Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 25/11/2013

Loupe du “Le Rénovateur” : Les élections 2013 n’ont pas dérogé à la règle

altRien n’aura finalement dérogé à la tradition pour les élections de 2013 dont les résultats définitifs sont en attente de confirmation et de validation par les autorités en charge de leur organisation. Pouvait-il en être autrement pour des mauritaniens qui restent attachés aux vieilles pratiques qui assimilent le vote à la tribu, à la région, à la communauté, à la famille nucléaire etc. Partout les électeurs ont répondu aux consignes sans prendre du recul par rapport à tout ce qui ne sert pas la démocratie et le progrès des consciences. Les prémices de cette réédition de l’histoire nous ont été livrées durant toute la campagne avec les mêmes discours qui consacrent la prééminence des intérêts personnels sur les intérêts collectifs. C’est pourquoi les programmes n’avaient plus de valeur face à la force tribalo-ethnique qui ferme la voix à tout libre choix. Les résultats ont confirmé cette règle qui a encore de beaux jours devant elle. Dans les bureaux de vote, on a l’impression que tout le monde est venu avec des consignes claires de voter pour les siens pour l’honneur de la tribu. Ce qui sans doute a contribué fortement la dispersion des voix. Le parti de la majorité présidentielle a dans une large mesure opéré des choix fondés sur la représentativité tribale présumée des candidats. Cela a profité dans bien des cas à lui donner des points dans certaines circonscriptions électorales où la bataille s’avérait rude et à en perdre par l’effet inverse . A la différence de Tawassoul qui a plutôt fait la différence par sa ligne idéologique fédératrice avec à la clé un discours prônant des valeurs « moralisantes ». cette stratégie renforcée par le pouvoir de l’argent a permis de mener une véritable offensive de communication. Sans minimiser le poids de la tribu dans les votes de Tawassoul, il faut reconnaitre que depuis plus d’une année ce Parti se préparait à gagner le maximum de sièges à l’assemblée nationale et dans les conseils municipaux. Les autres partis comme APP, l’UDP, l’AJD/ Mr n’ont pas fait plus qu’ils n’espéraient à cause d’une part, de la prolifération de candidatures de faible portée alignées elles aussi sur des trajectoires tribales et d’autre part par des mécontentements liés aux choix ayant consacré les investitures. Les sanctions ont commencé à tomber et toutes les formations ont payé le prix de leurs erreurs. Le Parti de Messaoud Ould boulkheir qu’on donnait très favoris par le boycott du RFD et de l’UFP n’a pas prouvé qu’il a les moyens de récupération nécessaires. Tawassoul semble être le point de convergence de l’électorat des « boycottistes ». Un autre dinosaure politique a pu tirer les marrons du feu pour s’imposer comme désormais la troisième force politique en attendant de confirmer les tendances. Il s’agit du parti El Wiam de Bodiel Ould Houmeid qui a tenu en difficulté l’UPR dans la capitale du Trarza. C’est donc un test réussi pour Boidiel qui s’est investi pour le contrôle politique de sa région. Au-delà des résultats et des intérêts politiques propres à chaque parti, la démocratie est la plus grande perdante en termes d’amélioration de son image de marque toujours soumise à des considérations anachroniques. Aucun changement nouveau par rapport aux précédents scrutins où l’argent, les pressions tribales et administratives restent les maitres du jeu démocratique. Il y a, on le voit , un travail énorme à faire dans ce sens pour faire avancer le processus et promouvoir un vote citoyen responsable par lequel les élus seront des dignes représentants du peuple. Nous sommes encore loin de cet idéal !

Cheikh Tidiane Dia

 

Source: tempsforts.net

Elections en Mauritanie: les résultats se font attendre

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En Mauritanie, des élections législatives et municipales ont eu lieu samedi et, vingt-quatre heures après la fin du scrutin, les procès-verbaux continuent de remonter vers la commission électorale. L’heure est toujours à la compilation des résultats.

Même pour la participation, la Céni n’était pas encore en mesure ce dimanche d’annoncer un chiffre définitif. Selon un responsable, les dernières indications donnent un taux de participation entre 60% et 70%, une estimation qui reste à préciser, puisqu’en début de soirée ce dimanche, les procès verbaux de vote étaient toujours en cours de compilation.

Principale explication donnée : la prolongation du scrutin tard dans la nuit de samedi à dimanche, pour permettre à tous les électeurs arrivés avant la fermeture officielle des bureaux, à 19h00, de s’exprimer.

L’affluence des électeurs et la complexité du mode de scrutin – une liste pour les municipales, trois pour les législatives – a rallongé le temps de vote par électeur, mais aussi le délai de dépouillement, qui s’est prolongé dans la journée de dimanche dans de nombreux bureaux, a ainsi précisé le président de l’Observatoire national de surveillance des élections, Taki ould Sidi.

→ A (RE) LIRE : Mauritanie: des partis d’opposition créent une commission pour pister les anomalies du scrutin

Selon le responsable de la Céni, les résultats officiels de ce premier tour devraient pouvoir être annoncés dans les prochaines 24 à 48 heures. Les partis participants, de la majorité comme de l’opposition, affirment déjà détenir des résultats pour certaines circonscriptions grâce à leurs observateurs, mais avoir décidé, pour le moment, d’attendre la publication officielle de la Céni pour s’exprimer.

 

Source: RFI

Mauritanie : La démocratie pour les « bien-nés » et les friqués

« Rien ne se perd, rien ne se gagne créé, tout se transforme ». C’est Antoine Lavoisier, le père de la loi de la conservation de la matière qui porte son nom, qui le dit. Et cela s’applique, parfaitement, à la politique en Mauritanie, si l’on observe de près les premières tendances des élections municipales et législatives du 23 novembre dernier.

Au parlement sortant, il y avait l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir en Mauritanie depuis 2009, avec une majorité confortable. Il sera toujours là, fortement présent, avec le maintien de son hégémonie politique sur cette « Mauritanie profonde » où le vote tribal a encore de beaux jours devant lui.

Il suffit tout simplement pour ce pouvoir là, ou celui qui lui succédera dans cinq, dix ou quinze ans, de savoir qu’il y a des « lois » établies de primauté accordée à ceux que j’appelerais les « bien-nés », ces fils de chefs et de cheikhs (marabouts) qui ont réussi à instaurer une succession de fait à tous les postes électifs à caractère local ou national.

Cette loi non écrite a  toujours permis au pouvoir de l’emporter sur l’opposition. Une cinquantaine de sièges de députés, au premier tour, sur 146 possibles, c’est déjà pas mal non ?

Il suffisait seulement que le message passe, qu’on désigne le « parti du président ». Qu’importe le nom et les époques : PPM (1960), PRDS (1992-2005), ADIL (2008), UPR (depuis 2009). Moctar, Maawiya, Sidi, Aziz.

Ces élections vont sans doute redessiner la carte politique du pays, mais pas au point d’apporter de grands changements dans le rapport de force entre majorité et opposition. Ce sera au niveau de la « cuisine interne » à chaque camp.

Côté majorité, l’UPR n’aura plus, comme seconds, des partis comme l’Union pour la démocratie et le progrès (UDP) de l’ancienne cheffe de la diplomatie mauritanienne, Naha Mint Mouknass ou le PRDR, « héritier » sans héritage du PRDS, mais le Sursaut national pour la patrie, formation de création récente inspirée, disent ses dirigeants, par l’appel depuis Nouadhibou, du président Mohamed Ould Abdel Aziz pour le renouvellement de la classe politique.

On peut le croire quand on voit la présidente de ce parti des jeunes portée à la  tête du ministère de la Culture, de la jeunesse et des sports et le nombre de listes (plus de 90) que  le Sursaut a réussi à engager dans la bataille des élections, servant, le plus souvent, de parti-refuge à tous les mécontents de l’UPR.

La campagne électorale de quinze jours et les probables seconds tours entre ces deux formations de la majorité donnent une idée de l’enjeu, énorme, que constitue cette « querelle des anciens et des modernes ». Le pouvoir (le président Aziz, pour être plus précis) a intérêt à s’en tenir à son rôle d’arbitre entre ses deux principaux soutiens. Et de se dire qu’en fin de compte, il aura une majorité confortable quoi qu’il advienne. L’ami de mon ami… restera mon ami.

En ballotage favorable dans plusieurs circonscriptions électorales, l’UPR – ou le Sursaut – sauront s’épauler pour barrer la route aux partis d’opposition les plus entreprenants (Tawassoul et Al Wiam). Même si au premier tour ils ne s’étaient pas faits de cadeaux du tout.

La « nouvelle » opposition

Du côté de la nouvelle opposition parlementaire, il faut attendre la fin du dépouillement des votes pour savoir qui de « Tawassoul », (islamistes modérés), d’Al Wiam, parti comptant dans ses rangs de nombreux barons du régime de l’ancien président Taya ou de l’Alliance populaire progressiste (APP), du président de l’Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, héritera du statut de chef de file de l’opposition, que le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah aura perdu à l’issue de ces élections qu’il a choisi de boycotter avec une dizaine d’autres formations de l’opposition.

D’orès et déjà, l’APP semble hors-course. Tout le monde le constate mais personne ne se demande pourquoi. Pourquoi l’APP a perdu deux importantes citadelles, à savoir la cité minière de Zouerate, d’où la Mauritanie exporte 14 millions de minerai de fer par an, et qui tombera le 7 décembre dans l’escarcelle de l’UPR ou du Sursaut, et Nouadhibou, la capitale économique où elle risque de ne même pas avoir l’un des trois sièges de députés ?

Le partie de Messaoud, on l’oublie trop vite, a été saigné à blanc deux fois. Le parti, « Al mostaqbal » né de ses cotes, après la rupture entre le vieux leader haratine et l’ancien maire d’El Mina et ancien ministre de la jeunesse, Mohamed Ould Borboss, a sans doute eu des conséquences sur la présence de l’APP à Nouakchott.

Le départ du secrétaire général de la Confédération libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM), Samory Ould Bèye, l’alter ego d’Ould Borboss, explique, en partie, l’échec de l’APP à Zouerate et à Nouadhibou, deux villes où les activités de mines et de pêche attirent des dizaines de milliers de travailleurs mauritaniens.

Messaoud est aussi victime du syndrome de « Hah Mbareck »  (pauvre M’Bareck). Cet esclave – ou hartani, je ne sais – qui aidait tous les nobles du campement dans toutes sortes de travaux et ne recevait en retour que des compliments de circonstances. Le jour où le « vrig » devait changer de place à la recherche d’un meilleur patûrage, il décide de s’assurer si les gens auxquels il faisait du bien sont capables de le lui rendre. Il feint d’être malade et se coucha en travers de la route.

Le voyant dans cet état déplorable, chacun s’arrêta, le temps de s’informer, et continua son chemin, après avoir jeté, comme signe de compassion un « hah M’Bareck » et se précipite pour ne pas laisser s’éloigner les autres. M’Bareck laissa passer le dernier homme de la caravane, se leva et continua lui aussi son chemin méditant son sort et l’ingratitude des hommes.

Messaoud « le nationaliste, le bon patriote, l’homme qui a sauvé la Mauritanie, en faisant tout pour qu’elle ne soit pas entraînée dans le sillage du « printemps arabe », a sans doute été lâché par une bonne partie d’un électorat qui a préféré voter, comme toujours, pour la tribu ou le cousin.

Il a aussi manqué de cet argent dont on dit qu’il est le nerf de la guerre, comme l’atteste ce message pathétique du candidat de son parti à la  députation à Rosso, adressé à ses soutiens sur sa page facebook :  « Chers frères et sœurs, les tendances dont nous disposons, mon parti et moi, indiquent que l’argent a eu le dessus sur mon engagement ferme en faveur du développement de notre Rosso. Mais ceci n’est qu’une étape. Le plus important reste à venir.

Je refuse de baisser les bras, ce n’est pas parce qu’on n’est pas riche qu’on ne doit pas avoir des ambitions quelles que soient les compétences dont on dispose. Je le concède, j’ai perdu un combat mais pas la guerre. Cinq ans c’est déjà demain… » Cette belle consolation sera-t-elle entendu par les partis de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) qui ont refusé, disent-ils, d’être les dindons d’une nouvelle farce électorale ?

 

Source: cridem

CENI: Communiqué de presse

altEn quelques mois, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a franchi des étapes cruciales du processus électoral qui ont abouti, hier 23 novembre, à la tenue des élections législatives et municipales. Il s’agit notamment de l’établissement d’une liste électorale fiable, de l’organisation de la campagne électorale, puis des élections elles-mêmes. 
  A cet égard, la CENI se réjouit du bon déroulement de ces différentes phases et saisit cette occasion pour saluer le haut degré de responsabilité des partenaires du processus électoral dont l’accompagnement a été pour elle d’un apport irremplaçable. 
  Ce processus est entré aujourd’hui dans une phase décisive, consistant à rendre publics les résultats des élections. Tout en comprenant l’impatience en pareille circonstance, des électeurs, des candidats et du public en général, à connaître ces résultats, la CENI ne peut que respecter les impératifs de fiabilité, de transparence et de crédibilité qu’exige l’enjeu du scrutin.
  C’est pourquoi, elle tient à ce que le travail de dépouillement et de traitement des résultats soit effectué avec toute la minutie nécessaire, compte tenu de la complexité de l’opération électorale et des conditions dans lesquelles elle s’est déroulée.
  En effet, plus de 1 500 listes candidates étaient en compétition, dans le cadre, en fait, de quatre scrutins simultanés, impliquant plus de soixante partis politiques. A cela s’ajoutent les nombreux problèmes liés à l’étendue du territoire et aux difficultés de communication. 
  En outre, la grande affluence des électeurs qui ont continué à voter jusqu’au matin, ne pouvait que retarder l’achèvement du vote et, par voie de conséquence, les opérations de dépouillement. 
  Pour éviter que la conjonction de ces facteurs défavorables n’influe négativement sur les résultats du scrutin, la CENI entend consacrer au traitement de ces résultats le temps indispensable afin d’assurer l’honnêteté, la transparence et la crédibilité des élections. Elle ne ménagera aucun effort pour que le traitement en cours soit mené de manière à répondre, le plus rapidement possible, à l’attente légitime des candidats et de l’opinion publique, en étant convaincue que l’ensemble des acteurs du processus partagent avec elle la volonté d’arriver à des résultats qui reflètent le choix réel des électeurs.    

  Nouakchott, le 24 novembre 2013

La CENI