Monthly Archives: February 2015
César: le film franco-mauritanien «Timbuktu» triomphe avec 7 prix
Le film franco-mauritanien «Timbuktu» d’Abderrahmane Sissako, chronique de la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes, a triomphé vendredi à la 40e cérémonie des César, au cours d’une soirée qui a voulu célébrer la liberté d’expression.
«Timbuktu» a reçu sept prix, dont les prestigieux trophées du meilleur film et meilleur réalisateur.
«La France est un pays magnifique, parce qu’elle est capable de se dresser contre l’horreur, contre la violence, l’obscurantisme», a dit Abderrahmane Sissako, en référence aux immenses manifestations dans le pays qui ont suivi les attentats des 7, 8 et 9 janvier à Paris.
«Il n’y a pas de choc des civilisations, ça n’existe pas. Il y a une rencontre des civilisations», a ajouté celui qui est devenu le premier cinéaste d’Afrique noire à recevoir le César du meilleur réalisateur.
Le cinéaste a aussi tenu à remercier la France, «pays extraordinaire, ouvert aux autres» et son pays, la Mauritanie, qui «a accepté de protéger son équipe».
«Il faut croire que l’Humanité est capable d’un sursaut» face à l’horreur, a-t-il encore dit devant la presse. «Le cinéma joue son rôle dans ce sursaut là et c’est merveilleux».
Le Premier ministre français Manuel Valls a salué sur son compte Twitter le «sacre mérité» du film, soulignant qu’il fallait «résister à la barbarie».
«Timbuktu», éclairage sur l’extrémisme qui trouve une résonance particulière dans l’actualité, est également en course pour l’Oscar du meilleur film étranger décerné dimanche.
Célébrant la tolérance face à l’obscurantisme, le film inspiré de faits réels: le nord du Mali est bien tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, qui en ont été chassés en grande partie par l’opération militaire «Serval», à l’initiative de la France.
Nommé à huit reprises, «Timbuktu» –qui a aussi reçu les César du scénario, du montage, du son, de la photo et de la musique–, était le grand favori de la soirée face à «Saint Laurent» de Bertrand Bonello, sur la vie du couturier français, qui est reparti presque bredouille.
Film le plus souvent cité, avec dix citations, il n’a remporté que le César des meilleurs costumes, éclipsé par le raz-de-marée Sissako.
Dès le début de la cérémonie au théâtre du Châtelet à Paris, son président Dany Boon avait donné le ton, en soulignant que «en ces temps troublés, nous nous devons de montrer l’exemple et de faire preuve d’ouverture d’esprit, de tolérance, de respect, de générosité et d’amour».
«Le monde a bien besoin en ce moment qu’on lui raconte des histoires, de belles histoires pour que le monde continue de croire en son humanité», a-t-il ajouté.
– Adèle Haenel et Pierre Niney –
Face à cette déferlante «Timbuktu», les autres films se sont partagé les prix restants.
«Mommy», cinquième long métrage du prodige québécois Xavier Dolan, 25 ans, a emporté le César du meilleur film étranger. Le film émouvant, drôle et haut en couleur raconte l’histoire de Diane, mère exubérante qui hérite de la garde de son fils, un adolescent bipolaire, impulsif et violent, après son expulsion d’un centre spécialisé.
Ce drame familial avait fait chavirer le dernier festival de Cannes, où il avait obtenu le prix du jury, ex aequo avec «Adieu au langage» de Jean-Luc Godard.
Par ailleurs, Pierre Niney, qui prête sa grâce fragile à Yves Saint Laurent dans le film «Yves Saint Laurent» de Jalil Lespert, autre biopic sur le couturier français, a reçu le César du meilleur acteur, l’emportant sur son concurrent Gaspard Ulliel dans le film de Bertrand Bonello.
Adèle Haenel, 26 ans, a décroché le César de la meilleure actrice pour son rôle de jeune femme rebelle et impulsive se préparant à l’apocalypse dans le film «Les Combattants» de Thomas Cailley.
Ce premier long métrage d’un cinéaste de 34 ans, oeuvre la plus représentée derrière «Saint Laurent» avec neuf nominations, a aussi obtenu le César du meilleur premier film et celui du meilleur espoir masculin pour son interprète Kévin Azaïs.
La comédie «La Famille Bélier» d’Eric Lartigau, très appréciée du public, a quant à elle été récompensée par le César du meilleur espoir féminin pour la comédienne et chanteuse Louane Emera, 18 ans, découverte dans le télé-crochet The Voice.
L’actrice américaine Kristen Stewart, 24 ans, est devenue vendredi la première Américaine à remporter un César, pour son second rôle dans «Sils Maria» d’Olivier Assayas.
L’acteur Reda Kateb a quant à lui reçu le César du meilleur second rôle masculin pour son interprétation d’un médecin dans «Hippocrate» de Thomas Lilti.
AFP
Malcolm X et Martin Luther King, deux méthodes pour un même combat
Photo : Le 26 mars 1964, Malcolm X et Martin Luther King Jr. se rencontrent en marge des débats au Sénat américain sur la loi pour les droits civiques.50 ans après – Malcolm X: au-delà des masques et des légendes
«L’avenir appartient à ceux qui le préparent dès aujourd’hui». Cinquante ans après sa mort, les paroles de Malcolm X résonnent encore dans l’imaginaire des Africains-Américians.Abdrahmane Cissokho:«Timbuktu» le triomphe d’un film africain aux César
«Timbuktu » du Mauritanien Abderrahmane Sissako a raflé sept César vendredi soir, à Paris. Du jamais vu pour un film africain. Produit par une Française, Sylvie Pialat, le film qui raconte la résistance des habitants du nord du Mali face aux jihadistes en 2012, est sacré dans les catégories meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario, meilleur montage, meilleure musique, meilleur photo et meilleur son.
« Timbuktu », c’est le cri de détresse d’un cinéaste, Abderrahmane Sissako, né en Mauritanie, étudiant à Bamako, apprenti cinéaste à Moscou et qui un jour découvre, effaré, que l’on peut lapider un couple à Aguelhoc dans le nord du Mali au XXIe siècle sous prétexte que cet homme et cette femme ne sont pas mariés.« Timbuktu », c’est la force de la poésie face à l’arbitraire : des gamins qui jouent au foot sans ballon parce que les islamistes ont interdit le football. Un père qui gratte une guitare sous sa tente. Une existence qui bascule à cause d’une vache nommée GPS.
« Timbuktu », c’est la revanche d’un film qui a bouleversé le festival de Cannes l’année dernière, mais que le jury a ignoré.
« Timbuktu », c’est près d’un million de spectateurs en France, du jamais vu pour un film africain.
« Timbuktu », c’est l’œuvre d’un cinéaste qui affectionne la lenteur, mais qui vole vers les Oscars. Ce plaidoyer contre l’intégrisme religieux sera le premier film mauritanien à concourir dimanche à Los Angeles dans la catégorie meilleur film étranger.
« Timbuktu », c’est un film qui retournera bientôt en terre africaine : le film est sélectionné au Fespaco, le Festival du cinéma de Ouagadougou.
Hier soir, le réalisateur Abderrahmane Sissako a surmonté sa réserve naturelle pour rendre hommage à la France, un mois et demi après les attentats à Paris.
Rfi
Le FONADH dénonce les propos «racistes » de Sidi Ould Dahi
Le Forum des Organisation Nationales de Droits Humains (FONADH) en Mauritanie-un collectif d’une vingtaine d’ONG, dénonce « les propos racistes et xénophobes » d’un ancien sénateur, Sidi Ould Dahi accusé de faire l’apologie des crimes commis contre la communauté négro-africaine par le régime du président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya entre 1989 et 1991, dans une déclaration rendue publique vendredi.
L’ancien sénateur incriminé, présenté comme « un très proche collaborateur » du président Mohamed Ould Abdel Aziz, s’exprimait sur le plateau d’une télévision privée locale (Watanya).
Le FONADH condamne « une manifestation éhontée et impunie de racisme et d’exclusion-une insulte de la part d’un élément issu de la communauté arabe à l’égard de la toute la communauté négro-africaine, qui a loué sans vergogne les crimes de génocide perpétrés contre la communauté négro-africaine de Mauritanie par le régime sanguinaire de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya ».
Et au-delà, fustige « le racisme d’Etat» dans le pays, l’absence de réaction officielle et même au niveau des médias.
Les faits rappelés par le FONADH ont porté sur des milliers de déportations, expropriations et exécutions extra-judiciaires visant les membres de la communauté négro-africaine de Mauritanie.
Le collectif d’ONG relève l’impunité dont jouissent les présumés auteurs de ces crimes qui illustre « l’absence de rupture » entre les régimes de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya et Mohamed Ould Abdel Aziz et autorise certains mauritaniens à se livrer à une apologie de ces graves crimes sans courir de gros risques.
le calame




