Monthly Archives: November 2013
Maître Mahfoudh Ould Bettah, président de la Convergence Démocratique Nationale, membre de la COD: ‘’Une élection sans participation de l’opposition n’est pas une élection crédible’’
Le Calame : En dépit de votre marche de protestation, la campagne électorale a démarré le 8 novembre. Qu’entend faire la COD pour « faire échouer pacifiquement » l’agenda du 23 novembre ?
Maître Mahfoudh Ould Bettah : La « campagne », comme vous l’appelez, a démarré à la date prévue. Peut-on, pour autant, la considérer comme telle ? On se demande, en effet, si le pays est en campagne, pour des élections aussi importantes que les municipales et législatives. A mon avis, le peuple mauritanien n’y est pas. Promenez-vous dans les différentes moughataas de la capitale, vous constaterez, comme moi, qu’il ne se passe rien qui puisse prouver qu’on est en campagne électorale depuis quelques jours. Le peuple est désabusé, tant il a fait l’expérience d’élections qui ne lui ont rien apporté, sinon reproduire sa misère et continuer à enrichir ceux qui le gouvernent. Aujourd’hui, il n’est plus enclin à cautionner ces tromperies. Il faut, par ailleurs, souligner qu’une élection sans participation de l’opposition n’est pas une élection crédible. Les choix offerts ne sont, pour l’essentiel, que des choix entre des gens surtout porteurs de projets pour eux-mêmes, non pour le pays.
Pour le deuxième volet de votre question, la COD a déjà commencé ses activités, en vue de faire échouer, pacifiquement, le processus électoral en cours. Comme vous l’avez signalé, elle a organisé une imposante marche dont personne ne conteste l’importance et la densité. C’est une marche de protestation contre le processus en cours. D’autres actions sont déjà programmées, notamment une campagne de proximité, à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Des caravanes, à destination des trois grands axes, Nouakchott-Route de l’Espoir-Néma ; Nouakchott-Rosso-Sélibaby et, enfin,Nouakchott-Akjoujt-Atar-Zouérate-Nouadhibou. D’autres actions, qu’il serait long d’énumérer ici, sont également prévues. Au demeurant, a-t-on réellement besoin de se donner tant de peine, alors que le processus électoral est, déjà, un échec patent ? En effet, sur 1,9 millions de mauritaniens en âge de voter et recensés, 700 000 ne sont pas inscrits sur les listes électorales, soit plus du tiers ; plus d’un million n’ont jamais reçu la visite d’un recenseur biométrique, soit la moitié de la population.
Sur le plan institutionnel, l’organisme en charge d’organiser et de superviser les élections est décrié, y compris par ceux-là mêmes qui l’ont mis en place. La CENI, puisqu’il s’agit d’elle, est récusée par tout le monde. C’est aussi un échec, lorsque le pouvoir en place constate que son propre parti n’a pas d’emprise sur la population et se voit obligé de fonder une multitude d’autres partis, pour caser les mécontents.
-La COD a appelé au boycott du processus, alors même que le pouvoir a fait quelques concessions, notamment l’élargissement de la CENI, l’audit de l’agence d’enrôlement et la fondation d’un observatoire des élections. N’était-ce pas suffisant ?
– Les « concessions », comme vous les appelez, ne faisaient pas partie des revendications de la COD. On n’a jamais réclamé un observatoire des élections, une CENI élargie, ni l’audit de l‘agence d’enrôlement. Ce qui ne veut pas dire que si ces propositions avaient été le résultat d’une vaste concertation franche et sérieuse, elles n’auraient pas intéressé la COD. Mais ces concessions n’ont pas été faites pour offrir de réelles garanties à la COD mais pour donner, tout simplement, le sentiment de faire des concessions qui n’en sont pas. C’est de la poudre aux yeux.
Il faudrait, d’ailleurs, se rendre compte que l’audit n’aura pas lieu et que l’observatoire, qui vient d’être fondé seulement aujourd’hui, n’est toujours pas opérationnel, alors qu’on le prétend chargé de surveiller l’ensemble du processus, avant et pendant la campagne électorale, ainsi que le déroulement des opérations électorales. Comment cet observatoire serait-il donc à même de s’acquitter de sa tâche ? Il y a fort à parier qu’il demeure une coquille vide. Les conditions de tenue des élections sont un marchandage, systématique, avec les forces politiques. On en cède une partie à une frange de l’opposition et l’on en garde une partie, pour appâter les autres.
‘’Le pouvoir avait un objectif stratégique,
celui de faire imploser la COD
et il a échoué’’
-Pouvez expliquer, à l’opinion, pourquoi la COD a rejeté le report de deux semaines proposé par le pouvoir ?
– Question très pertinente, puisque, dans l’esprit de beaucoup de gens, les enjeux étaient des enjeux de date. Pourquoi, tout d’abord, le pouvoir a-t-il offert ces deux semaines de report ? Il n’était pas question, en ce qui concerne la COD, pas plus aujourd’hui qu’en novembre 2011, de date des élections mais, plutôt, des conditions de leur tenue. Il fallait convenir de règles qui garantissent la liberté, la transparence et la sincérité des élections, avant d’en fixer la date. Il fallait, donc, prendre le temps, pour mettre en œuvre ces conditions-là avant de décider d’une date d’élections. Je voudrais, à ce sujet, attirer l’attention des électeurs sur le fait que cette date était déjà fixée par la Constitution : c’était octobre 2011. Mais le pouvoir a décidé, tout bonnement et sans en référer à qui que soit, de verrouiller cette disposition constitutionnelle ; de se réserver le soin de décider, de façon unilatérale, la date et d’en faire le lieu d’un marchandage avec l’opposition, alors qu’elle aurait dû être le résultat d’un consensus de l’ensemble des forces politiques nationales. Le choix de la date actuelle n’est pas fortuit. En décidant d’organiser, à quelques mois de la présidentielle, les élections législatives et municipales, le pouvoir poursuivait deux objectifs stratégiques : en un, faire imploser la COD, en attirant, par la participation à ces élections importantes pour la vie des partis, certains segments de notre coordination. Le second objectif – conséquence du premier – c’est d’aller à la présidentielle de 2014, sans affronter une COD forte et unie mais, plutôt, des partis éparpillés qui ne pourront lui imposer aucune exigence de liberté, de transparence et de sincérité. Grâce à Dieu, cette stratégie a cependant échoué, pour l’essentiel, et la COD demeure un pôle politique solide.
Propos recueillis par Dalay Lam
Source: Le Calame
Des équipes anti-criquets déployées en Mauritanie, menacée d’invasion
Des équipes de lutte de traitement de larves de criquets ont été déployées dans le nord de la Mauritanie, menacé d’une invasion acridienne, a annoncé mardi le directeur général du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin, Mohamed Abdallahi Ould Babah.
Ces équipes motorisées de traitement et d’observation des infestations ont été dépêchées dans les régions concernées, et ont déjà traité plus de 5.000 hectares dans les zones difficiles d’accès, a affirmé M. Ould Babah, cité par l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle). Il s’exprimait lors d’une réunion de la commission de coordination de lutte contre le criquet pèlerin en Mauritanie, qui regroupe des partenaires étrangers impliqués dans la lutte sur le terrain. Actuellement, “la situation se caractérise par la présence d’essaims de criquets ailés importants et de larves” dans les quatre régions du Nord mauritanien, a affirmé M. Ould Babah. Mais elle “risque de se compliquer davantage avec les précipitations attendues dans ces régions durant l’hiver qui commence le 15 novembre en Mauritanie”, a-t-il précisé. M. Ould Babah a par ailleurs regretté l’absence d’information sur la situation acridienne dans les pays voisins, et souligné la faiblesse des moyens logistiques dont dispose son centre ainsi que l’inaccessibilité de certaines régions infestées à haut risque. D’après l’AMI, “l’invasion acridienne en Mauritanie en 2012 avait coûté à l’Etat “d’importantes sommes investies dans l’acquisition de l’aliment bétail, de la surveillance du bétail et de la sécurité alimentaire des populations rurales qui reposent essentiellement sur les récoltes agricoles”. Ce pays du Sahel est souvent frappé par des invasions de criquets, récurrentes dans cette région.
icilome
Source: Mauriweb
Le président des FLAM rend visite au président du DEKALEM
Le président des FLAM Samba Thiam a rendu une visite de courtoisie à Mr Moussa Diallo président du DEKALEM. Les deux responsables politiques ont échangé sur les questions d´intérêt national et sur l´unité des forces progressistes du pays.
La lutte continue!
Utilisation électorale des moyens de l’Etat : « Le diagnostic incurable » de la Ceni !
L’Utilisation des moyens de l’Etat à des fins électorales est l’un des points forts à l’origine de la décision de boycott prise par la COD des élections législatives et municipales du 23 novembre prochain.
Un positionnement raisonnable dés lors où le recours à cette immense logistique étatique fausse considérablement la compétition électorale et compromet la crédibilité des scrutins, portant du coup un véritable revers à l’objectif de démocratisation du pays.
Se défendant le plus souvent ou gardant un profil bas par rapport aux régularités de gestion du processus électoral, la Ceni vient de faire son mea-culpa, en dénonçant l’utilisation abusive de moyens de l’Etat dans l’actuelle campagne électorale.
Un aveu de culpabilité précédé par des séries de critiques virulentes proférées à l’endroit de cette commission par l’APP qui lui reproche des airs de soumission à l’autorité suprême. El Wiam et Sawab qui sont aux côtés du parti du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir se sont également tour à tour pris à la Ceni, l’indexant de coquille vide.
C’était hier le tour du PRDR de faire le procès de cette commission après avoir réservé l’étiquette du bulletin de vote spécifique à parti du numéro 47, alors qu’il devait selon l’ordre de classement déterminé suivant les inscriptions sur le registre des listes candidates porter le numéro 2.
Des exemples parmi tant d’autres qui présentent de jour en jour la Ceni dans ses plus mauvais draps, créditant les réserves de la COD sur un organe chargé d’organisation des élections aux fonctions plutôt figuratives et formelles.
Ainsi pour dire, l’aveu fait dimanche par la CENI qui discrédite davantage cette commission, puisque cet organisme i s’est contentée de dresser un constat d’échec et de diagnostiquer un mal, se montrant incapable de lui apporter les remèdes qu’il faut.
Ce qui laisse penser que devant un présumé organe de régulation des élections impuissant, l’utilisation des moyens de l’Etat ne fera que s’accentuer dans les prochains jours, particulièrement à l’approche des scrutins où la logistique automobile, informatique et administrative voire kaki seront mis à contribution par les concurrents politiques, notamment du pouvoir pour renforcer leurs chances de remporter ces échéances.
Dans ce mea-culpa qui fortifie mieux le boycott de la COD vis-à-vis de ces élections aussi bien devant l’opinion nationale qu’internationale, particulièrement la communauté des partenaires observateurs du jeu démocratique, la Ceni estime que la campagne électorale requiert des opportunités équivalentes pour les forces politiques en compétition.
Une condition qui selon elle permet de conquérir le maximum d’adhésion et de soutien à leur programme électoral, hors de toute contrainte ou ingérence susceptible de fausser l’équilibre des chances entre les candidats.
Et d’ajouter que « dès le début de la présente campagne pour les élections législatives et municipales, certaines parties prenantes ont rapporté à la Commission Electorale Nationale Indépendante des manquements aux règlements régissant cette campagne et aux usages de bonne conduite qui doivent la caractériser ».
Des irrégularités signalées également par les responsables des antennes régionales et locales de la CENI, selon lesquels des situations qui enfreignent les règles et comportements auxquels les différents acteurs doivent se conformer.
La Ceni estime par ailleurs dans le cadre de cette ’utilisation abusive et illégale de moyens de l’Etat et de symboles de la République pour les besoins de la campagne, l’affichage de portraits du Président de la République ici et là, pour faire croire à un soutien à certaines listes candidates.
« Partant de ce principe, et conformément à la mission de contrôle et de suivi de la campagne électorale qui lui est dévolue en vertu des textes y afférents, notamment la loi organique n° 2012-027 du 12 avril 2012, la CENI déplore toute infraction à la réglementation électorale et tout écart par rapport au code de bonne conduite que tous les acteurs en présence sont censés respecter » ajoute la commission qui a appelé de nouveau, l’ensemble des partenaires du processus électoral à contribuer, par leurs faits et gestes, à l’assainissement du climat électoral, en vue de l’organisation d’un scrutin libre, indépendant, transparent et crédible.
Md O Md Lemine
Source : Temps Forts (Mauritanie)
Projet de résolution portant sur le report de la campagne électorale
Exposé des motifs
La campagne électorale ouverte du 8 au 22 novembre 2013 connaît un chevauchement avec la session ordinaire du Parlement qui se tient du 11 novembre 2013 au 09 janvier 2014. Il n’échappe pas à l’honorable institution parlementaire que la session ordinaire, parce que constitutionnelle, est d’une norme juridique supérieure à la loi organique créant la CENI, à fortiori d’un acte administratif pris par cette structure fixant la période de la campagne électorale.
Par ailleurs, le financement de la campagne électorale et de l’organisation des élections relèvent de la loi des finances dont c’est précisément l’objet de cette session de novembre, autrement appelée la session budgétaire. Or, les ressources financières destinées aux élections n’ont encore fait l’objet d’aucune approbation parlementaire.
Enfin, dans l’intérêt de l’ancrage de la démocratie et de la paix sociale,le report de la campagne électorale jusqu’à la fin de la présente session, permettra un examen plus serein des initiatives de dialogue en cours, visant à créer les conditions-cadres à la tenue d’élections générales transparentes, crédibles et consensuelles.
Par ces motifs :
- 1.Considérant, que la session ordinaire du Parlement relève d’une norme juridique supérieure à la décision administrative fixant la période de la campagne é;
- 2.Considérant, que les ressources financières affectées aux élections du 23 novembre 2013 ne sont pas inscrites dans la loi des;
- 3.Considérant, que les initiatives de dialogue en cours favorisent la recherche d’un consensus national sur les é:
L’Assemblée Nationale a adopté cette résolution pour le report de la campagne électorale jusqu’à la fin de la présente session ordinaire du Parlement.
L’Assemblée Nationale exhorte la CENI et le Gouvernement à prendre les dispositions nécessaires pour rendre effectif la présente résolution.
L’Assemblée Nationale préconise la reprise, sans délai, du dialogue entre les acteurs politiques (Majorité et Opposition, en particulier) afin de trouver une solution juste et durable à la tenue d’élections consensuelles.
Le Député KANE Hamidou Baba
Nouakchott, le 11 novembre 2013
Source: Le Calame




