Daily Archives: 10/11/2013
Campagne électorale : Escarmouches entre participants et boycottistes !
La campagne électorale a été lancée vendredi dernier à Nouakchott dans une ambiance de fête pour les partis participationnistes à ces échéances, avec comme chef de file deux partis favoris, en l’occurrence l’UPR et Tawassoul.
Côté opposition, les boycottistes organisent des activités pacifiques parallèles pour exprimer leur rejet de ces élections unilatérales, s’exposant parfois à des contre-offensives politiques et sécuritaires pour contrer leurs agissements jugés provocateurs par les autorités et sources de troubles pour la bonne organisation de ces consultations.
Quelque 1,2 million d’électeurs sont appelés aux urnes pour ces élections ouvertes en grande pompe vendredi dernier à 00h. Les états-majors des principaux partis politiques en lice, à savoir le parti au pouvoir l’UPR et Tawassoul, talonnés de près par l’APP et El Wiam, étaient en effervescence dès l’heure officielle d’ouverture de la campagne.
La nuit a été marquée par des concerts, des défilés motorisés au coup de klaxons ou de la musique diffusée à plein volume parfois par des airs de fête dramatiques comme c’est le cas de Tawaz où un militant a perdu une main suite à son lancement de feux d’artifices .
La plus grande animation a été notée au siège de l’Union pour la République (UPR). Plusieurs troupes d’artistes et des poètes s’étaient rendus à ce QG de la campagne électorale du parti au pouvoir où la veillée avait duré toute la nuit.
Le chef du parti, Mohamed Mahmoud Ould Mohamed Lemine, a appelé ses militants à se mobiliser pour donner à l’UPR une “majorité confortable” qui permettrait au président Mohamed Ould Abdel Aziz de “parachever son programme et à la démocratie mauritanienne de s’accomplir pour le bonheur de tous”.
M. Ould Mohamed Lemine a regretté le boycott de ces élections par dix des onze partis formant la Coordination de l’opposition démocratique (COD), estimant que leur décision “n’est pas justifiée eu égard aux réformes politiques et électorales accomplies”. Même cérémonial du côté du parti d’obédience islamiste qui pourrait capitaliser le boycott de l’opposition de ces échéances pour s’imposer comme la seconde force politique du pays après le parti au pouvoir dans le prochain paysage parlementaire et municipal.
C’est d’autant vrai que l’UPR, miné par certains choix contestés de certains de candidats n’arrive pas facilement à créer la cohésion autour de ses prétendants.
D’ailleurs, la lutte s’avère très tendue entre ces forces, puisque des sources parlent de l’agression faite au Hodh El Gharb par un « uperiste » sur la personne d’un candidat de Tawassoul, ayant causé des blessures.
Il n’en demeure pa moins que le parti islamiste est très optimiste pour ces échéances. En effet, comme l’indique clairement son porte-parole Mohamed Ould Mbareck, le parti participe à ces élections pour préserver les acquis de l’opposition, précisant que la COD, minoritaire dans l’actuel Parlement, peut changer la donne en dominant à l’Assemblée nationale grâce à son discours franc et à ses dénonciations des failles du régime. Pour ces calculs politiques, le parti Tawassoul compte sur ses militants en premier mais également sur les autres électeurs des partis de la COD, qui seraient plus tentés de voter en sa faveur que pour l’UPR.
Côté opposants, des activités pacifiques sont menées par les militants de la COD pour signifier leur refus de ces élections, organisées selon eux de façon unilatérale. Des banderoles et des voitures sur lesquelles sont inscrites les mentions « moughatiounes » (boycttistes ) sont visibles dans cette campagne électorale, particulièrement dans les environs de la Ceni et de ses coordinations départementales ou encore devant les sièges des partis de l’UPR et de Tawassoul.
Des élans de contestations qui suscitent de temps en temps des escarmouches entre les autorités et des manifestants conduisant à la saisie de leurs véhicules sinon à leurs interpellations.
Non loin de cette agitation, notons que de l’avis du leader de l’UFP Dr Mohamed Ould Maouloud, le boycott des dix partis de la COD retire aux élections une grande partie de leur crédibilité et constituera par conséquent une réussite pour la COD.
Pour lui, l’actuelle crise politique s’explique par le non application de l’Accord de Dakar en 2009 entre le pouvoir et l’opposition, reprochant à la communauté internationale son manque de suivi de l’accord, soulignant que la COD a rappelé à la Communauté internationale dont les Nations Unies, l’Union européenne et l’Union Africaine le devoir d’assumer leur responsabilité d’éviter a la Mauritanie de sombrer dans l’instabilité.
Face à cette crise politique mauritano-mauritanienne, l’Occident préfère jusqu’au moment ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures du pays, quoique favorable à la tenue des élections au plus vite pour ramener la normalité démocratique, il n’a cessé de lancer des appels aux différends protagonistes de dépasser leurs divergences pour bâtir de concert la Mauritanie de demain. Un appel toujours non entendu qui rend la gauche et la droite mauritaniennes seules responsables des conséquences de leur politique de blocage.
Md O Md Lemine
Source: Le Renovateur
Aleg : des militants de l’UPR agressent le correspondant de Alakhbar
Des militants de l’UPR, parti au pouvoir en Mauritanie, ont agressé le correspondant de Alakhbar, Abderrahmane Ould Boulla pendant qu’il menait son travail de journaliste ce samedi à Aleg (Sud).
Le correspondant a subi une agression physique et verbale de la part desdits militants qui lui ont également confisqué son matériel. La police est intervenue et a conduit les auteurs au commissariat de la ville.
Abderrahmane Ould Boula s’est distingué pour avoir révélé plusieurs cas de corruption au niveau de la wilaya du Brakna.
Une source autorisée au sein de Alakhbar a dénoncé l’acte et appelé les autorités compétentes à garantir la liberté des journalistes. Elle a aussi promis de suivre l’affaire.
Source: Alakhbar
Mauritanie: « Le boycott des élections n’est pas une arme efficace » (Ibrahima Sarr-AJD/MR)
ALAKHBAR (Nouakchott)- « Le boycott n’est pas une arme efficace pour avancer (…) nous avons vécu une situation historique; c’est le boycott de 1992, ça a été un recul (…) Donc, nous ne comprenons pas que l’opposition boycotte », a déclaré Ibrahima Sarr, président du parti AJD/MR dans cette interview accordée à Alakhbar.ALAKHBAR: Certains partis estiment que la CENI est « ni représentative ni indépendante ». Avez-vous le même sentiment?
Ibrahima Sarr : Vous comprenez, moi je ne suis pas représenté à la CENI. Aucun membre de la CENI ne peut dire qu’il a une appartenance quelconque avec l’AJD/MR. Au moment où on la confectionnait, on nous a oubliés. Mais, vous prenez le cas, par exemple, du parti de Messaoud Ould Boulkeïr (APP), on dit avoir désigné le président de la CENI lui-même. Alors, vous voyez un peu le problème: quand c’est lui qui désigne le président et continue à le critiquer on ne sait plus où donner la tête. Effectivement, la CENI est une insinuation qui a énormément de lacunes. Mais, ce n’ai pas en tout cas une raison, pour moi, de boycotter les élections où de vitupérer contre cette CENI. Je sais qu’elle ne peut pas être ce que je veux; les conditions ne sont pas réunies pour que nous ayons une structure fiable qui puisse répondre aux critères que nous souhaitons.
ALAKHBAR: Dans ces conditions, comment évaluez-vous le niveau de transparence des prochaines élections ?
Ibrahima Moctar Sarr: Je pense que l’que l’Etat jouera un peu le jeu mais quand ses intérêts seront menacés peut qu’il passera autrement. Ça je ne me fais aucune illusion là-dessus. Mais encore une fois moi je me lance je me jette à l’eau et je prends ce que je trouve. Je ne me pose pas trop de questions. Je peux revendiquer, je peux dénoncer, mais ce n’est pas une raison, pour moi, de boycotter.
ALAKHBAR: Donc, vous ne comprenez pas pourquoi des partis boycottent les élections ?
Ibrahima Moctar Sarr: Nous pensons que le boycott n’est pas une arme efficace pour avancer. Il y a beaucoup d’exemples à travers le monde et nous nous avons vécu une situation historique c’est le boycott de 1992 ça été un recul. Si au temps de Maouya Ould Sidi Ahmed Taya toute l’opposition participait aux élections sans en discuter les conditions aujourd’hui que nous estimons qu’il y a des avancées démocratiques nous ne comprenons pas que l’opposition boycotte.
ALAKHBAR: En terme d’objectifs, pourquoi l’AJD/MR participe aux élections ?
Ibrahima Moctar Sarr: Nous participons parce qu’un parti politique est créé pour aller aux élections. Nous devons aller aux élections pour occuper des espaces politiques afin de continuer à exister pour poser les problèmes tels que nous avons pu poser la question nationale la question de cohabitation qui pour nous est la question frontale du pays. Il faut être à l’Assemblée nationale pour la dénoncer; il faut être à l’Assemblée nationale pour poser le problème de la loi d’amnistie qu’il faut régler si on n’y est pas on restera là à faire des déclarations ce qui n’est pas efficace et il faut être à l’Assemblée nationale aussi pour dénoncer l’expropriation des terres. Un député peut aller à travers le monde entier au Congrès américain faire des pressions. Alors qu’un simple parti politique boycottiste ne peut pas avoir effectivement cette possibilité-là.
ALAKHBAR: Vous évoquez très souvent le « problème de la cohabitation nationale ». Où se trouve le blocus ? Peut-il y avoir une solution définitive ?
Ibrahima Moctar Sarr: je l’avais dit il y a pas très longtemps à la télévision nationale. Pour moi la question nationale est clôturée elle est bloquée parce que le système qui est basé sur le racisme et l’esclavage a atteint son niveau culminant et ce n’est pas par des réformes qu’on le changera. à partir de ce moment la question n’est plus « Où se trouve le blocage ? » non, non c’est « Comment détruire le système ? » Parce qu’un système quand il ne se renouvelle pas disparait, mais il faut créer les conditions. les Mauritaniens qui seront là en ce moment puissent se retrouver se donner la main pour construire la Mauritanie nouvelle sur des bases nouvelles parce que les gens ont été conscientisés, parce que les gens ont discuté parce que les gens ont osé poser le problème pour pouvoir savoir exactement quelle direction prendre, mais si on ne fait rien on laisse les choses pourrir alors on risque de tomber dans l’anarchie et c’est la Mauritanie qui va éclater parce que personne ne sera pas là pour dire voilà la direction.
Source: Alakhbar




