Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: June 2014

Manifestation de soutien à Amintou Mint Moctar : « Non à la loi de la jungle »

altRédaction Cridem – Des dizaines de femmes de l’AFCF (Association mauritanienne des femmes chefs de familles) et d’autres organisations de défense des droits humains ont tenu sit-in lundi 09 juin à Nouakchott devant la présidence de la République.

Objet de la manifestation : apporter soutien a Aminetou Mint Moctar, présidente e l’AFCF. Mint Moctar est visé par « une fatwa » lancé par une organisation non reconnues dite « Amis du prophète. » Une « Fatwa » qui demande « la mise a mort» de la presidente de l’AFCF.

Le FONADH (forum national pour la défense des droits humains,) dans un communiqué rendu public le 07 juin, a écrit : « Au cours d’un entretien avec la presse relatif à la situation des droits de l’homme en Mauritanie, Aminétou a simplement exprimé son point vue en faveur du respect des droits humains dans notre pays, en demandant qu’un procès équitable soit accordé au détenu d’opinion Mohamed o/ M’hkaitir, position que nous partageons tous.

Le fait d’avoir donné son opinion ne mérite pas cette réaction dangereuse et pour le moins inconcevable dans un Etat de droit. » Mohamed Ould Mkheitir, est en détention préventive pour « propos présumés diffamatoire » a l’encontre du prophète Mohamed (PSL).

La présidente de l’AMSME (association mauritanienne pour la santé de la mere et de l’enfant), Zeinabou Mnt Taleb Moussa, a pris part au sit-in devant la présidence. « Non a l’assassinat des innocents, Nous réclamons un Etat de droit, non a l’extrémisme et non a la loi de la jungle…» étaient, entre autres slogans, brandis par les manifestantes.

Guerre des bilans : Ould Waghef rattrapé par son passé !

La récupération politique n’est pas une mince affaire, surtout quand la personnalité qui ambitionne la continuité et la popularité, est régulièrement pourchassée par un passif inoubliable et lourd de sa gestion antérieure des affaires publiques et qu’en dépit des préjudices faits à la nation toute entière, elle s’efforce inlassablement pour donner l’image d’un « Monsieur propre ».

Dans la guerre directe ou par chemins détournés que se livrent ardemment les opposants et l’actuel Chef de l’Etat mauritanien candidat à sa propre succession aux élections présidentielles du 21 juin prochain, avec le fort soutien de la majorité présidentielle, Ould Abdel Aziz vient de sortir sa lourde artillerie, pour abattre, suivant une tactique sélective, ses adversaires politiques, en commençant en premier par les plus fragiles.
Comme les opposants ne comptabilisent pas tous des défauts et qu’ils comprennent des personnalités politiquement correctes, à l’instar des leaders du RFD, de l’UFP, de Tawassoul, du RPM et du PLEJ pour ne citer que ces dirigeants sur plusieurs autres, il y a ceux parmi eux qui devaient faire leur retraite politique depuis longtemps et garder profil bas depuis que l’émergence de leurs scandales financiers, qui se sont avérés parmi les plus lourds de l’histoire politique et économique du pays, avaient mis à nu.
C’est dans ce cadre précis que Ould Abdel Aziz, évoquant dimanche dernier son actif de réalisations au cours des 5 dernières années, particulièrement la création de la compagnie aérienne Mauritania Airlines (MAI), a rappelé la faillite de la défunte Air Mauritanie.
Un retour en arrière réactualisé destiné semble-t-il à susciter une prise de conscience des mauritaniens de la duplicité du discours politique de certains opposants, qui malgré leur passif historique, s’exhibent aujourd’hui publiquement, comme s’ils n’ont rien à se reprocher et qu’ils sont à leur grande illusion les hommes qui peuvent tirer le pays du cercle vicieux du sous-développement.
En évoquant la création de la MAI comme compagnie nationale aérienne, la qualifiant de société réussie au capital entièrement détenu par l’Etat mauritanien, Ould Abdel Aziz a indiqué que ce défi n’a pu être relevé qu’après la mise à l’écart des gabegistes.
Jusque-là, l’accusation reste du domaine de généralités, portée contre tous ceux dont le parcours professionnel au cours de ces dernières décennies a été entaché d’irrégularités cruelles dans la gestion de la chose publique.
Mais, quand le Président candidat dit, dans ses déclarations relatives à ses prouesses réalisées dans le secteur du transport aérien, que cette filière est longtemps restée stationnaire, qu’elle est même tombée en faillite, des suites de la gestion catastrophique d’une ancienne personnalité « qui se présente aujourd’hui comme le plus grand opposant et parle, mensongèrement, de corruption et de mauvaise gestion, de transparence des élections et oublie la situation dans laquelle il a laissé la société”, personne n’avait plus besoin de deviner à quel adversaire politique Ould Abdel Aziz fait allusion !
Reste à savoir, quel sera la prochaine cible de Ould Abdel Aziz qui a encore 11 jours pour démasquer sa prochaine victime parmi ses pseudo adversaires politiques qui nuisent considérablement à la lutte objective de leurs frères opposants comme contre-pouvoirs indispensables à la régulation démocratique, mus par l’unique sentiment de patriotisme et de l’intérêt général de la Mauritanie

Md O Md Lemine

Source: Temps Forts

FLAMNET-RETRO: Droit à l’autonomie du Sud : L’instinct de survie des FLAM !

altIls sont rentrés depuis  quelques jours après des décennies d’exil forcé sinon  vital, loin de leur pays mais tout en restant les coeurs prés de leurs compatriotes mauritaniens de tout acabit, blanc et noir, noir ou blanc.

Malgré les dures peines  vécues par leurs communautés victimes fort malheureusement de leurs sœurs de lait et de sang ainsi que par eux-mêmes pendant une très longue période,  ils sont demeurés fortement attachés à la tolérance, à l’unité, à l’entente et à la refondation de la Mauritanie une et indivisible, juste et développée.

Une Mauritanie à l’abri de de toute obsession de désintégration et de partage.Ils, ce sont les cerveaux des FLAM qui avaient animé dimanche dernier une importante conférence de presse pour faire l’état des lieux de leur lutte continue, de leurs attentes et espoirs, de leur grande ouverture du cœur et  de leur pardon.

L’autonomie du Sud comme l’avaient rapportée des confrères était l’un des points abordés contre son gré par le leader du mouvement SambatThiam, évitant à tout moment de circonscrive cet objectif en une  fatalité incontournable, le limitant plutôt d’instinct de survie pour toute une communauté ainsi que pour ses générations futures,  d’alternative ultime au cas où la Mauritanie continuera sa démission à ses responsabilités d’Etat-nation où les hommes sont égaux nonobstant leur race, leur tribu et leur région. 

Rentré d’un exil de 27 ans avec les membres de la direction du mouvement, le  président des FLAM, Samba Thiam a fait lecture dimanche dernier devant les médias et les invités de tout bord de son message dont ci-après des extraits :

« Nous sommes heureux de revenir chez nous. Comme dit l’adage, l’on n’est bien que chez soi.Nous avons dû, par la force des choses, quitter  la Mauritanie, mais la Mauritanie ne nous a jamais quittés.Nous sommes revenus,  heureux de pouvoir, enfin,  nous recueillir sur les tombes de ces êtres chers, disparus pendant notre long exil (…).

« Nous sommes revenus honorer la mémoire de tous nos martyrs, nous acquitter d’une dette à leur égard, montrer que leur sacrifice, sacré, n’a pas été vain; Zakaria Touré, Tapsirou Djigo,Tene Youssouf Gueye, Alassane Oumar Bâ, Abdoul khoudouss Bâ, Bâ Seydi, Sy Saidou, Sarr Amadou et toutes les victimes de l’intolérance sanguinaire de la dictature raciste.Paix à leurs âmes ! »

« Nous sommes revenus, porteurs du rameau d’olivier,  nourrissant l’espoir  d’une Mauritanie réconciliée, à égale distance de tous ces fils, fondée sur les valeurs de fraternité, de justice, mais aussi de tolérance et de respect mutuel.

« Une autre Mauritanie est possible,- nous en restons fermement convaincus – une Mauritanie où nos enfants auraient les mêmes droits, jouiraient des mêmes chances, des mêmes possibilités, des mêmes opportunités, et  partageraient le même rêve d’un meilleur devenir. Tel était l’esprit du Manifeste de 1986.

Des hommes et des femmes, de plus en plus nombreux, partagent maintenant cette conviction optimiste de  l’avenir. Nous nous en réjouissons; cela  est   heureux (…).

Après avoir rappelé les motifs justifiant le départ des Flam du pays depuis quelques années et faisant un raccourci des objectifs du Manifeste,  Samba Thaim dira comme un véritable patriote toujours attaché à sa nation que « pendant ces 27 ans la Mauritanie » ne l’a jamais quittée lui et ses camarades de lutte !

«  Il fallait internationaliser la question du racisme d’Etat et de l’esclavage à maintenir, en permanence, au devant de cette même actualité. Il fallut médiatiser la question du passif humanitaire et des déportés  que le Système et ses agents internes et externes  s’efforçaient de passer à l’oubli » a-t-il dit.

Evoquant le retour, il ajoute « des  choses ont changé, certes, mais  des problèmes de fond demeurent. Nous revenons aujourd’hui, après tant d’années d’exil, dans l’espoir de pouvoir apporter notre modeste contribution à la refondation, indispensable , de ce pays, à travers un climat de liberté qui permette l’expression et la confrontation d’ idées et de projets, en toute sécurité. Parce que notre peuple ne cesse d’y appeler, nous revenons afin de l’aider à faire face aux problèmes nombreux et multiformes que rencontre notre pays (…).

Evoquant la nécessité de réajustements majeurs, Samba Thiam dira : « il nous faudra bâtir un Etat de droit – socle et condition sine qua non du jeu démocratique véritable qui  reposerait, à la fois, et sur la citoyenneté, et sur la  reconnaissance de l’égalité de toutes nos nationalités et l’égale promotion de leurs langues et cultures . (…).

« Pour tous les mêmes droits et  les mêmes lois, sans exception aucune, voilà les conditions pour jeter les bases d’un réel  changement  du futur. Pour fonder cet Etat de droit, tel que décrit plus haut, nous devons d’abord identifier et reconnaître nos problèmes, pour en débattre sans complexes. Débattre, dialoguer  pour trouver des solutions …

Nous avons aujourd’hui encore la même position ; dialoguons, débattons de nos problèmes cruciaux, en tâchant de rester attentifs aux raisons de l’adversaire! Permettons, au cours de ce dialogue, que nous espérons serein, sérieux et honnête, que chacun puisse s’exprimer librement, dans le respect et l’écoute de l’ autre, mû par la seule volonté de recherche de solutions.

« Si force nous est de reconnaître, en toute honnêteté, que l’Etat central unitaire, dans sa forme actuelle, n’a pas conduit à la formation de l’Etat – nation escompté, Il nous incombe, en conséquence, le devoir d’explorer d’autres voies ; pour la stabilité du pays ; dans l’intérêt supérieur de nos enfants ! .Voilà dans quel cadre s’inscrit la proposition des Flam qui porte sur l’Autonomie.

« Sans jamais prétendre détenir toute la vérité, nous pensons, au niveau des Flam, que l’Etat central unitaire dans sa forme actuelle n’est pas la solution, pour avoir visiblement échoué, nous l’avons déjà dit ; nous demeurons persuadés que la bonne solution à notre problème de cohabitation réside dans l’Autonomie (…).

A propos de l’autonomie le leader des FLAM confie aux médias :  «  l’Autonomie n’est pas une solution inédite, pour avoir cours dans plusieurs parties du monde. Ajoutons qu’elle ne s’oppose ni à l’Etat de droit, ni à l’approche citoyenne, contrairement à certaines thèses simplistes et sans consistance; de nombreux exemples, à travers le monde, l’attestent amplement. 

Mais surtout, pensons-nous, l’Autonomie constituera cette étape première incontournable, ce passage obligé, vers la naissance de l’ Etat- nation ou de la République des citoyens – finalité ultime – pour poser et forcer la reconnaissance et le respect de l’autre, sans lesquels il n’y a pas cet  ‘’Etat de citoyens’’.

« L’homme qu’il faut à la place qu’il faut » restera un slogan creux tant qu’il n’y aura pas ce nivellement des mauritaniens en citoyens égaux que façonnera, justement, à terme, la solution par l’Autonomie!

Md O Md Lemine

 

Source: Le Renovateur

Le FONADH dénonce des menaces de mort contre Aminetou Mint Moctar

altLe Forum des Organisations Nationales de défense des Droits Humains (FONADH), un collectif d’une quinzaine d’associations, dénonce un appel au meurtre à  l’encontre d’Aminetou Mint Moctar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de Familles (AFCF), et militante  très connue des droits de l’homme en Mauritanie, dans une déclaration rendue publique dimanche.

Le collectif fustige « un appel à l’assassinat d’une militante des droits de l’homme lancé par un groupe autoproclamé les amis du Prophète (SAW), qui interpelle la conscience de tous les mauritaniens». Cette menace sous forme de Fatwa, sentence religieuse  « a été transmise à travers les réseaux sociaux par un certain  Yehdhi Ould Dahi, qui s’est présenté en révélant ses contacts téléphoniques et son adresse électronique. Yehdhi appelle à tuer Aminetou et à lui crever les yeux sous le prétexte qu’elle est une mécréante. Depuis la parution de cette Fatwa, des sbires sont lancés à la poursuite de notre camarade » révèle  le FONADH. A l’origine de « la sentence religieuse » contre Aminetou Mint Moctar une déclaration faite à un organe de presse,  à travers laquelle elle parle de la situation générale des droits de l’homme en Mauritanie et du cas particulier de Mohamed Ould M’kheitir. Poursuivi « pour apostasie » à la suite d’une attaque présumée contre le prophète de l’Islam,  ce jeune mauritanien  est  en détention préventive depuis décembre 2013 dans la ville de Nouadhibou (465 kilomètres au Nord de Nouakchott). Dans l’interview à l’origine de la fatwa la présidente de l’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) réclame « procès équitable et le respect du principe de la présomption d’innocence » en faveur du détenu de Nouadhibou. Le FONADH relève que cette fatwa « constitue une menace grave contre les libertés fondamentales garanties par la constitution, et tient l’Etat mauritanien pour  responsable de tout ce qui pourrait arriver à la militante des droits humains ». Au-delà de la publication de cette fatwa, une partie de l’opinion mauritanienne craint la montée en puissance du discours extrémiste, en rappelant une récente affaire « de profanation du coran » qui a donné lieu à une série de manifestations violentes et qui reste encore à élucider.

 

Source: mauriweb

Interview avec Alassane Hamady Soma BA dit Balas, président du parti mauritanien du concret, Arc-en-ciel.

altSelon Mr Balas, le bilan du général président se résume à 3 G+1. Les partis de l’opposition regroupés au sein du Forum national pour la démocratie et l’unité, FNDU , qui ont décidé de boycotter la prochaine présidentielle, engagent déjà leur campagne politique pour expliquer les raisons d’un tel état de fait. C’est dans ce cadre qu’il faut placer le meeting du 29 mai dernier co-organisé par le PLEJ de BA Mamadou Alassane et le MPR de Kane Hamidou Baba et Arc-en-ciel de Balas. Nous avons rencontré ce dernier.

L’Authentique : pourquoi trois partis politiques negro-mauritaniens décident-ils ensemble d’organiser un meeting ?

Balas : Pour une raison évidente. Vous n’êtes pas sans savoir que depuis un certain temps, des leaders de partis politiques qui s’estiment être les principales victimes du système, en réponse à l’appel pressant de la communauté noire, donc de leur base naturelle, ont décidé de se retrouver pour créer une coalition qui va plus faire entendre leur voix.
Il s’agit du parti mauritanien du concret, Arc-en-ciel, que je dirige, du PLEJ de Ba Mamadou Alassane, du MPR de Kane Hamidou Baba et du mouvement FLAM de Samba Thiam .
Toutefois, ce regroupement n’est point restrictif. Il comprendra naturellement tous les partis qui s’estiment être victimes de ce dit système. Nous avons des contacts poussés avec la formation politique de Tidjane Koïta qui a accepté le principe de nous rejoindre. Nous avons aussi rencontré à ce propos, l’ADEMA du Docteur Sy Zeine qui n’a pas désapprouvé. Nous avons également tendu la main à plusieurs autres organisations qui, pour la plupart, nous ont confirmé leur adhésion, et pour d’autres, nous ont demandé de leur accorder du temps pour réfléchir avant de nous rejoindre. A terme, ce regroupement ne comprendra pas que des partis dirigés par des noirs mais toutes les communautés confondues. Ce collectif n’est pas guide par le sectarisme, encore moins le comunautarisme, et surtout pas le racisme ; il est un collectif national.
Il s’est trouvé que trois de ces partis sont également du FNDU, qui avait demandé à ses membres du pôle politique, d’organiser individuellement des meetings de sensibilisation dans tous les quartiers de Nouakchott. Nous, nous sommes dits qu’il fallait saisir cette occasion pour mutualiser nos actions politiques et siffler le début de nos retrouvailles. Cette expérience ne sera que la première de toutes les autres qui suivront dorénavant.

L’Authentique : en créant un pole en marge du Forum, n’est-ce pas à dire que vous êtes peu ou prou marginalisés ?

Balas : Non. C’est plutôt dans le système inique que nous ressentons que nous sommes laissés en rade; sincèrement nous n’y trouvons absolument pas notre place , tant que les dénis, les injustices le tribalisme, le racisme sans gants et les persécutions continuent à être son créneau. C’est contre celui-ci que notre action est dirigée. Quant au FNDU, nous nous sentons parfaitement à l’aise, comme un poisson dans l’eau. A la place des lignes rouges, ce sont plutôt des règles d’or qui sont établies: La première c’est la consensualité. On ne connait pas au FNDU, de minorité, et encore moins la majorité. Il faut que tout le monde décide ensemble. Chacun est obligé de convaincre tout le monde pour que les autres partent avec lui. Donc ce n’est pas la règle subjective, de la majorité. La deuxième règle d’or du FNDU est celle de la diversité. Rien ne se fait sans que toutes les composantes mauritaniennes ne s’y retrouvent. La preuve a été donnée au moment de la constitution de la délégation qui était chargée de négocier avec le pouvoir. La composition de cette délégation n’a rien à voir avec ce qu’on avait l’habitude de voir depuis la création de la Mauritanie, toutes les composantes de notre peuple y était représentées. Voilà les deux règles d’or instituées au niveau du FNDU. Nous ne nous regardons plus en chiens de faïence, on ne se regarde plus en tant que noir ou arabe, ou pire encore, par condescendance, mais en tant que mauritaniens, frères, amis. On s’apprécie et on se respecte mutuellement. C’est toutes ces raisons qui nous y lient.
Bref ! Au FNDU, nous avons établi un PACTE de RESPECTABILITÉ non écrit.

L’Authentique : quel est le nom du collectif qui vous veniez d’évoquer?

Balas : le collectif n’a pas encore de nom parce qu’il n’a pas fini de se constituer. Mais laissez- moi vous dire qu’il a bien avancé. Il a si bien avancé que personne ne pourra plus le dynamiter. Il est comme le soleil qui se lève. Dites moi qui pourra cacher ce soleil avec la petite paume de sa main? On est en train de ratisser et il faut ratisser large, pour que l’arc-en-cielisme de la Mauritanie soit respectė.

L’Authentique : lors de votre dernier meeting, vous aviez annoncé que le vainqueur de la future présidentielle était d’avance connu et qu’il s’agissait du candidat Ould Abdel Aziz ! Qu’est-ce qui vous a amené à une telle projection ?

Balas : il ne suffit pas d’être un saint pour le prédire, au regard de la machine électorale mise en place par Mohamed ould Abdel, le résultat est connu d’avance. 
Nous avons prodigué, suffisamment d’arguments pour dire que ce qui nous attend est loin de ressembler à des élections transparentes et crédibles. Une élection où le vainqueur est connu d’avance, ce n’est pas une élection. C’est plutôt une mascarade. Il faut appeler le chat par le chat. C’est un vol électoral, si vous préférez, un dol électoral, une duperie des masses. Quand on dispose de tous les moyens de l’Etat, quand on crée son propre appareil électoral, et que l’on est au pouvoir central, on ne peut pas ne pas gagner. Vous le constatez avec moi, toutes les structures qui vont s’occuper de ces élections ( CENI, Conseil constitutionnel, Agence de recensement, directions chargées des élections au ministère de l’intérieur, etc, etc ) pour qu’elles soient transparentes et crédibles appartiennent à Mohamed Ould Abdel Aziz. C’est lui qui les a nommées, c’est lui qui les renumere grassement et c’est lui qui met fin à leur fonction . Elles sont alors obligées de se mettre au pas.

L’Authentique : pourtant les membres de la CENI sont proposés par l’opposition?

Balas : C’est l’opposition dialoguiste qui avait demandé la mise en place de la présente CENI Vous ne l’ignorez pas, celle là est plus proche de Aziz que son ombre, quant à nous , nous allions demander une CENI politisée où tous les pôles politiques engages dans la compétition allaient être représentés équitablement, afin que chacun puisse veiller au grain, et jouer au gardien et à l’arbitre s’il le faut. Tel n’est pas le cas.
D’autre part, depuis le règne de Ould Taya, les mauritaniens ont une conception honteuse et infamante du vote. Ils ne votent pas pour un programme positif ou même pour une personnalité charismatique, mais plutôt, pour l’argent. C’est la voix de l’argent qu’ils entendent l’odeur de l’argent qu’ils sentent . Et l’argent ! Mohamed Ould Abdel Aziz en dispose. Il se trouve être aujourd’hui le plus riche président que la Mauritanie ait déjà connu. Il a rendu tout le monde pauvre, à juste titre il s’était auto-proclamé : “Président des pauvres” A sa place, j’aurai préféré être : “Président ėradicateur de la pauvreté.”

L’Authentique : avec ces boycotts répétitifs, ne craignez-vous pas à terme, la disparition de vos formations politiques ?

Balas : je vais parler plutôt de mon parti. Il n’a pas été crée contrairement à tout ce qui existe chez nous et ailleurs dans le monde, pour avoir le pouvoir ou se remplir les poches; Le parti mauritanien du concret, Arc-en-ciel, a été créé pour éveiller les mentalités, et ouvrir les yeux de la population mauritanienne, faire pointer l’aurore après une très longue nuit qui a duré pendant 54 longues années. Notre population a été endormie profondément, je devais dire anesthésiée. Notre devoir est de la réveiller pour que nos enfants, et nos petits enfants, à qui nous céderons bientôt le flambeau puissent hériter d’une Mauritanie véritablement démocratique, d’une Mauritanie juste, d’une Mauritanie où il fera bon vivre, où la cohabitation sera agréable, . C’est ça notre objectif.

L’Authentique : est-ce votre boycott sera actif contrairement aux scrutins législatifs et municipaux passés ?

Balas : chacun n’a qu’à assumer son rôle et être libre avec sa conscience. Nous nous considérons que nous avons fait ce que nous devrions faire. Nous avons sensibilisé, nous avons sillonné tous les quartiers de Nouakchott, où nous avons étalé les raisons objectives qui nous ont poussés au boycott. 
La décision finale, revient à chacun d’entre nous. Rassurez-vous, nous ne nous pointerons pas devant chaque porte de maison pour empêcher les mauritaniens de sortir.
Si elle ne le fait pas, on ne nous dira pas qu’il n’y pas eu de combat faute de combattants. 

L’Authentique : vous considérez encore dans vos discours le président Ould Abdel Aziz comme un général…

Balas : effectivement… C’est un Général aux trois G+1. 
Le G1 c’est celui de la gabegie, que le peuple mauritanien voulait à jamais bannie mais qui a atteint son paroxysme sous son magistère; 
Le G2 c’est le G du goudron dans lequel le trésor public à englouti des milliards qui ce sont embourbes des qu’il y’a eu quelques millimètres de pluie à Nouakchott; 
Le troisième G , c’est la goinfrerie qui amène les pauvres mauritaniennes à se déchirer les voiles ou à s’arracher les chignons pour un grain de riz tombė par terre devant les boutiques de Aziz. Au passage, il faut dire que cette opération sert plutôt a la société de transport qui a le monopole du transport de ses produits dans tous les coins et recoins de la Mauritanie et aux vendeurs de ses boutiques qui détournent des dizaines de millions sans être inquiétés; 
Le quatrième G c’est le G de la grenade. Il a jeté des grenades sur ses compatriotes à qui , il avait promis, en vain, monts et merveilles. N’ayant rien vu venir, ils se sont décidés à marcher de Boghe à Nouakchott pour lui rappeler que la promesse est une dette. Arrivés au désormais tristement célèbre “Carrefour Madrid”, ils ont été accueillis par une pluie de grenades.
Ces quatre G suffisent à eux seuls, pour décliner le bilan de Mohamed Ould Abdel Aziz.

L’Authentique : Biram Dah Abeid combat le système mais pourtant il est candidat à l’élection présidentielle ?

Balas: vous voulez me poussez encore à parler de ce jeune frère que je respecte énormément. Il a ses propres raisons qui l’ont poussė à prendre part à ces élections, c’est à lui qu’il faudra demander. Je note quand même, qu’il a eu à reconnaître dans un de ses communiqués que le FNDU avait raison, que ces élections ne seront ni transparentes donc non crédible.

Propos recueillis par Cheikh Oumar NDiaye. L´AUTHENTIQUE.