Monthly Archives: March 2011
Règlement de l’impasse politique : Tawassoul livre sa thérapie
Comment sortir le pays de l’impasse?Il suffit de procéder à un ensemble de réformes pour dépasser la crise multidimensionnelle, a laissé entendre Mohamed Jemil Mansour au cours d’une conférence de presse animée hier à l’Hôtel Iman.Le leader et Tawassoul appellent à des reformes constitutionnelles, politiques susceptibles d’écarter l’armée de la scène, de garantir la séparation des pouvoirs, la tenue d’élections libres et transparentes, l’instauration d’un régime parlementaire qui est préférable au régime présidentiel prévalant dans le pays. En outre Tawassoul dénommé également le Rassemblement National pour la Réforme et le Développement (RNRD) a insisté sur la nécessité «d’adopter une véritable transparence dans la gestion des affaires publiques, et de fournir les informations et données authentiques sur les biens et les marchés publics aux parlementaires et aux partis d’opposition».
Selon Tawassoul, pour qu’il ait une véritable transparence dans la gestion des ressources publiques il «faut informer l’opinion publique des biens déclarés, en particulier pour les personnes ayant de hautes responsabilités dans l’Etat et ajouter leurs familles dans l’obligation de déclaration des biens». Par ailleurs, Tawassoul a appelé à renforcer le concept de citoyenneté. «Les facteurs les plus importants de l’Etat juste sont le concept de citoyenneté», affirme entendre Mame Yaye N’Daw. «Partant de cela, nous devons, dans ce pays qui a souffert de menaces réelles à son unité et dont les citoyens ont été éprouvés dans leur citoyenneté, restituer à la citoyenneté son sens et son implication, cela constituera la base de l’unité nationale qui nécessite la reconstruction et le renforcement», poursuit-elle. En fait pour Jemil et les ténors du RNRD, «il faut faire du caractère multi-ethnique un facteur de richesse et de complémentarité». Jemil et ses partisans insisteront sur la nécessite de tordre le cou aux manifestations et séquelles de l’esclavage, en appliquant les lois y afférentes; de réexaminer le dossier des expulsés de manière à régler toutes les questions en suspens (Etat civil ou des conditions d’une vie décente. Selon le leader de Tawassoul, les conditions de vie et revendications sociales constituent le troisième volet sur lesquels, les acteurs politiques doivent se pencher en vue de dépasser la crise multidimensionnelle que connaît le pays. En attendant de trouver une oreille attentive, Tawassoul a brossé des solutions qui visent à améliorer les conditions de vie de citoyens. Jemil Mansour et le RNRD, prônent une réduction des prix de produits de première nécessité et une augmentation des salaires, une politique de création d’emplois, l’ouverture d’un dialogue social sérieux avec les centrales syndicales sur la situation et les revendications des travailleurs, et insiste sur la nécessité d’impliquer tous les acteurs et les parties concernées dans la préparation des Etats Généraux de l’Education. Reste à savoir s’ils trouveront une oreille attentive.
Samba Camara- LE RÉNOVATEUR
La jeunesse de la contestation maintient sa mobilisation
Des milliers de jeunes mauritaniens ont tenu un meeting l’après-midi du 1er mars dans la place des «Blocs» à Nouakchott au cours duquel ils ont pour certains appelés à des «reformes» et pour d’autres, ou «changement» (de régime). Le meeting est organisé par plusieurs associations de jeunes qui utilisent le réseau social «facebook» et qui ne se réclament d’aucun parti politique ou syndicat.
Plusieurs orateurs se sont succédés au cours du meeting pour dénoncer la hausse des prix, l’esclavage, la marginalisation, le trafic d’influence, le tribalisme, la gabegie, et bien d’autres maux qui gangrènent le pays.
Aucun incident n’a été signalé quelques heures après le début du meeting qui intervient après celui du 25 février organisé lui aussi par la même mouvance composée de jeunes apolitiques et déterminés à s’exprimer, à participer en dehors la culture de la peur, du silence, de la complaisance, du mercenariat politique et du griotisme.
TAHALIL-HEBDO
Crise ivoirienne: le panel des cinq chefs d’Etat va jouer les prolongations
L’Union africaine laisse un mois supplémentaire au panel des 5 chefs d’Etat chargés de trouver une solution politique à la crise en Côte d’Ivoire. Les émissaires de l’UA étaient censés prendre des décisions fin février, vu la complexité du dossier, ils auront jusqu’à fin mars pour travailler. Le communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine constate que les chefs d’Etat membres doivent « disposer d’un temps supplémentaire » pour parachever leur mission. Ils ont donc jusqu’à la fin du mois de mars pour rendre leurs conclusions, c’est-à-dire une solution politique d’ensemble. En attendant, les cinq vont se retrouver vendredi 4 mars 2011 à Nouakchott pour une nouvelle réunion en compagnie du président de la Commission de l’Union africaine et du secrétaire exécutif de la Cédéao. De source diplomatique, on explique cette prolongation par des considérations juridiques. Le panel des cinq avait un mandat qui a expiré le 28 février. Comme ils n’ont pas pu rendre leurs recommandations à la date prévue et afin que leurs conclusions ne soient pas contestées par l’une des parties, il fallait donc que le Conseil de paix et de sécurité prolonge leur mission jusqu’au 31 mars.
Calendrier
Selon des sources diplomatiques, ce retard s’explique en grande partie par des divergences au sein du panel sur la ou les solutions à la crise. Après la réunion de Nouakchott, le calendrier est le suivant:
-Un nouveau voyage à Abidjan pour présenter leur plan de sortie de crise, des « solutions contraignantes pour les deux parties », précise-t-on à Addis-Abeba.
– Un sommet des 14 chefs d’Etat membres du Conseil de paix et de sécurité qui décidera en dernier ressort de la marche à suivre en fonction des réactions des deux protagonistes de la crise.
Dans ce communiqué l’Union africaine exprime sa grave préoccupation devant la dégradation de la situation sécuritaire et humanitaire en Côte d’Ivoire. L’Union africaine condamne aussi les attaques et autres exactions contre la population civile « d’où qu’elles viennent », précise le texte.
RFI
Marches en Mauritanie : donner un sens à nos actions par Abda Wone
La Mauritanie doit impérativement emprunter le chemin du changement. Il faudrait tout faire pour créer une Mauritanie non raciale, multinationale et démocratique ; une Mauritanie égalitaire. C’est ce que des générations avant nous, ont tenté vaille que vaille de faire. C’était l’esprit qui animait les auteurs du « Manifeste du Negro-Mauritanien Opprimé». Un quart de siècle après la publication de cette invite à une discussion honnête, la question reste d’actualité. Le défi doit être relevé par toutes les filles et tous les fils du pays sans distinction de race et d’origine ethnique. L’édification de la nation nouvelle, celle qui ne fera pas de distinguo entre ses fils en dépend. Il est un devoir pour nous tous de nous lever, et d’une seule voix clamer : Plus Jamais Ça ! Et plus jamais des changements de façade !
L’on ne doit pas manifester uniquement parce que le monde arabe est en effervescence; mais aussi et surtout, parce que nous voulons mettre un terme au racisme, à l’esclavage et à la délinquance économique. C’est implicitement participer à la consolidation d’une Mauritanie exclusivement Arabe que de s’ériger en jacquerie et d’occuper les rues de nos villes et campagnes parce que Tunisiens, Libyens et Egyptiens exigent leurs droits fondamentaux bafoués par des tyrans qui sont non seulement responsables des crimes commis chez eux, mais aussi indirectement de ceux perpétrés contre les Noirs de notre pays sous la dictature de Taya. Nous devons être certes solidaires de tous les peuples opprimés du monde Arabe et d’ailleurs, mais en même temps nous nous devons de nous recentrer sur les questions de cohabitation qui gangrènent notre frêle pays aux institutions inégalitaires et antidémocratiques. Il faut alors s’atteler à la résolution de la question nationale et sociale pour éviter à la Mauritanie le pire.
Cela suppose naturellement que ceux qui seront dans les rues pour manifester, aient aussi pour souci permanent la question existentielle qui interroge notre nation: celle de l’édification de notre communauté de destin, dans un contexte de négation d’autrui, via les deux fléaux majeurs du pays: le racisme et l’esclavage. Si ces deux problèmes ne sont pas posés avec force et de manière audible, on aura fait le choix délibéré de sacrifier le centre à la périphérie.
Abda Wone
New York, NY
L’inéluctable donne …Par Cheikh Tidiane DIA
A peine sortis de la crise post-électorale que nous voilà entrés dans une nouvelle ère pleine d’incertitudes d’angoisse et d’interrogations.Les mauritaniens sont de nouveaux en train de vivre une page de leur histoire dont ils ne sont pas forcément les vrais auteurs mais, ils sont appelés soit à subir soit à relever les défis multiples et complexes.Ils sont d’une part confrontés à des situations sociales et politiques-qui couvent partout- les mettant chaque jour devant leurs responsabilités. D’autre part ils doivent s’adapter aux nouvelles transformations en cours qui touchent aujourd’hui tous le pays arabes et africains. Il n y aura pas le choix. Le changement se fera inéluctablement. De façon pacifique, voulue et dans le sens souhaité par le peuple. Dans ce cas les hommes aux commandes accepteront d’aller vers la direction tracée par les revendications populaires sans besoin de simuler ou de tripatouiller. Au cas contraire des secousses provoquées par la chute d’autres régimes feront basculer les pouvoirs qui auront désobéi à la volonté du peuple. Pour le moment le scénario le plus envisageable est celui qui voudrait que le changement se fera de manière lente mais risquée. En effet, les demandes sociales des mauritaniens exigent la mise en place de deux conditions essentielles : un gouvernement technocratique capable de mettre en œuvre un vaste programme axé sur les secteurs clés comme l’emploi, l’éducation, la santé, l’atténuation de la pauvreté, la justice. En deuxième lieu il faudrait désamorcer cette crise politique qui alourdit chaque jour le climat institutionnel devenu très précaire. Le temps de l’attentisme et de l’indifférence est terminé. Il faut sortir de l’improvisation et des tâtonnements pour adopter une ligne claire de gestion politique, économique et sociale. Les hommes qui sont au cœur du système sont dans leur majorité sans aucune énergie compétitive pour répondre aux aspirations des mauritaniens. Ils sont comme saisis d’une pathologie annihilant en eux toute force de changement. A quelques exceptions près, ces hommes ne sont pas les vrais porteurs d’une vision nouvelle, c’est-à-dire originelle. Il faut dans l’urgence et sans complexe que le président Mohamed Ould Abdel Aziz nomme des têtes nouvelles mais bien faites ayant le poids intellectuel et le gabarit technocratique pour faire avancer la machine. Car plus le temps passe plus les attentes se font grandes. La théorie de « je suis le garant du fonctionnement des institutions publiques » n’est plus à la mode dans un monde où les aspirations du peuple sont au-devant de toutes les revendications. Aussi, Aziz doit savoir que le danger n’est pas dans les hommes politiques mais dans l’impatience du peuple en grande majorité pauvre, des jeunes aussi confrontés au chômage, des fonctionnaires constamment sous perfusion …Le danger est le terrorisme qui se développe menaçant le pays tout entier. Aziz doit anticiper sur les événements non pas de manière mécanique mais en fonction de nouvelle donne qui avance dangereusement…
Cheikh Tidiane Dia-LE RÉNOVATEUR



