Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: November 2013

Sécuriser le Sahel : mission impossible ?

Des représentants de 17 pays sont attendus, ce jeudi 14 novembre 2013, à Rabat pour participer à la Conférence sur la sécurité des frontières dans la zone sahélo-saharienne. L’objectif est d’amorcer une réponse coordonnée aux défis suivants : terrorisme, trafic d’armes, trafic de drogue, immigration clandestine.  


Le Sahel est devenu ces dernières années le bastion de nombreux rebelles islamistes Reuters  

Le Sahel est devenu ces dernières années le bastion de nombreux rebelles islamistes Reuters  

 Le Sahel n’est pas devenu la région de tous les trafics. Zone d’échange depuis qu’il existe des sources écrites, la bande sahélo-saharienne a toujours abrité différents types de commerces, que l’on classifie aujourd’hui, notamment depuis la création des frontières, de légal ou d’illégal, avec des populations qui sont habituées à transporter des marchandises librement. Et c’est toujours le cas, puisque ces frontières sont très largement incontrôlées.
   
Difficile de contrôler les frontières
   
  Judith Scheele, anthropologue à l’université d’Oxford en Grande-Bretagne a passé seize mois entre le sud algérien et le nord du Mali à circuler avec des transporteurs, fraudeurs ou non. Elle estime que l’idée de fermer les frontières à tout type de trafic est extrêmement difficile à mettre en œuvre. « On peut encourager les forces de l’ordre de la région à être plus vigilantes, cela voudra dire plus de corruption, mais pas moins de déplacements », explique-t-elle, ajoutant que rien n’empêchera véritablement ces populations de passer. Cela pourrait être même contreproductif. « S’il y a plus de surveillance, les gens vont payer plus cher les forces de l’ordre pour pouvoir passer », poursuit l’anthropologue Judith Scheele.
   
« Ceux qui font de la fraude sérieuse, comme les trafiquants de drogue, auront les moyens de continuer. Et ce seront les pauvres qui font du trafic de pâtes et de couscous qui seront pénalisés ». Or, les populations vivant dans le Sahel sont déjà très largement paupérisées et survivent essentiellement grâce à la fraude ou aux trafics. L’auteur de Smugglers and Saints of the Sahara, édité aux Presses Universitaires de Cambridge en 2012, explique qu’au sein même des familles, chaque membre peut mener sa propre activité, frauduleuse ou non. Les jeunes sont attirés par le trafic de drogue, car c’est un moyen rapide d’obtenir son premier pick-up ou de se marier. Plus tard, ils auront tendance à choisir des activités moins risquées.
   
Rivalités et méfiance entre les pays riverains
   
  Il y a la rivalité entre les deux pays du Maghreb qui entendent jouer un rôle dans la sécurisation de l’espace sahélo-saharien : le Maroc, qui organise cette conférence de Rabat, et l’Algérie, qui a refusé d’y participer, sur fond de tensions autour de la question du Sahara occidental.
   
  L’absence de l’Algérie est déjà un problème majeur pour le succès de cette réunion tant ce pays est incontournable quand il s’agit de parler de sécurisation du Sahel. Pour Medhi Taje, professeur de géopolitique, c’est la puissance régionale « qui ne peut qu’avoir un rôle extrêmement important relatif à la sécurisation des frontières, à la fois sur le plan militaire, mais aussi sur le plan économique et sur le plan humain » et notamment par sa proximité géographique avec le Mali. « L’Algérie partage une frontière de 1 300 à 1 400 kilomètres avec le nord du Mali avec des populations qui sont imbriquées de part et d’autres. Des liens qui sont donc extrêmement étroits », poursuit cet expert auprès de l’Institut tunisien des études stratégiques, ajoutant qu’Alger avait développé une stratégie de « pompier pyromane ». Ce qui entraîne une méfiance de nombreux pays de la région et notamment des riverains du sud.
   
« De nombreux responsables sécuritaires de pays sahéliens ne le cachent pas en privé, mais ne le disent pas publiquement parce qu’ils ont peur des mesures de rétorsions, compte tenu justement de sa capacité de nuisance », explique Mehdi Taje. « Dans l’Etat profond algérien, différents clans sont en lutte pour l’accaparement de la richesse pétrolière algérienne, pour la mainmise sur les trafics ou sur le pouvoir politique ». Et certains de ses clans, poursuit ce professeur de géopolitique tunisien, ont des liens avec des groupes comme Aqmi ou Ansar Dine, le groupe dirigé par le touareg malien, Iyad Ag Ghali.
   
Un manque de volonté politique manifeste
   
  L’Algérie n’est pas le seul pays pointé du doigt. La Libye, depuis la chute de Mouammar Kadhafi, reste un « grand marché d’armes à ciel ouvert », estime Matthieu Pellerin, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Un Etat quasi inexistant, des milices qui règnent en maître et dans le sud du pays, des groupes terroristes qui profiteraient de ce chaos pour s’y installer, comme l’ont très souvent dénoncé ses voisins du sud, le Tchad et le Niger. Mais pour Matthieu Pellerin, tous les pays de la région manquent de volonté politique pour lutter contre les réseaux criminels au Sahel. « On voit bien que ces réseaux sont protégés », explique-t-il.
   
« Aujourd’hui, vous avez des narcotrafiquants notoires, notamment au Mali, certains ayant des mandats d’arrêt sur leur tête qui continuent de circuler librement dans la région ». Cette absence de volonté politique s’explique, selon plusieurs experts sur le Sahel, par les liens incestueux qu’entretiennent les pouvoirs locaux ou nationaux avec les trafiquants. Matthieu Pellerin estime également qu’il y a dans les pays riverains du Sahel une « absence de capacité manifeste ». Manque de moyens financiers, de personnel formé et des frontières à contrôler de milliers de kilomètres, autant de handicaps qui s’ajoutent pour mettre en place une surveillance efficace.
   
Sonia Rolley   Pour RFI

 

 

OMVS : 391 millions de dollars pour rendre le fleuve Sénégal navigable

Une délégation  de l’OMVS conduite par le Haut Commissaire Kabiné Comara et comprenant le Directeur Général de la Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation du fleuve Sénégal (SOGENAV) et le Directeur Financier du Haut Commissariat de l’OMVS a été reçu le 10 novembre 2013 au siège de la Banque Islamique de Développement (BID) à Djeddah.   


OMVS : 391 millions de dollars pour rendre le fleuve Sénégal navigable  
 

 

Rendre le  fleuve Sénégal  navigable toute l’année.  C’est possible en draguant le chenal, en réhabilitant et en construisant de nouveaux quais et au moins un port à Saint Louis à l’embouchure du fleuve. C’est dans ce même cadre que se situe la valorisation du potentiel Hydroélectrique dans le haut bassin guinéen par la construction d’une route qui, entre autre, désenclavera les sites de barrages identifiés.
   
  De plus, le potentiel minier et agricole de cette zone en Guinée sera valorisé avec la construction de la route retenue, à savoir la route Labé-Tougué-Dinguiraye.
   
  Pour financer ces différents projets,  une délégation  de l’OMVS conduite par le Haut Commissaire de l’OMVS et comprenant le Directeur Général de la Société de Gestion et d’Exploitation de la Navigation du fleuve Sénégal (SOGENAV) et le Directeur Financier du Haut Commissariat de l’OMVS a été reçu le 10 novembre 2013 au siège de la Banque Islamique de Développement (BID) à Djeddah.
   
  La délégation y a eu des séances de travail avec les services compétents de la BID qui ont apprécié la pertinence des projets et se sont engagés à les porter  au niveau des autres bailleurs de fonds Arabes afin que le financement soit réuni dans les meilleurs délais. Le total du programme global est estimé à USD 391,2 millions,  non compris le port minéralier en eau profonde à saint louis.
   
  A ce stade ci, l’OMVS a sollicité  le financement d’une phase d’urgence d’un montant USD 165,95 millions pour l’aménagement du chenal navigable et le dragage d’accès et la réhabilitation des  quais ainsi que pour  la construction de la route Dinguiraye-Siguirin comme première phase de la route Labé-Tougué-Dinguiraye-Siguirin.
   
  Concernant le port minéralier en eau profonde de Saint Louis qui doit être réalisé sous forme de partenariat public privé pour un montant d’USD 217 millions, la BID a exprimé sa disponibilité à participer à ce financement le moment venu.
   
  La délégation de l’OMVS a ensuite été reçue par son Excellence Mohamed Ali président de la BID. Monsieur Kabiné KOMARA a saisi cette opportunité pour rappeler que c’est la BID et les Fonds Arabes qui ont cru à l’OMVS à sa création en finançant les Barrages de Diama, de Manantali est les endiguements le long du fleuve, ce qui a contribué à établir la crédibilité de l’OMVS.   Monsieur Kabiné KOMARA a invité la BID à continuer son travail de pionnier pour que l’OMVS réussisse le projet d’intégration vital que constitue la navigation  sur le fleuve Sénégal et le volet routier du SITRAM.
   
  Il a particulièrement insisté auprès de la BID pour que les travaux de la navigation démarrent courant le premier semestre 2014 et que le président de la BID en personne fasse l’honneur aux pays membres de l’OMVS en venant lui-même poser la première pierre des travaux de la navigation comme un des éléments clé du programme de célébration du 40ème anniversaire de la BID.
   
  En retour,  son Excellence Mohamed Ali président de la BID s’est félicité des performances de l’OMVS et du renouveau que lui donne sa nouvelle Direction. Il a donné des instructions à ses services pour que tout soit mis en œuvre pour accompagner les Etats de l’OMVS afin que ce programme régional vital  pour les pays membres de l’organisation soit réalisé.
Source : Financial Afrik 

 

Noorinfo

Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l’assistanat tue l’Afrique »

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane publie “Afrique, introuvable démocratie”. L’occasion de dénoncer ce qui mine le continent. Interview-choc.  


Entretien choc. Kofi Yamgnane : « La culture de l'assistanat tue l'Afrique »  
 

L’homme politique franco-togolais Kofi Yamgnane, “Breton d’après la marée noire”, qui n’a pas pu se présenter aux présidentielles du Togo en 2005 et 2010, annonce sa candidature pour celle de 2015. Il annonce dans un livre (1) son entrée en campagne et analyse les freins à une véritable démocratie dans certains pays africains.
Le Point.fr : Pensez-vous avoir la moindre chance, cette fois, de pouvoir vous présenter ? Et de gagner ?
  Kofi Yamgnane : Non, mais je veux les bousculer. Il faudra qu’ils trouvent une autre excuse que la dernière fois puisque j’ai réglé le problème de ma date de naissance en donnant des preuves [sa candidature à la présidentielle a été invalidée au motif qu’un doute subsistait sur sa date de naissance, NDLR]. C’est simple, mes parents m’ont déclaré du temps colonial, le 16 mars 1946. Je suis né le 11 octobre 1945 et pas le 31 décembre 1945 comme on l’a prétendu.
  Quand le missionnaire a demandé à mon oncle et mon père quand j’étais né, ils ont répondu que c’était au début de la saison sèche. Mon père, ce jour-là, était à la corvée de débroussaillage, qui se faisait toujours le 11 octobre. Soixante ans plus tard, quand je demande un renouvellement de passeport, on me donne un passeport togolais avec la date du 31 décembre 1945. Je suis allé à Bassar, lieu de ma naissance où on m’avait inscrit, aux archives. Il manquait juste cette page-là ! J’ai parlé au maire, puis au préfet qui m’a dit “Ce n’est pas moi, ce sont les termites !” Elles avaient trouvé le registre et grignoté une page, une seule ! À qui voulait-il faire croire cela ?
Lors de la précédente campagne, vous avez craint un empoisonnement. Est-ce toujours le cas ? Avez-vous peur ?
  Bien sûr que j’ai peur ! Ce que je ne souhaite pas, c’est mourir bêtement. Qu’on puisse croire que je suis mort de maladie ou d’un accident de la route alors qu’on m’aura cisaillé les freins dans la nuit. Je voudrais que s’ils me tuent, ils me tirent dessus et que tout le monde puisse savoir qu’ils m’ont assassiné. Mais ils n’oseront pas parce qu’ils savent que je ne suis pas un Togolais ordinaire. Ce que je crains le plus, c’est donc l’empoisonnement. Cela m’oblige à ne jamais manger ou boire nulle part. Quand je pars en campagne, à Lomé, je prends une bouteille d’eau pour la journée et, le soir, je rentre chez moi. Et dans l’intérieur, je ne descends jamais dans un hôtel. Je vais chez les missionnaires catholiques et mes collaborateurs sont logés en ville. Ils trouvent toujours quelqu’un, c’est la sécurité sociale africaine.
Cette fameuse sécurité sociale africaine, dans votre livre, vous dites qu’elle est un frein au développement. Elle est de toute façon moribonde, non ?
  Elle est morte et c’est très bien. C’est bien que, quand j’arrive au Togo, tout le monde ne me saute pas dessus en me disant “ton arrière-cousin est malade, il faut lui donner de l’argent pour se soigner”, “il faut payer l’écolage (les frais de scolarité, NDLR) de tel enfant”, c’est épouvantable !
  Tant que l’État n’a pas pris le relais, l’effondrement de cette solidarité engendre pourtant des drames, comme les 20 000 enfants dans les rues de Kinshasa, en RDC…
  L’État a en effet renoncé aux tâches régaliennes simples, comme de protéger, instruire et soigner. Donc tout va à vau-l’eau. Avec cette pandémie du sida, il y a de plus en plus d’orphelins dans la rue, par centaines. Plus personne ne les accueille, ça n’existait pas, ça, de mon temps ! Je n’ai jamais connu d’orphelinat, il y avait toujours quelqu’un dans le village pour s’occuper d’un gamin dont les parents utérins étaient morts. Cette solidarité-là est en train de s’estomper et cela va permettre aux individus débrouillards d’émerger, d’entreprendre et de réussir.
Parce que cette solidarité empêchait l’accumulation de capital ?
  Vous avez le moindre sou, on vous le prend ! Moi, si j’avais été au Togo, je n’aurais pas vécu comme je vis, ce serait impossible ! Et si je n’ai jamais fait venir aucun de mes deux grands frères ici, c’est à cause de cela. Quand ils vont voir que chez leur petit frère, il a une grande maison, un grand terrain, le confort total, deux frigos, deux télévisions, trois voitures, ils ne vont pas comprendre. Ils vont dire : “Ce n’est pas possible que tu aies tout ça et que tu ne nous donnes rien !” Cette culture de l’assistanat tue l’Afrique. Elle tue l’initiative individuelle.
Vous parlez aussi des superstitions qui bloquent l’Afrique.
  C’est terrible. Aujourd’hui, dans le métro, je monte à côté d’un Africain. Il me chuchote : “C’est une rencontre improbable. C’est Dieu qui l’a voulu, je savais qu’un jour ça se réaliserait, Dieu a exaucé mes prières en vous mettant à côté de moi.” Et il ajoute : “Je sais que vous êtes en train de vous battre au Togo, pour toute l’Afrique. Nous, on prie.” Au lieu d’aller militer et de se battre, ils prient ! Je lui ai dit que ce n’était pas comme ça qu’il fallait faire. Nous sommes dans une activité éminemment humaine, notre réponse, c’est nous qui devons la trouver. Les Africains sont choqués quand vous dites cela. Quand vous voyez les pasteurs… Je suis allé à un mariage à Lomé, le pasteur fait trois quêtes et explique que quand on entre dans la maison de Dieu, il faut se défaire de tous les métaux et qu’on ne peut pas repartir avec quoi que ce soit ! Et le lendemain, vous le voyez rouler en 4×4 flambant neuf, devant la pauvre vendeuse de manioc qui n’arrive pas à s’en sortir…
Comment expliquer cet essor des églises du réveil dans la région ?
  Par la crédulité. Les Africains sont très religieux. L’église catholique, sans doute, n’était pas assez active alors que les Américains ont été très dynamiques. Aujourd’hui, ce sont même de jeunes gens qui ne savent même pas lire qui se lancent dans le prêche ! Les gens ont tant de problèmes dans leur vie quotidienne qu’ils sont prêts à s’abandonner au premier venu. J’ai été scandalisé, en circulant au Togo, de voir que les écoles sont des paillotes ou juste un manguier autour duquel 150 gamins tournent en fonction du soleil pour être à l’ombre. C’est invraisemblable, la misère ! Les parents se cotisent pour acheter un terrain, construisent la paillote et payent les enseignants qu’on appelle les EV, “enseignants volontaires”. Et deux kilomètres plus loin, vous tombez sur un immeuble en dur, avec un groupe électrogène, climatisé : c’est toujours un temple ou une mosquée. C’est un scandale !
Que pensez-vous des discours enthousiastes sur l’Afrique aujourd’hui ?
  C’est du pipeau ! Quand on dit que le Togo a un taux de croissance de 5,5 %, qu’est-ce qui revient aux Togolais ? Rien ! Il y a un énorme problème de redistribution. Mais la corruption est endémique, le budget est exécuté à 20 % parce que chaque ministre n’accepte de signer un marché que si un pourcentage tombe dans sa poche. Résultat, le peu que les colons avaient fait a disparu, tout reste à faire.
Que feriez-vous pour endiguer la corruption si vous étiez élu ?
  Il faut travailler sur la morale des dirigeants. Dire “on ne pique plus dans la caisse”. Ce que je dis aux Togolais, c’est que je n’ai besoin de rien, j’ai tout ce qu’il me faut ici. En Bretagne, en France, je suis considéré comme un bourgeois et ce n’est pas faux. Je leur dis : “Vous avez piqué plein d’argent, vous êtes milliardaires en CFA ou même en dollars, mais ça, c’est fini. Gardez ce que vous avez pris, mais à partir de maintenant, le premier que je prends à piquer un centime, il est fusillé.” Et la morale s’installera. J’ai vu Rawlings faire ça, au Ghana. C’est lui qui me l’a raconté. Il m’a dit : “Je vois un instituteur qui a 15 villas qui coûtent chacune 80 ou 100 millions, il a des 4×4, je le convoque et je lui donne 15 jours pour s’expliquer. S’il ne peut pas, je le fais fusiller.” Il en a tué beaucoup comme ça. Et ça a marché ! On ne peut pas dire que la corruption soit complètement éradiquée au Ghana, mais elle a énormément reflué.
Le Ghana, avec le Sénégal et le Botswana, fait partie des pays que vous citez en exemple de développement pour l’Afrique. À quoi est dû leur succès ?
  Ils ont des dirigeants vertueux. Rawlings a utilisé la force, mais d’autres ont seulement utilisé la force de conviction. Senghor au Sénégal, qui a réussi une alternance apaisée, par exemple. Et ils ont misé sur l’éducation. C’est le principe de base pour instaurer une démocratie. L’école doit avoir les moyens d’instruire les citoyens, pour donner à chaque petit Africain ce que voulait Jules Ferry quand il disait : “Je ne veux plus qu’aucun Français ignore ce qu’il n’est pas permis d’ignorer.”
Vous dénoncez la corruption. Pourtant, vous vous insurgez contre le procès des biens mal acquis du fils du président Obiang, en Guinée équatoriale…
  J’ai maintenu un équilibre délicat sur cette affaire. D’un côté, j’ai bien dit que quand le peuple africain vous fait confiance, vous ne devez pas voler le bien public. Cela doit se régler entre Africains. De l’autre, je trouve scandaleux que des ONG se déclarent compétentes pour juger des États pétroliers africains et que des États pétroliers arabes puissent venir acheter tout ce qu’elles veulent en France sans être embêtées. Et l’obélisque, place de la Concorde à Paris, d’où vient-elle ? D’Égypte, c’est Napoléon qui l’a piquée ! Qui s’en offusque ? Si l’on veut se lancer dans des procès de biens mal acquis, parfait, faisons-le vraiment, et ça va saigner !
De même, êtes-vous indigné par les procès de dirigeants africains, à La Haye ?
  Regardez qui la CPI juge depuis qu’elle existe : Taylor, Gbagbo, Omar el-Béchir… Et qui va poursuivre Bush, responsable de massacres en Irak ? Personne ! Je ne dis pas qu’il ne faille pas les juger, je dis juste qu’il faut en juger d’autres. Et en Afrique, on ne livre jamais un chef à un ennemi pour qu’il soit jugé par lui. On le juge à la maison, c’est même ce qu’a fait Mandela pour de Klerk.
Pour finir, vous avez bien une note d’espoir pour le continent ?
  Il y a les 500 millions et quelques de détenteurs de téléphones portables, bien sûr, et le dynamisme de ce secteur… Il y a aussi la très belle Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, adoptée par l’OUA en 1986… Malheureusement, elle n’est pas respectée. Les pistes à adopter pour développer l’Afrique, ce sont toujours les mêmes : en priorité l’agriculture, chose que le FMI a enfin comprise. Et l’école.

(1) Afrique, introuvable démocratie, ed. dialogues. 14 euros, 110 p.
  Claire Meynial, pour lepoint.fr
 

 




l’opposition lance une contre campagne électorale

altLa Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), qui a décidé de boycotter les législatives et municipales du 23 novembre, a lancé une contre campagne électorale. C’est après le lancement officiel de la campagne électorale vendredi dernier.

Mohamed Ould Mouloud, président de l’UFP, parti membre de la COD a annoncé la nouvelle au cours d’un point de presse mercredi à Nouakchott.

Il a expliqué, en partie,  comment la COD compte mener cette contre campagne électorale: « Nous avons tenu, ce matin, un sit-in symbolique devant la Présidence de la République; nous organiseront aussi un meeting samedi à Nouadhibou (Nord) et nous conduirons des caravanes sur les grands axes du pays  comment la Route l’espoir ainsi que dans les villes de la Vallée et du Nord».

En outre, Ould Mouloud a estimé que les arguments du pouvoir pour des élections transparentes se sont effondrés.

«Le pouvoir promettait des élections transparentes, parce qu’organisées par une institution indépendante en l’occurrence la CENI. Le contraire s’est révélé; la preuve est que la CENI est contrainte par l’Etat à organiser des élections dans un délai insuffisant et sans qu’elle soit prête.  Si la CENI était indépendante elle ne l’aurait pas accepté».

Il a également critiqué la façon dont l’Observatoire national pour la supervision des élections est mise en place : « Nous n’avons rien contre les membres de l’observatoire,  mais  dénonçons la façon dont il est mis en place. C’est avec mépris du peuple mauritanien. Avant que ses membres ne finissent d’installer leurs bureaux, cela trouvera que la campagne électorale est achevée. Qu’est ce qu’ils vont donc observer ! »

 Mohamed Ould Mouloud  est encore revenu sur les bulletins de vote. Il les a qualifiés de « douteux, parce que l’entreprise qui les a confectionnés est douteuse et elle est même traînée devant la justice britannique ».

Pour rappel, Lô Gourmo, vice président de l’UFP, écrivait le 4 novembre sur sa page Facebook: « Le scandale de corruption pour l’obtention du marché d’impression des bulletins de vote de l’élection présidentielle de 2009 poursuit son cours devant la justice britannique. Les principaux responsables de l’entreprise corruptrice -Smith And Ouzman- sont cités à la barre…Les accusés sont cités à la barre du Tribunal de Southwark Crown, le 6 novembre 2013, pour répondre du chef d’accusation de corruption active en direction de quatre pays exclusivement africains, en tête desquels la Mauritanie, à côté du Kenya, de Somaliland (“Républiquette” non reconnue par la Communauté internationale) et du Ghana ».

 
Source: Alakhbar     

 

 

 

Football: Changement dans la continuité pour Neveu

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C’est reparti pour un nouveau bail entre le français et la Mauritanie ! L’histoire d’amour vient d’être réactualisée, après beaucoup de flottements et d’indécisions. Patrice Neveu et la FFRIM ont, en effet, paraphé, le 10 novembre, à Nouakchott, un nouvel accord, sous l’égide de la ministre des Sports. L’engagement des autorités mauritaniennes et les intentions du gouvernement de mettre sur pied un fonds de soutien à l’équipe nationale auront servi de déclic. Il se murmure que chacune des parties a consenti des efforts pour arriver à un terrain d’entente.

Le Bonnevalais sera aux commandes des Mourabitounes jusqu’en février 2015. Si le montant de la transaction financière n’a pas été révélé, des objectifs ont été fixés : notamment, la qualification à la CAN 2015. Neveu et la FFRIM ont supprimé la clause libératoire inclus dans le précédent contrat. « Je suis serein et je pense avoir pris la bonne décision », a indiqué le technicien français qui ajoute : « Je me suis engagé avec la Mauritanie jusqu’à 2015 et je crois en l’avenir du football mauritanien, pour moult raisons, notamment le potentiel prometteur de joueurs de l’équipe A. […] Il s’agit surtout de construire et un accent particulier sera mis sur les sélections de jeunes. […] Je vais travailler dans la continuité de ce que l’on a commencé en janvier 2012. C’est valorisant, ce qui a été accompli, et la Mauritanie le mérite. On a déjà apporté beaucoup de bonheur à la jeunesse mauritanienne, avec la qualification au CHAN. Ces résultats probants ont permis à la Mauritanie de se mettre en avant et d’être au devant de la scène. Nous ne pouvons que nous réjouir et fonder beaucoup d’espoir sur la volonté de l’Etat de prendre le relais, en investissant d’énormes moyens, pour la préparation des prochaines échéances. »

« Nous pouvons enregistrer une meilleure progression en trouvant le bon tempo », continue Neveu, « Je pense avoir pris la bonne décision, en m’engageant pour un nouveau challenge sportif. L’opportunité reste, évidemment, propice au travail pour en remporter plusieurs », avant de préciser : « l’aspect financier n’a pas primé sur mon choix de rester en Mauritanie où j’ai surtout envie de poursuivre l’œuvre entreprise ». Patrice Neveu fonde, donc, de réels espoirs sur le football mauritanien et juge légitimes « les ambitions du public mauritanien de voir leurs sélections nationales gravir les plus hautes marches du podium ».

Passé le renouvellement du sélectionneur national, place désormais à la planification de la préparation. Neveu a révélé, au cours de sa conférence de presse, que les Mourabitounes effectueront un programme de préparation, à partir du 23 décembre au Qatar, puis cap sur le Rwanda, avant de rallier l’Afrique du Sud ! Au passage, Neveu n’a pas manqué de remercier le Congo « de m’avoir placé en tête de sa short-list, pour le poste de sélectionneur. Mais j’ai pris ma décision sans regret ». Pendant que Neveu cherchait à trouver de nouveaux débouchés, la FFRIM recevait un nombre « incalculable » de propositions, à en croire son président. Signalons, enfin, que cette conférence de presse a également été l’occasion de présenter le nouveau médecin de la sélection nationale, Antonio Guré. C’est donc l’ex-médecin de l’équipe de Valence qui aura à veiller aux petits soins des Mourabitounes.

 

Source: Le Calame