Monthly Archives: February 2015
Le RFD exige la dissolution du BASEP pour rejoindre les dialoguistes
akhbar – La commission permanente du RFD, fait de la dissolution du Bataillon de la Sécurité Présidentielle (BASEP) une condition pour entrer dans le dialogue attendu entre l’opposition et le pouvoir.
Cette revendication du parti d’Ahmed Ould Daddah, également président en exercice du FNDU, fait partie d’autres doléances que le RFD pose comme conditions à satisfaire, pour se joindre aux dialoguistes.
Ce nouveau rebondissement dans le dialogue, met en question le dernier accord de principe exprimé mardi dernier par le Forum, pour entrer dans les pourparlers. En effet, le RFD n’avait pas manifesté de réelles réserves vis-à-vis de cet accord de principe, se contentant d’appeler les partis de l’opposition à faire preuve de précaution et de discernement dans leur volonté de négocier avec le pouvoir.
Le RFD avait mandaté son Vice-président Ahmed Ould Lafdal pour le représenter au sein de la commission du FNDU, créée pour formuler les mécanismes et la méthode de participation composée également du Dr Mohamed Ould Maouloud (UFP), Mohamed Jemil Mansour (Tawassoul) et Yahya Ould Ahmed Waghef (Adil).
Traduit de l’Arabe par CridemAl
Appel pour sauver la Mauritanie
Diabel Touré – Suite aux premières déclarations de cinq partis politiques (MPR, PLEJ, FPC, Arc-en-ciel, UNDD et ADEMA) intitulés « Appel pour sauver la Mauritanie », il est évident que des bonnes intentions existent et le Cercle de Réflexion des Mauritaniens salue et encourage toute initiative qui visent à renforcer l’unité nationale.
Il ne faut pas juger les nouveaux auteurs de cette bonne initiative à travers les intentions mais plutôt par leurs actes, leurs accomplissements. Mais aussi, il faut leur accorder le bénéfice du doute en les soutenant jusqu’à ce qu’ils montrent qu’il n’y a pas de raisons de les soutenir.
Pour le moment, ils ne sont reprochables de rien mais sont plutôt à féliciter pour avoir l’ambition de mettre fin à des stratégies inefficaces face à un régime illégal dans un pays devenu un « État-néant », où toutes les institutions républicaines étaient illégales, caduques et périmées.
Il est temps, que nos concitoyens unissent leurs visions et compétences pour ouvrir une nouvelle page de l’histoire pour une vraie autopsie diagnostique pour mieux faire la part de responsabilité de tout un chacun, dans la résolution de nos problèmes, le calvaire du peuple, la mal gouvernance, les vols et viols, les détournements qui ont emailés notre histoire.
Depuis plusieurs années, les mauritaniens ont entendu trop de promesses, trop de solutions, trop de recettes qui devraient consolider l’unité nationale et faire de la Mauritanie un pays de bonheur mais, en lieu et place, le pays est devenu synonyme de l’enfer, un pays de pénitence.
Le pays est mis à genou à travers une gestion calamiteuse, orchestré et entretenu par une poignée d’hommes, de femmes et de clans tribalo-mafieux, qui n’ont ni foi ni loi. La Mauritanie est étranglée, asphyxiée à travers un pouvoir égoïste dont le système de gouvernance ne se résume qu’à la division, à la haine et à la délation.
Le système est basé sur la trahison, les mensonges, et est bâtie sur une administration clochardisée, formée de cadres hypocrites, incompétents et dont le dénominateur commun demeure la bassesse et la prostitution de leur conscience. La médiocrité a tout simplement triomphé sur la méritocratie et le système a élevé et glorifié la corruption, le clientélisme, le népotisme, la gabegie et l’enrichissement illégal et illicite de certains proches du système au détriment de la majorité.
Les valeurs républicaines ont été purement et simplement bafouées. Toutes les institutions qui devraient être républicaines au seul service de la défense des intérêts du pays, que cela soit l’armée, en passant par toutes les institutions d’État, etc.…., ont été dérobées de leurs missions premières qui consistent à servir uniquement la nation et à défendre l’intégrité territoriale pour devenir des outils d’oppression et de pillage du pays entre les mains du pouvoir.
Il est temps, que les Mauritaniens de tout bord, la jeunesse oubliée et abandonnée à elle-même, les élèves sans orientation, diplômés au chômage, fonctionnaires sans issue, intellectuels de la nouvelle génération, les soldats patriotes, les aînés de tout bord, qui ont été contraint, à un moment ou à un autre, de se taire ou de s’exiler loin de la mère patrie, de se joindre à l’appel des «cinq partis» qui inspire un nouveau réveil de prise de conscience qui était en gestation en Mauritanie pour qu’ensemble, les Mauritaniens puissent débarrasser la Mauritanie à jamais de vestiges d’un système divisionnaire qui a échoué sur tous les plans.
Pour l’amour de la nation, et de grâce, pour la mémoire de tous ces morts tués par ces acolytes du système, les mauritaniens n’ont plus droit à l’erreur pour se laisser endoctriner par les chants de sirènes de passation de services, les litanies de promesses et sombrer au charme des oiseaux de mauvaises augures qui sèment la confusion, la haine et la division pour assouvir leur dessein macabre.
Nous savons tous que la situation en Mauritanie n’est pas facile. Mais ce n’est pas parce que la situation est difficile que les enfants du pays doivent baisser les bras, rentrer en hibernation politique pour oublier que « personne d’autre ne fera à leur place ce qui est de leur devoir patriotique ». Pour accomplir cela, les mauritaniens doivent ouvrir leurs cœurs et leur intelligence, travailler, initier et avoir des visions qui dépassent l’intérêt immédiat, personnel et égoïste.
Cercle de Réflexion des Mauritaniens
Montréal, Canada
crdm_c@yahoo.ca
cridem
FLAMNET-AGORA: Le Manifeste des 19 et la photo historique des auteurs en détention en février 1966
On reconnait de droite à gauche : Bal Mohamed El Habib dit Doudou, Ba Abdoul Aziz dit Zeus, Sy Satigui Oumar Hamady, Ba Aly Kalidou et Sy Abdoul Idy dit Mamoye. Le Conseil des Ministres du 13 janvier 1966 décida de la suspension et du déclenchement de poursuites judiciaires contre les 19 signataires du Manifeste. Ils sont tous arrêtés le 11 février 1966.
Le contexte
La rentrée scolaire d’octobre 1965 s’effectue dans un climat très tendu ; le 4 janvier 1966, la totalité des élèves noirs des lycées de Nouakchott et de Rosso se mettent en grève qu’ils déclarent illimitée. Ils réclament la suppression du décret d’application de la Loi du 30 janvier 1965 rendant obligatoire l’enseignement de la langue arabe dans le secondaire. Ce mouvement de contestation scolaire trouve rapidement un écho favorable auprès de nombreux hauts cadres originaires de la vallée. Le 6 janvier, par solidarité, dix neuf d’entre eux apportent leur soutien à la revendication de ces élèves et posent le problème de la cohabitation nationale : ils publient le Manifeste des 19. Le même jour, la grève s’étend à Kaédi. Des bancs de l’école, la contestation se propage à la fonction publique et le 8 janvier, 31 fonctionnaires noirs de Nouakchott se solidarisent des grévistes et approuvent le Manifeste des 19.
Pour contenir la contestation, les élèves du secondaire furent mis en vacances du 19 janvier au 4 février inclus. Mais à la rentrée scolaire, des bagarres éclatèrent le 8 février au lycée national de Nouakchott entre élèves noirs et maures et dans la nuit un tract invitant les élèves maures à la confrontation fut diffusé. Le lendemain, des affrontements opposent les deux communautés dans divers quartiers de Nouakchott, le bilan officiel, sans doute minoré, fait état de 6 morts et 70 blessés. La Mauritanie venait de connaitre sa première grave crise intérieure.
Le Président Moctar Ould Daddah rapporte dans ses mémoires que la France par la voix de son Ambassadeur, Jean – François Deniau, était prête « à nous envoyer, à partir de la base de Dakar, des éléments de troupes pour nous aider à rétablir l’ordre » mais qu’il déclina l’offre et prit les mesures suivantes : la fermeture de tous les établissements secondaires, l’envoi de renforts à Aïoun et Kaédi, la supervision des émissions de Radio Mauritanie, l’instauration d’un couvre – feu, de 18 heures 30 à 07 heures à Nouakchott et l’arrestation des 19 signataires du Manifeste le 11 février.
Le Manifeste des 19
Le 4 janvier 1966, les élèves noirs des lycées de Nouakchott ont déclenché une grève qu’ils jugent qu’ils déclarent illimitée en vue de faire supprimer la mesure rendant obligatoire la langue Arabe dans l’enseignement du Second Degré.
Cette action énergique ne fait que révéler un malaise profond et latent, car il est notoire que l’étude obligatoire de la langue Arabe est pour les Noirs une oppression culturelle. Cette mesure constitue un handicap certain à tous les examens pour les élèves Noirs qui, de façon consciente ont toujours repoussé l’étude de la langue Arabe qu’ils savent un frein à leur développement culturel et scientifique et contre leurs intérêts. C’est ainsi qu’au Lycée de Rosso, des élèves Noirs ayant obtenu la moyenne dans l’ensemble des disciplines, ont eu à redoubler pour n’avoir pas eu la moyenne en Arabe.
Il parait paraitre étonnant qu’aucune voix ne se soit élevée parmi l’élite et les Responsables Noirs, pour protester contre une décision qui fausse déjà l’égalité des citoyens et cela dans un domaine aussi essentiel que l’éducation.
C’est pourquoi, Nous citoyens mauritaniens à part entière soussignés, déclarons appuyer fermement et sans réserve l’action des élèves. Nous entendons dès cet instant reconsidérer les bases de la coexistence entre communauté Noire et communauté Blanche ; car à l’heure actuelle, nous assistons à l’accaparement total de tous les secteurs de la vie nationale par l’ethnie maure. A l’appui de cette thèse, voici des faits patents qui révèlent la gravité de cette situation. Dès l’accession de la Mauritanie à l’autonomie interne, le régime mis en place s’empresse de créer le mythe d’une prétendue majorité à 80% Maure. Le mythe du quart était né et règle depuis lors les dosages au niveau de toutes les instances politiques et administratives. C’est ainsi qu’au Gouvernement, il y’a deux Ministres Noirs sur 9, au Bureau Politique National, trois Noirs sur 13 Membres, à l’Assemblée Nationale, 10 Députés Noirs sur 40. Ceci étant la vie politico – administrative ne pouvait être que le fidèle reflet de la situation au sommet. Il est remarquable que les postes de Président de la République, Chef du Gouvernement, de Ministre de la Défense Nationale, des Affaires Etrangères, de Secrétariat Général aux Affaires Etrangères, de Ministre de la Justice, de l’Intérieur, de Directeur de la Radiodiffusion, et des Forces de Police, de Directeur de l’information, de Directeur de l’enseignement, de Directeur Général du Plan, de la Fonction Publique et de Président de la Cour Suprême, etc, sont concentrés selon une règle inavouée mais systématique entre les mains de l’ethnie Maure.
Il est à constater par ailleurs que sur 12 Cercles du pays du pays, un seul est placé sous la responsabilité d’un Administrateur Noir et sur près de trente Subdivisons, 7 seulement sont sous la responsabilité de fonctionnaires Noirs
– que des cadres Noirs sous – employés végètent tandis que des traitres à la Nation, condamnés, se trouvent régulièrement engagés à des postes de choix dans la fonction Publique.
– que dans la Mauritanie du Sud exclusivement Noire, tous les Commandants de Cercles, les Chefs de Subdivision, les Chefs de Postes Administratifs, les Commissaires de Police exception faite pour Rosso, les Juges, les Chefs de Brigade de Gendarmerie, et même les Maires – délégués sont tous maures.
– que la présence dans cette partie du pays de ces détenteurs de l’autorité se traduit par des actes infâmes d’’asservissement, d’humiliation, d’oppression commis à l’endroit des populations Noires honnêtes, loyales, courageuses et laborieuses.
– Que leurs agissements par leur manque de respect pour les traditions, mœurs, bien fonciers, valeurs spirituelles, sèment la panique, la désolation et l’amertume parmi les populations Noires exaspérées et au bord de la révolte. L’exemple de SASS OULD GUIG à l’égard des Peulhs de KAEDI est assez édifiant : Ce responsable s’est permis de faire arrêter, battre, torturer lâchement, humilier, emprisonner de paisibles Peulhs dont le seul crime fut le désir de créer une coopérative conformément aux nécessités de développement.
– qu’à Rosso, un découpage administratif insidieux vient d’isoler et de rattacher tout le canton de TEKANE exclusivement Noir à la nouvelle Subdivision de RKIZ exclusivement maure.
– que quinze gendarmes Noirs valides viennent d’être mis prématurément à la retraite sans pension
– que dans les rangs des goums de la garde nationale, de la gendarmerie, de l’armée, de la police où naguère les Noirs dominaient en nombre, la valeur et la vocation étant les seuls critères, la proportion des Noirs de 90% qu’elle était, est retombée à près de 25%
– que les Noirs arabisants ne se recrutent qu’à 10% parmi les enseignants mauritaniens arabisants, parce que le régime ferme aux plus doués d’entre eux les portes du succès ; aux examens, les commissions de correction recrutées dans l’ethnie maure, veillent à ce qu’il en soit ainsi
– que le recrutement à l’Institut des Etudes Islamiques de Boutilimit accorde aux élèves Noirs 5% des effectifs
– que les Noirs arabisants ne comptent aucun Inspecteur primaire arabisant alors qu’ils disposent de cadres au moins, aussi instruits, aussi cultivés et aussi capables que les cadres maures arabisants
– que les cinquante bourses mises à la disposition de la Mauritanie par le Koweït, reparties sans l’avis d’aucune commission, sept seulement furent attribuées aux candidats Noirs
– que le régime a toujours travaillé pour qu’à l’extérieur, la Mauritanie apparaisse comme un pays essentiellement maure
– dans cette optique, le Chef de l’Etat lui-même prend soin de toujours souligner à l’extérieur « que la Mauritanie en majorité arabe compte une minorité d’origine africaine (discours de Bizerte) » comme si cette prétendue minorité était là par accident de l’histoire, alors que l’accident de l’histoire ce sont bien les invasions berbères
– qu’à Nouakchott où les citoyens Noirs sont au moins aussi nombreux que les maures, le Conseil Municipal compte quatre Noirs sur vingt deux membres
Il est à souligner par ailleurs que simultanément au désir exprimé par les maures de voir officialiser la langue Arabe, la communauté Noire exige que lui soient consenties des garanties concrètes et absolues contre toute assimilation que les responsabilités nationales soient partagées et que la Constitution soit révisée dans un sens FEDERAL (Congrès 1961 et 1963. Mais le régime politique en place, peu après avoir muselé certains porte – parole Noirs, s’est ménagé l’officialisation de la lange Arabe dont la première étape est cette mesure rendant l’Arabe obligatoire dans le Premier et le Second Degrés, cependant qu’il étouffe les revendications fondamentales de la Communauté Noire.
Les maures savent qu’avec l’arabisation à outrance, le pays va à l’échec, mais ils y tiennent tout de même, animés qu’ils sont par un complexe d’infériorité devant la supériorité qualitative et quantitative des cadres Noirs, et poussés par le désir ardent de couper la communauté noire de l’ensemble négro – africain et à réaliser ainsi l’assimilation des Noirs à leur mode de vie et de penser.
Ainsi le bilinguisme n’est qu’une trahison à l’endroit des Noirs, car il tend à les écarter de l’ensemble des affaires de l’Etat.
Toute cette situation se traduit par un marasme général qui affecte tous les rapports entre citoyens Noirs et maures. En effet la jeunesse du pays future relève, se trouve profondément divisée : A Dakar, à Paris, au Caire et dans les autres centres universitaires, les groupes d’étudiants Noirs et groupes d’étudiants maures sont à couteaux – tirés ; dans tous les établissements du Second Degré, la scission est consommée entre élèves Noirs et élèves maures.
Considérant que les membres de la communauté noire sont irréversiblement engagés à recouvrer intégralement leur liberté et leur dignité, à choisir librement une culture et un mode de vie conformes à leur civilisation négro – africaine, à leurs aspirations au progrès, au développement harmonieux de l’homme, et convaincus que l’obstination du régime dans sa politique aboutira fatalement au chaos et à la guerre civile,
NOUS, SOUSSIGNES,
– Déclarons être hostiles à la mesure rendant l’arabe obligatoire dans les enseignements primaires et secondaires
– Engageons le combat pour détruire toute tentative d’oppression culturelle et pour barrer la route à l’arabisation à outrance
– Exigeons l’abrogation pure et simple des dispositions des Lois 65.025 et 65.026 du 30 janvier 1965 rendant l’arabe obligatoire dans les 1er et 2nd degrés et qui ne tiennent aucunement compte des réalités Mauritaniennes
– Rejetons un bilinguisme qui n’est qu’une supercherie, une trahison permettant d’écarter les citoyens Noirs de toutes les affaires de l’Etat
– Dénonçons la discrimination raciale, l’illégalité, l’injustice et l’arbitraire que pratique le régime en place
– Dénonçons toute confusion visant à noyer un problème à tendance politique (Arabe) sous l’optique religieux (Islam)
– Nions l’existence d’une majorité maure car les proportions proclamées sont fabriquées pour soutenir le régime dans l’application intégrale de sa politique de médiocrité déjà entamée à l’endroit de la communauté noire
– Exigeons le remplacement immédiat de tous les Commandants de Cercles, et Adjoints, des Chefs de la Subdivision, des Chefs de postes administratifs, des Commissaires de Police, des Commandants de Gendarmerie, des Juges et Maires – délégués, tous maures, se trouvant dans la Mauritanie du Sud par des Administrateurs et fonctionnaires Noirs, seuls soucieux du développement de cette partie du pays et respectueux des populations et de toutes leurs valeurs
– Exigeons le placement immédiat de tous les cadres noirs sous employés dans les situations conformes à leurs diplômes et références
Sommes prêts à rencontrer le Président de la République, le Président de l’Assemblée Nationale, le Président du Groupe Parlementaire
Mettons en garde tout responsable Noir contre une éventuelle prise de position susceptible de léser les intérêts de la communauté noire
– Jurons sur notre honneur de ne jamais transiger ni avec le devoir, ni avec la conscience, de ne jamais nous départir de nos positions justes et honnêtes, de nous maintenir dans ces positions jusqu’à la disparition totale de toute tyrannie, domination et oppression exercées sur la Communauté noire et jusqu’à ce que tout citoyen noir vive libre, digne et heureux en Mauritanie.
Les 19 signataires :
Ba Abdoul Aziz, Magistrat
Ba Ibrahima, Ingénieur géomètre
Ba Mohamed Abdallahi, Instituteur
Bal Mohamed El Habib, Ingénieur des Eaux et Forêts
Daffa Bakary, Ingénieur des TP
Diop Abdoul Bocar, Commis comptable
Diop Mamadou Amadou, Professeur
Kane Abdoul, Instituteur
Koïta Fodié, ingénieur des TP et bâtiments
Seck Demba, Instituteur
Sow Abdoulaye, Inspecteur de Trésor
Sy Abdoul Idy, Statisticien
Sy Satigui Oumar Hamady, Instituteur
Traoré Souleymane dit Jiddou, Instituteur
Bal Mohamed El Bachir, Administrateur
Ba Aly Kalidou, Inspecteur de Trésor
Ba Mamadou Nalla, Instituteur
Traoré Djibril, Instituteur
Coulibaly Bakary, Instituteur.
Quelles leçons pour nous ?
Quarante neuf ans plus tard, que sont devenus les visionnaires auteurs du Manifeste des 19? Qu’avons-nous fait de leur héritage ? Faut – il les oublier ? Evidement, non. Mohamed Ould Cheikh, qui a publié en 1974 un ouvrage sous le pseudonyme de Hamid El Mauritanyi, pointe la responsabilité du pouvoir et l’accuse d’avoir participé de façon active aux tragiques événements de 1966. Pour lui, la répression et la suspension les 19 fonctionnaires noirs, ne participaient pas à l’apaisement « alors que la nature même du problème exigeait le dialogue » (cité par J-L Balans dans son livre intitulé Le développement du pouvoir en Mauritanie, page 568). Il est vrai que le président Moctar Ould Daddah s’était appuyé sur des éléments d’une jeunesse nationaliste, pro – arabe de la mouvance de la Nahda et de l’Association de la Jeunesse Mauritanienne et plus largement, il s’agissait de rattraper l’avance prise par les noirs « sur scolarisés et surreprésentés » dans la fonction publique.
En 2016, cinquante ans après la diffusion du Manifeste des 19, les mauritaniens devraient faire une introspection, un état des lieux de la question nationale pour construire un destin commun. Faute d’avoir pu empêcher se produire le génocide (1989 – 1992) et les déportations, nous n’avons pas le droit de laisser le pouvoir nous conduire vers un chaos programmé. Si notre pays donne l’impression de ne pas savoir où il va depuis son accession à la souveraineté internationale, il y va en courant à grande vitesse.
Pour le sauver, nous avons besoin d’une radiothérapie politique, probablement à fortes doses de radiation, pour détruire les cellules mangeuses de la diversité. La Mauritanie doit se réconcilier avec sa géographie et son histoire faite de différences, de recompositions, de brassages, de mélanges de sociétés si différentes en apparence, mais qu’il faut administrer harmonieusement selon un principe d’égalité effective.
N’oublions pas les 19 et inscrivons leurs noms dans la mémoire collective de nos concitoyens. Célébrons ceux qui sont en vie. Prions pour les disparus. N’oublions pas ceux, dont les noms n’apparaissent pas ici mais, qui étaient dans le cercle élargi.
Ciré Ba et Boubacar Diagana – Paris, février 2015.
La reconstruction d’un pays ne peut être que l’œuvre des grands hommes disposés à consentir des sacrifices et à mettre de côté toute prétention d’ordre secondaire pour parvenir à un consensus
Des hommes qui peuvent marquer de leurs empreintes « l’Histoire » d’une Nation à travers la recherche d’une unité nationale qu’ils doivent pouvoir gérer à tout prix avec sagesse et intelligence.
À partir d’enseignements tirés de notre passé et de notre présent qui ne peuvent être en aucun cas occultés d’une part, et de par notre religion qui est l’Islam d’autre part, cette unité peut être, ou pourrait être envisagée sous la forme « d’un vivre-ensemble ou de la recherche d’une paix permanente » entre les différentes communautés de ce pays dont chacune a sa culture et ses spécificités qui lui sont propres.
Certes, au-delà de la crise politique, le pays traverse une situation de crise aiguë sans précédent caractérisée par des conflits d’intérêts et d’ordre communautaire qui ne cessent d’ailleurs de s’aggraver.
Çà et là, nous assistons à des soulèvements populaires qui ne sont que l’expression d’une volonté manifeste d’un peuple opprimé, de ces communautés marginalisées, de ces victimes du passif humanitaire sans défense aucune, qui acceptent de sortir de leur hibernation, de ce long silence, pour crier au ras-le-bol.
Un peuple qui, dans toutes ses composantes, aspire à retrouver l’espoir dans un changement par une alternance pacifique. Depuis l’avènement des militaires au pouvoir, ces putschistes qu’il ne faut jamais s’empresser de soutenir quelle que soit la situation dans laquelle peut se trouver le pays, on assiste à une forte régression dans presque tous les domaines, avec surtout, et c’est ce qui est d’ailleurs très grave, la montée en puissance du communautarisme qu’on croyait révolu depuis fort longtemps. Nous rappelons que Feu Thomas Sankara disait dans sa célèbre citation « qu’un militaire sans formation politique est un criminel ».
Est-il nécessaire d’apporter des preuves qui prouvent une telle affirmation ? Je crois que, sans vouloir jeter de l’huile sur le feu, ni vouloir remuer le couteau dans la plaie, ces années de braise de 89 à 91 durant lesquelles l’Élite de toute une communauté négromauritanienne fut sauvagement massacrée, traitée différemment des autres communautés, sont autant d’éléments qui peuvent confirmer une telle affirmation. En tout état de cause, qu’il me soit permis de rendre un vibrant hommage à nos compatriotes revenus d’un exil qui leur était presque « forcé » après tant d’années passées hors de leur pays et à leur tête leur président Mr Thiam samba, pour l’amour et l’attachement portés à ce pays.
Aujourd’hui, ceux qui ne sont nullement tentés par des intérêts uniquement égoïstes ou partisans pourront se rendre compte que les Forces de Libération de Mauritanie (FLAM), aujourd’hui Forces Progressistes du Changement (FPC), ne développent nullement par rapport à ce que soutiennent certains des discours racistes ou extrémistes.
Evidemment, on peut évoquer une question sur laquelle certains de nos politiciens de différentes générations ou de différentes cultures, voire de même génération ou de même culture divergent ou peuvent diverger, et sur laquelle ils doivent s’entendre, à savoir l’histoire de ce pays. Par rapport à cette question, nous jugeons que nous ne devons nullement emprunter au-delà d’une voie pour que nous puissions comprendre et admettre que l’histoire d’une Nation, particulièrement la nôtre, n’est qu’une action humaine d’une certaine époque dont les récits ne sont pas souvent fiables, sinon peu, donc nullement une science exacte et ne suit aucune logique.
Bien sûr, je reste convaincu que je ne possède pas les connaissances requises pour être en mesure de remettre en cause telle ou telle stratégie proposée. Néanmoins, je trouve qu’il est de mon devoir de rappeler à nos concitoyens, y compris ces soi-disant politiciens bien sûr, « qu’avec le temps les erreurs et les mensonges s’écroulent, et que seule la vérité demeure parce qu’elle est dure ».
Toutefois, le paradoxe étant que dans ce pays où chacun d’entre nous constitue à lui seul une école, nous devons comprendre que l’éducation religieuse que nous avons doit nous dicter certaines choses dont au moins le bon sens et le savoir-vivre dans la fraternité et la solidarité.
René Descartes disait d’ailleurs que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée sans distinction des races ni d’ethnies car le principal n’est pas d’avoir l’esprit bon mais de bien l’appliquer ».
C’est d’ailleurs ce bon sens qui doit nous guider pour éviter une énième fois de tomber dans le piège de ces imposteurs qui continuent chaque fois à chercher à nous diviser pour mieux nous dominer d’une part, et d’éviter d’autre part, si ce n’est que pour cette fois-ci, à nos politiciens d’aller vite en besogne, en évitant de se précipiter au moindre signe d’une proposition de dialogue pour donner l’assaut, bien qu’il soit évident pour tous, et même à court terme, que le résultat final qu’on puisse éventuellement obtenir sera sans commune mesure dirigé contre tous.
C’est pourquoi je trouve que la démarche jusqu’ici entreprise par le Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) est salutaire dans la mesure où ce parti doit avoir tiré certains enseignements du passé à partir de l’analyse des résultats obtenus des différentes recommandations tirées des dialogues précédents. Et, sans vouloir aussi trop critiquer, on peut constater jusque-là que les solutions utilisées et expérimentées marchent moins bien et posent même des problèmes dans leur application.
Naturellement, les dirigeants de l’opposition dite « radicale » ou ceux qui se retrouvent au sein du Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU), comme d’ailleurs ceux de l’opposition dite « responsable » qui se retrouvent eux aussi au sein de la Convention pour l’Unité et l’Alternance Pacifique et Démocratique (CUPAD), et d’autres tels que ceux qui forment un même bloc avec le parti Arc-en-ciel, Le PMC, doivent comprendre qu’à défaut de pouvoir changer certains de leurs dirigeants, ils doivent nécessairement changer de stratégie politique et reconnaitre, comme disent certains hommes politiques, qu’une alternance ne s’improvise pas et qu’aucun parti politique mauritanien, pris isolément, ne peut parvenir à lui seul à conquérir le pouvoir.
Objectivement donc, pour que le dialogue ait un sens afin qu’il puisse éventuellement déboucher sur des résultats concrets, il doit être abordé avec sérieux par des dialoguistes qui doivent impérativement placer les intérêts de la nation et du citoyen au centre de leurs préoccupations. Impérativement, nous devons trouver des têtes pensantes ayant « une certaine culture », connues pour leur franc-parler.
Des têtes pensantes qui œuvrent pour une Mauritanie réconciliée et qui devront être en mesure de définir le « type » de société dans lequel nous devons nous retrouver. Par contre, nous jugeons que la libération immédiate de tous les détenus politiques (militants et défenseurs des droits de l’homme d’IRA, de Kawtal Yellitaré, et autres) doit constituer une condition sine qua non sans laquelle le dialogue n’aurait nullement de sens, d’ailleurs une condition sans laquelle le dialogue ne doit même pas être engagé entre les différents pôles.
Bref, dans une vision qui nous parait plus ou moins « noble » dans la mesure où elle propose quelque chose de tout à fait nouveau dans la démarche, la manière d’aborder et de conduire le dialogue, nous proposons que celui-ci soit entamé, s’il doit l’être, suivant un ordre chronologique bien établi. Cette vision que nous développons consiste à présenter le dialogue sous deux volets distincts, à savoir : un volet dit « sensible », un volet dit « souple ».
Le premier volet dit « sensible », si ce terme ne fait pas peur aux politiciens, a trait aux questions qui apparaissent aux yeux de certains d’irréalisables, à savoir : l’unité nationale (ou cohabitation), le passif humanitaire, l’esclavage et ses séquelles. Ce premier volet est une « phase test » pour nos politiciens et doit être abordé avec prudence par ceux qui, de par la pertinence des arguments, de par leur capacité de proposer des solutions concrètes au règlement définitif de ces questions, peuvent se comprendre entre eux, emprunter par consensus la même voie pour arriver à une même conclusion.
Ce premier volet qui ne traite que de ces trois questions énumérées précédemment devra prendre beaucoup plus de temps. Tout au long de cette phase, il sera fortement conseillé à notre Élite d’avoir chaque fois à l’esprit que « chaque fois qu’elle se trouve bloquée dans la voie de la synthèse, elle devra comprendre que l’analyse faite est soit incorrecte, soit insuffisante ».
Pour cela donc, ces politiciens (dialoguistes) devront éviter de se retrouver dans le raisonnement par l’absurde qui devient à un certain moment un semblant de dialogue de sourds dans lequel personne ne veut admettre l’idée de l’autre. D’ailleurs, c’est à partir de là que l’on pourra tester la valeur et le degré de dévotion, d’intelligence, de sagesse et de dévouement de notre Élite pour voir à quel point, si nous poussons celle-ci à l’extrême, elle peut parvenir à exercer un réel changement dans nos mentalités que nous ne parvenons pas à transformer depuis plus d’un demi-siècle.
C’est lorsque cette première phase dite volet « sensible » aura été entièrement achevée, réussie, et les que résultats aient été présentés au peuple, que ces politiciens (dialoguistes) pourront s’orienter vers la seconde phase dite volet « souple ». Ce volet « souple » quant à lui prend en compte toutes les autres questions devant être discutées par l’Élite politique.
En somme, il est temps que nous comprenions « qu’il n’y a pas de plaintes qui n’aient occupé plus constamment les bouches, pas de griefs qui n’aient pesé plus lourdement sur les cœurs, que ceux résultant de nos divisions nationales ». Tous interpellés, nous devons agir pour sauver notre Patrie.
Haimeda Ould Magha
Notable de la ville de Rosso
Tel : 46309795/47511073
Source: cridem
Dialogue politique : Un corps sans vie !
Le Rénovateur Quotidien – Les concertations politiques, telles qu’elles paraissent à l’appréciation de l’opinion laissent place à l’optimisme : report des élections sénatoriales, contacts intensifs entre les protagonistes politiques, disponibilité de l’opposition, échecs passés… Tous les ingrédients pour donner le coup d’envoi d’un véritable dialogue.
Mais, a y voir de près, c’est tout simplement de la poudre aux yeux. Après s’être engagés pour favoriser le lancement des pourparlers, des réserves resurgissent de part et d’autre.
Des députés frais opposés à toute dissolution du parlement
Des députés de la majorité présidentielle ont affirmé vendredi 06 février, leur rejet total de tout dialogue politique conduisant à la dissolution du parlement et à l’organisation de nouvelles élections législatives. Les parlementaires frondeurs aux concertations en cours, engagées entre le pouvoir et l’opposition depuis plusieurs semaines, motivent leur refus catégorique, par ce qu’ils appellent, les grands efforts qu’ils ont déployés au cours des législatives passées pour êtres élus.
Les députés hostiles aux pourparlers visant la recherche d’un consensus politique s’activent sous la houlette du parlement pour rassembler les parlementaires opposés aux actuelles tractations menées par les protagonistes politiques pour mettre fin à la crise qui prévaut.
« Il est aberrant que le pays organise des élections en l’espace de trois années, alors que tout le monde croupit encore sous le lourd fardeau des créances consécutives aux charges énormes de la campagne électorale passée » affirment ces députés.
L’opposition exige des garanties internationales
Des forces politiques du Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) ont exigé des garanties internationales pour le projet de dialogue en gestation avec le pouvoir du Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.
Ces parties sont très réservées, se gardant de cautionner à la va-vite des concertations qui peuvent rééditer d’anciens échecs cuisants d’accords convenus entre le pouvoir et l’opposition, au terme de pourparlers, tel que le fameux accord de Dakar de 2008, paraphé à l’époque pour l’opposition par l’ex FNDD et resté à l’état papier, malgré une médiation internationale.
Selon ces forces politiques réticentes d’entrer dans un dialogue direct avec le pouvoir et sa majorité, l’expérience des concertations a montré plus d’une fois, que le pouvoir du Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, ne respectera aucun engagement pris par son gouvernement dans le cadre de l’actuel projet de dialogue.
Ces réserves conjuguées au repos présidentiel de deux semaines, à l’intérieur du pays, selon des sources, cheminent incontestablement et malgré un report à une date indéterminée des sénatoriales partielles, le dialogue vers un fiasco total, replongeant le pays dans le précarré des crises politiques.
Le RFD, le parti opposant le plus prudent
Des sources indiquent que la position du RFD -parti d’opposition, par rapport au dialogue politique en gestation, est encore tributaire d’une réunion que son Comité permanent doit tenir le lundi 9 février prochain.
Une réunion au cours de laquelle, cette haute instance dirigeante du RFD débattra des modalités et conditions qu’elle juge appropriées pour s’engager résolument dans les concertations et qui seront soumises sous forme de document au FNDU.
Le RFD qui détient actuellement la Présidence en exercice du Forum, mise sur la satisfaction de toutes les conditions libellées dans le document précité, qui sera présenté à l’appréciation du Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Les sources susmentionnées ont indiqué par ailleurs que si les conditions du parti sont approuvées sans exception aucune, le RFD entrera le dialogue et qu’au cas où elles seront récuses ou acceptées en partie, il boycotterait les concertations.
A la lecture du dynamisme qui caractérise actuellement les rapports entre le pouvoir et l’opposition et des réticences des uns et des autres, force est de constater qu’en dépit d’une chance inouïe pour tous les protagonistes d’œuvrer ensemble pour sortir le pays de l’impasse politique qui perdure depuis plusieurs, tout peut se révéler à la dernière comme un simple mirage confondu par un assoiffé à un ruisseau.
Md O Md Lemine




