Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: March 2011

Côte d`Ivoire : la stratégie du moi ou le chaos du président Gbagbo ou la rwandisation en cours

altDakar (RADDHO) – La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) exprime ses préoccupations les plus sombres et les plus alarmantes en Cote d’Ivoire face à la dégradation continue de la situation sécuritaire, de la déliquescence de l’Etat et de la manifestation de tous les ingrédients qui rappellent de plus en plus la situation du Rwanda en 1994. D’abord l’ensauvagement de l’élite politique qui tourne autour de Gbagbo qui s’appuie sur l’armée, les milices et un lumpen prolétariat radical qui utilisent la haine ethnique et régionaliste pour exercer la terreur sur les populations ivoiriennes avec comme objectif : Maintenir Gbagbo comme Président où bien anéantir la Cote d’Ivoire. La crise se nourrit également de l’impuissance, des contradictions internes, de l’hypocrisie et du double jeu de certains chefs d’Etat et du Président de la Commission de l’Union Africaine, Jean Ping. Il faut également dénoncer l’attitude de l’Angola qui apporte un soutien diplomatique et financier à Laurent Gbagbo.

 Quant à la CEDEAO, elle n’a jamais été aussi vulnérable avec la crise de leadership, de démocratie et des élections qui lui brisent les ailles et l’empêchent d’exercer une véritable influence sur le cours des choses ; ici il faut particulièrement relever le rejet du médiateur du Faso par Gbagbo , le silence et l’impuissance du Chef de l’Etat sénégalais dont la diplomatie est quasi inexistante aujourd’hui, la politique du double jeu du Président ghanéen et la diplomatie du profil bas du Général Amadou Toumani Touré.

 Les conséquences sont là palpables avec la guerre civile et la guérilla urbaine qui s’installent et fait plus de 500 morts, des milliers de personnes déplacées ou refugiées, des attaques directes contre l’ONUCI, la censure de tous les journaux proches de Ouattara sans compter l’impact de cette crise dans certains conflits de la sous région comme la Casamance.

 Face à la menace de Rwandisation et à ses conséquences imprévisibles dans la sous région, la RADDHO :

Recommande un sommet extraordinaire de la CEDEAO ouvert aux ONG de l’Afrique de l’ouest et experts en matière de résolution de conflits ;

Dénonce la prolongation d’un mois de la mission du Panel des Chefs d’Etat qui contribue au pourrissement de la situation, à l’escalade de la violence et à la menace d’une guerre civile généralisée ;

Recommande au Conseil de Sécurité des Nations Unies de prendre toutes ses responsabilités pour renforcer la mission de l’ONUCI afin de mieux assurer la protection, la sécurité des biens et des personnes mais surtout de stopper le dessein macabre d’anéantissement de la ci par Gbagbo et son clan ;

Demande au conseil des Nations Unies pour les droits de l’Homme d’envoyer une mission d’urgence pour enquêter sur les violations des droits humains en Cote d’Ivoire.

 

Fait à Dakar le 03 mars 2011

 

Le Président  de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme

Alioune Tine

Réflexes de l’Etat-protecteur ! Par Cheikh Tidiane Dia

altLes manifestations organisées ces derniers jours à la place des Blocs par des jeunes excités par les vagues des protestations qui se déroulent dans le monde arabe ont inspiré une forme de revendications auxquelles le pouvoir commence à se heurter et du coup, il hésite à prendre des mesures contraignantes.La stratégie qui semble jusque-là prise par les autorités sécuritaires du pays vise à ménager au maximum les susceptibilités tout en gardant l’œil vigilant en direction des manifestants. Contrairement à un certain passé récent où la méthode brutale était utilisée comme l’arme de défense et de dissuasion, le régime en place veut éviter toute confrontation avec le peuple tant que des débordements ne sont pas signalés. Allergique aux critiques et exposé aux manœuvres politiques de l’opposition, le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz tente de multiplier les promesses sociales et les gestes en direction des jeunes chômeurs pour apaiser au maximum les tensions. Le ministre de l’intérieur accompagné par certains de ses collègues, sillonne les quartiers pauvres de la ville pour diffuser un message « de paix » au nom du président de la République soutenant que les problèmes qui se posent aux populations trouveront des solutions rapides. Comme par un coup de baguette magique, les autorités ont miraculeusement obtenu les recettes qu’il faut à l’ensemble des problèmes auxquels font face les habitants des zones démunies. Aucune des revendications posées par ces pauvres abandonnés à eux –mêmes, n’a été déclarée sans solution. Mais concrètement rien n’est fait. L’Etat –protecteur et omnipotent fait feu de tout bois pour contenir les colères. Les manifestants quant à eux utilisent la libre expression pour se défouler comme ils peuvent. Cette ambiance créée une certaine atmosphère de lutte qui dénote d’un désir pressant pour les jeunes de voir se mettre en place de nouvelles institutions à la hauteur de leurs attentes. A quelque chose malheur est bon. Le peuple veut un changement en lieu et place des mensonges et de l’immobilisme. A peine installé que Mohamed Ould Abdel se ravise de l’amateurisme de ses hommes et de la fragilité de son système. Ce n’est pas sur l’improvisation qu’il pourra faire fonctionner le

pays, moins encore sur une gestion solitaire de son pouvoir. Il doit réformer l’architecture du gouvernement de telle sorte que les institutions puissent prendre leur envol. Il doit déverrouiller le système financier d’une part et d’autre part initier des réformes en direction de certains secteurs clé comme la santé, l’éducation, l’emploi. L’accès aux services de base nécessite une redéfinition des priorités budgétaires. Sur ce plan, des réaménagements s’imposent pour combler les déficits dont souffrent certains secteurs vitaux. Ould Abdel Aziz manque cruellement d’expérience en matière de conduite des affaires. Il doit ainsi se mettre à l’écoute de ses meilleurs conseillers pour éviter de créer un vide au sein de l’appareil exécutif. Le temps où un président, au-dessus de la volonté de son peuple disposait de tous les pouvoirs pour se maintenir est dépassé. Et la démocratie tatillonne ne saurait plus résister face aux aspirations des populations.

 

Cheikh Tidiane Dia-LE RÉNOVATEUR

 

Politique : El Hor renait-il de ses querelles?

altAlors que son père fondateur, le président de l’Assemblée nationale et président de l’Alliance populaire progressiste martèle à qui veut l’entendre que la période de clandestinité est révolue, un communiqué reproduit par nos confrères de l’Ani, assure que El Hor renait de ses querelles. Mais c’est à demander qui se cache derrière ce dernier communiqué? Les clivages entre le leader charismatique des haratines, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale et président du parti Alliance populaire progressiste connaissent-ils un nouveau feuilleton avec la publication d’un groupe, non encore identifié, d’un communiqué rendu public par nos confrères de l’Ani? La question mérite d’être posée d’autant plus que l’initiateur du mouvement d’émancipation haratine s’était clairement démarqué de certains de ses lieutenants qui cherchaient à «récupérer » ce mouvement pour leur trajectoire politique. Le torchon entre les tenants de la paternité de ce mouvement risque de brûler de plus belle.
Décembre l’année dernière, lors des journées de réflexion organisée par l’APP, Messoud Ould Boukheir n’est pas allé par quatre chemins pour rappeler à ses anciens lieutenants, entrés en «dissidence » contre lui, que personne ne pouvait plus se prévaloir du discours du mouvement El Hor qu’il avait créé. Pour lui, le temps de la clandestinité était révolu. En ces termes, le président de l’APP s’était clairement prononcé : «C’est moi qui ai créée le mouvement EL HOR lorsqu’il était interdit de faire la politique et, c’est parce qu’à l’époque, mes amis et moi avions peur que nous avions recouru à la clandestinité politique, menant nos activités en secret, pour défendre notre cause qui était de libérer les esclaves et ce n’est plus aujourd’hui Messaoud et ses amis qui mènent ce combat mais plutôt tout le monde demande, y compris ceux qui disaient que c’est une affaire de laquelle nous nous servions comme fonds de commerce. Ce sont eux maintenant qui sont en première ligne pour exiger l’émancipation des esclaves et défendent les droits des Haratines». Il apparaît évident pour le président de l’Assemblée nationale, que la cause de l’émancipation des couches des anciens esclaves ne pouvait plus être l’apanage d’un groupe mais bien une question nationale. A l’époque, le président de l’Alliance populaire progressiste, au-delà de l’auditoire, adressait son message à certains de ses amis de parcours politique comme Ould Yali et Samory Ould Beye, qui n’étaient plus en odeur de sainteté avec le dirigeant charismatique du mouvement El Hor. Mais c’est certainement, Samory Ould Beye, devenu entre temps, parton de la Confédération Libre des Travailleurs Mauritaniens (CLTM) qui s’est illustré dans un conflit ouvert avec Messoud Ould Boulkheir. Ce dernier fut d’ailleurs l’objet d’attaques personnelles visant à le décrédibiliser aux yeux des masses qui se reconnaissaient en lui.
Mais, en apparences, les divergences n’étaient pas diluées entre les deux hommes. Samory Ould Bèye se hisse de plus en plus comme l’adversaire le plus acerbe contre le président de l’Alliance populaire progressiste dont il conteste aujourd’hui la place sur cet échiquier. Mais quoi qu’il en soit, les adversaires du président de l’Alliance populaire progressiste, seul ministre haratine à démissionner pour inscrire son combat dans la politique, dès l’ouverture démocratique, savent que ce combat contre Messoud Ould Boulkheir n’est pas gagné d’avance. L’homme est connu pour son franc-parler et son refus de compromission sur les efforts en matière d’émancipation des haratines.
Alors qu’à l’heure actuelle, l’on ne sait pas encore qui sont les signataires du communiqué rendu public par l’Ani, le regard se tourne indéniablement vers les adversaires du président de l’Assemblée nationale qui tenteraient de mettre ce dernier devant le fait accompli par une médiatisation de leur «renaissance». Le conflit larvé sort aujourd’hui au grand jour. Quelle riposte pourrait faire le président de l’APP, qui s’attendait probablement à cette tournure des événements de la part de ses adversaires ? Une chose est sûre, le fait d’avoir Messoud Ould Boulkheir contre eux entamerait forcément leur crédit auprès des masses visées.
Ce conflit entre les dirigeants de l’ancien mouvement El Hor risque de charrier des incompréhensions profondes sur le discours propagé.

 

LE QUOTIDIEN DE NOUAKCHOTT

Calvaire de mauritaniens de Libye : Plus qu’un avion, il faut un corridor humanitaire

altFace à la guerre qui fait rage en Libye, plusieurs pays ont commencé à rapatrier leurs ressortissants.La Mauritanie n’est pas en reste.A cette date, trois petites vagues de mauritaniens ont pu regagner la patrie à côté d’un nombre important de nos expatriés qui travaillent dans ce pays, disséminés dans plusieurs localités libyennes, dont des jeunes en situation irrégulière qui cherchent une porte de sortie de cet engrenage.La première qui compte 114 mauritaniens a atterri à Nouakchott, à bord d’un vol de Mauritania Airlines, vendredi passé.

Un autre contingent de120 personnes, est arrivé dans la capitale, sur les mêmes lignes aériennes le 28 février dernier. A chaque fois, les autorités se félicitent de la promptitude de leur intervention pour sécuriser leurs compatriotes, sans s’interroger sur les cas de nombreux autres ressortissants piégés dans les provinces libyennes et contraints de se cacher pour ne pas être la cible des mercenaires à la solde de Kadhafi. Le cas de ces mauritaniens estimés à des milliers est particulièrement préoccupants. Leurs familles s’inquiètent sur leurs sorts et lancent un appel pressant aux pouvoirs publics mauritaniens d’intervenir dans les meilleurs délais pour les tirer de ce pétrin. C’est un devoir patriotique, un acte d’humanisme qui nécessité un sens de responsabilité élevé pour venir en aide à des citoyens en détresse. Loin de tout tapage médiatique et de propagande politique. Plus la situation sécuritaire se détériore, s’aggrave la détresse et le désespoir de ces immigrés coincés dans les immeubles comme de petits fauves. A défaut de pouvoir organiser dans les meilleurs délais un rapatriement conséquent faute de moyens la hauteur des opérations, un corridor humanitaire est devenu urgent pour sauver des vies humaines exposées aux feux de la guerre. La situation est d’autant plus grave que des informations parvenant de ces ressortissants font état d’une confusion générale née d’une panique et de la désinformation qui prévalent. Des rumeurs alarmantes accusant des mauritaniens noirs assimilés à des ressortissants somaliens soupçonnés d’appartenir à des milices de Kadhafi sèment le doute. De telles mauvaises manipulations sont préjudiciables à ces mauritaniens paisibles qui ont le droit à la protection. On sait que jusqu’à une date récente la Jamahiriya constituait un transit pour ceux qui caressent le rêve de migrer vers l’Europe et offrait des chances, si minimes soient –elles, de travailler dans les sociétés étrangères qui opèrent dans le domaine du pétrole, gaz, BTP…, si bien qu’aujourd’hui les mauritaniens qui se trouvent en Libye se comptent par milliers. A l’évidence aucun mauritanien ne souhaite rester en Libye actuellement. Il faut aller chercher les mauritaniens, ruelle par ruelle « zenga-zenga», dira Kadhafi. Et ne pas attendre qu’ils se présentent à l’ambassade de Mauritanie. Car ces mauritaniens sont obligés de vivre terrés dans leurs foyers faute d’être récupérés.

Camara Samba-le renovateur

Les révolutions qui sonnent le glas…

altAprès avoir privé leur peuple de toute liberté, après l’avoir maintenu dans la misère économique, sociale et spirituelle, les dictateurs arabes poussent le mépris jusqu’à leur contester le pouvoir d’avoir une ambition ; l’ambition de sortir du joug dans lequel ils ont été maintenus pendant plusieurs décennies. En Libye Mdemar Kadhafi installe le pays dans une guerre dont personne ne peut imaginer l’issue; ce qui est certain, c’est que les pertes humaines s’élèvent déjà à plusieurs centaines, voire de milliers ; et le mégalomane dangereux assure au monde entier que tous les manifestants, jeunes et vieux sont sous l’emprise de produits illicites et que c’est El Kaida qui a instauré toute cette révolution. Dans un autre enregistrement et malgré le nombre de morts et de blessés, il nous dit le sourire aux lèvres que son peuple l’adore et que tout va bien. Au Yemen Abdallah n’est pas en reste, il a déjà à son actif des dizaines de morts et cri haut et fort que ces milliers de manifestants ne sont que la main invisible d’Israël qui exécute le programme des Etats Unis. Advienne ce que pourra, Kadhafi comme Abdallah et malgré le mutisme hallucinant des états arabes agonisent et leur fin est inéluctable. Ces dictateurs et malgré cette révolte qui secoue le monde Arabe et qui n a pas encore dit son dernier mot, restent aveugles, rien ni personne ne peut éclairer leur lanterne, ils ne peuvent comprendre et accepter que ces révolutions sonnent le glas de leur fin . Ils préfèrent se leurrer par l’existence de complots hypothétiques. Des complots qui n’existent que dans leur ignorance. Au lieu d’ouvrir les yeux et de voir leurs confrères, les deux dinosaures Ben Ali et Moubarak chassés, quitter le pouvoir par la petite porte, ils préfèrent rester confiné dans leur propre mensonge. Malgré la bonne volonté le monde n’arrive pas à savoir exactement de combien de milliards de dollars s’élève la fortune de Kadhafi alors qu’il y a des libyens qui vivent dans la misère comme Moubarak avec ces 70 milliards de dollars et des égyptiens dorment dans les cimetières. L’avidité du pouvoir, la capacité de piller ces peuples entraînent inéluctable l’écroulement de ces systèmes comme des châteaux de carte et ce n’est que justice. Et les autres, ceux qui se croient à l’abri, je voudrai modestement leur suggérer que la démocratie, l’alternance, la bonne gestion de la chose publique sont le seul rempart à la mise à mort d’un régime, et que ceux qui courbent l’échine et applaudissent à tout va sont toujours les premiers à quitter le navire en déroute.

 

Tahra Hembara-Artiste -musicienne mauritanienne