Monthly Archives: June 2011
Editorial: Dépénalisation? mon œil!
Le nouveau projet de loi adopté le 22 juin en conseil des ministres et présenté comme “dépénalisant” les délits de presse est un véritable attrape-nigauds. Normal, le ministre de la Communication est juriste. Le texte a supprimé l’emprisonnement des journalistes dans quelques cas maintenu les amendes prévues à cet effet, et l’emprisonnement des “plumitifs” comme on dit de nous, dans bien d’autres cas. Les communiqués de satisfaction de l’Union pour la République (parti au pouvoir) et ceux des organisations de medias auront donc été rédigés à la va-vite, dans la perspective d’applaudir ou de plaire.
Les amendes restent et les journalistes continueront à aller en prison pour des délits d’expression ayant trait par exemple, à l’incitation à la haine, aux atteintes à l’unité nationale, et aux valeurs universelles. Et parceque que ce genre de délits donnent aux juges le pouvoir d’interpréter et de qualifier, ils leur confèrent toujours la décision d’envoyer des journalistes derrière les barreaux.
Les modifications apportées n’ont donc pas dépénalisé les délits de presse en Mauritanie comme tentent vainement de le faire croire des griots patentés ou autoproclamés.
Ce qui s’est réellement passé, c’est que des articles de la loi 2006-017 qui prévoyaient des peines d’emprisonnement pour l’injure et la diffamation envers les particuliers ont été supprimés alors que les amendes pour ces mêmes délits restent et que sur la base de certaines exceptions, les journalistes vont toujours –ya vadhma– continuer à être emprisonnés.
Le maintien des amendes qui s’explique dit-on, par le souci de protéger les particuliers contre les actes diffamatoires donne la possibilité de condamner les journalistes -le plus souvent pauvres- à de fortes amendes, et à confisquer leurs maigres biens, s’ils sont dans l’impossibilité de payer.
Plus la peine de condamner un journaliste à 6 mois de prison pour avoir diffamé une personne, il suffit de le sommer à casquer 600 millions de dommages et intérêts à cette même personne. Vous imaginez?
Et si un article de presse pourra être perçu par un juge aux ordres, comme portant atteinte à l’unité nationale, ou incitant à la haine, alors là, embarquement immédiat pour la prison. Dépénalisation disent-ils ? Mon œil…!
Isselmou Ould Moustapha -Tahalil-Hebdo.
12 véhicules de l’armée mauritanienne détruits, selon AQMI
Une source proche d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique a démenti l’existence de toute perte humaine dans les rangs de cette organisation, au cours des affrontements ayant opposé, vendredi, ses combattants aux troupes mauritaniennes dans la forêt de Wagadou au nord du Mali. Un porte-parole de cette organisation a indiqué, dans un contact avec ANI, qu’ « une force mauritanienne composée de 17 véhicule a attaqué un camp d’AQMI dans la forêt de Wagadou dans le nord malien et que 12 véhicules de cette force ont été détruits, alors que 5 autres ont pris la fuite ». Il a également précisé qu’ « AQMI n’a déploré aucune perte humaine et que ses véhicules n’ont pas été détruits, soulignant toutefois qu’il ne dispose d’aucun élément d’information sur les pertes humaines du côté mauritanien ».
Auparavant, une source militaire mauritanienne a affirmé avoir détruit un camp d’AQMI implanté en pleine forêt de Wagadou dans le nord malien, et tué plusieurs de ses combattants, au cours d’une attaque menée vendredi.
ANI
Face à la colère de la rue, le président sénégalais renonce à sa réforme de la Constitution
Face à la colère de la rue, le président sénégalais Abdoulaye Wade a renoncé in extremis, jeudi 23 juin, à une réforme de la Constitution très impopulaire qui devait assurer son élection et le passage du pouvoir à son fils après son départ. La disposition en question, la plus décriée de son projet controversé de réforme constitutionnelle, devait abaisser à 25 % le seuil minimum des voix nécessaires pour élire un “ticket présidentiel” comprenant un président et un vice-président. Il devait suffire à l’un des attelages en lice de recueillir au premier tour 25 % des suffrages exprimés pour l’emporter, et donc être élu avec une très faible assise populaire. Le ministre de la justice, cheikh Tidiane Sy, a annoncé le retrait de cette mesure aux députés peu après l’ouverture de la séance plénière où elle devait être adoptée. Au même moment, l’hémicycle résonnait de temps à autre de tirs de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre des manifestants qui jetaient des pierres à l’extérieur de l’Assemblée.
Ces heurts ont fait au moins 10 blessés, “dont un officier de police”, selon l’Agence de presse sénégalaise. Un journaliste de l’AFP a vu un gendarme blessé par un projectile, en sang. L’ambassade de France avait invité les Français à limiter leurs déplacements en raison “des manifestations de protestation ou de soutien au projet de réforme constitutionnelle” qui “sont à prévoir aujourd’hui, 23 juin, à Dakar comme en province”.
Jeudi, la France s’est dite “surprise” que cette réforme constitutionnelle “n’ait pas été précédée d’une large concertation”. “Sur la forme, on peut être surpris qu’une réforme aussi importante, présentée à moins d’un an d’une échéance électorale majeure, n’ait pas été précédée d’une large concertation avec l’ensemble des acteurs politiques du pays”, a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères français, Bernard Valero, sans vouloir faire de commentaire sur le fond de la réforme.
L’affaire du “ticket présidentiel” a enflammé la rue sénégalaise et diverses composantes de la société : jeunes, syndicats, opposition, société civile… Des manifestations, réprimées, ont eu lieu le 22 juin dans différentes villes comme Kaolack (centre), Ziguinchor (sud) et Dakar. Dans la capitale, des groupes de jeunes avaient été violemment dispersés par les forces de l’ordre, qui ont interpellé un nombre indéterminé de personnes. Parmi celles-ci figurent deux rappeurs, dirigeant le mouvement “Y en a marre”, engagé contre les “injustices” du régime d’Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000.
Le chanteur Youssou N’Dour est sorti de sa réserve en dénonçant “une forfaiture” qui “hypothèque l’avenir du pays”. Les Etats-Unis se sont déclarés “préoccupés”, tout comme l’Union européenne, par une réforme qui risque d’“affaiblir les institutions démocratiques du Sénégal”.
AFP
Manifestations : Alioune Tine agressé par des hommes de Farba Senghor
Le secrétaire général de la Rencontre Africaine de défenses des droits de l’homme, Alioune Tine, a été blessé lors de manifestations qui se déroulent en ce moment à Dakar contre un projet de modification de la Constitution.
Le leader de la Raddho aurait été attaqué par les nervis de Farba Senghor, chargé de propagande du Pds. M Tine, membre du mouvement « Touche pas à ma Constitution » aurait été grièvement blessé par les assaillants. Selon les dernières informations parvenues à SenewebNews, il se trouve au bloc opératoire de l’hôpital Principal de Dakar.
SENEWEB.COM
Avec qui, sur quoi et comment dialoguer ?
Parler de dialogue politique pousse inévitablement à se poser des questions essentielles et incontournables de savoir d’abord avec qui dialoguer, ensuite quel contenu donner à ce dialogue et enfin comment ce dialogue doit-il être conduit et vers quel but?Les réponses à ces questions permettront de situer les contours de cette problématique à l’ordre du jour dans le paysage politique national.Le dialogue entre les acteurs politiques notamment le camp du pouvoir et celui de l’opposition est revenu avec instance sur la sellette ces derniers jours en Mauritanie.
Mieux on s’achemine vers la mise en marche de ce processus autour duquel l’unanimité de la décision semble être trouvée. A priori, il s’agit de vouloir engager des pourparlers entre le bloc de la COD et le conglomérat des partis soutenant le président Aziz. Dans la pratique ce dialogue concerne plus des formations politiques qui se sont déclarées intéressées par un rapprochement avec le pouvoir avec ou sans les autres. Mais dans l’hypothèse où les autres grands de la COD trouvent un compromis satisfaisant poussant à aller dans les sens d’un modus vivendi avec le président se posera alors la question de trouver un cadre de concertation permanent entre les uns et les autres. Ce miracle post-électoral mauritanien serait–il donc le coup de grâce qui va consacrer l’apaisement de la situation politique dans le pays, la refondation de la démocratie et la promotion de la bonne gouvernance avec un accès de toutes les forces politiques dans la gestion de la Republika. ? Une hypothèse dont les chances de réalisation se trouvent limitées par certains points contenus dans la plate-forme proposée par la COD mais aussi par des préjugés qui entourent les rapports entre Aziz et une certaine opposition jugée hostile à la méthode de gouvernance « azizienne ». En effet, selon des indiscrétions ayant filtré du document élaboré par la Coordination de l’opposition démocratique (COD), les accords de Dakar reviennent au devant de cette plate-forme comme condition à toute discussion. Seul ce point risque de freiner la dynamique qui commence à naître. Les mêmes informations véhiculées évoquent entre autre dans le texte qui sera présenté comme base de discussion, les élections municipales et législatives, la loi électorale, le système républicain, la consolidation de l’unité nationale, la dépolitisation de l’administration, les changements anticonstitutionnels, la place et le rôle de l’armée ainsi que de l’indépendance de la justice. Autant de questions sur lesquelles les débats entre les différents acteurs pourraient faire avancer les positions. Dans le camp de la majorité, des grincements de dents se font sentir notamment dans certains milieux opposés à ce dialogue qui une fois abouti, ouvrirait la porte à l’entrée de l’opposition dans le gouvernement. Une éventualité dont on ne souhaite pas voir se réaliser dans les cercles de la majorité qui voudraient s’approprier seuls les faveurs de l’Etat. L’hypothèse la plus probable serait celle qui alignerait autour d’une table à la présidence tour à tour Messaoud Ould Boulkeir, Boidiel, Ould Waghf … les autres , et l’instigateur de ce dialogue taillé sur mesure, Ould Abdel Aziz. Une manière de donner une plus grande aura à son pouvoir et laisser les plus récalcitrants constituer ce qui restera de l’opposition démocratique amputée de l’un de ses membres influents. Tel serait l’objectif visé par l’homme fort du pays en complicité avec ses « nouveaux futurs alliés ».
Cheikh Tidiane Dia –LE RÉNOVATEUR.




