Monthly Archives: June 2014
Mauritanie : TPMN interpelle l’opposition pour une véritable cohabitation
Le mouvement citoyen TPMN (Touche Pas à Ma Nationalité) vient d’interpeller l’opposition mauritanienne pour détruire le système raciste et esclavagiste du régime deOuld Aziz et sortir des sentiers battus pour régler la question nationale sur la cohabitation.
Dans un communiqué rendu public cette semaine à Nouakchott à la veille du lancement officiel de la campagne des présidentielles TPMN ne reconnaît pas la légitimité d’un président issu de ce scrutin du 21 juin prochain basé sur un fichier électoral discriminatoire pour les noirs en Mauritanie et en Europe.
A quelques jours de la campagne officielle des présidentielles le 6 juin, le mouvement citoyen mauritanien s’invite dans les débats en clarifiant sa position dans un communiqué rendu public cette semaine à Nouakchott. TPMN part du principe que le scrutin du 21 juin prochain repose sur un fichier électoral issu des dernières élections législatives et municipales.
Un fichier loin d’être fiable du fait qu’il résulte du recensement biométrique depuis 2011.Le mouvement dénonce le caractère de ce qu’il appelle « génocide biométrique » programmé par l’Agence Nationale des Registres des Populations et Titres Sécurisés dont le patron n’a de compte à rendre qu’au président mauritanien. Une anomalie structurelle qui a conduit à la dérive ethnique depuis son lancement .
Les chiffres sont éloquents.8000 rapatriés du Sénégal depuis 2008 sont seulement inscrits sur 24000.Cette obstruction délibérée de l’enrôlement concerne également les Hratins. La nouvelle circulaire de l’agence vient de stopper les opérations dans le Tagant pour empêcher cette importante frange de la population d’accomplir son devoir de citoyen.
Les noirs de la diaspora en Europe attendront aussi avant que le préalable de la carte de séjour ne soit levé. C’est clair TPMN ne veut pas être complice de cette situation et interpelle l’opposition pour une réelle prise en charge de la cohabitation et la destruction du système raciste et esclavagiste du régime de Ould Aziz.
Pour le mouvement il est temps qu’elle agisse concrètement au lieu de critiquer tout le temps le chef de l’Etat ou de boycotter les urnes. Sa position sur le scrutin du 21 juin prochain est on ne peut plus clair. Pas de légitimité pour un président qui serait issu des urnes basées sur un fichier électoral raciste et discriminatoire.
Yahya Cherif KANE.
ANNONCE PROCHAINE PARUTION:Dissonances, mélodies sociales et politiques mauritaniennes
À toutes et à tous de l’intérieur, comme de la diaspora
Nous avons le plaisir de vous annoncer, Sidi N’Diaye (politise) et Abdarahmane Ngaïdé (historien), la sortie prochaine (dans deux semaines…) de notre livre intitulé :
Dissonances, mélodies sociales et politiques mauritaniennes
Discussions aléatoires et libres fragments.
(Éditions l’Harmattan-Sénégal, 2014).
Préface de Dr. Mohamadou Abdoul Diop dit Mody (historien).
En avant-goût : Extraits de l’avant-propos et de la quatrième de couverture
« Ce petit livre peut paraître ridicule, mais pas inutile. Ce sont des fragments de discussions-pensées aléatoires qui portent sur des événements fragmentés, mais toujours solidaires pour alimenter l’énergie motrice de nos communautés. Ces discussions fragmentées lient entre elles les essences internes qui commandent l’événement dans tous les sens que peut recouvrer ce terme aussi chargé que mythique. Evénement/avènement/processus ! Chaque fragment contient son mythe et décline une partie d’un visage nuancé et renfrogné sur toutes ses commissures. C’est un puzzle d’idées éparses, mais qui puisent leur sève nourricière dans les racines profondes d’une Mauritanie en évolution, en révolution (s) endormie (s) ou endormante (s).
Notre sismographe indique les positions différenciées de l’aiguille sociale et politique qui pique notre nerf sciatique et irradie tout notre corps de cette douleur indicible. Cette petite aiguille magnétique crache sur la feuille millimétrée, Mauritanie, une courbe sinusoïdale qui rend compte d’une figure animée, agitée, tiraillée de toutes parts, chevauchée par n’importe qui vers n’importe quoi. Ces fragments rendent compte de l’animation d’une petite époque. Cette époque chargée de nuages féconds en averses, en torrents et en inondation verbale, sémantique et comportementale, et qui mérite notre attention. Une bifurcation lourde et douloureuse est toujours à l’affût des errances mémorielles. Et quand un peuple ne se retrouve dans aucune de ses mémoires [plurielles par essence, devoir, vocation et obligation], il perd tous les fondamentaux de sa spiritualité et tombe dans la spirale tourbillonnaire d’un monde désarticulé et mis à sac par ses propres fils. Ce jour-là, les leçons du passé récent, les acquis du présent, et les espoirs qu’ils suscitaient ensemble, voleront en éclats comme si la vie leur était interdite pour leurs propres inconséquences. Ces fragments n’avertissent pas, ils crient et vocifèrent à haute voix en traçant des chemins modestes qui ouvrent sur des champs d’investigations poussées pour mieux comprendre la profondeur et la nécessité impérieuse de s’arrêter pour reparler, de manière sereine et intelligente, du contrat social mauritanien pour un devenir assumé, assuré et partagé dans une diversité éternellement apaisante.
Donc, dans les textes qui vont suivre, nous ne prétendons pas dire la vérité, nous écrivons plutôt pour dire, raconter à notre manière une certaine Mauritanie. Ce sont là le récit d’événements et de faits que nous avons voulu débarrasser de ces passions qui s’insinuent dans pléthore de commentaires portant sur des aspects précis de la vie politique et sociale mauritanienne.
Et si, comme l’indique le titre Discussions Aléatoires, nous écrivons librement des fragments qui peuvent laisser croire au lecteur non attentif que ceux-ci sont soudains et légers, nous le faisons toujours avec cette lucidité nécessaire à l’analyse et à l’interprétation « froide » de questions ou d’objets « chauds ». Bref, … rendez-vous au final des points de suspension. » [N’Diaye & Ngaïdé, Paris/Nantes 25/04/2014].
À bientôt autour de ces idées.
Mauritanie : Ould Aziz en pole position pour sa réélection
La campagne officielle des présidentielles démarre sur tout le territoire le 6 juin prochain sur fond de contestation de l’opposition mauritanienne qui appelle à manifester le 4 juin prochain pour protester contre la tenue de ces élections.
D’ores et déjà les cinq candidats désignés sont sur les starting-blocks pour convaincre les électeurs. Il s’agit du président sortant candidat de l’UPR Ould Aziz,le candidat de l’AJDMR Ibrahima Sarr, le candidat Ould Houmeid d’El Wiam et deux candidats indépendants Lalla Mariem Mint Moulay Idriss et Biram Dah Abeid.
Pour les observateurs le président mauritanien part largement favori pour rééditer l’exploit de 2009 à défaut des grosses pointures de l’opposition qui boycottent encore une fois les urnes.
Alors que le président mauritanien candidat à sa propre succession enchaînait depuis des lustres des visites à Nouakchott et à l’intérieur du pays pour inaugurer des projets de développement ou poser des premières pierres d’infrastructures ou appuyer des initiatives de son gouvernement dans les domaines socio-économiques l’opposition quant à elle préférait se réunir autour du Forum pour la démocratie et l’unité après avoir créé la Coordination démocratique pour boycotter toutes les élections .
Une sérieuse méthode que Ould Aziz a mis en pratique depuis les accords de Dakar en 2008 et son élection une année plus tard et qui a porté ses fruits lors des dernières élections législatives et municipales.
Alors les présidentielles 2014 semblent être une formalité pour le locataire du palais de Nouakchott qui a d’abord pris le soin d’écarter sur son chemin les grosses pointures de l’opposition Ould Maouloud de l’UFP Ould Daddah du RFD Ould Mansour de Tawassoul et Ould Boulkheir de l’APP.
Et c’est sans grand enjeu que le candidat de l’UPR sera en face le 21 juin prochain de deux candidats indépendants d’abord l’ancienne collaboratrice de Ould Taya Lalla Mariem Mint Moulay Idriss et l’anti esclavagiste et président de l’IRA Ould Abeid, du candidat infatigable et charismatique de l’AJDMR Ibrahima Sarr et enfin l’ancien baron du PRDS de Ould Taya.
Malgré les timides contestations du Forum National pour la Démocratie et l’Unité qui regroupe 12 partis et les trois partis négro mauritaniens PLEJ de Bâ Mamadou Alassane Arc-En-Ciel de Bâ Alassane et du MPR de Kane Hamidou Baba qui appellent à une marche à la veille de la campagne officielle dans la capitale mauritanienne les jeux sont presque faits.
Ni la fracture sociale qui s’agrandit d’année en année ni le mécontentement des rapatriés du Sénégal sur leurs conditions difficiles dans les camps dans les régions Sud du pays ni l’exacerbation des citoyens noirs sur l’enrôlement discriminatoire à l’intérieur comme à l’extérieur du pays ni toute cette somme de frustrations ne pourra influer sur le système électoral bien cadenassé par le régime de Ould Aziz .
L’autre réalité qui crève les yeux. Le président sortant bénéficie des moyens humains et matériels de l’Etat pour faire sa campagne en utilisant l’audiovisuel public pour écraser ses concurrents qui devront se tourner vers les médias libres pour expliquer leur programme.
Un débat entre tous les candidats est prévu pour le 7 juin prochain. Les observateurs sont dans l’expectative au sujet de la participation du numéro un mauritanien. Un débat à hauts risque pour le chef de l’Etat qui porte également la casquette de l’UA qui le mobilise pour trouver une solution de paix au Nord-Mali entre les séparatistes touaregs et les autorités de Bamako.
Yahya cherif Kane.JOURNALISTE
Ahmed-Baba Miské sur RFI: «Les pays européens ont mis en place un système néocolonial»
RFI – Pourquoi, ces 50 dernières années, l’Afrique s’est-elle développée moins vite que l’Asie ? C’est la question à laquelle tente de répondre l’essayiste mauritanien Ahmed-Baba Miské. En 1960, l’auteur a lui-même milité pour l’indépendance de son pays.
Après un séjour en prison, il est devenu ambassadeur de Mauritanie à Washington, puis directeur à l’Unesco. Aujourd’hui, il publie chez Karthala «La décolonisation de l’Afrique revisitée».
RFI : Votre livre parle d’une question toute simple, d’où vient ce mal africain, qui vient du fait que les pays du continent sont en retard par rapport à des pays comparables d’autres continents. Et je crois que vous avez trouvé la réponse ?
Ahmed Baba-Miské : La responsabilité de l’Europe m’a paru évidente parce qu’avant de partir, les pays européens ont mis en place un système avec des hommes, un système néocolonial. Donc la liberté de prendre leur destin en main pour des Africains est restée absente jusqu’à maintenant. Or, faire face au sous-développement demande des efforts gigantesques terribles, cela ne peut se faire que si vraiment le pays est bien dirigé par une direction crédible et légitime. Justement, c’est ça que les Européens ont empêché, ils ont empêché le peuple d’être bien guidé.
Vous vous rappelez le terrible destin du nationaliste camerounais Ruben Um Nyobè assassiné par les Français en 1958, vous le comparez à Mandela sauf qu’il est mort pendant son combat. Mais est-ce que si Ruben Um Nyobè avait été président, le pays se serait développé plus vite ?
Oui, Ruben Um Nyobè a prouvé pendant toute sa vie que ce n’était pas un apprenti dictateur, c’était un militant vraiment, c’est pour ça que je le compare à Madiba, il y a la même force de caractère, le même dévouement, mais aussi la même force humaniste.
Vous dites qu’Ahmadou Ahidjo, le père officiel de l’indépendance camerounaise, était à vos yeux un fantoche. Est-ce que vous diriez la même chose des pères de l’indépendance de l’Afrique de l’Ouest, comme Félix Houphouët-Boigny, Léopold Sédar Senghor ?
Oui bien sûr, tous plus ou moins, mais la différence c’est que Houphouët-Boigny par exemple a commencé comme un vrai militant anticolonialiste, mais par la suite est redevenu le grand chef traditionnel africain. Il a joué un rôle très grave pour empêcher le maintien d’une fédération, et là ça aurait été vraiment très important pour l’Afrique d’avoir déjà un état fédéral ouest-africain de la taille de ce qu’était l’Afrique-Occidentale française. C’était la volonté de la France, à ce moment-là, de ne pas laisser se reconstituer la fédération.
Ahmed-Baba Miské, vous évoquez aussi votre pays, la Mauritanie, les lourds secrets de 1989 quand des centaines de soldats et de sous officiers noirs, écrivez-vous, ont été assassinés par leurs camarades maures, est-ce que là aussi la division dont a souffert votre pays c’est la faute des Français ?
Là je ne crois pas du tout qu’il y ait une responsabilité française, personne n’est venu dire qu’il y a eu tel ordre donné par Maaouiya Ould Taya pour assassiner des gens. Seulement personne ne croit que des choses aussi graves puissent se faire sans que ça remonte au sommet de la présidence de la République.
Dans votre livre vous écrivez que plus de 50 ans après les indépendances et qu’avec ces démocraties standards apparues après le sommet de la Baule, on en est arrivé au stade suprême du néocolonialisme ?
Mais oui… À partir de ces régimes, plus ou moins démocratiques, c’est là qu’un nouveau mouvement, notamment par les élites africaines et les jeunes africains peut être tout à fait légitime et avoir un droit de citer dans ces démocraties plus ou moins formelles.
Ahmed-Baba Miské, dans votre riche carrière, il y a ces deux années entre 90 et 92, vous êtes médiateur entre Bamako et les Touaregs du nord du Mali, c’est à l’époque du général Moussa Traoré, vous dites d’ailleurs que le nouveau président était un négociateur de bonne foi. Pourquoi 25 ans après la guerre continue-t-elle au nord Mali ?
Je peux donner une réponse très simple, mais un peu insuffisante, elle continue parce que simplement, si vous nous avez laissé aller jusqu’au bout de cette médiation-là, on était en train de proposer aux Maliens une formule qui, peut-être est en train de se faire maintenant à partir justement de ce qui s’est passé à Kidal et curieusement c’est aussi un Mauritanien qui est venu obtenir le cesser le feu à Kidal. Il se trouve que c’est un Mauritanien qui a plus de poids que moi.
Et il est le président de la Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce qu’il faut peut-être dire, Ahmed-Baba Miské, c’est que en tant que Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz ou vous-même, vous avez des relations culturelles très fortes avec le peuple touareg ?
Bien sûr, j’ai rencontré certains chefs traditionnels comme on dit que leur communauté venait de chez moi, de la région qui est devenue la Mauritanie à l’époque des Almoravides. De toute façon, à l’origine, c’est la même population sanhadja qui peuplait toute ces zones-là et il en est resté beaucoup parce qu’une partie des tribus maures est restée berbérophone jusqu’à ces derniers temps et quand j’étais moi-même là-bas, j’étais vraiment comme chez moi, il y avait une confiance.
Vous dites qu’un an après l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta, on peut se féliciter de l’arrivée au pouvoir d’un président en qualité d’homme d’Etat ? Mais après ce qui est arrivé le 17 mai, cette visite du Premier ministre à Kidal et les combats qui s’en sont suivis, est-ce que vous faites toujours la même analyse ?
Tout à fait, je crois que IBK a été confronté à une situation extrêmement difficile, il y avait une opinion malienne extrêmement surchauffée, très très remontée contre les Touaregs, contre les manalas en particulier et que peut-être, parfois le malheur est bon. Cette explosion qui s’est passée à Kidal l’autre jour, c’était peut être nécessaire pour qu’il y ait un choc pour que justement le président IBK et tout le monde, puissent à ce moment-là convaincre l’opinion malienne. Et je crois que maintenant ça ne sera plus difficile, il faudra maintenant négocier les affaires du nord du Mali.
par Christophe Boisbouvier
Position de Touche pas à ma nationalité vis-à-vis de l’élection présidentielle du 21 juin prochain
TPMN (Mouvance Alassane Dia) – Comme à son habitude, le régime autiste de Mohamed Ould Abdel Aziz a fixé unilatéralement la date de l’élection présidentielle au 21 juin 2014.
Au-delà du fait qu’elle exacerbe la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis quelques années, cette décision vient confirmer le peu de cas que le régime fait de la composante noire de ce pays.
En effet, l’élection présidentielle à venir, tout comme les élections législatives et municipales de la fin de l’année dernière, repose sur un fichier électoral émanant de l’enrôlement raciste et discriminatoire vis-à-vis des Noirs, tant décrié depuis son lancement en 2011.
Sous le prétexte de doter le pays d’un état-civil biométrique fiable, c’est à une vraie épuration ethnico-raciale que se livre l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS) dont le patron n’a de comptes à rendre qu’au Président de la République.
Le refus d’enrôler les rapatriés mauritaniens du Sénégal, dont seuls 8000 sur un nombre total d’un peu plus de 24000 ont réussi à s’inscrire, les rejets quotidiens de milliers de citoyens pour des motifs fallacieux et l’obstruction systématique à l’enrôlement de la diaspora noire en Europe constituent aujourd’hui les exemples les plus illustratifs du caractère raciste et discriminatoire de ces opérations.
La privation de l’état-civil est aussi une réalité pour une grande masse des Haratines, en particulier ceux qui vivent encore sous le joug de l’esclavage et dont la filiation pose problèmes. Dans le même temps, les sahraouis, les touaregs et autres arabes du Mali sont enrôlés à tours de bras par simple affinité épidermique.
Mais le régime ne se contente pas simplement d’exclure les Noirs, il exclut également tous les pauvres du droit de vote. Ceux parmi ces derniers qui ont la chance de se faire enrôler sur les registres de l’état-civil en restent pourtant exclus par celui-là-même qui s’est autoproclamé Président des pauvres, par le prix dissuasif, pour un père de famille nombreuse, dont il faut s’acquitter pour pouvoir jouir de sa carte d’identité et en faire bénéficier l’ensemble de la famille..
Touche pas à ma nationalité considère qu’il n’y a point de démocratie sans la reconnaissance préalable de la citoyenneté pleine et entière de l’ensemble des filles et fils du pays au-delà de leurs appartenances raciale, ethnique, tribale ou sociale. Il n’y aura point de légitimité pour un président issu d’une élection basée sur un fichier électoral raciste et discriminatoire.
Par conséquent, Touche pas à ma nationalité ne se sent nullement concerné par cette mascarade en vue qui n’a d’autre objectif que d’entériner le génocide biométrique initié par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Nous en appelons à la responsabilité de tous et en premier lieu à celle de la classe politique, au régime en place accroché à son pouvoir comme à l’opposition qui n’a d’autre objectif que de l’en déloger, et nous rappelons qu’au-delà des querelles pour le contrôle du pouvoir il y a l’intérêt suprême de la Mauritanie qui est en jeu, celui de sa survie.
Nous interpellons l’opposition boycottiste pour une réelle prise en charge des problèmes nationaux et pour la destruction du système raciste et esclavagiste qui régit la vie de notre pays depuis l’indépendance et qu’elle ne remet pas fondamentalement en cause. Il ne suffit pas de crier au boycott, il faut agir pour que ce système soit à jamais banni. Autrement, il n’y aura point de salut pour ce pays qui nous est cher.
Fait à Nouakchott le 01 juin 2014
Pour le Bureau Exécutif,
Le Président,
Alassane Dia
Au-delà du fait qu’elle exacerbe la crise politique dans laquelle est plongé le pays depuis quelques années, cette décision vient confirmer le peu de cas que le régime fait de la composante noire de ce pays.
En effet, l’élection présidentielle à venir, tout comme les élections législatives et municipales de la fin de l’année dernière, repose sur un fichier électoral émanant de l’enrôlement raciste et discriminatoire vis-à-vis des Noirs, tant décrié depuis son lancement en 2011.
Sous le prétexte de doter le pays d’un état-civil biométrique fiable, c’est à une vraie épuration ethnico-raciale que se livre l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRPTS) dont le patron n’a de comptes à rendre qu’au Président de la République.
Le refus d’enrôler les rapatriés mauritaniens du Sénégal, dont seuls 8000 sur un nombre total d’un peu plus de 24000 ont réussi à s’inscrire, les rejets quotidiens de milliers de citoyens pour des motifs fallacieux et l’obstruction systématique à l’enrôlement de la diaspora noire en Europe constituent aujourd’hui les exemples les plus illustratifs du caractère raciste et discriminatoire de ces opérations.
La privation de l’état-civil est aussi une réalité pour une grande masse des Haratines, en particulier ceux qui vivent encore sous le joug de l’esclavage et dont la filiation pose problèmes. Dans le même temps, les sahraouis, les touaregs et autres arabes du Mali sont enrôlés à tours de bras par simple affinité épidermique.
Mais le régime ne se contente pas simplement d’exclure les Noirs, il exclut également tous les pauvres du droit de vote. Ceux parmi ces derniers qui ont la chance de se faire enrôler sur les registres de l’état-civil en restent pourtant exclus par celui-là-même qui s’est autoproclamé Président des pauvres, par le prix dissuasif, pour un père de famille nombreuse, dont il faut s’acquitter pour pouvoir jouir de sa carte d’identité et en faire bénéficier l’ensemble de la famille..
Touche pas à ma nationalité considère qu’il n’y a point de démocratie sans la reconnaissance préalable de la citoyenneté pleine et entière de l’ensemble des filles et fils du pays au-delà de leurs appartenances raciale, ethnique, tribale ou sociale. Il n’y aura point de légitimité pour un président issu d’une élection basée sur un fichier électoral raciste et discriminatoire.
Par conséquent, Touche pas à ma nationalité ne se sent nullement concerné par cette mascarade en vue qui n’a d’autre objectif que d’entériner le génocide biométrique initié par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.
Nous en appelons à la responsabilité de tous et en premier lieu à celle de la classe politique, au régime en place accroché à son pouvoir comme à l’opposition qui n’a d’autre objectif que de l’en déloger, et nous rappelons qu’au-delà des querelles pour le contrôle du pouvoir il y a l’intérêt suprême de la Mauritanie qui est en jeu, celui de sa survie.
Nous interpellons l’opposition boycottiste pour une réelle prise en charge des problèmes nationaux et pour la destruction du système raciste et esclavagiste qui régit la vie de notre pays depuis l’indépendance et qu’elle ne remet pas fondamentalement en cause. Il ne suffit pas de crier au boycott, il faut agir pour que ce système soit à jamais banni. Autrement, il n’y aura point de salut pour ce pays qui nous est cher.
Fait à Nouakchott le 01 juin 2014
Pour le Bureau Exécutif,
Le Président,
Alassane Dia




