thiam Diombar, devient Ministre des Finances à la place de Camara Amadi, qui a été relégué ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Environnement. L’ancien titulaire de l’Environnement, Ba Housseinou Hamadi, devient Ministre de la Santé à la place du Docteur Cheikh El Mokhtar Ould Ould Horma Ould Babana, qui aurait été impliqué dans plusieurs « affaires » épinglées par l’Inspection Générale des Finances. Le nouveau Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Mines est l’actuel Administrateur Directeur Général de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), Taleb Ould AbdiVall qui hérite du ministère  de Wane Ibrahima Lamine (Pétrole et Energie) en plus des Mines. L’autre « morceau » de l’ancien Ministère des Mines et de l’Industrie atterrit au Commerce où l’actuel titulaire, Bamba Ould Darmane, devient Ministre du Commerce, de l’Industrie, de l’Artisanat et du Tourisme. L’ancien ministre des Mines et de l’Industrie, Mohamed Abdallahi Ould Oudaa, serait lui aussi impliqué dans des scandales de mauvaise gestion.  Ce remaniement a surpris les observateurs qui s’attendaient à un grand chambardement gouvernemental.

Mauritanie 24

Respect au peuple égyptien !Par Jean-Baptiste Placca

altFeux d’artifice sur la place Tahrir. La célèbre et désormais historique place de la Libération a eu raison du raïs. Hosni Moubarak a donc quitté le Caire – et le pouvoir – en milieu de journée, ce 11 février, déclenchant chez les Egyptiens une exultation qui irradie la terre entière. Sur tous les fronts rayonne un sublime bonheur, comme une huile vivifiante.

Ben Ali en janvier, Moubarak en février : deux autocrates défaits, en l’espace d’un mois, par des populations aux mains nues ! Il faut croire que le dieu des dictateurs a choisi 2011 pour partir en congés. Une année sabbatique ! Pour les peuples écrasés par des despotes plus ou moins éclairés, une fenêtre de tir s’ouvre vers la liberté. La peur a changé de camp.

Jusqu’au bout, Hosni Moubarak a rusé pour survivre politiquement. Il a testé, de diverses manières, la détermination des manifestants. En vain. Le général a rappelé ses campagnes victorieuses, excité le patriotisme des Egyptiens, sans plus de succès. En désespoir de cause, il a lâché l’essentiel de ses prérogatives, mais c’était trop peu, et déjà trop tard. Ainsi s’achève la carrière d’un vieux dictateur, qui rêvait de transmettre le pouvoir à son fils. En dix-huit jours, les Egyptiens auront donc réglé, proprement, deux problèmes majeurs de la vie politique nationale.

L’impressionnante capacité d’organisation et de mobilisation de ce peuple sera, à jamais, un sujet de méditation pour toutes les nations confrontées à des régimes forts, durs, répressifs.

Durant la courte agonie du régime Moubarak, l’on a beaucoup disserté sur les hésitations, l’extrême prudence de l’administration américaine. Et pourtant, vous ne pouvez imaginer tous les peuples du monde arabe – et d’Afrique – qui voudraient voir Obama se mêler de la démocratisation de leur pays, comme il l’a fait pour la Tunisie, et plus encore pour l’Egypte.

Si ce que viennent de vivre ces deux peuples est une maladie, alors, que vienne la contagion ! L’épidémie ! A chaque peuple de comprendre ce qu’il est en droit d’exiger désormais de ses dirigeants, ce qu’il ne peut plus accepter d’eux. Pour le reste, les Tunisiens et les Egyptiens nous enseignent que lorsqu’une nation désire réellement la liberté, rien ne peut l’arrêter. Obama, pour dire cela, a cité, ce 11 février 2011, le Dr Martin Luther King, s’exprimant à Accra, lors de l’indépendance du Ghana, en avril 1957 : « il y a quelque chose de particulier dans l’âme qui crie pour la liberté ».

Communiqué de la Coordination de l´Opposition Démocratique

altLa situation politique en République Arabe d’Egypte a connu aujourd’hui un développement historique ; son grand peuple ayant renversé le régime autoritaire qui gouverne le pays depuis trois décennies.
Par cet exploit historique, le peuple égyptien prouve que la volonté des peuples ne peut être vaincue et que ces derniers n’acceptent plus d’être gouvernés contre leur gré. Il a prouvé aussi que face à l’élan intrépide de nos peuples et leur détermination à se débarrasser de la tyrannie, l’obstination des régimes absolutistes dans notre monde arabe et leur espoir de se pérenniser sont désormais vains.

A cette occasion dont se réjouissent tous les peuples arabes, la Coordination de l’Opposition Démocratique :
– félicite le vaillant peuple égyptien pour le succès de sa glorieuse révolution et souhaite qu’il réalise le changement démocratique payé par les martyrs au prix de leur sang ;
– appelle tous les régimes arabes, et surtout, celui de Mohamed Ould Abdel Aziz, à tirer les leçons de ce qui est arrivé en Egypte et avant elle en Tunisie et se plier aux exigences de démocratie et d’émancipation exprimées par leurs peuples.

 Nouakchott, le 11 Février 2011

La Commission de communication

Après 30 ans au pouvoir, Moubarak chassé par la rue

MoubarakLe président Hosni Moubarak, chassé vendredi par la rue après dix-huit jours d’une contestation populaire sans précédent, a gouverné l’Egypte sans partage pendant trois décennies.M. Moubarak quitte la présidence de l’Egypte et remet le pouvoir à l’armée, a annoncé en fin de journée le vice-président Omar Souleimane lors d’une brève intervention télévisée. Cette annonce est intervenue peu après celle du départ du raïs et de sa famille pour Charm el-Cheikh, dans le Sinaï égyptien.

Cet homme de 82 ans, qui avait érigé la stabilité de son régime autoritaire en dogme, s’était accroché au pouvoir ces deux dernières semaines malgré un mouvement populaire d’une ampleur croissante lancé pour dénoncer les maux de son règne: chômage, pauvreté, corruption, libertés étouffées, violences policières.

Mais ses multiples annonces pour tenter de calmer la rue, dont celle qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat à la présidentielle de septembre, ont été vaines: ses détracteurs ont continué de réclamer son départ immédiat.

Durant ses années au pouvoir, aux multiples appels -y compris des Etats-Unis- en faveur d’une ouverture du système, il a opposé régulièrement le spectre d’une déstabilisation catastrophique du plus peuplé des pays arabes (plus de 80 millions d’habitants).

Cet homme sans grand charisme a succédé en 1981 au président Anouar al-Sadate qui a été assassiné par des islamistes, deux ans après avoir été le premier dirigeant arabe à signer la paix avec Israël.

Pragmatique, volontiers patelin, aimant les tournées à travers le pays, M. Moubarak, l’un des dirigeants les plus anciens du monde arabe, a maintenu contre vents et marées l’ancrage de son pays dans le camp pro-américain et préservé les accords de paix avec Israël.

Ancien commandant de l’armée de l’air, il a réussi à maintenir jusqu’au 25 janvier la stabilité de l’Egypte -et la sienne propre- en s’appuyant sur un redoutable appareil policier et un système politique dominé par un parti à sa dévotion.

Il s’est aussi montré un adversaire résolu de l’islamisme radical façon Al-Qaïda. Mais il n’a pas réussi à enrayer la montée d’un islam traditionaliste, inspiré par le mouvement des Frères musulmans toujours puissant malgré de récents revers électoraux.

Avec sa silhouette trapue, sa chevelure toujours drue malgré l’âge et son regard souvent caché par des lunettes de soleil, M. Moubarak est devenu au fil des ans une figure familière des réunions internationales, imposant l’Egypte comme un pilier modéré au sein du monde arabe.

Né le 4 mai 1928 dans une famille de la petite bourgeoisie rurale du delta du Nil, Mohammed Hosni Moubarak a fait ses preuves dans l’armée, jusqu’à devenir commandant en chef des forces aériennes puis vice-président en avril 1975.

Au cours de sa longue carrière, il a échappé à au moins six tentatives d’attentat, et n’a jamais levé l’état d’urgence mis en place depuis son accession au pouvoir.

La montée en puissance de son fils cadet, Gamal, proche des milieux d’affaires, avait nourri les suspicions d’une transmission “héréditaire” du pouvoir lors de la présidentielle de septembre 2011, provoquant les protestations de l’opposition.

Malgré l’ouverture de l’économie qui a permis ces dernières années d’amorcer un décollage économique et l’émergence de “champions” égyptiens dans le domaine des télécoms ou du bâtiment, quelque 40% des Egyptiens continuent de vivre avec moins de deux dollars par jour, selon des statistiques internationales, alors que le pays est mis en cause pour des affaires de corruption.

M. Moubarak, opéré de la vésicule biliaire et d’un polype du duodénum en 2010, a un autre fils, Alaa, de son mariage avec Suzanne Thabet, “première dame” d’Egypte réputée influente auprès de son mari.

© 2011 AFP