Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: March 2014

Mauritanie : Samba Thiam plaide ouvertement pour l’action des militants

altLe président des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM) a rendu un vibrant hommage aux martyrs Flamistes tombés sous le régime de Ould Taya en observant une minute de silence avant de critiquer le régime de Ould Aziz pour sa mollesse et sa similitude avec les régimes précédents dans la cohabitation des communautés du pays dont les principales victimes sont toujours les négro mauritaniens et les Hratins dans un message qu’il a adressé aux militants et sympathisants à l’occasion du 31ème anniversaire du mouvement. Samba Thiam a appelé ainsi à un sursaut de ses militants pour prendre leur destin en main dans les années à venir.

 

Jusque là en retrait dans le processus politique du pays avant le redéploiement des FLAM à Nouakchott, le président du mouvement veut montrer qu’il est bien décidé à revenir sur la scène nationale et internationale. C’est le sens en partie du message de Samba Thiam aux militants et sympathisants à l’occasion du 31ème anniversaire des FLAM sous le signe cette année du retour au pays natal. Le leader négro mauritanien donne ainsi le coup d’envoi avant le grand meeting reporté cette semaine pour le 23 mars prochain dans la capitale mauritanienne. En rendant hommage aux martyrs tombés sous le régime de Ould Taya par une minute de silence, l’ancien prisonnier de Oualata imprime le devoir de mémoire. Ce n’est pas avec gaieté de cœur que lui-même et beaucoup d’autres militants ont pris le chemin de l’exil forcé. L’essentiel est dans l’avenir. Des perspectives qui expliquent que le combat maintenant est dans la légalité avec la même détermination qu’hier. Samba Thiam a critiqué le régime de Ould Aziz qui a tourné le dos à la saine cohabitation entre les différentes composantes de la population. Les négro mauritaniens et les Hratins étant toujours les exclus de la société. Pour le leader des FLAM cette similitude avec le régime raciste de Ould Taya est on ne peut plus criante avec en toile fond une absence d’Etat qui se nourrit en permanence du tribalisme et du régionalisme pour gouverner.

 

Le président Flamiste n’a pas raté le quinquennat du locataire de la Maison brune dont le fil conducteur est la modernisation du pays synonyme d’arriération du pays avec un système éducatif à deux vitesses avec la création de grandes écoles sans les enfants de ceux qui sont considérés aujourd’hui parias de la société mauritanienne. Un paysage audiovisuel monocolore qui laisse en rade les journalistes et communicateurs talentueux noirs qui voudraient créer leur radio ou télévision. C’est surtout le recensement biométrique qui fait mal au dirigeant du mouvement négro africain à peine revenu après 27 ans d’exil en constatant avec amertume la discrimination de l’enrôlement des populations. Une politique qui prive une partie de la communauté noire de ses droits civiques .C’est significatif à la veille des présidentielles de juin prochain. Face à cette triste réalité le numéro un des FLAM appelle à une révolte des militants et sympathisants pour qu’ils prennent en main leur destin et leur place dans la société mauritanienne. Un message très clair historique et critique pour donner du sens au grand meeting du 23 mars prochain.

 

 Yaya Chérif KANE-Journaliste.

Rouen-France.

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Message du Président des FLAM à l’occasion du 31ème anniversaire du mouvement .

alt  Mesdames, Messieurs, camarades nous commémorons aujourd’hui le 31 ème anniversaire de notre lutte!  

Trente et une (31) longues années de lutte, en quête de justice et pour l’égale dignité, au cours desquelles beaucoup de camarades sont tombés.

Je voudrais ici leur rendre un hommage mérité, et observer une minute de silence pour leur mémoire.

Je voudrais aussi, naturelement, féliciter et remercier ces militants qui ont su tenir cette longue course de fond, malgré des conditions tres dures rencontrées sur notre chemin.

Mes chers compatriotes ,

après 27 ans d’exil nous voilà enfin de retour, foulant à nouveau, le sol de la Mauritanie. Cette Mauritanie que nous aimons tant, mais que nous aimons d’un amour critique qui vise à l’élever !

Nous avions quitté ce pays malgré nous. On choisit rarement l’exil .

Le nôtre se justifiait par notre détérmination à poursuivre immédiatement la lutte, dès notre sortie de prison, en décembre 1990. Nous voulions, sans tarder, poursuivre le combat, puisque rien dans la situation interne n’avait alors changé. Au contraire!

En ce mois de décembre 1990, personne ne bronchait à l’intérieur, l’épée de Damoclès étant suspendue sur nos têtes, à tous. La lutte ne pouvait donc se poursuivre que de l’extérieur .

Nous n’avons donc pas fui, comme le chuchottent les malins, non! Nous sommes partis pour l’Action immédiate.

Notre action à l’extérieur ne fut pas vaine, loin s’en faut !

J’ai évoqué ses bénéfices, longuement, dans mon message aux Mauritaniens, en septembre dernier.

Maintenant l’exil est derrière nous.

Nous sommes revenus, dans l’intention de poursuivre notre combat par des voies pacifiques, en inscrivant notre action dans la légalité !

Nous sommes revenus-plus fermes dans nos convictions que jamais – pour redire à nos compatriotes Mauritaniens que nous restons animés par la même détermination à œuvrer pour le réglement correct du problème de la cohabitation toujours pendant, par le dialogue, de manière consensuelle.

Voilà ce à quoi nous croyons encore.

Nous continuons également de croire à une Mauritanie de tolérance, de justice, de respect de l’ autre.

Il n’est pas superflu de rappeler, ici, la substance de notre problème appelé couramment « question de l’Unité nationale ».

Nous disions, et nous le répétons encore aujourd’hui, que Les Négro-africains et les Haratines sont exclus dans ce pays.

Exclus à tous les niveaux.

Nous sommes exclus dans notre citoyenneté, dans l’emploi, exclus à l’Ecole où nos enfants échouent massivement, à cause de réformes sciemment conçues pour un tel but; nous sommes exclus dans les médias, exclus par la négation de notre identité.

Du fait du Système, nous accusons aujourd’hui trois handicaps majeurs : Nous sommes sans pouvoir financier, nous sommes sans pouvoir politique, nous sommes sans possibilités d’Education à cause …d’un Système.

Une unité nationale, réelle, ne saurait se construire de cette façon, sur de telles inégalites !

Si nous devons, ensemble, continuer de rêver d’un destin commun, l’Egalité entre nous et l’égale dignité doivent en constituer la condition sine qua non, le fondement majeur

Chers compatriotes,

Hier nous subissions le régime du Colonel Ould Taya, qui a réprimé massivement, éliminé physiquement, nettoyé ethniquement.

Aujourd’hui nous vivons le régime du Président Ould Abdel Aziz, qui s’est essayé à corriger, par “humanitarisme”, cahin-caha, les errements du colonel despote.

Si nous devions nous amuser à comparer ces deux Présidents, ou leur mode de gestion, nous dirions que la différence se situe au niveau du degré et de l’ampleur des violations des droits de l’homme commises; rien de plus.

Face au Système, il y’a similitude …forte similitude !

Nous sommes face à ce Système de domination que l’un a assis, à marche forcée, et que l’autre s’évertue à préserver et perpétuer … cyniquement ; un Système nourri à l’idéologie Afrikaaner, qui vise à « annihiler la force numérique et de travail que représentent les Noirs, pour les transformer en simples instruments, sans qu’aucune possibilité ne leur soit laissée de renverser cette situation ».

En effet, lorsqu’on observe attentivement les actes posés ou en cours du Président actuel, on ne peut ne pas voir qu’il s’attéle à lutter contre certaines « tares » de la societé tribale. Il tente, obstinement, d’asseoir ou d’inculquer la notion ou le sens de l’Etat, « l’Esprit d’Etat », absent chez la majorité de ses parents; Bref il s’attéle, avec acharnement, à moderniser le pays du “Trab-el bidhaan”. Ce qui, en soi, n’est pas mauvais; c’est même une bonne chose, louable dirons-nous. En revanche, ce qui est mauvais, c’est qu’il veuille le faire sans nous les Négro-africains.

Il veut moderniser ce pays… mais sans NOUS; et cela est inacceptable!

En effet, aujourd’hui nous assistons sous l’ère du Président, pour ne citer que quelques exemples, à la création d’Ecoles spéciales ou ‘’ Grandes Ecoles’’ : A côté de l’ Ecole de la magistrature et celle des officiers, toutes séléctives , déjà ‘’reservées’’, il se crée de nouvelles écoles de qualité, fermées à nos enfants : l’Ecole de Médicine, le Prytannée militaire, L’Ecole polytechnique, l’Ecole des Mines; dans ce gratin scolaire, géré d’en haut, les enfants négro-africains ou haratines sont absents; pas un enfant du peuple! absents, totalement !

Demain, à l’heure de compétitions à base de compétences égales, qui seront les plus lésés ?

Parallèlement, un processus d’enrôlement des populations (des plus décriés) est engagé; sous le sceau de la modernité… Ce qui, encore une fois, n’est pas mauvais en soi; mais que dire d’un enrôlement exécuté par des commissions essentiellement mono-ethniques, chargées de recenser une population pluri-ethnique ? Que faut-il en penser ?

Non contents de nous priver, injustement, de chaines de télévision octroyées « aux mêmes », on nous fait, maintenant, essuyer, le mépris des ministres du Président!

Face à son Premier Ministre et ses ministres, face à ses magistrats, ses hakems et ses maires, nous nous entendons, de plus en plus, répondre « si vous ne parlez pas arabe, tant pis pour vous! disparaissez … »…sans que personne ne s’en offusque ! Pas même la ‘’gauche’’… 

Il faut parler arabe sinon ne plus exister dans ce pays !

Y–a-t-il plus grand mépris pour notre identité, nous les non arabes ?

Camarades militants,

Si les FLAM sont combattues plus et plus fort que partout ailleurs, c’est parce que les tenants du Système ont compris que nous les avons compris !

Camarades et chers compatriotes,

Que faire, pour arrêter notre descente aux enfers ?

Dire haut et fort que ça suffit !

Arrêter de gémir et de pleurer sans cesse.

Arrêter de plier l’échine et de supplier.

Etre, enfin, résolus à prendre notre destin en main !

L’histoire n’admet pas de nation captive, dit-on.

Frantz Fanon, médecin Antillais, disait que « dans une relative opacité, il appartient à chaque génération de découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». Ce devoir aujourd’hui nous incombe à tous, hommes, femmes, jeunes!

Le changement esperé et attendu ne se fera pas sans vous !

Debout pour la reconquête de nos droits légitimes et de notre citoyenneté ! Debout, maintenant ça suffit!

Redressez-vous !

La lutte continue !

Le Président

Samba Thiam

Nouakchott 14 Mars 2014.

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Mauritanie : le premier test politique des FLAM à Nouakchott

altLe report du meeting des Forces de Libération Africaines de Mauritanie ( FLAM) pour le 23 mars prochain à Nouakchott faute d’autorisation  suscite des interrogations de l’opinion publique. Il s’agissait pour le président Samba Thiam et ses militants de marquer le retour sur le sol national après 27 années d’exil. Vu l’ampleur de l’évènement les Hakems de Sebkha et de Travragh Zeina en passant par le Wali de Nouakchott se sont réfugiés derrière le tout sécuritaire pour repousser le meeting. Les observateurs semblent retenir l’hypothèse de l’amalgame avec l’interdiction du meeting du parti islamiste TAWASSOUL dont certains membres sont accusés d’accointance avec les présumés auteurs de la profanation contre le Coran le 3 mars dernier dans une mosquée de la capitale.

 Au départ le meeting des FLAM  devait se dérouler dans un stade du quartier Sebkha.Annulé au dernier moment. Ensuite la proposition des Hakem de Sebkha et de Travragh Zeina de jouer sur le temps pour une salle fermée avant que cette dernière soit tranchée par le Wali de Nouakchott qui invoque des raisons de respect des délais. Il a fallu ainsi beaucoup de patience pour le président Samba Thiam et ses militants d’accepter le fait accompli après cette odyssée  rocambolesque qui cache la première confrontation politique des FLAM avec le régime de Ould Aziz. Pour le leader négro mauritanien qui s’apprêtait à organiser le premier grand rassemblement des militants et sympathisants depuis le redéploiement en Mauritanie ce n’est qu’une partie remise.

Le 23 mars prochain fera date dans l’histoire du mouvement. Le premier anniversaire à Nouakchott après 27 ans d’exil est un moment de retrouvaille avec le peuple mauritanien. Le sillon est déjà tracé. Ce n’est qu’un simple report qui ne gâchera pas la fête. Mais d’ores et déjà ce premier test politique en dit long sur le chemin qui reste  qui reste à parcourir. Il est révélateur de la nature du pouvoir actuel avec son autoritarisme croissant qui irrite l’opinion publique et l’opposition. Cette péripétie que les FLAM viennent de vivre n’est qu’un exemple. Et l’amalgame avec l’interdiction du meeting du parti islamiste TAWASSOUL n’est pas du tout du goût du leader pacifiste négro mauritanien qui est loin d’épouser les thèses violentes des salafistes. En réalité c’est la guerre contre la terreur qui est déclarée par le gouvernement de Ould Laghdaf qui craint sombrer dans la violence politique. C’est la première bataille de nerfs pour les FLAM qui comptent faire de ce 31ème anniversaire un succès et une réflexion sur l’avenir.  

Yaya Chérif KANE-Journaliste.

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FLAMNET-RÉTRO: Les FLAM et moi : cauchemar d’enfant et rêve d’adulte par Mohamed El Hacen Ould Lebatt.

altLa première fois que j’entendis parler des FLAM, c’était dans la bouche d’un cousin à moi, ami d’Ely Ould Mohamed Vall (oué oué, ami d’Ely, en Mauritanie, c’est un qualificatif en soit, on peut par exemple entendre ce type d’échange : « Abdallahi, tu vois qui c’est ? », « non ! », « mais si, l’ami d’Ely », « ah, oui, je le connais », nous le voyons donc, c’est un qualificatif, ça peut même devenir un boulot à plein temps, j’ai des exemples, mais là on s’éloigne du sujet) ce cousin donc est entré un jour à la maison, avec sous le bras une grosse liasse de papier, il est parti directement s’enfermer dans le salon, ma mère me demanda de lui ramener un verre de thé et du zhrig, quand je suis rentré il a précipitamment rangé les feuilles, mais voyant qu’il ne s’agissait que d’un gamin de dix ans, il s’est détendu.

Le mystère qui entourait ces papiers a éveillé ma curiosité, je lui ai demandé de quoi il s’agissait, il me répondit : « c’est le programme des FLAM ! ». Il me dit que les FLAM c’est les nègro-africains, qu’on ne leur connaît pas de visage, que Demba le menuisier, ou les Diallo, nos voisins de toujours, peuvent en faire partie, qu’il ne faut pas traîner avec eux, car ils comptent nous égorger tous, mais que la police en a arrêté quelques uns, hier, et ils ont trouvé sur eux leur programme. Je l’ai quitté avec un grand sentiment de peur mais aussi un inexplicable malaise, pourquoi Demba, ce gentil garçon, voudrait-il m’égorger ?

Bien sûr avec mon jeune âge d’alors, je ne pouvais pas comprendre que, si le document était réellement des FLAM, pourquoi sa lecture doit s’entourer de telle mesure clandestine, n’est ce pas ce document qui prouve l’infamie des FLAM, et donc la nécessité de les mettre hors d’état de nuire ? Il est donc de l’intérêt de la police d’encourager plutôt sa lecture.

 Ce n’est que lorsque j’ai eu le véritable Manifeste du Nègro-mauritanien Opprimé que j’ai compris l’étendue de la manipulation machiavélique dont je fut victime, et je suis loin d’être le seul.

Je ne m’étendrai pas ici sur la réécriture du manifeste, de telle sorte que les FLAM deviennent, dans l’imaginaire collectif Beidhane, ainsi que celui de la quasi totalité des populations Haratines, synonymes de Négro-africain voulant égorger le pauvre musulman, afin de permettre que notre pays soit annexé par l’étranger (à l’époque l’étranger c’était le Sénégal), et je caricature à peine, mais ce qui m’importe ici est de faire la lumière sur la campagne d’information que les FLAM ont mis en place pour dévoiler leur vrai visage, campagne dont le fer de lance est le site FLAMNET.

Il a fallu du temps aux FLAM, pour se réorganiser, se remettre en contact, ce qui n’est pas chose aisée, quand les militants en Mauritanie doivent se cacher, et ceux de l’étranger sont dispersés de par le vaste monde (Sénégal et Mali, mais aussi les USA, l’Espagne, l’Allemagne, la France, la Belgique et les pays scandinaves)

Tout commence en juin 2000, époque où les étudiants préparaient les examens, l’unique source dont on disposait pour s’informer sur le pays était mauritanie-net, et c’est là qu’on a appris la naissance de Flamnet. La suite est connue de tous, d’abord les Flam deviennent fréquentables par une bonne majorité de Maure, ensuite on se rend compte qu’en fait, ils ne voulaient pas nous égorger, ni même égorger Ould Taya, mais qu’en définitive la réciproque est vraie, c’est nous qui les avons égorgés.

Je vous épargnerais le rébarbatif discours sur « La Communauté de Destin et bla bla bla… » mais je veux juste rappeler que la Mauritanie n’est pas plus arabe qu’africaine, et vice-versa, nous avons une double appartenance, donc une double vocation (triple, d’après le PRDS car, apparemment, la Mauritanie a aussi une vocation hébraïque ! )

En définitive, la question que nous devons nous poser n’est plus : mais pourquoi ils nous détestent ? Mais : Qu’avons nous fait pour qu’ils nous détestent ?

Supposant que le froid nordique a réussi à apaiser la hargne de Kaaw Touré, je me permets une timide remarque :

Pourquoi ne pas envisager une version arabe de Flamnet?

Je remarque que d’ores et déjà on peut publier en arabe sur le site FLAMNET, j’espère donc que le nouveau FLAMNET tranchera avec la vieille habitude de nos intellectuels d’écrire uniquement à destination du pré-carré francophone.

Bon Anniversaire donc aux FLAM !

Mohamed El Hacen Ould Lebatt.

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Flamnet-rétro: Hommage aux FLAM: Des membres fondateurs à la jeunesse militante et vaillante par Ba Mamadou Sidy membre-fondateur des FLAM

alt L´ anniversaire de nos justes et glorieuses FLAM m’offre l’agréable occasion, en tant que co-fondateur de cette organisation, de rédiger ce témoignage relatif à l’histoire de notre mouvement. Je voudrai d’abord rendre un hommage mérité à nos compagnons disparus qui n’ont jamais failli à leur mission de combattants; ceux qui avaient toujours mis la cause au- dessus de toutes considérations personnelles. Je citerai quelques noms: Djigo Tapsirou mort à Oualata, Moussa Kébé, Aboubekri Khalidou BA, Ibrahima Kassoum BA. Mes pensées vont également à l’endroit de mon ami et compagnon de lutte Feu Saidou Kane co-fondateur de l ‘UDM cette première force organisée du nationalisme négro-africain militant. Saidou Kane et moi, avions eu le privilège de représenter l’UDM au congrès constitutif des FLAM le 14 mars 1983 (Chez Aboubekry Khalidou BA). Il est également réconfortant de constater que la quasi totalité de cette première génération des FLAM reste aujourd’hui encore dans les rangs de notre mouvement, par fidelité, par conviction et par respect à nos martyrs; nous citerons par exemple Samba THIAM le Président des FLAM dont le courage politico-militaire n’est plus à démontrer; Ibrahima Abou Sall avec sa conviction inébranlable, l’exemple d’un leader- combattant désintérressé au dirigisme; notre camarade Hapsa Banor Sall, grande combattante, courageuse, ses origines guerrières, expliqueraient certainement la détérmination de notre amazone; mon ami d’une quarantaine d’années Boye Alassane Harouna écrivain qui est aujourd’hui l’élément le plus politique du mouvement, Idrissa BA dit Pathe, toujours prêt à accomplir les missions les plus difficilles; Kamara Abdoul Khoudouss le sage qui avait accueilli chez lui la rencontre d’avril 1978 du premier noyau qui allait plus tard participer à la création de l’UDM. Mes hommages également à cette génération des Kaaw TOURE, Ibrahima Mifo SOW, Mamadou BARRY, Cheikh Oumar BA, Aboubackrine Ndongo, Abou Hamidou SY, Abdoulaye THIONGANE, Amadou Mody THIAM, Abderrahmane WONE, Houlèye Thiam entre autres, qui est prête aujourd’hui à assumer ses responsabilités historiques.

 

J’articulerai ce témoignage sur deux points:

 

  1- Le contexte historique de la création des FLAM. 

 

2-  La création de FLAM.             

 

I – LE CONTEXTE HISTORIQUE

 

 – L’émergence des courants Nationalistes Négro-africains organisés devant conduire à la création des FLAM date de 1978 dans un contexte particulier de l’histoire de notre pays. Situation marquée par :

 

a)- la guerre d’expansion  menée par le régime- Daddah au Sahara Occidental suite aux accords entre la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne qui avaient abouti au partage du Sahara entre la Mauritanie et le Maroc. Cette aventure guerrière contre la volonté des saharaouis, s’est soldée par une cuisante défaite du maillon faible que constituait la Mauritanie. Cette guerre ruineuse, injuste et impopulaire devait emporter le régime de Ould Daddah le 10 juillet 1978.

 

b)- La dislocation du MND- PKM qui n’a pas pu surmonter ses divergences politico-idéologiques sur l’appréciation des réformes operées par le régime-Daddah. Une partie du MND-PKM avait rejoint le pouvoir pour, disait-elle, nous amener vers plus d’indépendance. L’autre partie avait refusé de rejoindre le pouvoir et s’est reconstitué sur la même base politico-idéologique du défunt MND- PKM historique .

 

c)- Le coup d’État du 10 juillet :- l’avénement des militaires au pouvoir avait été salutaire pour la Mauritanie, parce que les conséquences sociales devenaient de plus en plus insuportables. Ces militaires avaient pris le pouvoir sans programme politique clair; leur seul souci  était de se désengager de cette guerre désastreuse. Dans leur premier communiqué, ils disaient ” l’armée a pris le pouvoir……jusqu’à l’instauration d’institutions démocratiques” mais, ils resterons plus de 30 ans au pouvoir avec une petite parenthèse de 15 mois  de régime civil. L’armée avait souhaité dès son accession au pouvoir des contributions écrites pour, disait-elle, régler les problèmes du pays. Les négro-africains s’étaient bien mobilisés pour poser clairement le problème de la cohabitation. Le Mouvement Noir commencait à prendre de l’ampleur avec son noyau clandestin UDM.

 

En 1979, la circulaire 02 poussa les élèves à s’organiser; guidés et orientés par l’UDM. Le refus des 17 négro-africains de sièger au Conseil Constitutionnel provoqua la chute du CMRN et son Président Moustapha O/ Mohamed Saleck. Le CMRN redevient CMSN; Bouceif occupa la vice-présidence et devint Premier-Ministre avec plein pouvoir. C’est dans ce climat d’agitation, que le pouvoir décida d’arrêter les responsables ou supposés responsables de l’UDM. Dans le cadre de ces arrestations j’avais bénéficié gratuitement d’un billet d’avion de Sélibaby (ou je travaillais) à Nouakchott, escorté par un gendarme; Arrivè à l’Etat- Major de la gendamerie, j’appris la libération de Saidou Kane, Ibrahima Kassoum BA, Kamara Abdoul Koudouss: avant d’être libéré à mon tour après un interrogatoire musclé à la Sûrete Nationale.  

                                                                                                                                                

 II- LA CRÉATION des FLAM

 

J’avais déjè abordé ce chapitre dans ma dernière interview passée sur FLAMNET. Je voudrais simplement rappeler le rôle moteur joué par le MEEN dans la fusion des organisations politiques (UDM, MPAM et ODINAM). L’UDM, après avoir envoyé un premier et un deuxième négociateur avait fini par envoyer un troisième en la personne de Barry Abdoulaye avec mission obligatoire de finaliser les accords pour la fusion. L’UDM supportait mal cette “indépendance du MEEN“; nous avons fini par respecter leur volonté sans cacher notre colère.

 

Le congrès constitutif se tient le 14 Mars 1983 chez Aboubekry Khalidou BA. La fusion organistionnelle réalisée, il fallait encore du temps pour réaliser celle des coeurs. Les campagnes syndicales et les perspectives des municipales furent l’occasion de larges rencontres; le mouvement noir prenait de l’ampleur avec comme force motrice (FLAM qui était encore en clandestinité) Djigo Tapsirou et Aboubekry Khalidou BA devenaient incontestabement les leaders naturels de ce mouvement en effervescence conjoncturelle. C’est dans cette situation qu’apparait le Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé. Le régime TAYA, conscient de l’ampleur que prenait chaque jour le mouvement et ayant recu les versions du manifeste manipulées par les Baathistes, passa à la répression (l’arme des régimes faibles). Les cadres furent arrêtés entre 4 Septembre et 13 Septembre 1986. Nous fûmes rejoints une année plus tard par nos frères militaires qui venaient de perdre trois braves Officiers, nos martyrs (SY Saidou, BA Seydi et Sarr Amadou).

 

Nos jeunes prirent le chemin de l’exil dès Septembre 1986; c’est l’occasion de rendre un hommage à ces jeunes qui avaient continué dans des conditons difficiles la lutte à l’extérieur; ils sont nombreux, j’en citerais simplement quelques uns: Kaaw Touré, Ibrahima Sow dit MIFO, Ba Ciré, Ba Amar, Cheikh Oumar Ba, Mamadou Barry, Abou SY, Salah Eddine SY, Aboubeckrine Ndongo, Wélé Ibrahima, Amadou Alpha Ba, Ousmane Diagana, Dia Alassane dit Diaz, Amadou Thiam, Feu Sow Boubacar dit Jules, Abdoulaye Thiongane, Elhadj Sidi Ngaédé, Mohamed Yaghine Haïdara, Ba Oumar Silèye dit Barou, Diagana Boubacar etc… Les FLAM n’oublieront jamais le rôle que vous aviez joué pour maintenir, massifier les FLAM tout en oeuvrant pour la libération de vos frères qui croupissaient à la prison de Oualata. Nous ne pouvons  jamais oublier ce passé glorieux.

 

Je ne pourrai terminer ce témoignage sans m’adresser particulièrement à notre jeunesse; cette jeunesse, aujourd’hui d’avant garde qui a toujours fait montre de courage, de dynamisme de fidélité à cette cause. Ces jeunes qui ont supporté les difficultés de l’exil, de la lutte sans jamais se plaindre, qui ont toujours accompli les  missions les plus dangereuses avec dévouement et compétence sans jamais s’enorgueillir. Les FLAM vous appartiennent vous aviez supporté les  débats houleux de vos doyens “têtes cassées” Mamadou Sidi Ba en premier, Samba en second et Ibrahima Abou SALL sans jamais vous départir de votre politesse toujours à la recherche de solutions favorables aux FLAM. Il faudrait retenir que le secret de la longevité des FLAM est dû surtout à son incorromptibilité.  

 

La lutte doit continuer.

 

 14 mars 2010.

Ba Mamadou Sidy- Jackssonville-Florida-USA.

 Membre-fondateur des FLAM et membre du Conseil National 

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