Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 02/04/2014

Demogachis

altLe Forum pour la Démocratie et l’Unité (FDU), qui s’était tenu, à Nouakchott, à la fin du mois de février et dont les recommandations sont un véritable programme politique, éclipsé, cependant, par l’affaire de la profanation du Saint Coran, fait, de nouveau, parler de lui. Le président de la commission, chargée du suivi de ses recommandations et d’éventuels contacts avec le pouvoir, a été reçu, la semaine dernière, par le Premier ministre. Ultime tentative du pouvoir d’amener la Coordination de l’opposition à accepter le principe du dialogue, avant la prochaine présidentielle, fixée, unilatéralement hélas, le 7 juin prochain ? Mais c’était bien avant cette rencontre que le ministre de la Communication, qui fait feu de tout bois (contrairement à son prédécesseur qui ne parlait que contraint et forcé), avait déjà fixé les règles du jeu. Le gouvernement d’union nationale et le report de l’élection, avait ainsi déclaré la voix de son maître, n’étaient pas négociables. On se demande, alors, que fait le président du Forum avec le Premier ministre. Que reste-t-il donc à discuter ? Sauf à vouloir donner l’impression que c’est lui qui tend la main à ceux qui la refusent, on peut difficilement s’expliquer l’attitude d’un  pouvoir  qui a toutes les cartes en main. Et refuse de lâcher du lest. On se rappelle, encore, du mini-dialogue qui avait eu lieu, juste avant les élections législatives et municipales de novembre dernier, lorsque la COD voulait discuter des conditions pouvant garantir un scrutin libre et transparent. Les représentants de la majorité n’avaient accepté de concéder qu’un report de deux semaines, tout au plus. Et la réunion avait tourné court. L’opposition maintenant, en conséquence, son mot d’ordre de boycott et le gouvernement s’entêtant à organiser un pastiche d’élections. Qui ont donné cette assemblée dont la qualité des membres tranche nettement avec celle qui l’a précédée.

A quoi faut-il s’attendre, maintenant, d’une élection qui s’annonce sans enjeu, en l’absence de challengers sérieux ? Comment peut-on se mesurer à un président en campagne depuis six ans et qui a fait main basse sur le pays, ses marchés et ses ressources ? N’y a-t-il pas un risque, comme en 2009, de crédibiliser un processus sur lequel on n’a aucune prise ?

Si un véritable dialogue est amorcé, par quel miracle l’opposition pourra-t-elle influer sur le cours des choses, à deux mois du scrutin ? Avec quels moyens va-t-elle se lancer dans la bataille ? Et nous voici revenus à la même rengaine qui fonde notre pesant et archaïque mode de dévolution du pouvoir : il est illusoire de prétendre battre, par les urnes, le candidat du pouvoir. Le président dispose de tous les pouvoirs, civils et militaires, pour nommer, corrompre, limoger, promettre, etc. Dispose des marchés publics qu’il distribue à sa convenance. Recrute fonctionnaires, notables et chefs de tribu, tous à hue et à dia pour offrir, au candidat-maître de cérémonie, le meilleur score plébiscitaire, chacun dans sa localité. Camoufle, ainsi, son coup d’Etat permanent en campagne électorale continue, ne ratant aucune occasion de descendre sur le terrain… Je nous le recommandais, déjà, la semaine dernière : signons-lui, tout de suite et en blanc – il en fera, de toute façon, strictement à sa guise – son chèque pour un nouveau mandat. On aura au moins fait l’économie d’une élection jouée d’avance… et attendons le prochain providentiel rectificateur de notre démogâchis…

Ahmed Ould Cheikh

Le PM reçoit le président du Forum, tournées pre-electorales entre promesses et cacaphonie?

altLa présidentielle approche à grands pas. Premier tour le 21 juin ? C’est même ce que mijoterait, dit-on, la Commission Electorale Nationale  Indépendante (CENI). En ce cas, les Mauritaniens auraient à s’inscrire sur les listes électorales dès la semaine prochaine, c’est-à-dire, début avril, pour pouvoir voter à la date retenue  par le gouvernement. En attendant, il y a comme de la cacophonie dans l’air. Avec, d’une part, un Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) qui chante l’amorce éventuelle d’un dialogue  avec  le pouvoir, condition sine qua none à toute participation au scrutin ; d’autre part, un gouvernement qui proclame, certes et sur tous les toits, sa détermination à organiser une élection consensuelle et  crédible à laquelle prendraient part, dit-il espérer, les partis de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), mais sans rien modifier de son calendrier. Le hiatus, entre ces deux agendas, semble patent.

Depuis la fin de ses assises, le 2 Févier, le FNDU – qui n’est pas un parti, rappelons-le, mais une structure conjoncturelle de discussion citoyenne – multiplie les réunions pour le suivi de ses recommandations. Ses instances se réunissent régulièrement, afin de peaufiner une stratégie, dans  la perspective du dialogue souhaité avec le pouvoir. Parallèlement à ces conclaves, les présidents de la COD, de Tawassoul et du FNDU, Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine, ancien président de la première CENI mauritanienne – qui réussit, rappelons-le au passage, à organiser des élections municipales, législatives et présidentielle, en 2007, sans aucune contestation – laissent tous entendre que le Premier ministre leur a signifié le souci du gouvernement de parvenir à un scrutin consensuel et crédible. Taraudés par la perspective de troubles lendemains d’élection ratée, opposition et majorité semblent d’accord là-dessus mais, hélas, loin de se mettre d’accord sur les moyens d’y arriver.

Le FNDU exige la formation d’un gouvernement d’ouverture pour  prendre en charge l’ensemble du processus électoral. La majorité juge cela inopportun, puisque, dit-elle, le gouvernement est assuré d’une majorité confortable au Parlement, d’une part, et, qu’il a, d’autre part, suffisamment fait de concessions pour l’organisation des  dernières élections. Et de rappeler son acceptation du principe, en octobre dernier, de l’ouverture de la CENI et de l’Observatoire des élections aux partis n’ayant pas  pris part au dialogue de 2011. Rappel un tantinet vain, puisque les deux organes de supervision  demeurent en leur forme initiale. Pis, la première a déjà repris du service pour organiser la présidentielle. En outre, le pouvoir est en train de mettre en branle tout un arsenal de combat pour le scrutin de juin.

Et le président de la République de recevoir, ainsi, quatre cents jeunes mauritaniens avec lesquels il a discuté de « leurs perspectives d’avenir ». Une rencontre fortement médiatisée, comme celle de Néma avec le peuple, en 2013. Ajoutons-y la visite qu’il vient d’effectuer au Trarza, pour le lancement de l’exploitation agricole par des diplômés chômeurs, le départ des ministres à l’intérieur du pays pour parler du RAVEL, et voilà un cocktail à forte odeur de tournée pré-électorale. D’ailleurs le FNDU n’a pas manqué de stigmatiser ce qu’il a qualifié de « campagne avant l’heure ». Pendant ce temps, l’Union pour la République (UPR), principal parti de la majorité présidentielle, modifie ses instances. Ses bureau exécutif et conseil national ont  vu leurs nombre et effectif augmenter, en vue, semble-t-il, de l’imminente présidentielle. 

Le temps presse, en effet : nous sommes à deux mois du premier tour de l’échéance. On se demande qu’est-ce qui  empêche les deux pôles politiques  de hâter le pas, pour s’asseoir autour d’une table et discuter, si tant est vrai qu’ils sont véritablement décidés à dépasser les belles intentions. Ils sont à la porte de leur conférence. Elle est, de toute évidence, fermée. Et la clé où est-elle ? Sinon dans la poche du président de la République

Source: le calame