Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 13/11/2013

Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l’assistanat tue l’Afrique »

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane publie “Afrique, introuvable démocratie”. L’occasion de dénoncer ce qui mine le continent. Interview-choc.  


Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l'assistanat tue l'Afrique »  
 

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane, “Breton d’après la marée noire”, qui n’a pas pu se présenter aux présidentielles du Togo en 2005 et 2010, annonce sa candidature pour celle de 2015. Il annonce dans un livre (1) son entrée en campagne et analyse les freins à une véritable démocratie dans certains pays africains.
Le Point.fr : Pensez-vous avoir la moindre chance, cette fois, de pouvoir vous présenter ? Et de gagner ?
  Kofi Yamgnane : Non, mais je veux les bousculer. Il faudra qu’ils trouvent une autre excuse que la dernière fois puisque j’ai réglé le problème de ma date de naissance en donnant des preuves [sa candidature à la présidentielle a été invalidée au motif qu’un doute subsistait sur sa date de naissance, NDLR]. C’est simple, mes parents m’ont déclaré du temps colonial, le 16 mars 1946. Je suis né le 11 octobre 1945 et pas le 31 décembre 1945 comme on l’a prétendu.
  Quand le missionnaire a demandé à mon oncle et mon père quand j’étais né, ils ont répondu que c’était au début de la saison sèche. Mon père, ce jour-là, était à la corvée de débroussaillage, qui se faisait toujours le 11 octobre. Soixante ans plus tard, quand je demande un renouvellement de passeport, on me donne un passeport togolais avec la date du 31 décembre 1945. Je suis allé à Bassar, lieu de ma naissance où on m’avait inscrit, aux archives. Il manquait juste cette page-là ! J’ai parlé au maire, puis au préfet qui m’a dit “Ce n’est pas moi, ce sont les termites !” Elles avaient trouvé le registre et grignoté une page, une seule ! À qui voulait-il faire croire cela ?
Lors de la précédente campagne, vous avez craint un empoisonnement. Est-ce toujours le cas ? Avez-vous peur ?
  Bien sûr que j’ai peur ! Ce que je ne souhaite pas, c’est mourir bêtement. Qu’on puisse croire que je suis mort de maladie ou d’un accident de la route alors qu’on m’aura cisaillé les freins dans la nuit. Je voudrais que s’ils me tuent, ils me tirent dessus et que tout le monde puisse savoir qu’ils m’ont assassiné. Mais ils n’oseront pas parce qu’ils savent que je ne suis pas un Togolais ordinaire. Ce que je crains le plus, c’est donc l’empoisonnement. Cela m’oblige à ne jamais manger ou boire nulle part. Quand je pars en campagne, à Lomé, je prends une bouteille d’eau pour la journée et, le soir, je rentre chez moi. Et dans l’intérieur, je ne descends jamais dans un hôtel. Je vais chez les missionnaires catholiques et mes collaborateurs sont logés en ville. Ils trouvent toujours quelqu’un, c’est la sécurité sociale africaine.
Cette fameuse sécurité sociale africaine, dans votre livre, vous dites qu’elle est un frein au développement. Elle est de toute façon moribonde, non ?
  Elle est morte et c’est très bien. C’est bien que, quand j’arrive au Togo, tout le monde ne me saute pas dessus en me disant “ton arrière-cousin est malade, il faut lui donner de l’argent pour se soigner”, “il faut payer l’écolage (les frais de scolarité, NDLR) de tel enfant”, c’est épouvantable !
  Tant que l’État n’a pas pris le relais, l’effondrement de cette solidarité engendre pourtant des drames, comme les 20 000 enfants dans les rues de Kinshasa, en RDC…
  L’État a en effet renoncé aux tâches régaliennes simples, comme de protéger, instruire et soigner. Donc tout va à vau-l’eau. Avec cette pandémie du sida, il y a de plus en plus d’orphelins dans la rue, par centaines. Plus personne ne les accueille, ça n’existait pas, ça, de mon temps ! Je n’ai jamais connu d’orphelinat, il y avait toujours quelqu’un dans le village pour s’occuper d’un gamin dont les parents utérins étaient morts. Cette solidarité-là est en train de s’estomper et cela va permettre aux individus débrouillards d’émerger, d’entreprendre et de réussir.
Parce que cette solidarité empêchait l’accumulation de capital ?
  Vous avez le moindre sou, on vous le prend ! Moi, si j’avais été au Togo, je n’aurais pas vécu comme je vis, ce serait impossible ! Et si je n’ai jamais fait venir aucun de mes deux grands frères ici, c’est à cause de cela. Quand ils vont voir que chez leur petit frère, il a une grande maison, un grand terrain, le confort total, deux frigos, deux télévisions, trois voitures, ils ne vont pas comprendre. Ils vont dire : “Ce n’est pas possible que tu aies tout ça et que tu ne nous donnes rien !” Cette culture de l’assistanat tue l’Afrique. Elle tue l’initiative individuelle.
Vous parlez aussi des superstitions qui bloquent l’Afrique.
  C’est terrible. Aujourd’hui, dans le métro, je monte à côté d’un Africain. Il me chuchote : “C’est une rencontre improbable. C’est Dieu qui l’a voulu, je savais qu’un jour ça se réaliserait, Dieu a exaucé mes prières en vous mettant à côté de moi.” Et il ajoute : “Je sais que vous êtes en train de vous battre au Togo, pour toute l’Afrique. Nous, on prie.” Au lieu d’aller militer et de se battre, ils prient ! Je lui ai dit que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire. Nous sommes dans une activité éminemment humaine, notre réponse, c’est nous qui devons la trouver. Les Africains sont choqués quand vous dites cela. Quand vous voyez les pasteurs… Je suis allé à un mariage à Lomé, le pasteur fait trois quêtes et explique que quand on entre dans la maison de Dieu, il faut se défaire de tous les métaux et qu’on ne peut pas repartir avec quoi que ce soit ! Et le lendemain, vous le voyez rouler en 4×4 flambant neuf, devant la pauvre vendeuse de manioc qui n’arrive pas à s’en sortir…
Comment expliquer cet essor des églises du réveil dans la région ?
  Par la crédulité. Les Africains sont très religieux. L’église catholique, sans doute, n’était pas assez active alors que les Américains ont été très dynamiques. Aujourd’hui, ce sont même de jeunes gens qui ne savent même pas lire qui se lancent dans le prêche ! Les gens ont tant de problèmes dans leur vie quotidienne qu’ils sont prêts à s’abandonner au premier venu. J’ai été scandalisé, en circulant au Togo, de voir que les écoles sont des paillotes ou juste un manguier autour duquel 150 gamins tournent en fonction du soleil pour être à l’ombre. C’est invraisemblable, la misère ! Les parents se cotisent pour acheter un terrain, construisent la paillote et payent les enseignants qu’on appelle les EV, “enseignants volontaires”. Et deux kilomètres plus loin, vous tombez sur un immeuble en dur, avec un groupe électrogène, climatisé : c’est toujours un temple ou une mosquée. C’est un scandale !
Que pensez-vous des discours enthousiastes sur l’Afrique aujourd’hui ?
  C’est du pipeau ! Quand on dit que le Togo a un taux de croissance de 5,5 %, qu’est-ce qui revient aux Togolais ? Rien ! Il y a un énorme problème de redistribution. Mais la corruption est endémique, le budget est exécuté à 20 % parce que chaque ministre n’accepte de signer un marché que si un pourcentage tombe dans sa poche. Résultat, le peu que les colons avaient fait a disparu, tout reste à faire.
Que feriez-vous pour endiguer la corruption si vous étiez élu ?
  Il faut travailler sur la morale des dirigeants. Dire “on ne pique plus dans la caisse”. Ce que je dis aux Togolais, c’est que je n’ai besoin de rien, j’ai tout ce qu’il me faut ici. En Bretagne, en France, je suis considéré comme un bourgeois et ce n’est pas faux. Je leur dis : “Vous avez piqué plein d’argent, vous êtes milliardaires en CFA ou même en dollars, mais ça, c’est fini. Gardez ce que vous avez pris, mais à partir de maintenant, le premier que je prends à piquer un centime, il est fusillé.” Et la morale s’installera. J’ai vu Rawlings faire ça, au Ghana. C’est lui qui me l’a raconté. Il m’a dit : “Je vois un instituteur qui a 15 villas qui coûtent chacune 80 ou 100 millions, il a des 4×4, je le convoque et je lui donne 15 jours pour s’expliquer. S’il ne peut pas, je le fais fusiller.” Il en a tué beaucoup comme ça. Et ça a marché ! On ne peut pas dire que la corruption soit complètement éradiquée au Ghana, mais elle a énormément reflué.
Le Ghana, avec le Sénégal et le Botswana, fait partie des pays que vous citez en exemple de développement pour l’Afrique. À quoi est dû leur succès ?
  Ils ont des dirigeants vertueux. Rawlings a utilisé la force, mais d’autres ont seulement utilisé la force de conviction. Senghor au Sénégal, qui a réussi une alternance apaisée, par exemple. Et ils ont misé sur l’éducation. C’est le principe de base pour instaurer une démocratie. L’école doit avoir les moyens d’instruire les citoyens, pour donner à chaque petit Africain ce que voulait Jules Ferry quand il disait : “Je ne veux plus qu’aucun Français ignore ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.”
Vous dénoncez la corruption. Pourtant, vous vous insurgez contre le procès des biens mal acquis du fils du président Obiang, en Guinée équatoriale…
  J’ai maintenu un équilibre délicat sur cette affaire. D’un côté, j’ai bien dit que quand le peuple africain vous fait confiance, vous ne devez pas voler le bien public. Cela doit se régler entre Africains. De l’autre, je trouve scandaleux que des ONG se déclarent compétentes pour juger des États pétroliers africains et que des États pétroliers arabes puissent venir acheter tout ce qu’elles veulent en France sans être embêtées. Et l’obélisque, place de la Concorde à Paris, d’où vient-elle ? D’Égypte, c’est Napoléon qui l’a piquée ! Qui s’en offusque ? Si l’on veut se lancer dans des procès de biens mal acquis, parfait, faisons-le vraiment, et ça va saigner !
De même, êtes-vous indigné par les procès de dirigeants africains, à La Haye ?
  Regardez qui la CPI juge depuis qu’elle existe : Taylor, Gbagbo, Omar el-Béchir… Et qui va poursuivre Bush, responsable de massacres en Irak ? Personne ! Je ne dis pas qu’il ne faille pas les juger, je dis juste qu’il faut en juger d’autres. Et en Afrique, on ne livre jamais un chef à un ennemi pour qu’il soit jugé par lui. On le juge à la maison, c’est même ce qu’a fait Mandela pour de Klerk.
Pour finir, vous avez bien une note d’espoir pour le continent ?
  Il y a les 500 millions et quelques de détenteurs de téléphones portables, bien sûr, et le dynamisme de ce secteur… Il y a aussi la très belle Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée par l’OUA en 1986… Malheureusement, elle n’est pas respectée. Les pistes à adopter pour développer l’Afrique, ce sont toujours les mêmes : en priorité l’agriculture, chose que le FMI a enfin comprise. Et l’école.

(1) Afrique, introuvable démocratie, ed. dialogues. 14 euros, 110 p.
  Claire Meynial, pour lepoint.fr
 

 




l’opposition lance une contre campagne électorale

altLa Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), qui a décidé de boycotter les législatives et municipales du 23 novembre, a lancé une contre campagne électorale. C’est après le lancement officiel de la campagne électorale vendredi dernier.

Mohamed Ould Mouloud, président de l’UFP, parti membre de la COD a annoncé la nouvelle au cours d’un point de presse mercredi à Nouakchott.

Il a expliqué, en partie,  comment la COD compte mener cette contre campagne électorale: « Nous avons tenu, ce matin, un sit-in symbolique devant la Présidence de la République; nous organiseront aussi un meeting samedi à Nouadhibou (Nord) et nous conduirons des caravanes sur les grands axes du pays  comment la Route l’espoir ainsi que dans les villes de la Vallée et du Nord».

En outre, Ould Mouloud a estimé que les arguments du pouvoir pour des élections transparentes se sont effondrés.

«Le pouvoir promettait des élections transparentes, parce qu’organisées par une institution indépendante en l’occurrence la CENI. Le contraire s’est révélé; la preuve est que la CENI est contrainte par l’Etat à organiser des élections dans un délai insuffisant et sans qu’elle soit prête.  Si la CENI était indépendante elle ne l’aurait pas accepté».

Il a également critiqué la façon dont l’Observatoire national pour la supervision des élections est mise en place : « Nous n’avons rien contre les membres de l’observatoire,  mais  dénonçons la façon dont il est mis en place. C’est avec mépris du peuple mauritanien. Avant que ses membres ne finissent d’installer leurs bureaux, cela trouvera que la campagne électorale est achevée. Qu’est ce qu’ils vont donc observer ! »

 Mohamed Ould Mouloud  est encore revenu sur les bulletins de vote. Il les a qualifiés de « douteux, parce que l’entreprise qui les a confectionnés est douteuse et elle est même traînée devant la justice britannique ».

Pour rappel, Lô Gourmo, vice président de l’UFP, écrivait le 4 novembre sur sa page Facebook: « Le scandale de corruption pour l’obtention du marché d’impression des bulletins de vote de l’élection présidentielle de 2009 poursuit son cours devant la justice britannique. Les principaux responsables de l’entreprise corruptrice -Smith And Ouzman- sont cités à la barre…Les accusés sont cités à la barre du Tribunal de Southwark Crown, le 6 novembre 2013, pour répondre du chef d’accusation de corruption active en direction de quatre pays exclusivement africains, en tête desquels la Mauritanie, à côté du Kenya, de Somaliland (“Républiquette” non reconnue par la Communauté internationale) et du Ghana ».

 
Source: Alakhbar     

 

 

 

Football: Changement dans la continuité pour Neveu

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C’est reparti pour un nouveau bail entre le français et la Mauritanie ! L’histoire d’amour vient d’être réactualisée, après beaucoup de flottements et d’indécisions. Patrice Neveu et la FFRIM ont, en effet, paraphé, le 10 novembre, à Nouakchott, un nouvel accord, sous l’égide de la ministre des Sports. L’engagement des autorités mauritaniennes et les intentions du gouvernement de mettre sur pied un fonds de soutien à l’équipe nationale auront servi de déclic. Il se murmure que chacune des parties a consenti des efforts pour arriver à un terrain d’entente.

Le Bonnevalais sera aux commandes des Mourabitounes jusqu’en février 2015. Si le montant de la transaction financière n’a pas été révélé, des objectifs ont été fixés : notamment, la qualification à la CAN 2015. Neveu et la FFRIM ont supprimé la clause libératoire inclus dans le précédent contrat. « Je suis serein et je pense avoir pris la bonne décision », a indiqué le technicien français qui ajoute : « Je me suis engagé avec la Mauritanie jusqu’à 2015 et je crois en l’avenir du football mauritanien, pour moult raisons, notamment le potentiel prometteur de joueurs de l’équipe A. […] Il s’agit surtout de construire et un accent particulier sera mis sur les sélections de jeunes. […] Je vais travailler dans la continuité de ce que l’on a commencé en janvier 2012. C’est valorisant, ce qui a été accompli, et la Mauritanie le mérite. On a déjà apporté beaucoup de bonheur à la jeunesse mauritanienne, avec la qualification au CHAN. Ces résultats probants ont permis à la Mauritanie de se mettre en avant et d’être au devant de la scène. Nous ne pouvons que nous réjouir et fonder beaucoup d’espoir sur la volonté de l’Etat de prendre le relais, en investissant d’énormes moyens, pour la préparation des prochaines échéances. »

« Nous pouvons enregistrer une meilleure progression en trouvant le bon tempo », continue Neveu, « Je pense avoir pris la bonne décision, en m’engageant pour un nouveau challenge sportif. L’opportunité reste, évidemment, propice au travail pour en remporter plusieurs », avant de préciser : « l’aspect financier n’a pas primé sur mon choix de rester en Mauritanie où j’ai surtout envie de poursuivre l’œuvre entreprise ». Patrice Neveu fonde, donc, de réels espoirs sur le football mauritanien et juge légitimes « les ambitions du public mauritanien de voir leurs sélections nationales gravir les plus hautes marches du podium ».

Passé le renouvellement du sélectionneur national, place désormais à la planification de la préparation. Neveu a révélé, au cours de sa conférence de presse, que les Mourabitounes effectueront un programme de préparation, à partir du 23 décembre au Qatar, puis cap sur le Rwanda, avant de rallier l’Afrique du Sud ! Au passage, Neveu n’a pas manqué de remercier le Congo « de m’avoir placé en tête de sa short-list, pour le poste de sélectionneur. Mais j’ai pris ma décision sans regret ». Pendant que Neveu cherchait à trouver de nouveaux débouchés, la FFRIM recevait un nombre « incalculable » de propositions, à en croire son président. Signalons, enfin, que cette conférence de presse a également été l’occasion de présenter le nouveau médecin de la sélection nationale, Antonio Guré. C’est donc l’ex-médecin de l’équipe de Valence qui aura à veiller aux petits soins des Mourabitounes.

 

Source: Le Calame

Maître Mahfoudh Ould Bettah, président de la Convergence Démocratique Nationale, membre de la COD: ‘’Une élection sans participation de l’opposition n’est pas une élection crédible’’

Le Calame : En dépit de votre marche de protestation, la campagne électorale a démarré le 8 novembre. Qu’entend faire la COD pour « faire échouer pacifiquement » l’agenda du 23 novembre ?

Maître Mahfoudh Ould Bettah : La « campagne », comme vous l’appelez, a démarré à la date prévue. Peut-on, pour autant, la considérer comme telle ? On se demande, en effet, si le pays est en campagne, pour des élections aussi importantes que les municipales et législatives. A mon avis, le peuple mauritanien n’y est pas. Promenez-vous dans les différentes moughataas de la capitale, vous constaterez, comme moi, qu’il ne se passe rien qui puisse prouver qu’on est en campagne électorale depuis quelques jours. Le peuple est désabusé, tant il a fait l’expérience d’élections qui ne lui ont rien apporté, sinon reproduire sa misère et continuer à enrichir ceux qui le gouvernent. Aujourd’hui, il n’est plus enclin à cautionner ces tromperies. Il faut, par ailleurs, souligner qu’une élection sans participation de l’opposition n’est pas une élection crédible. Les choix offerts ne sont, pour l’essentiel, que des choix entre des gens surtout porteurs de projets pour eux-mêmes, non pour le pays.

Pour le deuxième volet de votre question, la COD a déjà commencé ses activités, en vue de faire échouer, pacifiquement, le processus électoral en cours. Comme vous l’avez signalé, elle a organisé une imposante marche dont personne ne conteste l’importance et la densité. C’est une marche de protestation contre le processus en cours. D’autres actions sont déjà programmées, notamment une campagne de proximité, à Nouakchott et à l’intérieur du pays. Des caravanes, à destination des trois grands axes, Nouakchott-Route de l’Espoir-Néma ; Nouakchott-Rosso-Sélibaby et, enfin,Nouakchott-Akjoujt-Atar-Zouérate-Nouadhibou. D’autres actions, qu’il serait long d’énumérer ici, sont également prévues. Au demeurant, a-t-on réellement besoin de se donner tant de peine, alors que le processus électoral est, déjà, un échec patent ? En effet, sur 1,9 millions de mauritaniens en âge de voter et recensés, 700 000 ne sont pas inscrits sur les listes électorales, soit plus du tiers ; plus d’un million n’ont jamais reçu la visite d’un recenseur biométrique, soit la moitié de la population.

Sur le plan institutionnel, l’organisme en charge d’organiser et de superviser les élections est décrié, y compris par ceux-là mêmes qui l’ont mis en place. La CENI, puisqu’il s’agit d’elle, est récusée par tout le monde. C’est aussi un échec, lorsque le pouvoir en place constate que son propre parti n’a pas d’emprise sur la population et se voit obligé de fonder une multitude d’autres partis, pour caser les mécontents.

-La COD a appelé au boycott du processus, alors même que le pouvoir a fait quelques concessions, notamment l’élargissement de la CENI, l’audit de l’agence d’enrôlement et la fondation d’un observatoire des élections. N’était-ce pas suffisant ?

Les « concessions », comme vous les appelez, ne faisaient pas partie des revendications de la COD. On n’a jamais réclamé un observatoire des élections, une CENI élargie, ni l’audit de l‘agence d’enrôlement. Ce qui ne veut pas dire que si ces propositions avaient été le résultat d’une vaste concertation franche et sérieuse, elles n’auraient pas intéressé la COD. Mais ces concessions n’ont pas été faites pour offrir de réelles garanties à la COD mais pour donner, tout simplement, le sentiment de faire des concessions qui n’en sont pas. C’est de la poudre aux yeux.

Il faudrait, d’ailleurs, se rendre compte que l’audit n’aura pas lieu et que l’observatoire, qui vient d’être fondé seulement aujourd’hui, n’est toujours pas opérationnel, alors qu’on le prétend chargé de surveiller l’ensemble du processus, avant et pendant la campagne électorale, ainsi que le déroulement des opérations électorales. Comment cet observatoire serait-il donc à même de s’acquitter de sa tâche ? Il y a fort à parier qu’il demeure une coquille vide. Les conditions de tenue des élections sont un marchandage, systématique, avec les forces politiques. On en cède une partie à une frange de l’opposition et l’on en garde une partie, pour appâter les autres.

‘’Le pouvoir avait un objectif stratégique,

celui de faire imploser la COD

et il a échoué’’

-Pouvez expliquer, à l’opinion, pourquoi la COD a rejeté le report de deux semaines proposé par le pouvoir ?

– Question très pertinente, puisque, dans l’esprit de beaucoup de gens, les enjeux étaient des enjeux de date. Pourquoi, tout d’abord, le pouvoir a-t-il offert ces deux semaines de report ? Il n’était pas question, en ce qui concerne la COD, pas plus aujourd’hui qu’en novembre 2011, de date des élections mais, plutôt, des conditions de leur tenue. Il fallait convenir de règles qui garantissent la liberté, la transparence et la sincérité des élections, avant d’en fixer la date. Il fallait, donc, prendre le temps, pour mettre en œuvre ces conditions-là avant de décider d’une date d’élections. Je voudrais, à ce sujet, attirer l’attention des électeurs sur le fait que cette date était déjà fixée par la Constitution : c’était octobre 2011. Mais le pouvoir a décidé, tout bonnement et sans en référer à qui que soit, de verrouiller cette disposition constitutionnelle ; de se réserver le soin de décider, de façon unilatérale, la date et d’en faire le lieu d’un  marchandage avec l’opposition, alors qu’elle aurait dû être le résultat d’un consensus de l’ensemble des forces politiques nationales. Le choix de la date actuelle n’est pas fortuit. En décidant d’organiser, à quelques mois de la présidentielle, les élections législatives et municipales, le pouvoir poursuivait deux objectifs stratégiques : en un, faire imploser la COD, en attirant, par la participation à ces élections importantes pour la vie des partis, certains segments de notre coordination. Le second objectif – conséquence du premier – c’est d’aller à la présidentielle de 2014, sans affronter une COD forte et unie mais, plutôt, des partis éparpillés qui ne pourront lui imposer  aucune exigence de liberté, de transparence et de sincérité. Grâce à Dieu, cette stratégie a cependant échoué, pour l’essentiel, et la COD demeure un pôle politique solide.

Propos recueillis par Dalay Lam

Source: Le Calame

Des équipes anti-criquets déployées en Mauritanie, menacée d’invasion

altDes équipes de lutte de traitement de larves de criquets ont été déployées dans le nord de la Mauritanie, menacé d’une invasion acridienne, a annoncé mardi le directeur général du Centre national de lutte contre le criquet pèlerin, Mohamed Abdallahi Ould Babah.

Ces équipes motorisées de traitement et d’observation des infestations ont été dépêchées dans les régions concernées, et ont déjà traité plus de 5.000 hectares dans les zones difficiles d’accès, a affirmé M. Ould Babah, cité par l’Agence mauritanienne d’information (AMI, officielle). Il s’exprimait lors d’une réunion de la commission de coordination de lutte contre le criquet pèlerin en Mauritanie, qui regroupe des partenaires étrangers impliqués dans la lutte sur le terrain. Actuellement, “la situation se caractérise par la présence d’essaims de criquets ailés importants et de larves” dans les quatre régions du Nord mauritanien, a affirmé M. Ould Babah. Mais elle “risque de se compliquer davantage avec les précipitations attendues dans ces régions durant l’hiver qui commence le 15 novembre en Mauritanie”, a-t-il précisé. M. Ould Babah a par ailleurs regretté l’absence d’information sur la situation acridienne dans les pays voisins, et souligné la faiblesse des moyens logistiques dont dispose son centre ainsi que l’inaccessibilité de certaines régions infestées à haut risque. D’après l’AMI, “l’invasion acridienne en Mauritanie en 2012 avait coûté à l’Etat “d’importantes sommes investies dans l’acquisition de l’aliment bétail, de la surveillance du bétail et de la sécurité alimentaire des populations rurales qui reposent essentiellement sur les récoltes agricoles”. Ce pays du Sahel est souvent frappé par des invasions de criquets, récurrentes dans cette région.

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Source: Mauriweb