Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 04/11/2013

Mémoire Noire d’Ousmane Diagana : l’histoire dramatique d’un rescapé d’Inal et de Jreida

Mémoire Noire, réalisé par Ousmane Diagana qui signe ici son quatrième documentaire, a été projeté en avant-première ce samedi 2 novembre à Paris, à la Bourse du Travail.  

Ce long-métrage raconte l’histoire d’un rescapé militaire des camps d’Inal et de Jreida. Il s’agit de l’auteur de L’enfer d’Inal, Mahamadou Sy, témoin des “années de braise”.  

“En 1990, un coup d’Etat imaginé. En quelques mois, mon pays s’est transformé en camps de concentration pour des centaines de militaires et d’officiers Noirs. J’avais 6 ans. Je n’ai jamais compris pourquoi mon pays a basculé dans l’horreur et la haine raciales”, raconte le jeune réalisateur.  

Le film débute avec la proclamation d’indépendance de la Mauritanie lue par feu Moktar Ould Daddah, avant de plonger le téléspectateur dans les prémices de la déchirure du tissu de la cohabitation communautaire. Tout bascule en 1990 lorsque des militaires et des officiers Noirs sont “accusés de comploter un coup d’Etat” contre Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya au pouvoir depuis 1984. Arrestation, torture, pendaison, exécution.  

Pour témoigner sur cette période douloureuse, Ousmane Diagana est allé chercher Mahamadou Sy, l’auteur d’Enfer d’Inal, qui vit à Paris depuis 1993, avec sa famille. L’histoire de ces “années de braise” sous le régime autoritaire de Mâaouiya Ould Sid’Ahmed Taya se confond avec celle de Mahamadou Sy.  

Entre la Guerra à Nouadhibou, Inal et Jreida, Mahamadou Sy nous fait ressentir l’humiliation, la torture, la violence qu’il a subies pendant 6 mois, de novembre en avril 1990. Chaque jour, il voit mourir dans la douleur et la résignation, sous ses yeux pétrifiés, ses compagnons d’armes.  

“C’est très difficile de se rappeler de tout cela. Voir des gens qui achèvent les pendus quand ils tardent à mourir. Ce n’est pas…”, soupire-t-il dans le film. “Il n’y a qu’une chose qui peut nous faire oublier tout cela : c’est qu’il y’ait un rétablissement de la vérité. La justice doit passer par là.Si, ce n’est pas fait, c’est des choses qui ne s’oublieront jamais”, souligne Mahamadou Sy devant la caméra d’Ousmane Diagana. Une manière pour lui et comme pour des centaines de familles de faire leur deuil et d’être en paix.  

Entre émotions, confidences insoutenables et récit bouleversant et poignant, Mémoire Noire jette la lumière sur une page sombre de l’Histoire de la Mauritanie dont on refuse toujours d’éluder. Le film a été tourné entre Paris, Nouakchott, Inal, Jreida et Nouadhibou.  

Babacar Baye Ndiaye

 

Source: boolumbal

Libération des jeunes de Kaédi : “un théâtre pré-électoral qui ne leurre personne”

Comme au temps de Maouiya, l’instrumentalisation de la justice est au goût du jour. Sauf qu’aujourd’hui les esprits sont plus marqués, et plus distants vis-à-vis de ce genre de supercherie politique. Une supercherie dénoncée par TPMN dans un communiqué parvenu à Noorinfo, suite à la libération des jeunes de Kaédi, par le ministre de l’habitat Ba Yahya, au gnouf depuis près de quatre mois, sans procès, suite aux affrontements inter-communautaires de début juillet.  


Place du marché à Kaédi où ont eu lieu les affrontements en juillet 2013.  

Place du marché à Kaédi où ont eu lieu les affrontements en juillet 2013.  

 
 

Ba Yahya Bocar est intervenu dimanche “pour faire libérer les dix jeunes arrêtés à Kaédi, suite à un accord consensuel entre le commerçant, d’une part, et les familles des jeunes”. Ces derniers devaient s’acquitter d’un montant indemnitaire de 5 millions d’ouguiyas, mais n’ayant pu en trouver que 500.000, c’est “le fils de Kaédi” en la personne de Ba Yahya, qui complètera les 4.500.000 restant. Un “geste gracieux” souligne l’agence mauritanienne d’informations, qui ferait “retrouver aux populations de la zone une joie de vie” (sic).
   
  Cela ne suffisant pas, on enfonce le clou avec un rappel sur le “règlement juste et consensuel du passif humanitaire initié” par Aziz.
   
  Les réactions ont fusé de toutes parts, face à ce simulacre de justice et de bonté “de dernière minute électorale”.
   
  Touche pas à ma nationalité s’est félicité “de la libération des jeunes noirs détenus à Kaédi… mais condamne, avec la dernière énergie, la mise en scène obscène organisée autour de cette libération”.
   
“Il apparait aujourd’hui clairement, aux yeux de l’opinion publique, que ces jeunes, détenus pendant près de quatre mois sans avoir jamais été jugés, étaient en fait les otages d’un calcul politicien sordide dont les auteurs espèrent  s’attirer la sympathie et l’adhésion des populations, par le biais d’une libération montée de toutes pièces et qui intervient, comme par hasard, à la veille du lancement de la campagne électorale pour les législatives et municipales du 23 novembre” continue le communiqué.
   
  L’occasion pour le collectif de “rappeler le caractère raciste et arbitraire des arrestations dont ont été victimes ces jeunes. Les arrestations ont en effet visé non seulement les noirs de manière exclusive, alors qu’en face les commerçants maures paradaient avec leurs armes”.
   
  Touche pas à ma nationalité :  
   
– dénonce avec la plus grande véhémence l’instrumentalisation de la justice par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et ses sbires,
– exige une réparation morale et matérielle pour ces jeunes privés à tort de leur liberté pendant près de quatre mois, et rappelle au régime raciste qui nous gouverne que ces intimidations n’ébranlent en rien la détermination de ses militants à revendiquer leurs droits de citoyens à part entière de ce pays  
– invite, enfin, les populations de kaédi à ne pas se laisser duper par de telles manœuvres.

 

Noorinfo

Réaction de Touche pas à ma nationalité à la libération des jeunes détenus de Kaédi

altTouche pas à ma nationalité se félicite certes de la libération des jeunes noirs détenus à Kaédi à la suite des affrontements intercommunautaires qui ont secoué la capitale du Gorgol le 07 juillet dernier, mais condamne, avec la dernière énergie, la mise en scène obscène organisée autour de cette libération. Il apparait aujourd’hui clairement, aux yeux de l’opinion publique, que ces jeunes, détenus pendant près de quatre mois sans avoir jamais été jugés, étaient en fait les otages d’un calcul politicien sordide dont les auteurs espèrent s’attirer la sympathie et l’adhésion des populations, par le biais d’une libération montée de toutes pièces et qui intervient, comme par hasard, à la veille du lancement de la campagne électorale pour les législatives et municipales du 23 novembre.

C’est l’occasion pour Touche pas à ma nationalité de rappeler le caractère raciste et arbitraire des arrestations dont ont été victimes ces jeunes. Les arrestations ont en effet visé non seulement les noirs de manière exclusive alors qu’en face les commerçants maures paradaient avec leurs armes, mais en plus beaucoup de ces jeunes ignoraient tout des affrontements et ont été cueillis dans leurs maisons.

Touche pas à ma nationalité :

        dénonce avec la plus grande véhémence l’instrumentalisation de la justice par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et ses sbires,

        exige une réparation morale et matérielle pour ces jeunes privés à tort de leur liberté pendant près de quatre mois, et rappelle au régime raciste qui nous gouverne que ces intimidations n’ébranlent en rien la détermination de ses militants à revendiquer leurs droits de citoyens à part entière de ce pays

        invite, enfin, les populations de kaédi à ne pas se laisser duper par de telles manœuvres.

 

Nouakchott le 03/11/2013

Pour la Coordination,

Alassane DIA

 

 

Source: Le Calame

 

Niger: “j’ai enterré ma famile”

altLes cadavres de 92 migrants ont été retrouvés mercredi au Niger, dans le désert, à une dizaine de kilomètres de la frontière algérienne. Ces victimes (7 hommes, 33 femmes et 52 enfants) sont mortes de soif quand leurs véhicules, en route vers l’Algérie, sont tombés en panne. Shafa, une Nigérienne de 14 ans, a survécu et raconte son histoire à la BBC.

On était en route pour l’Algérie pour rendre visite à des membres de la famille. Nous étions plus d’une centaine dans un convoi de deux véhicules. Notre camion est tombé en panne, et cela a pris un jour entier pour le réparer. Pendant ce temps là, nous nous sommes retrouvé à court d’eau. Nous avons réussi à trouver un puits, mais il n’y avait qu’un tout petit peu d’eau – l’un de nous est descendu dans le puits et a réussi à en extraire une toute petite quantité d’eau, mais le reste d’entre nous n’a rien pu boire. Les chauffeurs nous ont dit d’attendre pendant que les autres allait chercher de l’eau, mais une nuit et un jour plus tard, ils n’étaient toujours pas revenus.

C’est là que les gens ont commencé à mourir. 15 d’entre nous sont morts pendant ce deuxième jour sans eau. On a continué avec les cadavres dans le camion. A ce moment là le deuxième véhicule est revenu avec de l’eau, Alhamdulillah (Dieu merci).

Nous sommes tombés sur des forces de sécurité algériennes, mais les chauffeurs ont fait demi-tour parce qu’ils ne voulaient pas être découverts avec nous car le voyage était illégal. Ils nous ont demandé de nous cacher dans une tranchée, où nous avons passé une autre nuit, la troisième nuit sans eau. Une femme a commencé à se plaindre et un des chauffeurs nous a battu avec un tuyau.Beaucoup de femmes et d’enfants sont morts. Les chauffeurs avaient de l’eau dans des bidons, mais ils la gardaient pour eux.

“Je les ai enterrés”

A partir de là ils nous ont ramené au Niger. Notre eau était à nouveau épuisée. Nous étions là, assis aux milieu des cadavres dans le camion et nous avions faim. Une fois au Niger, les chauffeurs ont retiré les corps du camion pour les enterrer. Ils les ont déposés au sol, les mères d’abord, puis leurs enfants par dessus. Ils nous ont dit que ceux d’entre nous toujours capables de bouger seraient ramenés dans leur village.

Sur le trajet, les véhicules n’avaient plus d’essence, et ils nous ont demandé de l’argent pour en acheter. Ils nous ont dit de sortir du véhicule pendant qu’ils allaient chercher l’essence. Ils ne sont jamais revenus. On a attendu deux jours dans le désert, sans eau, sans nourriture, avant de décider de nous mettre à marcher. Certains véhicules passaient, nous avons essayer de les stopper mais personne ne s’arrêtait. Une des voitures qui passait a même heurté trois personnes de notre groupe et les a tuées.

Nous n’étions plus que huit, dont ma maman et mes jeunes soeurs. Quand nous étions fatigués, nous nous sommes assis sous un arbre, et c’est là que ma soeur est morte. Nous l’avons enterrée là. Puis nous avons continué à marcher, et après un jour, ma deuxième soeur est morte. Puis au troisième jour ma mère est morte. Je les ai toutes enterrées moi même.

Sauvée

Aucun des véhicules qui est passé n’a accepté de s’arrêter pour me prendre. Après un moment j’ai trouvé un arbre, je me suis assise à l’ombre, et j’ai failli abandonner… puis une voiture est arrivée. J’ai retiré mon chemisier et j’ai fait des grands gestes désespérés. Il s’est arrêté et m’a demandé ce qui était arrivé et je lui ai raconté. Ils m’ont donné du lait et une galette de riz. J’ai mangé un petit peu, mais je ne pouvais pas continuer, alors ils m’ont fait du thé. C’est seulement ensuite qu’on s’est dirigé vers Arlit, ou j’ai pu retrouver mon grand-père.

Maintenant je suis ici, mon père est mort il y a longtemps, maintenant ma mère est morte, je n’ai pas de soeurs, pas de frères. Je vis avec ma tante. J’ai entendu que seul moi, une autre petite fille, et 18 hommes ont survécu au voyage, sur la centaine que nous étions.

bbc

Source: mauriweb