Monthly Archives: November 2013
Libération des jeunes de Kaédi : “un théâtre pré-électoral qui ne leurre personne”
Comme au temps de Maouiya, l’instrumentalisation de la justice est au goût du jour. Sauf qu’aujourd’hui les esprits sont plus marqués, et plus distants vis-à-vis de ce genre de supercherie politique. Une supercherie dénoncée par TPMN dans un communiqué parvenu à Noorinfo, suite à la libération des jeunes de Kaédi, par le ministre de l’habitat Ba Yahya, au gnouf depuis près de quatre mois, sans procès, suite aux affrontements inter-communautaires de début juillet.
Réaction de Touche pas à ma nationalité à la libération des jeunes détenus de Kaédi
Touche pas à ma nationalité se félicite certes de la libération des jeunes noirs détenus à Kaédi à la suite des affrontements intercommunautaires qui ont secoué la capitale du Gorgol le 07 juillet dernier, mais condamne, avec la dernière énergie, la mise en scène obscène organisée autour de cette libération. Il apparait aujourd’hui clairement, aux yeux de l’opinion publique, que ces jeunes, détenus pendant près de quatre mois sans avoir jamais été jugés, étaient en fait les otages d’un calcul politicien sordide dont les auteurs espèrent s’attirer la sympathie et l’adhésion des populations, par le biais d’une libération montée de toutes pièces et qui intervient, comme par hasard, à la veille du lancement de la campagne électorale pour les législatives et municipales du 23 novembre.
C’est l’occasion pour Touche pas à ma nationalité de rappeler le caractère raciste et arbitraire des arrestations dont ont été victimes ces jeunes. Les arrestations ont en effet visé non seulement les noirs de manière exclusive alors qu’en face les commerçants maures paradaient avec leurs armes, mais en plus beaucoup de ces jeunes ignoraient tout des affrontements et ont été cueillis dans leurs maisons.
Touche pas à ma nationalité :
– dénonce avec la plus grande véhémence l’instrumentalisation de la justice par le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz et ses sbires,
– exige une réparation morale et matérielle pour ces jeunes privés à tort de leur liberté pendant près de quatre mois, et rappelle au régime raciste qui nous gouverne que ces intimidations n’ébranlent en rien la détermination de ses militants à revendiquer leurs droits de citoyens à part entière de ce pays
– invite, enfin, les populations de kaédi à ne pas se laisser duper par de telles manœuvres.
Nouakchott le 03/11/2013
Pour la Coordination,
Alassane DIA
Source: Le Calame
Niger: “j’ai enterré ma famile”
Les cadavres de 92 migrants ont été retrouvés mercredi au Niger, dans le désert, à une dizaine de kilomètres de la frontière algérienne. Ces victimes (7 hommes, 33 femmes et 52 enfants) sont mortes de soif quand leurs véhicules, en route vers l’Algérie, sont tombés en panne. Shafa, une Nigérienne de 14 ans, a survécu et raconte son histoire à la BBC.
On était en route pour l’Algérie pour rendre visite à des membres de la famille. Nous étions plus d’une centaine dans un convoi de deux véhicules. Notre camion est tombé en panne, et cela a pris un jour entier pour le réparer. Pendant ce temps là, nous nous sommes retrouvé à court d’eau. Nous avons réussi à trouver un puits, mais il n’y avait qu’un tout petit peu d’eau – l’un de nous est descendu dans le puits et a réussi à en extraire une toute petite quantité d’eau, mais le reste d’entre nous n’a rien pu boire. Les chauffeurs nous ont dit d’attendre pendant que les autres allait chercher de l’eau, mais une nuit et un jour plus tard, ils n’étaient toujours pas revenus.
C’est là que les gens ont commencé à mourir. 15 d’entre nous sont morts pendant ce deuxième jour sans eau. On a continué avec les cadavres dans le camion. A ce moment là le deuxième véhicule est revenu avec de l’eau, Alhamdulillah (Dieu merci).
Nous sommes tombés sur des forces de sécurité algériennes, mais les chauffeurs ont fait demi-tour parce qu’ils ne voulaient pas être découverts avec nous car le voyage était illégal. Ils nous ont demandé de nous cacher dans une tranchée, où nous avons passé une autre nuit, la troisième nuit sans eau. Une femme a commencé à se plaindre et un des chauffeurs nous a battu avec un tuyau.Beaucoup de femmes et d’enfants sont morts. Les chauffeurs avaient de l’eau dans des bidons, mais ils la gardaient pour eux.
“Je les ai enterrés”
A partir de là ils nous ont ramené au Niger. Notre eau était à nouveau épuisée. Nous étions là, assis aux milieu des cadavres dans le camion et nous avions faim. Une fois au Niger, les chauffeurs ont retiré les corps du camion pour les enterrer. Ils les ont déposés au sol, les mères d’abord, puis leurs enfants par dessus. Ils nous ont dit que ceux d’entre nous toujours capables de bouger seraient ramenés dans leur village.
Sur le trajet, les véhicules n’avaient plus d’essence, et ils nous ont demandé de l’argent pour en acheter. Ils nous ont dit de sortir du véhicule pendant qu’ils allaient chercher l’essence. Ils ne sont jamais revenus. On a attendu deux jours dans le désert, sans eau, sans nourriture, avant de décider de nous mettre à marcher. Certains véhicules passaient, nous avons essayer de les stopper mais personne ne s’arrêtait. Une des voitures qui passait a même heurté trois personnes de notre groupe et les a tuées.
Nous n’étions plus que huit, dont ma maman et mes jeunes soeurs. Quand nous étions fatigués, nous nous sommes assis sous un arbre, et c’est là que ma soeur est morte. Nous l’avons enterrée là. Puis nous avons continué à marcher, et après un jour, ma deuxième soeur est morte. Puis au troisième jour ma mère est morte. Je les ai toutes enterrées moi même.
Sauvée
Aucun des véhicules qui est passé n’a accepté de s’arrêter pour me prendre. Après un moment j’ai trouvé un arbre, je me suis assise à l’ombre, et j’ai failli abandonner… puis une voiture est arrivée. J’ai retiré mon chemisier et j’ai fait des grands gestes désespérés. Il s’est arrêté et m’a demandé ce qui était arrivé et je lui ai raconté. Ils m’ont donné du lait et une galette de riz. J’ai mangé un petit peu, mais je ne pouvais pas continuer, alors ils m’ont fait du thé. C’est seulement ensuite qu’on s’est dirigé vers Arlit, ou j’ai pu retrouver mon grand-père.
Maintenant je suis ici, mon père est mort il y a longtemps, maintenant ma mère est morte, je n’ai pas de soeurs, pas de frères. Je vis avec ma tante. J’ai entendu que seul moi, une autre petite fille, et 18 hommes ont survécu au voyage, sur la centaine que nous étions.
bbc
Source: mauriweb
Indignation après l’assassinat de deux envoyés spéciaux de RFI au Mali

Les réactions sont nombreuses après l’enlèvement et l’exécution, samedi 2 novembre 2013, de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, deux envoyés spéciaux de RFI à Kidal, au nord-ouest du Mali. L’annonce de leur décès a plongé la rédaction de RFI dans une profonde tristesse et suscité une vague d’émotion en France. Le président François Hollande a exprimé son « indignation à l’égard de cet acte odieux ». Aurélie Filipetti, ministre française de la Culture et de la Communication, sera sur RFI ce dimanche matin de 6H30 à 7H00 TU pour évoquer ce drame. Le parquet de Paris a, lui, annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire pour enlèvement et séquestration suivis de meurtres en lien avec une entreprise terroriste.
« Nous nous inclinons devant la mémoire de nos deux confrères morts dans l’exercice de leur fonction. Les auteurs de cet acte grave ne doivent pas rester impunis. Les nouvelles autorités maliennes ont la nécessaire obligation de mener une enquête pour arrêter les coupables, mais surtout de renforcer la sécurité au nord du pays pour que les journalistes du Mali et d’ailleurs, puissent continuer à s’y rendre pour faire leur travail dans la sérénité au nom du droit du public à l’information », a déclaré Gabriel Baglo, directeur Afrique de la Fédération internationale des journalistes.
« L’exécution sommaire des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon, est un acte innommable et révoltant. Que des journalistes qui ont le courage de couvrir une zone comme la région de Kidal se retrouvent abattus froidement à la sortie d’une interview, ça ne suscite pas seulement l’indignation, mais un profond dégoût », a pour sa part réagi Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières.
« Nous condamnons avec la dernière énergie ce double assassinat qui montre malheureusement l’Etat de non droit qui règne encore dans le nord du Mali. Cet assassinat est non seulement un acte criminel mais un acte terroriste, destiné à intimider les regards extérieurs », considère Reporters sans frontières.
L’Union des clubs de la presse de France et francophones (UCP2F) est, quant à elle, « sous le choc ». « C’est un véritable sentiment d’indignation, de consternation et de révolte qui nous anime suite à l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon, écrit le président de l’UCP2F, Karl Sivatte. Ce crime est l’expression pure et simple de la barbarie de ceux qui l’ont commis. Cette douloureuse circonstance vient nous rappeler que la mission d’informer et la Liberté de la presse ne sont pas des acquis. »
Détermination du Mali et de la France contre le terrorisme
Le président français François Hollande a exprimé « son indignation à l’égard de cet acte odieux ». S’associant à la douleur des familles, il a adressé « un message de solidarité à toute la rédaction de RFI ». Dans la soirée, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta a appelé son homologue français, François Hollande, pour lui adresser « les condoléances du peuple malien, à la suite de l’assassinat des deux journalistes de RFI, Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Les deux présidents ont affirmé leur détermination à « poursuivre sans relâche la lutte contre les groupes terroristes qui restent présents au nord du Mali. Les meurtres odieux commis aujourd’hui à Kidal ne peuvent que renforcer la détermination des deux Etats à poursuivre et à remporter ce combat commun contre le terrorisme », selon un communiqué de l’Elysée publié dans la soirée.
Maître Sidiki Kaba, ministre de la Justice sénégalais et ancien président de la FIDH, a également exprimé ses condoléances à RFI. « Je suis triste et choqué et espère que les assassins seront arrêtés et rendront compte devant la justice », a-t-il déclaré.
Edem Kodjo, ancien Premier ministre du Togo et ancien secrétaire général de l’OUA, dit son « indignation » devant « l’assassinat lâche et odieux » des deux envoyés spéciaux de RFI au Mali. Au nom de la Fondation Pax Africana, dont il est président, Edem Kodjo exprime son « soutien à la grande famille des journalistes de RFI qui, au péril de leurs vies, apportent chaque jour, un peu d’humanité dans ces zones déchirées par des conflits fratricides ».
Marc Mapingou, communicant international, ancien directeur de campagne et conseiller du président Pascal Lissouba du Congo Brazzaville, s’est dit lui aussi ému et triste en apprenant la nouvelle :
«J’ai été personnellement touché par la disparition de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Lors des élections du Mali, j’ai pu mesurer leur courage, et leur détermination dans la recherche de l’information lorsqu’ils m’ont demandé de favoriser leur premier voyage à Kidal dans l’avion du candidat Dramane Dembelé pour lequel je fus conseiller spécial chargé des opérations stratégiques aux élections présidentielles. Je suis très ému ce soir, et j’exprime ici ma sympathie attristée à tous les journalistes de RFI ainsi qu’aux familles de nos deux amis. Puisse leur courage, et leur passion pour leur métier, servir d’exemple à tous ceux qui caressent le rêve d’un monde où la paix, et l’amour devraient être les valeurs les mieux partagées. Je garde pour Ghislaine et Claude le souvenir de discussions constructives que nous avions eues à Bamako pour une Afrique qu’ils ont tant aimé. Leurs voix continueront à retentir dans nos coeurs ».
Pour sa part, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a elle fait part de « sa profonde tristesse » devant « cet assassinat odieux », selon l’un de ses porte-parole.
Les réactions ont ainsi été nombreuses, notamment dans la classe politique française. « Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, premiers sur le terrain à rendre compte, à analyser et à témoigner ont été lâchement pris pour cible, alors qu’ils ne faisaient là que leur métier. Je sais que les services de l’Etat français, en lien avec les autorités maliennes, mettront tout en œuvre pour connaître les circonstances de ce drame », écrit dans un communiqué Claude Bartolone, le président (PS) de l’Assemblée nationale.
« Une atteinte à la liberté de la presse »
Exprimant sa « consternation », Aurélie Filipetti, ministre française de la Culture et de la Communication, exprime ses pensées aux familles de nos deux confrères. « C’est une atteinte très lourde à la liberté d’informer. Une liberté précieuse, indispensable dans toute démocratie et ils faisaient leur travail. Et ils le faisaient bien. Ils le faisaient pour défendre la liberté, partout dans le monde. C’est vraiment une immense perte que la perte de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon », a déclaré la ministre au micro de RFI. « Je crois qu’il faut continuer, ne renoncer à rien, surtout. On ne fermera pas la bouche de RFI. On ne fermera pas la bouche de la liberté d’information. Les journalistes continueront, et les journalistes français en particulier, à faire leur travail », a-t-elle jugé. « Ces deux morts tragiques nous ont rappelé à quel point l’indépendance, la liberté de la presse sont des valeurs incontournables, mais, malheureusement, sont souvent prises comme cible par les barbaries et les terrorismes de tous acabits. »
« Ces crimes odieux ajoutent au lourd tribut payé par les journalistes qui – avec un courage et un sens du devoir qui méritent notre plus grand respect – se rendent sur des terrains dangereux pour nous informer », a déclaré pour sa part Martine Aubry, maire (PS) de Lille. « Cet acte barbare appelle plus que jamais les pays d’Afrique de l’Ouest, l’Europe et la France à intensifier leurs efforts afin de parvenir à la paix et au développement dont la condition première demeure l’éradication du terrorisme », estime Razzy Hammadi, député socialiste qui préside le groupe d’amitié France-Mali à l’Assemblée nationale.
Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, juge quant à lui que « ce crime trahit la barbarie de ceux qui l’ont commis, comme il démontre l’idéologie fanatique et mortifère qui les habite ». Il plaide pour que « la liberté de la presse, si chère a nos deux compatriotes décédés [soit] défendue en tout lieu et en tout temps. »
L’ex-ministre des Affaires étrangères Michel Barnier a fait part de sa tristesse. « Je pense d’ailleurs à d’autres journalistes de RFI, Johanne Sutton, Jean Hélène qui ont disparu dans d’autres circonstances tragiques », a-t-il déclaré. « C’est l’occasion pour moi de saluer le courage de ces journalistes, sachant les risques qu’ils prennent, parce qu’ils le font pour une certaine idée de l’information, une certaine idée de la démocratie. S’agissant de RFI, c’est aussi encore plus particulier avec le lien qu’ils établissent, qu’ils maintiennent avec toute la communauté des journalistes africains. Je souhaite que toutes les équipes de RFI, qui font un formidable travail, ne se découragent pas, qu’ils maintiennent cette voix vivante et forte ».
« En finir avec la culture de l’impunité »
Rama Yade, ancienne secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, évoque sur Twitter une « tragédie brutale et immense » et exprime ses « pensées tristes pour les familles et RFI ».
« Ghislaine et Claude faisaient partie de ces brillants journalistes auxquels on est si attachés pour mener ce combat pour les droits de l’homme », a pour sa part réagi Jean-Marie Fardeau, directeur du bureau France de l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch. Appelant à une enquête indépendante, il appelle par ailleurs à l’application de la justice : « Il faut absolument trouver ceux qui ont fait ça et en finir avec la culture de l’impunité qui, malheureusement, a trop marqué le Mali depuis des décennies et pour cesser ce cercle vicieux de la violence, des représailles et de l’impunité. Il faut absolument que les assassins de Claude et de Ghislaine soient retrouvés et jugés pour montrer que l’Etat de droit doit enfin exister dans ce pays ».
Source: rfi
Idéoscope avec Le président des FLAM* Wataniya TV

Le président des Forces de libération Africaines de Mauritanie le camarade Samba THIAM était l´invité de la chaine tv Al watania ce vendredi 01 novembre 2013 à 19.30 à l´occasion du démarrage officiel des programmes de la nouvelle chaine indépendante. Une interview exclusive avec le grand journaliste Brahim Ould Abdallahi pour revenir de long en large sur l´histoire des FLAM, de notre exil, le redéploiement et le projet de société du mouvement.
Voir l’intégralité de l’interview au lien suivant :
http://www.youtube.com/watch?v=vPxWc5vH8m0
La lutte continue!





