Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: April 2014

Non à la parodie du dialogue ! Halte à la comédie !

Non à la parodie du dialogue ! Halte à la comédie !Le pseudo dialogue politique qui devait être sauvé in extremis lundi soir dernier, c’est finalement révélé au fur et à mesure une simple parodie de négociations destinée à leurrer une opinion naïve.

Un public qui continue de croire à tous les cirques de concertations joués publiquement toutes ces dernières années entre le pouvoir et ses opposants , avant que leurs masques ne tombent l’un après l’autre.

Un dialogue intermauritanien présentant le fond d’une coquille vide dés lors où les principaux concernés par ces concertations étaient tous aux abonnés absents de ces discussions décisives pour l’avenir du pays. En effet, comment des pourparlers sincères, importants, déterminants peuvent-ils se tenir à l’absence du chef de file de l’opposition et omniprésent leader politique Ahmed Ould Daddah ?

Passons cette condition. Comment, des concertations peuvent-elles être constructives, ouvertes, imprégnées de tolérance et patriotisme, mettant l’intérêt général au dessus de toutes les considérations peuvent-elles avoir lieu en dehors du président de l’UFP Dr Mohamed Ould Maouloud ?

Pourquoi les leaders Messaoud Ould Boulkheir et Boidiel Ould Houmeid, ne se sont pas donnés la peine de participer à cette œuvre nationale qu’est le consensus, s’il en est un réellement, si leurs cœurs n’étaient pas pris par l’accord de dialogue d’octobre 2011 et que le fait de déléguer des représentants à ces présentes discussions n’est qu’une précaution pour ne pas rater un train venant à l’improviste ?

Pourquoi Ba Mamadou Alassane, le président du PLEJ au cartable plein de thérapies pour sortir le pays de l’impasse politique n’a pas été investi pour représenter la COD à ces pourparlers ?

Les mêmes interrogations se posent aussi pour Kane Hamidou Baba, qui a le privilège d’avoir bataillé ces derniers mois pour contraindre les frères ennemis et farouchement hostiles l’un à l’autre à prospecter des terrains de rencontre et de concertation.

Le fait que toute cette élite historique et glorieuse de l’opposition mauritanienne d’hier et d’aujourd’hui se retire du dialogue, en refusant d’assumer ses responsabilités patriotiques constamment défendant à cor et à cri, est suffisant pour comprendre qu’il y a un vers dans le fruit.

L’opposition toutes catégories confondues, les syndicats et les acteurs de la société civile ont tué le dialogue ou ce qui en reste.

Le pouvoir est conscient de cette vérité est joue allégrement le jeu de l’ouverture, sachant au départ qu’en déléguant des opposants de second rang, sans représentativité, du moins significative ni au parlement ni dans les conseils municipaux à ces concertations, l’agenda électoral présidentiel déjà lancé sur la rampe ne souffrira d’aucun soubresaut.

C’est d’autant vrai qu’il ne peut jamais y avoir un dialogue sincère entre un ancien Premier ministre, en l’occurrence Yahya Ould Ahmed Waghef, délégué par le forum et l’ex chef d’état-major du bataillon civil du coup d’Etat d’aout 2008 (Me Ould Maham), du simple fait que l’actuel ministre de la communication s’estime comme son Président, l’UPR et la majorité, venus tirer à l’époque le pouvoir de mains de prévaricateurs, à opérant un mouvement de rectification.

Rien qu’à décrypter la photo officielle du dialogue, il est très clair que le ministre de la communication (tout sourire) est consterné par la survivance politique de l’ex chef du gouvernement, voire même de son endurance au point d’être le mieux indiqué parmi les dizaines de leaders de l’opposition pour négocier avec le pouvoir.

Un régime qui l’a déposé hier de la Primature, l’a envoyé en prison suite à l’affaire du riz avarié, qui se retrouve par effraction politique autour ‘hui face-à-face à ses tombeurs pour réclamer une grâce.

Une requête rejetée d’avance, car en faisant du rajeunissement de la classe politique l’un de ses principaux slogans et de la lutte contre la gabegie l’une de ses raisons de cuirasser le sérail de toutes les anciennes pontes du système Etat mauritanien de ces dernières années, le pouvoir se trouve ipso illico dépouillé de toute volonté de soutenir un dialogue défendu par des avocats inappropriés.

D’ailleurs, le discours du délégué du forum Ould Ahmed Ould Waghef à la première séance du dialogue politique national entre la coalition des partis de la majorité, la convention pour l’alternance pacifique au pouvoir (CAP) et le forum national pour la démocratie et l’unité, a immédiatement embourbé les discussions.

L’intervenant, malgré plusieurs détours, est venue marcher sur la plaie du tigre en évoquant ces interdits politiques pour lesquelles les autorités supérieures du pays sont demeurées et restent tenaces jusqu’à l’instant.

« Au moment où nous entamons ce dialogue, notre préoccupation essentielle doit être une réforme générale de la situation politique de nature à rétablir la confiance dans toutes nos institutions » a-t-il dit.

Et de préciser que cet objectif requiert d’entreprendre des mesures réalistes qui substituent la confiance à là suspicion, l’échange responsable et respectueux aux manœuvres stériles qui ne parviennent plus à convaincre leurs auteurs ni à tromper les autres.

Citant les mesures les plus importantes pour cette fin, il a évoqué en premier la formation d’un gouvernement de consensus. Sans doute la goutte qui a fait déborder le vase renvoyant le dialogue aux calendes grecques.

Md O Md Lemine

 

Source: le renovateur

Baaba Maal à Nouakchott : « Je suis encore jeune pour chanter et danser »

La Tribune – Même à l’âge de 61 ans et avec ses grands projets qu’il a lancé comme par exemple le centre culturel Fuuta dont l’espace prévu est de deux héctares à Guiya, Baaba Maal ne compte pas pendre sa retraite, maintenant !

C’était ce vendredi 11 avril 2014 à l’hôtel T’fouïla de Nouakchott lors d’un point de presse organisé par l’association des femmes de Bagodine qui l’a fait venir dans la capitale mauritanienne sous le slogan « Non aux violences faites aux femmes et aux filles ».

Baaba Maal
sera là, toujours, pour chanter et danser. Musicien sénégalais, ambassadeur du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Baaba Maal a appelé les artistes mauritaniens à s’impliquer davantage dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles, mais aussi contre le VIH Sida.

Après trois ans d’absence à Nouakchott, Baaba Baydi samb Boubou Yacine a fait beaucoup de choses notamment dans la lutte contre le VIH Sida, domaine dans lequel il reste “encore beaucoup de chose à faire, même s’il y a des acquis“, selon Baaba Baydi Maal.

Il avait lancé un programme d’activités devant accompagner l’initiative de l’ONUSIDA intitulé “Protect the goal“. Il s’agit de mobiliser et de faire participer activement les jeunes pour arriver à un objectif de “zéro infection et zéro décès liés au Sida“, dans le cadre notamment des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

D’ailleurs, l’ONUSIDA l’avait désigné pour diriger un programme culturel en direction de la prochaine coupe du monde de football prévue au mois de juin 2014 au Brésil.

Un centre culturel au cœur du Fuuta !

L’artiste sénégalais Baaba Maal a souligné qu’il a un projet très ambitieux. Il s’agit de la création d’un centre culturel de deux héctares qui sera construit à Guiya dans le département de Podor, son village natal. La première pierre de ce centre a été posée il y a quelques mois. Après le festival des Blues du fleuve, Maître Aissata Tall Sall, selon l’artiste, lui a remis une somme de cinq cent millions de FCFA pour la création de ce centre.

D’autres partenaires, selon Baaba Maal, ont, également, répondu à l’appel. Les choses avancent, selon le roi du Yéla. Ce centre culturel ne concerne pas seulement la culture Pulaar, selon Baaba Maal. Toutes les autres cultures du Fuuta également y seront représentées comme par exemple le Sooninké, Wolof ou le Hassaniya. Selon Baaba Maal, le Président sénégalais Macky Amadou Sall lui a promis d’apporter son soutien pour la création de ce somptueux centre au cœur du Fuuta.

Il faut dire que Baaba Maal est un artiste œuvrant aussi pour les causes du développement, aux côtés de nombreuses populations notamment africaines et d’institutions internationales. Du coup, ses activités sur le terrain lui ont valu de recevoir en 2011 le Prix ”Valiant Awards”. Tenez vous bien, Baaba Baydi Samb Boubou Yacine Maal est le premier musicien dans le monde à recevoir cette récompense.

Bogodine a réussi !

Auparavant, Mariame Bélal Sao, présidente de l’Association des femmes de Bagodine avait présenté à la presse les ambitions dont s’est fixée son association. « Les recettes que nous avons obtenues après les deux concerts avec Baaba Maal vont être utilisées pour financer nos projets », a-t-elle dit.

«Notre objectif est de lutter contre la pauvreté et les violences faites aux femmes et aux filles dans notre pays. Nous avons crée cette Association depuis 2003 à Bagodine pour, justement, combattre concrètement la pauvreté dans nos villages pour le développement de notre pays. Nous voulons également lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles. Il faut que les hommes sachent qu’ils ne peuvent pas avancer s’ils continuent de désocialiser les femmes », a déclaré en substance Mariame Béla Sao.

« Nous remercions Baaba Maal d’avoir accepté notre invitation puisque sans lui , il nous serait difficile de pouvoir amasser cet argent. Il a diminué son cachet pour nous, afin, que cet événement ait lieu», a-t-elle ajouté.

Quant à Koumba Bocar Bâ, chargée de communication de l’Association, « c’est tout le village de Bagodine qui s’est mobilisé pour que cet événement soit une réussite. Les cadres, hommes et femmes politiques et de culture, ont tous apporté leur contribution à cette Association pour la réussite de ces deux soirées», a dit elle déclaré. Après l’avoir invité à Bagodine il y a un an, Bagodine l’invite encore à Nouakchott pour deux soirées hallucinantes, cette fois-ci au nom des femmes du village.Le nouveau maire de la Commune et ancien ministre Bâ Bocar Soulé a été vivement chanté et remercié par l’artiste sénégalais.

Désormais, entre Baaba Maal, Bagodine et Bâ Bocar Soulé, c’est un amour, une maladie que personne ne peut soigner sur terre !

Mamadou Demba Sy (MDS)

Ouverture du dialogue politique pouvoir-opposition

altLe dialogue politique, en l’air depuis quelques semaines, entre le pouvoir et l’opposition, a  démarré, en début de soirée ce lundi 14 avril, au Palais des Congrès, en présence des trois pôles politiques. La cérémonie d’ouverture a été marquée par 3 discours.
D’abord celui du ministre de la communication, Sidi Mohamed Ould Maham. Dans son discours, le MCRP, après avoir exprimé la détermination du gouvernement à réussir ce dialogue, s’est appesanti sur  les acquis démocratiques sous l’ère de Mohamed Ould Abdel Aziz,. Ould Maham, qui a invité les acteurs politiques à placer l’intérêt du pays au dessus des intérêts partisans,  a cité la mise en place d’organes indépendantes de supervision des élections, les  libertés générales et individuelles, la sécurité, un état civil fiable…Le chef de la délégation de la majorité est  également revenu sur le dialogue  de 2011 avec une partie de l’opposition, ce qui a permis, selon lui, d’organiser, dans la transparence, les dernières élections municipales et législatives.  Pour le ministre, ces acquis doivent être renforcés et protégés par tous les mauritaniens.
Pour sa part, Abdessalam Ould Horma, président de la délégation de la CAP a fait observer que le dialogue est la meilleure voie pour trouver des solutions aux problèmes que rencontre le pays, c’est la raison pour laquelle, a-t-il ajouté, la CAP est allée  au dialogue en 2011. Pour le président de Sawab, ce dialogue a permis  des avancées significatives  mais, regrette-t-il,  le taux d’exécution  des points d’accord reste à parfaire. Ould Horma a invité les parties prenantes à œuvrer pour la réussite de ce  dialogue parce que le pays est devant une échéance électorale capitale.
Prenant enfin la parole, Yahya Ould Ahmed El Wagf, chef de la délégation du forum pour la démocratie et l’unité a exprimé la détermination du forum à aller à un dialogue franc et sincère pour sortir le pays de  la crise politique dans lequel il se débat depuis longtemps. Pour Ould El Wagf, les dernières élections municipales et législatives n’ont pas permis au pays de sortir de cette situation parce qu’une partie de la classe politique n’y a pas pris part. Le Forum souhaite mieux pour le pays, a déclaré Ould El Wagf, c’est pourquoi  il souhaite  que le dialogue, démarré ce jour, permette l’organisation d’élections présidentielles crédibles, ce qui doit passer, rappelle  le chef de la délégation du Forum  par  la formation d’un gouvernement d’union,  les  réformes consensuelles  des organes de supervision des élections pour en faire des structures véritablement indépendantes du pouvoir en place, de  l’état civil, la neutralité de l’administration…  Mais, se hâte de préciser Ould El Wagf, ces réformes ne doivent pas reléguer au second plan les autres dossiers  de la plate-forme du Forum, soumise au dialogue : la suppression  de l’esclavage, le respect de la diversité culturelle et ethnique du pays, le règlement de dossiers liés à la violation des droits de l’hommes, la bonne gouvernance…Le succès  du dialogue doit  permettre de  trouver des solution à l’ensemble  de  ces problèmes, a conclu Ould El Wagf.
 
 
Source: le calame

Démarrage des assises du dialogue politique national entre la majorité présidentielle, la CAP et le forum national pour la démocratie et l’unité

Démarrage des assises du dialogue politique national entre la majorité présidentielle, la CAP et le forum national pour la démocratie et l’unité

Nouakchott, 13 Avril 2014 (AMI)-La première séance du dialogue politique national entre la coalition des partis de la majorité, la convention pour l’alternance pacifique au pouvoir (CAP) et le forum national pour la démocratie et l’unité a débuté, lundi après-midi, au centre des conférences internationales de Nouakchott.

Des délégations conduites, au nom du gouvernement et de la majorité présidentielle consolidée, par Me. Sidi Mohamed Ould Maham, Ministre de la communication et des relations avec le parlement, de la CAP par M. Abdessalam Ould Horma et au forum national pour la démocratie et l’unité, par M. Yahya Ould Ahmed El Waghef, prennent part à ce dialogue.

La cérémonie d’ouverture a donné lieu à un échange de discours entre les présidents des trois délégations. Voici le texte intégral du discours de Me. Sidi Mohamed Ould Maham, Ministre de la communication et des relations avec le parlement :

”Chers frères, représentants des partis de la convention par l’alternance pacifique sur le pouvoir,

Chers frères, représentants du forum national pour la démocratie et l’unité,

Chers frères, représentants des partis de la majorité présidentielle,

Je suis heureux d’être parmi vous aujourd’hui, aux côtés de son excellence, le Ministre de justice, le président de la coalition des partis de la majorité et les frères, les représentants et leaders de la majorité pour exprimer à ces personnalités tout l’intérêt que nous accordons à cette rencontre et les espoirs que nous fondons sur les résultats auxquels elle peut aboutir si nous sommes animés suffisamment de volonté, si nous parvenons à dépasser les partis- pris étroits et si nous arrivons à transcender nos divergences momentanées et mettre l’intérêt du pays au dessus toute autre considération.

L’expérience a prouvé qu’a chaque fois les Mauritaniens s’engagent dans le dialogue et qu’ils disposent d’une forte volonté de dépasser leurs divergences, ils sont capables de trouver des solutions innovantes à l’ensemble leurs problèmes. C’est cela qui a constamment consolidé notre pratique de la démocratie et renforcé l’action politique et institutionnelle. De même, cela à également permis à notre scène politique d’être l’une des plus dynamiques, et à notre expérience démocratique, en dépit de son jeune âge, de ne rien envier aux démocraties les plus anciennes dans la région qu’elle devance sur plusieurs plans.

Nous sommes probablement le seul pays dans la sous- région où l’Etat s’est totalement désengagé de la gestion de l’opération électorale. Celle-ci relève désormais d’une commission indépendante choisie parmi les acteurs politiques de manière absolument consensuelle.

De même, nous faisons partie des pays qui disposent d’un système d’état-civil des plus précis et des plus fiables au monde, en plus des acquis de la grande expérience qui résulte de nos dialogues et de nos rencontres précédents, en termes de textes institutionnels et de dispositions règlementaires qui constituent un arsenal juridique et administratif compatible avec les besoins et les impératifs de notre réalité et de nos spécificités. A cela s’ajoute l’essor et les transformations accélérées que connait notre pays en matière de libertés collectives et individuelles.

Les acquis démocratiques, les succès importants que notre pays a enregistrés aux plans de la sécurité et de la diplomatie tant aux niveaux africain, arabe et international, et la confiance dont il jouit auprès des Etats frères et amis partenaires, ne nous appartiennent pas en tant que gouvernement ou majorité, mais plutôt à l’ensemble de la nation mauritanienne. C’est pourquoi il est du devoir de chaque mauritanien de préserver ces acquis et de veiller à leur consolidation.

Honorable assistance,

Nos relations ont connu, au cours des différentes étapes, des situations de fluctuation, des changements de positions, des convergences et des divergences. En dépit de cela, le gouvernement, traduisant ainsi la forte volonté politique de Son Excellence le Président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, vous réaffirme aujourd’hui et à l’opinion nationale son sérieux, sa sincérité et sa détermination au succès de vos concertations et de vos échanges actuels et à mettre en exécution les résultats auquel parviendra le dialogue entre tous les acteurs politiques.

Au cours des dialogues précédents, nous avons prouvé que nous sommes un partenaire sérieux et sincère qui respecte scrupuleusement ses engagements. Aujourd’hui encore, nous persévérons dans cette même voie.

Qu’Allah guide nos pas sur le bon chemin et préserve notre pays.

 

Source: AMI

Loupe du ‘Le Rénovateur’ : Du statut des langues et cultures nationales en Mauritanie…

Loupe du 'Le Rénovateur' : Du statut des langues et cultures nationales en Mauritanie…Si le débat sur la prééminence constitutionnelle de l’arabité par rapport aux statuts des autres langues nationales du pays n’a pas été porté sur le terrain de discussions responsables motivées par le seul souci de trouver des solutions idoines en mesure de régler les contradictions linguistiques par un dialogue franc et constructif attend toujours son heure , c’est que des esprits malveillants travaillent toujours pour freiner l’instauration de tout cadre propice à ce rendez-vous.

Les sirènes de la discorde appellent toujours à un débat conflictuel qui éloignent de la bonne direction. Depuis des décennies, nous vivons cette grande cacophonie autour de la problématique des langues notamment leur affirmation pleine et entière dans le système éducatif mais aussi une plus grande échelle de représentativité dans les médias officiels et privés.

En quoi la promotion de ces langues nationales serait-elle un blocage au développement du pays et partant à la bonne entente entre les citoyens ?

L’unité nationale pourrait-elle se construire dans le refus de régler cette problématique épineuse, au lieu de continuer à laisser les choses s’aggraver au fil d’événements imprévisibles survenant à des moments critiques dans l’histoire du pays.

Combien de fois la Mauritanie a failli basculer dans des spirales identitaires faute d’exutoires politiques pour libérer les passions. Il ne suffit pas d’énoncer dans la constitution que l’Arabe est la langue officielle, le Pulaar , le Soninké et le Wolof des langues nationale , le français une langue d’ouverture , pour résoudre la question liée au statut des langues. Il faut plus que cela.

En vérité la place accordée à ces langues est en deçà de ce qu’elles méritent en termes de diversité culturelle et du droit à la différence. Si la Mauritanie est un pays arabe, elle est aussi un pays africain.

A ce titre chaque citoyen de ce pays doit sentir qu’il parle avec fierté sa langue selon son appartenance culturelle et qu’il se mire dans son existence nationale pleinement à travers toutes les formes d’expression lui conférant une personnalité entière décomplexée et sereine.

C’est dans ces conditions que tous les mauritaniens se sentiront égaux en droit et en devoir pour construire ensemble leur pays sur des bases solides .

Il serait absurde de circonscrire la Mauritanie à la dimension d’une langue dominante contre des parlés « minoritaires » reléguées au stade de langues vernaculaires auxquelles il faut jeter quelques morceaux de l’excédent des programmes et plages de la presse publique.

Cette exclusion culturelle s’est nettement affichée dans l’octroi des licences radio et TV privées où aucune autorisation n’a été délivrée à l’une des identités culturelles non arabe.

Voilà qui confirme le manque de volonté politique à régler la cohabitation linguistique en Mauritanie. Une violation gravissime des droits consacrant la pluralité culturelle dans les médias mais aussi du refus des principes universels prescrivant l’agilité pour tous.

L’arabe peut se développer sans marcher sur les ruines des autres langues nationales. Tout comme les langues nationales ne se posent pas en adversaires de la langue arabe. Le droit pour chaque peuple de défendre sa langue et sa culture est naturelle , légitime et ne constitue nullement une atteinte à l’unité et aux libertés collectives. Vouloir dénier un tel droit relève d’une attitude mesquine, stupide, intolérante et injuste.

A qui profite l’exclusion linguistique en Mauritanie ? Un pays qui cherche à se développer ne peut être bâti ni sur une seule langue, ni sur une seule culture.

Il est nécessaire de promouvoir l’ interculturalité pour renforcer l’unité nationale. Les identités culturelles nationales partagent toutes des valeurs sociales et morales qu’il faut exploiter dans le sens de la complémentarité et non d’un antagonisme chaotique . La Mauritanie s’en porterait mieux !

Cheikh Tidiane Dia

 

Source: le renovateur