Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Le PM reçoit le président du Forum, tournées pre-electorales entre promesses et cacaphonie?

altLa présidentielle approche à grands pas. Premier tour le 21 juin ? C’est même ce que mijoterait, dit-on, la Commission Electorale Nationale  Indépendante (CENI). En ce cas, les Mauritaniens auraient à s’inscrire sur les listes électorales dès la semaine prochaine, c’est-à-dire, début avril, pour pouvoir voter à la date retenue  par le gouvernement. En attendant, il y a comme de la cacophonie dans l’air. Avec, d’une part, un Forum National pour la Démocratie et l’Unité (FNDU) qui chante l’amorce éventuelle d’un dialogue  avec  le pouvoir, condition sine qua none à toute participation au scrutin ; d’autre part, un gouvernement qui proclame, certes et sur tous les toits, sa détermination à organiser une élection consensuelle et  crédible à laquelle prendraient part, dit-il espérer, les partis de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), mais sans rien modifier de son calendrier. Le hiatus, entre ces deux agendas, semble patent.

Depuis la fin de ses assises, le 2 Févier, le FNDU – qui n’est pas un parti, rappelons-le, mais une structure conjoncturelle de discussion citoyenne – multiplie les réunions pour le suivi de ses recommandations. Ses instances se réunissent régulièrement, afin de peaufiner une stratégie, dans  la perspective du dialogue souhaité avec le pouvoir. Parallèlement à ces conclaves, les présidents de la COD, de Tawassoul et du FNDU, Cheikh Sid’Ahmed Ould Babamine, ancien président de la première CENI mauritanienne – qui réussit, rappelons-le au passage, à organiser des élections municipales, législatives et présidentielle, en 2007, sans aucune contestation – laissent tous entendre que le Premier ministre leur a signifié le souci du gouvernement de parvenir à un scrutin consensuel et crédible. Taraudés par la perspective de troubles lendemains d’élection ratée, opposition et majorité semblent d’accord là-dessus mais, hélas, loin de se mettre d’accord sur les moyens d’y arriver.

Le FNDU exige la formation d’un gouvernement d’ouverture pour  prendre en charge l’ensemble du processus électoral. La majorité juge cela inopportun, puisque, dit-elle, le gouvernement est assuré d’une majorité confortable au Parlement, d’une part, et, qu’il a, d’autre part, suffisamment fait de concessions pour l’organisation des  dernières élections. Et de rappeler son acceptation du principe, en octobre dernier, de l’ouverture de la CENI et de l’Observatoire des élections aux partis n’ayant pas  pris part au dialogue de 2011. Rappel un tantinet vain, puisque les deux organes de supervision  demeurent en leur forme initiale. Pis, la première a déjà repris du service pour organiser la présidentielle. En outre, le pouvoir est en train de mettre en branle tout un arsenal de combat pour le scrutin de juin.

Et le président de la République de recevoir, ainsi, quatre cents jeunes mauritaniens avec lesquels il a discuté de « leurs perspectives d’avenir ». Une rencontre fortement médiatisée, comme celle de Néma avec le peuple, en 2013. Ajoutons-y la visite qu’il vient d’effectuer au Trarza, pour le lancement de l’exploitation agricole par des diplômés chômeurs, le départ des ministres à l’intérieur du pays pour parler du RAVEL, et voilà un cocktail à forte odeur de tournée pré-électorale. D’ailleurs le FNDU n’a pas manqué de stigmatiser ce qu’il a qualifié de « campagne avant l’heure ». Pendant ce temps, l’Union pour la République (UPR), principal parti de la majorité présidentielle, modifie ses instances. Ses bureau exécutif et conseil national ont  vu leurs nombre et effectif augmenter, en vue, semble-t-il, de l’imminente présidentielle. 

Le temps presse, en effet : nous sommes à deux mois du premier tour de l’échéance. On se demande qu’est-ce qui  empêche les deux pôles politiques  de hâter le pas, pour s’asseoir autour d’une table et discuter, si tant est vrai qu’ils sont véritablement décidés à dépasser les belles intentions. Ils sont à la porte de leur conférence. Elle est, de toute évidence, fermée. Et la clé où est-elle ? Sinon dans la poche du président de la République

Source: le calame

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