Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: March 2014

FLAMNET-AGORA: Anniversaire des FLAM: des voeux d´une jeune militante

 Joyeux anniversaire à notre mouvement qui nous tient à cœur et une pensée pieuse à nos vaillants martyrs qui sont morts mais qui ne sont pas partis car ils sont la gravés dans nos cœurs. Nous ne pouvons jamais, jamais au plus grand jamais les oublier, non plus pouvoir les ignorer .

altQue DIEU nous donne la chance d’avoir une longue vie et le courage de poursuivre le combat jusqu’à que ns ayons une victoire lumineuse . VIVE LES FLAM.

LLC!

FAMA KONTÉ DES FLAM-Europe de l´Ouest.

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DÉCLARATION DE PRESSE DES FLAM : NON « au tout sécuritaire » du régime de Nouakchott.

altOn assiste depuis quelques semaines à une succession et à un enchainement d’évènements qui suscitent, à juste titre, les préocupations des tous ceux qui sont attachés à la stabilité de la Mauritanie et à la pérennité de la démocratie.

Le dernier épisode en date est une rumeur faisant état d’un livre de Coran brûlé et jeté dans les toilettes, qui déclenche un mouvement de foule d’inspiration  islamiste notamment à Nouakchott et à Nouadhibou .

Le Pouvoir invoquant des risques de débordement  a fortement  réprimé ces manifestations, causant la mort d’un jeune manifestant.

Les FLAM condamnent la brutalité des forces de l’ordre, et présentent leurs condoléances attristées à la famille du défunt.

Si elles adhèrent à la nécessaire préservation de notre sécurité, elles s’opposent avec force à toute instrumentalisation de cet évènement.

Elles dénoncent les velléités de retour « au tout sécuritaire » avec les risques  de baillonnement des libertés démocratiques, de réunion et de manifestation qu’il ne manquera pas d’entrainer.

Les FLAM appellent les forces démocratiques à plus de vigilance, pour déjouer les desseins secrets et inavoués du régime.

 

La lutte continue!

Nouakchott le 15 mars 2014

Le département de la Communication.

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FLAMNET-AGORA: La mémoire collective; un outil dans notre combat politique par Ibrahima Abou Sall-Historien-chercheur et rescapé de la prison mouroir de Oualata

altLa question de l’identité dans le discours politique en Mauritanie est quelque chose de relativement ancien. On peut même dire qu’elle naquit avec la colonie. En effet, dès sa création théorique (par décision du conseil interministériel du 29 décembre 1899 tenu au 55, rue La Boétie 75384 Paris Cedex 08), et avant même la conquête militaire du Trab el Bîdhân[1] (1902-1933) le colonialisme français avait introduit déjà le débat sur les identités ethnique et raciale de leur future colonie. On parlait de créer un « (…) espace unitaire maure »[2] et de créer une colonie (la « Mauritanie occidentale ») dont les principes de fondements devaient reposer sur des « (…) facteurs de l’unité naturelle maures et sahariens »[3].

Les débats identitaires commencent à être affichés réellement durant les années 50, particulièrement à partir de 1958, avec la sortie dans la presse des colonies et dans celle de Paris de déclarations à caractères racistes et exclusivistes de certains leaders Bîdhân arabo-berbères.

Dans son numéro 334 du 21-27 avril 1958, un hebdomadaire de Dakar (Sénégal) « Echos d’Afrique noire » publie un article intitulé : « Les Maures veulent se rallier au Maroc parce qu’ils ne veulent pas être commandés par des Noirs ». Deux mois plus tard, dans le quotidien français, Le Monde du 29-30 juin, le vice-président du conseil du gouvernement de la colonie de Mauritanie, et futur président de la première république choisi par l’administration coloniale, Mokhtar Wul Daddah déclarait : « Si nous devions choisir entre une fédération maghrébine et une fédération d’AOF, nos préférences nous porteraient vers le Maghreb ».

 

 

Mokhtar Wul Daddah

 

Face aux prises de position exclusivistes de cette personnalité qui prétendait construire l’unité de la Mauritanie, un conseiller territorial de la colonie du Sénégal, Dr Moustapha TOURE (1922 – vendredi 16 avril 2004) répondit dans le même journal : « (…) Si les Maures ne veulent pas accepter le jeu normal de la démocratie qui postule la loi du nombre ou que,(…) [s’] il leur coûte beaucoup trop d’être dirigés par des Noirs, le problème qui se pose à notre conscience nous Africains, nous Sénégalais, nous riverains du Fleuve, c’est celui du retour des Noirs de la Mauritanie actuelle dans la Fédération d’Afrique Noire, parmi leurs frères Nègres»[4]

 

Le Ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères de Mokhtar Wul Daddah, Hamdi Wul Moukhnas (1968-1978), consolidera cette thèse dans une interview qu’il accorda au journaliste et ethnologue italien Attilio Gaudio dans un numéro spécial consacré en août 1976 au « Réveil mauritanien » dans la revue Remarques africaines de Bruxelles : « Certains observateurs ont peut-être été étonnés de notre entrée si tardive au sein de la Ligue des Etats arabes. En fait, elle est surtout due aux lendemains difficiles de notre indépendance. Nous étions alors coupés de tout et de tous. La colonisation nous avait intégrés à l’Afrique occidentale bien que notre culture soit arabe » [5]

 

 

Hamdi Wul Moukhnas

Durant la période coloniale, il faut préciser que le débat sur la question identitaire était rendu encore plus compliqué par les prises de position politique et idéologique raciste de l’autorité coloniale elle-même. Comme on dit en Pulaar ou Fulfulde : « jeddi ngalaa » (Nulle personne ne peut contester ce fait historique)

Comparés aux Bîdhân, les Noirs (Bamana, Fulɓe, H’râtîn, Sooninko, Wolof) étaient considérés inférieurs culturellement. L’administration coloniale avait la certitude qu’il y avait chez ces derniers un « vide culturel » qu’il fallait combler. Alors elle se crut dans le devoir de créer pour eux des écoles destinées à « (…) donner satisfaction aux légitimes aspirations des populations noires à la culture française »[6]. Tandis que chez les Arabo-berbères, le même gouverneur avait écrit « (…) il faut tenir compte du fait qu’il existe une civilisation musulmane fortement poussée que, partout nous respectons et favorisons »[7]. C’est la raison pour laquelle, à la différence des Noirs « (…) l’enseignement chez les Maures doit être avant tout un moyen d’action politique. (..) [pour] (…) former dans d’excellentes conditions et sans porter ombrage à l’esprit d’indépendance de nos administrés (…)”[8]. Le Lieutenant-gouverneur de Mauritanie par intérim, Beyries, a écrit quant à lui dans son rapport politique annuel de 1938 que l’enseignement constituait par ailleurs un moyen « (…) de doter la nouvelle génération d’une culture arabe que leurs parents n’avaient pas »[9]. Cette politique de l’enseignement fut renforcée dès 1954 par la publication de l’arrêté n°139 du 24 mai 1954 du gouverneur de la Mauritanie rendant l’enseignement de l’arabe obligatoire sur l’ensemble du territoire[10].

Donc, contrairement à une idée reçue, ce n’est pas le premier gouvernement dirigé par Mokhtar Wul Daddah qui a imposé l’enseignement obligatoire de l’arabe, mais bien l’administration coloniale française. Les textes de février 1966 imposés par le régime de Mokhtar Wul Daddah étaient dans une logique de renforcement de cette arabisation.

La politique scolaire appliquée à partir de 1905, mais sans aucune formalisation au préalable, eut pour effet de diviser la communauté scolaire « mauritanienne » en deux groupes distincts sur des considérations raciales. En Mauritanie, dans l’exercice de l’administration coloniale, les « Mauritaniens » étaient administrés  sur des critères raciaux aussi dans les domaines de la justice, de la santé, dans le recrutement pour l’armée coloniale, dans le paiement des impôts[11].

Un des successeurs de Beyries, Christian LAIGRET, quant à lui, avait trouvé normal que cette colonie (qu’il assimilait à une seule ethnie, celle des Bîdhân et leurs H’râtîn et esclaves) se tienne, après les élections de juin 1946, « (…) à l’écart de toute réforme et de toute propagande. [car], (…) la circonscription électorale unique Sénégal/Mauritanie avait déçu les Maures, peu satisfaits de voir « (…) un Noir représenter un pays de Blancs »[12].

Evidemment, les chefferies guerrière et Zwâya avaient fini par être convaincues par cette thèse coloniale qui affirmait l’appartenance de la Mauritanie à une seule ethnie, la leur, les Bîdhân, et la primauté de ceux-ci sur les Noirs, quelles que soient leurs appartenances ethnique, culturelle et sociale (Bamana, Fulɓe, H’râtîn, Sooninko et Wolof)

La volonté de confier la direction du pays à des dirigeants politiques bîdhân, la conviction acquise par ces derniers que la Mauritanie était une « colonie ethnique maure », l’argumentation classique de groupes d’influence permanents issus des administrations civile et militaire de la colonie qui luttèrent pour que celle-ci ne soit pas annexée au Sénégal pour des raisons de non-rentabilité, et selon laquelle il fallait tenir compte du « (…) refus et de la crainte des Maures d’être dominés par des Noirs »[13], les prises de position des Noirs, tout ceci constituait un ensemble de facteurs psychologiques peu favorables à une stabilité sociale et politique. C’est dans ce contexte de culture politique ethnico-raciste que la colonie de Mauritanie accéda à l’indépendance le 28 novembre 1960.

Cette date symbolise l’affichage officiel local et international de l’hégémonie politique ethnico-raciale des Bîdhân et de l’arabité de la Mauritanie construite et cautionnée avec un accompagnement très lisible d’une Administration coloniale française très raciste anti-Noirs dans le cadre de cette colonie.

Pour confirmer cette vocation raciste anti-Noirs et panarabiste, après les arrestations de septembre 1986, celles de 1987-1990 et les massacres de militaires WaalFuuGi (Bamana, Fulɓe, Sooninko et Wolof), les déportations de 1989-1990, le Système Bîdhân mit en pratique, pour la première fois depuis novembre 1960 une nouvelle et inhumaine action pour montrer ses réelles convictions idéologiques et ses fermes intentions de réaliser ses objectifs politiques et socioculturelles d’arabisation intégrale de la Mauritanie : les pendaisons d’Inal dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990.

Une inhumanité installée aux antipodes de la solidarité très humaine exprimée par un des rares Bîdhân qui fait exception : le lieutenant Mohamed Lemine Ould …, de la tribu des Tenwâjib. C’est seulement à Waalata que j’ai eu personnellement l’occasion de trouver pour la première fois depuis les arrestations de septembre 1986 ce cas exceptionnel de sympathie à notre égard. Dès les premiers contacts, il manifesta ce sentiment. Il commanda le fort pendant une courte période (27 avril – 27 juillet 1988). La raison de la brièveté de son séjour trouve, à l’évidence, son explication dans le témoignage de sa sympathie qu’il exprima à notre égard dès les premiers contacts dans notre salle d’enfermement. Une sympathie qui était mal tolérée par ses subalternes dont son premier adjoint, Mohamed Ould BOWBÂLI qui refusait ouvertement de lui obéir à chaque fois qu’il donnait des ordres pour une amélioration de nos conditions de détention. La plupart d’entre nous comprirent que ce qu’il avait vu dans la salle de séjour des prisonniers politiques le jour de son arrivée l’avait choqué : « Comment peut-on faire ça à un être humain ? Comment peut-on faire ça à des êtres humains, des musulmans, des Mauritaniens !». Il fit tout pour améliorer nos conditions de détention (amélioration alimentaire, ouverture des fenêtres qui étaient condamnées et qui le seront de nouveau après son affection pour sanction parce que son comportement humanitaire avait été signalé par ses subalternes à la Direction de la Garde nationale à Nouakchott). Le premier jour, dès qu’il sortit de la salle de détention, il envoya même un garde acheter au village de Waalata du sucre, des arachides et du lait en poudre pour ceux qui étaient les plus marqués par la malnutrition.

Une solidarité humaine qui contrastait dans son intégralité avec l’inhumanité absolue affichée par le lieutenant Ghâli Ould SOUVY, de la tribu des Awlâd Gheylân (Adrâr) : «On vous a fait venir ici pour vous tuer. Vous ne retournerez jamais auprès de vos familles. Nous vous tuerons tous à petit feu, et nous ferons des rapports dans lesquels nous dirons que vous êtes morts de paludisme. C’est fini pour vous. C’est ma mission. Ordre du patron».

Le nom du lieutenant Mohamed Lemine Ould …et ceux d’autres qui ont agi comme lui doivent être mémorisés et honorés publiquement un jour, même à titre posthume lorsque notre pays trouvera un jour sa dignité humaine.

Ce jour viendra. J’en suis convaincu.

 

A l’opposé, ceux des criminels qui ont organisé et réalisé ce sinistre projet de destructions humaines au nom de l’arabisation et de la Bîdhânisation de la Mauritanie et leurs « Tirailleurs sénégalais » administratifs et militaires issus des milieux H’râtîn, Bamana, Fulɓe, Sooninko et Wolof seront mémorisés dans la négative absolue. La justice citoyenne et républicaine absolue sera appliquée contre eux.

Si de leurs vivants ils ne sont pas jugés et punis, alors leurs descendances risquent d’hériter moralement de ces crimes commis contre les Bamana, les Fulɓe, les Sooninko et les Wolof au nom de l’arabisation et de la Bîdhânisation de la Mauritanie.

Des génocidaires en liberté :

une honte pour l’Humain, une honte pour la Mauritanie

 

 

 

Comme on dit en Pulaar ou Fulfulde « Hare koko jokki haa poolgu » (le combat continue jusqu’à la VICTOIRE

Ibiraahiima Abuu SAL

2014, MBooy, 13 naasaande

(jeudi 13 mars 2014)

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[1]Territoires habités par ceux qu’on appelle communément, selon la terminologie coloniale « Maure » ou « Arabo-berbère », et qui se dénomment eux-mêmes, habituellement, « Bîdhân » qui veut dire « Blancs » par opposition aux « Sudan », les « Noirs ». Toutefois, depuis les événements de 1966 et surtout à partir de 1979 (Radio Mauritanie), le discours panarabiste revendique l’appellation « Arabe » à la place de « Bîdhân ». Le panarabisme obtus les conduit à affiche une hostilité maladive contre leurs identités partagées « raciales » (Noirs), culturelles (Berbères et juives) et géographiques (Afrique : ils disent qu’ils ne sont pas Africains).

 

[2]MARTY, Paul : « Considérations sur l’unité des pays maures de l’Afrique occidentale française » (Annuaires et Mémoires du CEHS/AOF. série B. 1916. pp. : 262-270)

 

[3] MARTY, Paul : « L’Emirat du Trarza ». Revue du Monde Musulman. Paris, Leroux. 1919, in 8°. 438 pages.

 

-SALL Ibrahima Abou : « Mauritanie du Sud. Conquêtes et administration coloniales françaises. 1890-1945 » (éd.). Paris, Karthala, 2007. 815 pages.

 

[4] « Echos d’Afrique noire » Sur la photocopie de l’article que nous avons, le numéro et la date ne sont pas mentionnés.

[5] GAUDIO, Attilio : « Le dossier de la Mauritanie » Paris. Nouvelles éditions latines. 1978. 431 pages. p. : 270.

Chef de Service Maghreb et Afrique du Centre Ouest de l’Agence nationale italienne de presse (A.N.S.A.)

C’est le père de ce même Hamdi Wul Moukhnas qui a assassiné le leader politico-religieux du Fuuta Jaloŋ, Alfaa Yaayaa JALLO, dans le courant du mois d’août 1912 à Port Etienne où il était exilé depuis le mois d’octobre 1911. L’Administration coloniale française de Mauritanie avait fait courir le bruit qu’il est décédé des suites de mauvaises conditions de détentions ; mais, en réalité, il fut tué par ce garde Bîdhân à la suite d’une vive altercation. L’homme politico-religieux du Fuuta Jaloŋ se plaignait de ses difficiles conditions de détention. Le père de Hamdi Wul Moukhnas ne supportant pas d’avoir été engueulé par un « sale nègre » tira sur lui un coup de fusil mortel.

[6] ANS. 2G34/139 (200MI 2657). Rapports statistiques scolaires 1933-1934. Mauritanie. Page 8.

[7] ANS. 2G34/139 (200MI 2657). Rapports statistiques scolaires 1933-1934. Op. Cit.

[8] ANS. 2G34/139 (200MI 2657). Rapports statistiques scolaires 1933-1934. op.. Cit.

[9] ANS : 2 G 38/1 (200MI 1792). Rapport politique annuel de 1938. Mauritanie. Lt-Gouverneur par intérim Beyries.

[10] ANSOM. Aix-En-Provence. Carton 2256. Dossier 2. Enseignement en Mauritanie. 1950-1958.

[11] SALL, Ibrahima Abou : « Mauritanie du Sud. Conquêtes et administration coloniales françaises. 1890-1945 » (éd.). Paris, Karthala, 2007. 815 pages.

[12]caran : 200 MI 1872/ANS 2 G 46/20. Mauritanie. Rapport politique annuel 1946. III : Elections. P. 9. Il s’agissait du député Léopold Sédar SENGHOR, le futur président de la République du Sénégal (1960-1981).

[13]TERRIER, Auguste et MOUREY, Charles : L’expansion française et la formation territoriale. Gouvernement Général de l’AOF. Paris, Leroux, 1910. p : 301

 

FLAMNET-RÉTRO: Message d’anniversaire du Président des FLAM

altCamarades ,

Nous menons depuis plus d’un quart de siècle, avec conviction et constance, un combat pour l’égalité et la Justice.

Ce combat, il est bon de le rappeler, n’est pas dirigé contre une communauté, une personne ou un régime en particulier, mais contre un Système inique, à fondement raciste . Il se trouve qu’aujourd’hui le régime du Président Ould Abdel Aziz constitue l’incarnation même de ce Système !

Si nous avions, sèchement, combattu le Général dès les premières heures du putsch, nous avions aussi, tacitement, accordé quelque peu au Président (élu) le bénéfice du doute, au regard des premiers actes posés qui semblaient aller dans la bonne direction. Mais très tôt, force nous fut de reconnaître que la pratique de tous les jours contrastait fortement, avec les intentions de départ de réconcilier les Mauritaniens. Très vite le Système reprenait le dessus … comme toujours !

D’abord par ces Conseils de Ministres qui reconduisent les mêmes pratiques ethnicistes et racistes, comme par le passé !

Ensuite, cette décision empressée, surprenante et suspecte de fermer les consulats de Dakar et Paris, zone de grande concentration de la Diaspora négro-africaine, en prélude à un plan secret : un projet d’enrôlement des populations qui, par ses desseins obscurs, ne vise qu’à déposséder, de leur nationalité (jugée frauduleuse), et la diaspora et un grand nombre de Négro- africains de l’intérieur, et punir certaines franges Haratines, insoumises. Pour atteindre cet objectif, il fallait, bien sûr, commencer par fermer ces consulats perçus comme des « nids de trafic » mais, en même temps, s’entourer de commissions nationales et régionales quasi mono-ethniques, qui s’arrogeaient le droit de décider de la « mauritanité » des autres , tous les autres !

Cet enrôlement, décrié, n’a pas fini de susciter indignation et colère, que d’autres chantiers, non moins controversés, sont, par défi, enclenchés par le régime : la mise en place d’une commission chargée de la réforme de l’Education, toute aussi monocolore (4 Négro-africains sur16 membres), puis cette prétendue libéralisation des médias qui étouffe toute expansion des langues nationales autres que l’arabe, et débouche sur l’octroi de licences, basé sur le népotisme, l’ethnicisme et le racisme plutôt que sur des critères objectifs.

Face aux forces Armées et de sécurité qui poursuivent, ouvertement, le nettoyage ethnique en leur sein, le Président Ould Abdel Aziz choisit de garder le profil bas, face au passif humanitaire, de panser les blessures par l’argent, face au fléau de l’esclavage de châtier les victimes et protéger les Maîtres !

Ould Taya avait fait exécuter, pendre et enterrer des centaines de soldats négro-africains, Ould Abdel Aziz, lui, fit raser les sépultures pour faire disparaître toute trace de mémoire du crime, oubliant, sans gêne, sa « prière » de Kaédi !

Enfin l’actualité récente autour des Etudiants Négro-africains victimes d’une chasse aux sorcières sélective, soumis – seuls – aux tortures sauvages dignes de l’ère Ould Taya, et dont les camarades à Maghama, dans leur marche pacifique, essuyaient, encore seuls, des tirs à balles réelles, dans l’impunité totale, voilà qui devrait édifier sur la nature véritable du régime du Général.

Tout dément, visiblement, la volonté, déclarée, de réconciliation du Président!

Il est venu, non pas pour réconcilier ou instaurer l’égalité, mais pour consolider et perpétuer, en le saupoudrant, le même système inique, en vigueur depuis 52 ans !

On ne peut construire ce pays ou forger son unité par ce type de politique, de deux poids , deux mesures !

On nous parle, sans cesse, d’Islam, rappelant tous les jours et à tout propos que « nous sommes tous musulmans », mais l’on crée et maintient, cyniquement, un ordre de musulmans hiérarchisés fondé sur le faciès, avec une « caste » supérieure et des parias sur la paille!

On ne saurait forger cette nation qui se cherche par un tel ordre !

Camarades , chers compatriotes,

La lutte contre ce Système, à fondement raciste, est un devoir qui incombe d’abord à toutes les victimes que nous sommes, mais, en particulier, à notre jeunesse, menacée dans son devenir !

L’Histoire a montré qu’à chaque fois qu’une jeunesse a vu son destin menacé, son avenir bouché et son peuple, chaque jour, plus opprimé, cette jeunesse- là s’est généralement, déterminée,

Il en fut ainsi de la Jeunesse algérienne face au colonialisme français ; il en fut de même pour la Jeunesse de Soweto qui, bravant les chiens et les balles, fera plier l’Apartheid. Plus près de nous, le spectacle magnifique des jeunesses tunisienne et egyptienne intrépides, face à la terreur policière, qui viendront à bout des dictatures les plus cruelles; celle, enfin, du Sénégal voisin, actrice d’une histoire toute fraîche qui s’est jouée sous nos yeux !

Ces jeunesses-là ont payé un tribut, parfois lourd, pour conquérir leur liberté … parce qu’il n’y a pas de conquête de liberté sans coût ! il n’y a pas de moindre lutte, sérieuse, sans coût !

Là où toutes ces jeunesses ont réussi la nôtre faillira-t-elle ? Seule l’histoire le dira !

Militantes, militants,

Nous avons choisi la voie difficile,  rocailleuse, des porteurs de flambeaux.

Nous avons pris l’engagement solennel d’œuvrer au changement de ce pays, par sa reconstruction, à travers un Etat qui consacre l’égalité des chances dans l’égalité des droits et des devoirs !

Nous avons choisi de le faire à travers un discours qui, souvent, incommode et dérange pour nommer les choses sans détour, là où d’autres louvoient! Un discours sans compromission qui dit les douleurs, sans langue de bois !

Camarades,                           

La marche a été longue, rude, parsemée d’embûches, mais nous ne pouvons ni observer un temps de pause, ni bifurquer ! Encore un peu de patience, de la persévérance, du souffle … Il faut tenir, il n’y a pas d’autre choix !

Tenir, quoiqu’il advienne, persuadés comme Amadou Kourouma : « (qu’) il n’y a pas de marche qui, un jour, ne finit pas » ! Enfin,

Notre cause est juste, et les justes causes finissent toujours par triompher !

Vive les FLAM

La lutte continue !

New York le 14 Mars 2012

SAMBA THIAM PRÉSIDENT DES FORCES DE LIBÉRATION AFRICAINES DE MAURITANIE(FLAM)

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LE CALAME: Faute d’autorisation, les FLAM reportent leur meeting de ce vendredi

altLe meeting prévu par les Forces de Libération africaines de Mauritanie  (FLAM), prévu ce vendredi14 mars, à 16 heures, au Cinéma Saada (Sebkha), dans le cadre des festivités marquant le 30 anniversaire du mouvement, a été reporté à une date ultérieure. Une source du mouvement renseigne qu’après  les raisons  de sécurité  invoquées par le  Hakem  de Sebkha, suggérant de tenir le meeting dans un espace fermé, le mouvement s’est tourné vers la Case,  mais là aussi, le  Hakem de Tevragh Zeina. qui devrait autoriser  la manifestation, a invoqué  un retard  du côté du  Wali de Nouakchott, dans la  délivrance de l’autorisation, jusqu’à  hier, jeudi 13 mars. Le rendez-vous est pris pour dimanche prochain.

En invoquant des raisons de sécurité, les autorités semblent jouer l’amalgame. En effet, explique un cadre du mouvement, “même  si nous comprenons les  craintes  du pouvoir, ce n’est pas parce qu’on a refusé  à Tawassoul une autorisation de tenir son meeting, au lendemain des  manifestions suite à la profanation, le 2 mars, du Saint Coran, que les autorités nous fassent traîner.  Qu’on nous dise  oui ou non, c’est simple !”

Rappelons que c’est pour la première fois que les FLAM célèbrent en Mauritanie l’anniversaire de leur naissance, Trente ans après.