Monthly Archives: June 2011
VII Congrès des Flam:«Dictature raciste et arrogante»
La salle des fêtes de l’hôtel Ibis de Champs-sur-Marne (près de Paris) a abrité, le samedi dernier (28 mai 2011), la cérémonie d’ouverture du VIIème congrès des Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM). L’ambiance était bonne, pas de tension perceptible comme le prétendait certains internautes sur la toile. Les Flams sont décidés à travailler dure pour un réel changement des choses en Mauritanie. Nous pensons qu’il y aura des bonnes décisions qui seront prises, accompagnées par des mesures drastiques pour concrétiser le programme du mouvement. Toutes les consciences politiques des différentes tendances et associations des droits humains étaient invités d’honneurs. En tout cas l’ouverture du septième congrès sur le plan organisationnel est une réussite totale incontestable. Le discours des uns et les autres convergent tous vers l’unité d’action commune.
Le président Samba Thiam a, dans son discours, rappelé que les « congrès étaient un moment de pause… destinés à faire le point, à ouvrir des perspectives et à réajuster, au besoin, méthodes et stratégies de lutte ». Le ton est donné. Ce congrès ne sera pas comme les autres.
Très remonté contre le président Mohamed Ould Abdel Aziz qui « au tout début de sa prise de pouvoir avait suscité quelque espoir », Samba Thiam dénoncera l’absence d’équilibre dans la représentativité dans la haute administration, l’évacuation de la question du passif humanitaire, l’arrêt brutal du retour des réfugiés, la spoliation des terres de la Vallée, et le laxisme dans la gestion de la question de l’esclavage. Pour le président des FLAM, le constat est clair et amer : « le régime, par toutes ces pratiques, est entrain de révéler sa vraie nature : une dictature camouflée, arrogante, répressive et raciste, qui œuvre à préserver le même Système discriminatoire, à l’origine des régimes militaires arabo-berbères qui l’avaient précédé ! Comme ces derniers, le Régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz élude les questions centrales pour n’aborder, au petit bonheur la chance, que les questions périphériques, techniques, secondaires ». Il reviendra ensuite sur les violences contre les étudiants noirs à l’université de Nouakchott avant de minimiser la portée de la décision prise par les autorités mauritaniennes de répertorier les tombes des disparus depuis l’indépendance.
La charge est violente contre le régime. Elle le sera à peine moins pour « les forces de la résistance ». Samba Thiam ne se montre pas tendre en effet avec ces organisations, les FLAM comprises, qui se livrent à une querelle de clochers, « jouant au leader », organisant leurs propres manifestations… Il fustigera également la gestion des sites électroniques sur fond de chasse aux visiteurs, regrettant qu’elles donnent dans l’auto flagellation au lieu de s’attaquer au Système.
« A situation nouvelle, stratégie nouvelle », lance Samba Thiam. La salle retient son souffle. Le fantôme du congrès de Cincinnati qui a vu l’organisation traverser une sévère crise semble s’éloigner. Samba Thiam poursuit en appelant à « l’unité la plus large possible avec les forces patriotiques, démocratiques et progressistes qui partagent, avec nous, les mêmes aspirations… S’unir ou périr tel est le sens et l’alternative de l’instant, tel est l’enjeu du moment ». Les lignes semblent bouger. Et pas de peu. Et le président des FLAM de déplorer l’autosatisfaction et la condescendance auxquelles son organisation a pu céder par moments. C’est qu’après avoir rendu un hommage appuyé aux martyrs qui ont donné leur vie et aux militants qui font preuve de persévérance, Samba Thiam en est arrivé à la conclusion qu’ « il serait illusoire de croire qu’une seule organisation, même toute puissante, au vu des conditions internes de plus en plus difficiles et complexes, fut en mesure de venir à bout, toute seule, du Système en cours ». L’auditoire saisit la portée de la déflagration et la couvre de ses applaudissements. Un véritable tournant s’annonce. Ce congrès ne ressemblera décidemment pas aux autres. Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, le président des FLAM martèle qu’il faudra se préparer à « prendre les décisions courageuses qu’impose l’évolution de notre organisation, voire sa survie ». Un autre tabou va tomber : le mouvement va se redéployer en Mauritanie. C’est l’objet d’une vieille querelle qui vole en éclats. Désormais, plus rien ne sera comme avant. En se débarrassant de ces écueils, les FLAM renvoient habilement la balle dans le camp des autres organisations et partis. Les FLAM se disent prêtes pour le rassemblement et le combat sur le terrain.
Tous les invités qui prendront la parole abonderont dans le même sens et encourageront les FLAM à aller jusqu’au bout de ces résolutions. Une absence de taille assombrit cependant le concert : la section française de l’AJD/MR n’a pas répondu à l’invitation des FLAM.
Rendez-vous est pris le huitième congrès à Nouakchott ».les congressistes vont mettre en musique la feuille de route tracée par le président. Les conclusions seront attendues avec impatience. Une page est entrain d’être tournée.
BILADI
Congrès des FLAM : De l’exil au bercail ?
Les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM) avaient examiné, la semaine dernière, au cours de leur VIIème congrès ordinaire, à Champs-sur-Marne, en région parisienne, en France, leur retour en Mauritanie et les conditions d’une unité de l’ensemble de l’opposition du pays.
S’exprimant à l’ouverture du congrès, le président des FLAM, Samba Thiam, avait exhorté les militants de son organisation à débattre de la question du redéploiement général du mouvement à la lumière de 28 années de lutte.«Le congrès discutera, sans tabou, de cette question du redéploiement. La uestion du retour des FLAM en Mauritanie, pour poursuivre le combat sur le terrain, sera naturellement discutée. Il appartiendra au congrès de donner une orientation claire sur ce retour qui nous paraît tout à fait envisageable, aujourd’hui», a-t-il dit.
Le président des FLAM a plaidé pour l’unité de l’opposition mauritanienne, estimant qu’il serait illusoire qu’une organisation puisse, à elle seule, mettre fin au système «discriminatoire et mono-ethnique» mauritanien. «Il n’y a plus de place pour la lutte en ordre dispersé devant la persistance d’un système discriminatoire à caractère raciste qui rend notre avenir, en Mauritanie, chaque jour, plus incertain. A situation nouvelle, stratégie nouvelle», a martelé M. Thiam qui vit en exil aux Etats-Unis. Il a estimé que les FLAM ne doivent plus assumer seules le poids de la lutte pour le nouvel ordre social et démocratique en Mauritanie fondé sur le caractère multiracial et multiculturel du pays. «Nous avons porté, presque seuls, pendant près de 20 ans, tout le poids de la lutte. Nous devons nous saisir maintenant de toute opportunité offerte d’en partager le fardeau avec d’autres forces, mieux, nous devons forcer ces opportunités», a déclaré M. Thiam. «L’heure semble donc venue de travailler pour l’unité de la résistance dans la fusion des forces et des énergies, si nous voulons, ensemble, hâter la fin du système», a poursuivi l’ancien détenu à la tristement célèbre prison de Oualata. Selon lui, l’unité de l’opposition mauritanienne pourrait se faire autour de quelques points essentiels, parmi lesquels la réforme de l’armée, la haute administration et l’éducation pour tenir compte de l’identité «bi-ethnique et multiculturelle» du pays. «Ces questions ajoutées à la fin de l’esclavage, le renforcement de la démocratie nous semblent constituer une base naturelle de convergence», a affirmé M. Thiam.
Venus des Etats-Unis, d’Afrique et d’Europe, les délégués des FLAM débattront pendant trois jours de la situation socio-politique en Mauritanie, du passif humanitaire, du sort des réfugiés négro-mauritaniens au Sénégal et au Mali, de la question agraire dans la vallée du fleuve Sénégal et de l’esclavage. Ils procéderont, également, au renouvellement des instances dirigeantes de leur mouvement, dont le Conseil national et le Bureau national. Le congrès est dédié à feu Aboubakry Khalidou Bâ et Mamadou Amadou Sow, deux figures historiques de la lutte des FLAM.
Source : Eveil Hebdo (Mauritanie) via MALIWEB.COM
Les FLAM réclament des sanctions contre les présumés auteurs du passif humanitaire
Les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM), un mouvement d’opposition de la diaspora réclament des poursuites contre les présumés auteurs de graves violations des droits de l’homme dans le pays au cours des années 1990 dans une déclaration rendue publique mardi. Le président du mouvement d’opposition de la diaspora, Samba Thiam souhaite que ces individus « soient identifiés » et « répondent de leur forfait ». Le leader des FLAM apprécie la décision du gouvernement mauritanien visant à indemniser les militaires victimes « des purges ethniques » pendant les années 1990 et la qualifie de « pas en avant » assimilable à « une mesure d’apaisement ». Il regrette cependant « l’amalgame cynique fait entre des cas de putschistes avérés et les graves violations de droits humains perpétrés dans la vallée du fleuve » et prône un débat national « sur la question cruciale de la cohabitation communautaire ».
LE CALAME
Général Abdel Aziz apostrophe: « Ici, ce n’est pas une dictature »
Dans l’une de ses plus virulentes sorties, le chef de file de l’opposition avait récemment qualifié, au cours d’un meeting populaire organisé par son parti à Toujounine, le président de la république de « dernier dictateur encore au pouvoir dans le monde arabe ».Fervent avocat du pouvoir et du chef de l’Etat, le secrétaire général de l’UPR Ould Mattalla a aussitôt répliqué à ces charges embarrassantes, accusant le leader du Rfd de contradictions et de paradoxes, en prêchant une alternance qu’il interdit personnellement à sa propre formation. En brisant aujourd’hui le silence sur ces critiques peu courtoises, Mohamed Ould Abdel Aziz, selon lequel, il n’y a pas de dictature au pays, chercherait-il à tout prix à rendre intelligemment à Ahmed Ould Daddah la monnaie de ses pièces ?
Les opposants au pouvoir multiplient les sorties critiques contre le pouvoir de Ould Abdel Aziz l’accablant de tous les maux, de gabegie souveraine, de bradage de ressources nationales et de dirigeant érigeant en système l’unilatéralité de la gestion des affaires publiques. Des reproches fréquents que la majorité fidèle à Ould Abdel Aziz semble réellement incapable de démentir, préférant souvent laisser l’orage passer. Les preuves de ces désistements progressifs qui minent de jour en jour les rangs des fidèles du président de la république, ne sont pas seulement perceptibles dans les distances prises récemment par Tawassoul et avant lui le Rfd du régime, mais aussi des défections répétées de parlementaires dont Ghassem Ould Bellali et Baba Ould Sidi qui ont rejoint El Wiam. Même, lundi dernier, aux débats de l’assemblée nationale, les dissensions de la majorité se sont faites sentir avec cette absence remarquée de certains députés de cette mouvance alors que le gouvernement tenace à voter l’accord de création d’un complexe industriel de pêche signé avec la Chine et contesté par l’opposition, avait besoin de montrer publiquement sa domination de l’hémicycle parlementaire, loin des insultes et des positionnements complices. Assailli par ces déboires qui commencent à menacer son pouvoir, le président de la république était contraint d’assurer sa propre autodéfense, d’opérer un coup de communication qui montreront aux mauritaniens son potentiel de riposte politique, surtout à ses fidèles qui lui reprochent le flirt des jeunes à leurs dépens. C’est donc pour soigner son image et celle de son pouvoir, surtout que le Premier ministre n’est pas encore en plein forme pour mener à bien cette mission, que le président de la république s’est confié lundi dernier à l’Afp, donnant ainsi l’occasion à l’opinion nationale d’être mieux édifiée sur des questions sombres de la politique intérieure et extérieure du pays. Mohamed Ould Abdel Aziz livrera ainsi ses points de vue sur la situation politique nationale, sur la lutte contre le terrorisme et sur le conflit libyen, notamment l’impasse dans laquelle se trouve actuellement Kadhafi.
” Ici ce n’est pas une dictature “
Evoquant les récentes manifestations de quelques centaines de jeunes à Nouakchott pour réclamer son départ, Ould Abdel Aziz a indiqué que les revendications portées par certains jeunes arabes ne sont valables pour le cas mauritanien, précisant que la Mauritanie n’est pas une dictature, mais une démocratie. ” Moi, je n’ai pas 36 ans de pouvoir, je n’en ai même pas 36 mois “, a-t-il dit, ajoutant qu’il est ” ex-général, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en août 2008, avant d’être légitimé par les urnes l’année suivante “. Pour lui, les jeunes ” ne peuvent pas parler de dictature ici, parce qu’il y a une démocratie, toutes les libertés sont garanties. Nous sommes le premier pays arabe au plan de la liberté de la presse. La corruption, c’est mon cheval de bataille, je suis le premier à lutter contre la corruption, la gabegie, contre tout ce qui est mauvais dans ce pays “, a-t-il poursuivi, considérant que ” si cette jeunesse avait agi il y a de cela six ans, elle aurait eu raison, elle aurait secoué le pays “.
Il a également ” affirmé que si les jeunes ” mauritaniens ” manifestaient contre la pauvreté et le chômage, il serait prêt à partir avec eux, mais quand ils essaient de comparer la Mauritanie à la Libye, à l’Egypte, ils ne peuvent pas faire mouche, c’est totalement différent “. Selon l’AFP, le chef de l’Etat a ” par ailleurs dit être disponible pour un dialogue avec son opposition “. ” Je leur ai dit que j’étais prêt à discuter de n’importe quel problème, de n’importe quelle question, j’attends toujours leur réponse, leur plate-forme de discussions “, a-t-il affirmé.
Et d’ajouter : ” dernièrement, on m’a dit que l’une des parties demande l’organisation d’une élection présidentielle anticipée. Ils n’ont qu’à venir le demander, je suis prêt à discuter. Mais moi, je ne peux pas dialoguer seul “. Le Président de la République a indiqué que ” dialogue ou pas “, les élections législatives auraient lieu comme prévu en octobre : le mandat d’un député, c’est cinq ans, c’est-à-dire que le 1er octobre, il doit y avoir des élections, c’est tout. Il n’y aura pas de vide juridique “.
Amadou Diaara – LE RÉNOVATEUR
DÉCLARATION DE PRESSE DES FORCES DE LIBERATION AFRICAINES DE MAURITANIE
Le gouvernement du Général Mohamed Ould Abdel Aziz vient de prendre une mesure visant à indemniser à la fois les victimes des purges ethniques de 1987, au sein de l’Armée « nationale », et tous les auteurs de putschs remontant à 1981.
Les FLAM estiment que c’est là une mesure appréciable d’apaisement, même si elle fait un amalgame cynique entre des cas de putschistes avérés, et les graves et sombres pogroms survenus dans la vallée du fleuve.
C’est un pas en avant, mais nettement insuffisant, pour omettre, gravement, les cas de ces milliers de civils massacrés et de ces centaines de femmes violées dans la vallée du fleuve, entre 1986 et 1991.
Les FLAM exigent que les auteurs principaux de ces crimes, commis, soient identifiés, mis devant leur responsabilité, et amenés à répondre, pleinement, de leurs forfaits.
Tout comme elles estiment que cette réhabilitation devrait également concerner les fonctionnaires négro-africains arbitrairement radiés de la fonction publique, et tous ces réfugiés spoliés de leurs droits, pour une pleine réparation des préjudices subits.
Ainsi seulement on apaiserait davantage le climat social, pour avancer vers les questions centrales, telle la question cruciale de la cohabitation – qui mine notre unité -,et la question sociale de l’esclavage, sans la solution desquelles il ne saurait y avoir de démocratie.
La Mauritanie a, plus que jamais, besoin d’une rupture d’avec le passé ; les hommes du passé doivent partir, et les pratiques du passé doivent cesser !
Les FLAM restent, quant à elles, déterminées à mener jusqu’au bout ce combat pour la justice et pour l’égale dignité entre tous les mauritaniens.
La lute continue!
Stockholm le 07 juin 2011
Pour le Bureau Exécutif National
Le department de la communication




