Monthly Archives: March 2014
Le Pulaar, le Soninké et le Wolof censurés par l’Antenne de Radio Mauritanie à Aîoun
Le Terroir – L’antenne de radio Mauritanie à Aioun émet depuis deux ans. Les émissions en Arabe et en Hassanya se sont taillées la part du lion. De très loin, vient le journal en Français diffusé en synchronisation avec la station mère précisément à 14H00 et à 17H00.
Cela est suffisant pour les Aiounois d’avoir longuement retenu leur souffle lors de la diffusion du journal ou tout simplement éteignent leurs transistors en attendant que les vraies émissions reprennent. Eh bien, on se demander où se trouvent les autres langues nationales (le pulaar, le soninké et le wolof) reconnues par la constitution Mauritanienne.
La constitution Mauritanienne n’a-t-elle pas explicitement, noir sur blanc reconnue le caractère de la diversité ethnique de notre peuple comme une richesse ? Où bien, ces communautés, n’ont-elles pas le droit d’entendre leurs langues dans l’antenne d’Aioun ?
Certains ont fait des démarches longues et difficiles avant d’obtenir à la surprise générale un gain de cause. Ainsi, deux émissions hebdomadaires dont une émission religieuse sont diffusées. Rappelons que chaque émission dure 1heure. De 16 H à 17H avec 30mn pour le Pulaar et 30mn pour le Soninké. La communauté Négro mauritanienne était soulagée mais pas satisfaite.
Toutefois, ce soulagement a été de courte durée (une année à peine) parce qu’après le départ en vacances des animateurs, les deux émissions ont été purement et simplement supprimées et pire, les émissions en langues nationales diffusées depuis Nouakchott ne peuvent être écoutées ici car la direction de l’Antenne prend soin de les remplacer par d’autres. Nouakchott étant loin d’ici, cette censure passe inaperçue.
Quel paradoxe que d’empêcher certaines communautés Mauritaniennes d’écouter des émissions diffusées dans leurs langues, un droit qui leur est conféré par la constitution. Cette diversité culturelle et ethnique participe au rayonnement de notre pays et à l’enrichissement des uns et des autres.
Diack Amadou Cp Aîoun
Source: cridem
Une milice finalement ?
Selon la presse locale – il faut toujours douter de ce qu’on lit -, l’ancien ministre Zeydane Ould Hmeida qui se trouve être président d’honneur de l’association de tir à la cible, a déclaré quelque chose comme : «Nous, membres et travailleurs dans les clubs de tir à la cible sommes prêts à diriger nos armes contre toute menace contre la stabilité et la sécurité du pays».
A cette mise à disposition, le Wali de Nouadhibou a répondu quelque chose comme : «Je remercie Zeydane Ould Hmeida pour le sens de sacrifice patriotique et la disponibilité des membres des clubs à défendre l’intégrité et la stabilité du pays». Ajoutant qu’il espère «la meilleure des utilisations de l’expertise en armes pour défendre la liberté, la stabilité et la quiétude si besoin est».
Ces deux déclarations sont dangereuses surtout qu’elles émanent de responsables politiques dont l’un fut ministre de la République et l’autre est encore Wali, première autorité administrative de la région économique du pays.
Elles posent encore la problématique du tir à la cible comme sport traditionnel. Jusque-là, heureusement, il n’y a pas eu de dérapage. Pas encore, diront les détracteurs de ce sport. Malgré cela, les différentes compétitions sont l’occasion de déploiement d’armes et de munitions, avec notamment des armes automatiques de combat.
La présidence de l’association fait l’objet d’une intense querelle entre deux factions de ses membres. C’est le camp de Ould Eli Val propriétaire de la Tour du Meuble qui l’a emporté officiellement. Alors que le président sortant, Khattri Ould Djié a porté plainte devant les tribunaux qui semblent, comme d’habitude, hésiter à trancher prétextant qu’il va falloir attendre de statuer sur le fond des contestations.
Alors que ce qui est contesté est la nature du collège électoral qui devait comprendre les adhérents ayant participé à un nombre donné de compétitions les deux dernières années. L’actuelle direction a été élue par un collège fait des années 2011 et 2012. L’élection qui s’est déroulée en janvier 2014 devait comprendre 2012 et 2013.
Maintenant que de l’aveu de son fondateur et président d’honneur, l’Association de tir peut intervenir pour «défendre l’intégrité et la stabilité du pays», que l’Autorité s’en félicite, le doute n’est plus permis : cette association n’est pas loin de jouer le rôle d’une milice. Auquel cas, il est urgent de la dissoudre et/ou de prendre les mesures qui s’imposent.
Publié par Mohamed Fall Oumeir
Source: cridem
Le ministère de l’Intérieur dissout l’Assiociation “Al Moustakbal”
Le Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a annoncé, récemment, la dissolution de l’Association “Al Moustakbal” pour la Culture et l’Enseignement.
Cette décision basée sur la loi N° 098/64 organisant les associations a suscité un grand amalgame au sein de l’opinion publique, en raison des mauvaises interprétations qui se sont produites tout au long de la colportation de cette information.
Pour lever cette équivoque, l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI) a contacté les sources concernées qui lui ont livré les informations suivantes:
Premièrement: Le récipissé n°159 en date du 21 janvier 2008 a été délivré à l’association sur la base d’un procès-verbal qu’elle a présenté au ministère de l’Intérieur le 16/10/2005, au nom de l’Association “Al Moustakbal” pour la Culture et l’Enseignement. Le terme “prêche” n’apparaît nulle part ni dans le procès-verbal ni dans les objectifs de l’Association.
Le procès -verbal en question définit exclusivement les objectifs de l’Association comme suit:
” L’animation de la scène nationale au service du développement humain, la contribution à l’essor national et à la stabilité du pays”.
Deuxièmement: la formation de l’instance exécutive de cette association a été évoquée dans le procès-verbal comme suit:
Président: Ismail Ould Moussa
Secrétaire Général: Khattry Ould Babah
Trésorier: Salem Ould Mohamed Lemine.
Jusqu’ici, le Ministère de l’Intérieur n’a été informé d’aucun changement au niveau de la Direction de l’Association précitée comme cela est stipulé par la loi n° 098/64 en son article 14.
Et par conséquent, il n’existe aucune relation légale entre l’Association “Al Moustakbal” pour la Culture et l’Enseignement et Cheikh Mohamed El Hacen Ould Deddew d’une part, et non plus aucune relation entre elle et Monsieur Mohamed Mahmoud Ould Seyidi qui s’est adressé aux médias en tant que secrétaire général d’Al moustakbal.
Il est à noter que la Loi N° 098/64 modifiée par la loi N° 007 en date du 23 janvier 1973 stipule en son article 4 (nouveau) que sont dissoutes, par arrêté motivé du Ministre de l’Intérieur, les associations:
1- qui suscitent des manifestations armées et non armées menaçant l’ordre et la sécurité publics dans le but de porter atteinte à l’intérêt public;
2- qui reçoivent des fonds de l’extérieur dans le but de porter atteinte à l’intérêt public;
3- qui sont hors des organismes reconnus officiellement et représentent, de par leur forme, le caractère de groupes de combat ou de milices privées;
4- qui véhiculent une propagande hostile à la Nation ou qui pourraient attenter à l’intégrité territoriale ou qui chercherient à changer, par la force, la nature républicaine du Gouvernement.
Dans le même cadre, les sources contactées par l’AMI ont précisé qu’aucune association de bienfaisance n’a été dissoute mais qu’elles ont été engagées à travailler sous la tutelle des départements concernés par leurs activités, comme cela est d’usage.
Source: AMI
La Mauritanie célèbre la journée internationale de la femme
Sous le thème: “la participation de la femme: une garantie du développement” la Mauritanie a célébré ce samedi 8 mars 2014 la journée internationale des femmes.
Sur le plan d’accès aux sphères de prise de décision, la ministre a estimé que “les résultats ont été absolument sans précédent” dans la mesure où la femme a accédé à des postes de souveraineté qui étaient jadis exclusifs à l’homme à l’exemple du ministère des affaires étrangères et de la coopération, inspection générale de l’Etat, ambassadrice, wali présidente de la communauté urbaine de Nouakchott.
Dans ce sens, poursuit la ministre, le pouvoir a adopté nombre de mesures de discrimination positive en faveur de femme dont un concours spécifique pour l’entrée de 50 filles à l’Ecole Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature, recrutement de 8 femmes professeurs dans le cycle de l’enseignement supérieur, le quota de bourses d’études supérieures réservé aux filles s’est augmenté de 2.5% en 2005 à 6.5%.
Sur le plan de santé, la ministre a indiqué le taux de mortalité maternelle s’est réduit de 686 en 2007 à 626 sur chaque 100.000 naissances vivantes, et ce grâce aux efforts consentis en matière de construction de structures sanitaires ainsi que la sensibilisation visant la conscientisation sanitaire.
Sur le plan d’accès aux sphères de prise de décision, la ministre a estimé que “les résultats ont été absolument sans précédent” dans la mesure où la femme a accédé à des postes de souveraineté qui étaient jadis exclusifs à l’homme à l’exemple du ministère des affaires étrangères et de la coopération, inspection générale de l’Etat, ambassadrice, wali présidente de la communauté urbaine de Nouakchott.
Dans ce sens, poursuit la ministre, le pouvoir a adopté nombre de mesures de discrimination positive en faveur de femme dont un concours spécifique pour l’entrée de 50 filles à l’Ecole Nationale d’Administration, de Journalisme et de Magistrature, recrutement de 8 femmes professeurs dans le cycle de l’enseignement supérieur, le quota de bourses d’études supérieures réservé aux filles s’est augmenté de 2.5% en 2005 à 6.5%.
Sur le plan de santé, la ministre a indiqué le taux de mortalité maternelle s’est réduit de 686 en 2007 à 626 sur chaque 100.000 naissances vivantes, et ce grâce aux efforts consentis en matière de construction de structures sanitaires ainsi que la sensibilisation visant la conscientisation sanitaire.
Mauritanie : le premier anniversaire des FLAM à Nouakchott après 27 ans d’exil
Les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) se préparent à fêter leur 31ème anniversaire dans la capitale mauritanienne le 14 mars prochain par un grand rassemblement. C’est la première fois que ce mouvement célèbre cet événement depuis sa création en 83 à Nouakchott après 27 années d’ exil. Ce sera l’occasion pour le président Samba Thiam d’expliquer aux militants et sympathisants le sens et la portée du redéploiement engagé depuis le dernier congrès à Paris et surtout de rendre hommage aux martyrs qui ont permis aux FLAM d’avoir une reconnaissance nationale et internationale et de faire avancer la question nationale avant de s’interroger sur l’avenir du mouvement.
Le meeting du 14 mars prochain à Nouakchott par les FLAM est porteur d’un double sens. Celui d’abord de la souffrance de ses militants depuis la création du mouvement en 1983 et celui ensuite de la solidarité de toute une communauté liée par le même destin la même langue et la même culture mais surtout l’espoir de construire une société juste et multiculturelle dont le pendant est une nation « Arc-en-ciel ».C’est cette volonté d’y arriver que le président Samba Thiam entend renouer pour faire entendre la voix de leurs compagnons. En effet, les FLAM n’ont jamais caché leur sentiment de rejet du régime de Ould Taya en particulier.
Le tournant de ce bras de fer remonte à 1986 date de la publication du « Manifeste du négro mauritanien ».Un cri de l’opprimé noir pour dénoncer le racisme d’Etat du régime depuis 1984. Ce virulent pamphlet a valu aux cerveaux du mouvement la prison à Oualata où quatre des meilleurs militants y laissèrent leur vie dans des conditions effroyables inhumaines dans le plus grand silence planétaire. Face à cette menace existentielle, certains dirigeants ont pris le chemin de l’exil comme le président Samba Thiam lui-même. Ainsi que d’autres rescapés comme Ibrahima Sarr sont restés sur le sol national. L’occasion pour ce dernier de créer son propre parti l’AJDMR. Ce qui lui a permis d’avoir une grande notoriété et une approche de visu sur le terrain et d’être adulé par la communauté négro africaine dont le vote a pesé grandement lors des dernières élections avec quatre députés et la mairie de Sebkha.
Le rassemblement à Nouakchott aura donc une résonance d’une longue marche qui est loin de se terminer. Les petits pas accomplis depuis le redéploiement en 2013 s’inscrivent dans le cadre d’une vaste campagne pour expliquer hic et nunc les visions futures du mouvement dont la place dans la société mauritanienne est très importante. Au moment venu les dirigeants décideront de la création d’un parti ou non. Dans tous les cas les contacts que le leader Flamiste mène aujourd’hui dans la capitale mauritanienne avec la classe politique toutes tendances confondues, les leaders d’opinion, les mouvements citoyens des jeunes et la société civile dessinent déjà le chemin qu’il entend proposer à tous les mauritaniens y compris les réfractaires extrémistes arabes et même si ça ne suffit pas à restaurer leur confiance.
Les combattants de la liberté savent bien que ce sont les opprimés qui souffrent plus en Mauritanie et c’est la grande majorité aujourd’hui politiquement absente des grandes décisions gouvernementales et hagarde. C’est elle que les FLAM devront parler sans anathèmes pour rester ainsi fidèle à l’esprit du Manifeste. A la veille de ce rendez-vous important avec les Nouakchottois qui risque de consacrer les contradicteurs de tout poil c’est une réponse concrète de la question nationale que les FLAM doivent apporter. Traduire dans les faits une feuille de route que le président Samba Thiam s’apprêterait à faire certainement dans les mois à venir.
Yaya Chérif Kane-Journaliste.





