Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: February 2013

Marche pour l’abrogation de la loi d’amnistie de 1993 : “Une loi scélérate qui empêche la paix des coeurs”

Samedi 9 février, à l’initiative de l’AJD/MR d’Ibrahima Moctar Sarr, suivie par une partie de la société civile, de mouvements sociaux, et quelques partis politiques, une foule d’un peu plus d’un millier de personnes s’est mise en branle à partir de la mosquée marocaine de Nouakchott, jusqu’à l’assemblée nationale, pour remettre aux députés une lettre demandant l’abrogation pure et simple de la loi d’amnistie de juin 1993, pour permettre la poursuite en justice des criminels liés aux évènements de 1989 notamment.


La loi d'amnistie de 1993 empêche les familles des victimes de voir leurs plaintes recevables par la justice mauritanienne. Crédit : Noorinfo/MLK

La loi d’amnistie de 1993 empêche les familles des victimes de voir leurs plaintes recevables par la justice mauritanienne. Crédit : Noorinfo/MLK

 

A peine quelques centaines de personnes, à l’entame du rassemblement sur le grand espace qui jouxte la mosquée marocaine de Nouakchott. Au fur et à mesure d’une animation très revendicatrice par rapport à la loi de 1993, ponctuée d’interventions de rappeurs de la capitale, la foule se masse et se gonfle, arborant pancartes aux slogans sans équivoques, entre «non à l’impunité», «abrogation de la loi d’amnistie», «non au racisme d’état» et d’autres moins courtoises.

Mais un constat s’impose dans cet amas humain, que tout le monde fait : il n’y a que des négro-mauritaniens, à l’exception de quelques rares maures issus du mouvement du 25 février, venu pour l’occasion réclamer aussi la fin d’une «loi scélérate», à travers notamment son représentant Abdel Vettah Ould Habib qui soutient à la tribune qu’ «Aziz est un clone de Taya, qui reconstruit le même système bâti sur un racisme d’état répugnant».

«C’est dommage qu’il n’y ait que des négro-mauritaniens, c’est une cause et une injustice nationales» dit désolé, un journaliste radio de la place, venu couvrir l’occasion.

 


Les chaises vides des partis invités. Crédit : Noorinfo/MLK

Les chaises vides des partis invités. Crédit : Noorinfo/MLK

Même les partis majeurs ne sont pas là, de l’opposition ou d’une certaine majorité. Ce que le président de l’AJD ne manquera pas de souligner dans son intervention musclée à la tribune chauffée à blanc par les précédents intervenants : «La plupart des partis de l’opposition ont décliné l’invitation qui leur était faite, notamment l’UFP, qui ont prétexté l’argument fallacieux que c’est une question déjà évoqué lors des réunions de concertation nationale» argue-t-il, avant de clore par ses propos en exhortant la foule à participer à l’initiative de Messaoud Ould Boulkheir qui débute lundi, car dit-il, «l’avenir de ce pays se construira ensemble, ou ne se fera pas».

«Pourtant on voit nos frères maures mobilisés pour la question palestinienne. Malheureusement ils ne se mobilisent que pour les questions arabes, et c’est cela qui doit changer si on veut réconcilier les cœurs ici» avance pour sa part, Fatim Sall, jeune étudiante à l’université de Nouakchott, et orpheline de Baydi Sall, officier torturé et mort en prison durant les années dites de braise.

 


Leaders politiques, sociaux, et associatifs négro-mauritaniens se sont réunis à l'appel de l'AJD-MR. Crédit : Noorinfo/MLK

Leaders politiques, sociaux, et associatifs négro-mauritaniens se sont réunis à l’appel de l’AJD-MR. Crédit : Noorinfo/MLK

Une «loi scélérate»

La loi «N° 93-23 du 14 juin 1993 portant amnistie» dont l’article 1er disposait qu’une «amnistie pleine et entière est accordée aux membres des forces armées et de sécurité auteurs des infractions commises entre le 1er janvier 1989 et le 18 avril 1992 et relatives aux événements qui se sont déroulés au sein de ces forces et ayant engendré des actions armées et des actes de violence».

Pourtant cette loi est reconnue par les avocats qu’elle n’est pas valable. «Elle repose sur une conception erronée de la notion même d’amnistie et viole des normes impératives du droit international auxquelles il ne peut être dérogé. Elle ne peut, donc, faire obstacle à la recevabilité de plaintes, l’investigation des faits, la poursuite, l’arrestation et la punition des auteurs de ces violations» explique l’avocat Omar Ould Dedde Ould Hamady.

Le président du collectif des victimes de la répression (COVIRE), Mamadou Kane, victime lui-même de la répression d’état de 1992, va au-delà de cet aspect illégal de cette loi d’amnistie : «On parle d’unité depuis quelques années maintenant dans ce pays. Allez voir ces orphelins et veuves qui sont à dix mètres de nous, qui n’ont jamais pu prier sur le corps de leur parent. Allez leur dire qu’il n’y aura ni vérité, ni justice, ni réparation décente, ni mémoire pour le mal innommable qui leur a été fait. C’est cela que cette loi empêche : déposer des plaintes pour mettre en branle ces quatre points qui constituent la base de la réconciliation dans ce pays».

 


crédit : Noorinfo/MLK

crédit : Noorinfo/MLK

Une impunité «enrageante»

A la tribune où se succèdent des ténors de la lutte sociale, politique ou associative mauritanienne, la plupart mettent le doigt sur l’impunité «écoeurante», pour Abdoul Birane Wane, coordinateur du mouvement Touche pas à ma nationalité, «enrageante» selon Brahim Ould Abeid, représentant d’IRA-Mauritanie.

«Nous marchons dans la rue et nous voyons des généraux, des colonels, des vice-présidents d’assemblée nationale qui ont les mains pleines de sang et qui ne sont pas inquiétés. C’est une insulte à ceux qu’ils ont torturés et tués, et à leurs familles» crie Brahim Ould Abeid.

Cette impunité est le fruit d’un «racisme d’état maintenu» en Mauritanie souligne au micro, Dia Alasane coordinateur de «l’autre» TPMN.

 


Souleymane (avec la capuche) témoigne que son père était un des 15 sous-officiers tués par Ould Jiddeine. Crédit : Noorinfo/MLK

Souleymane (avec la capuche) témoigne que son père était un des 15 sous-officiers tués par Ould Jiddeine. Crédit : Noorinfo/MLK

Le cas symbolique d’El Arby Ould Sidi Aly Ould Jiddeine

L’ex-colonel El Arby Ould Sidi Aly Ould Jiddeine, actuel vice-président de l’assemblée nationale, est symbolique et significatif à plus d’un titre, il est un des rouages essentiels de l’institution qui devrait permettre l’abrogation de cette loi d’amnistie, et dans le même temps, le COVIRE le dénonçait clairement et précisément, par rapport aux officiers torturés et abattus, dans une liste de ses victimes parue il y a deux ans.

«Il a sur les mains le sang de 89 personnes. 89 Bon Dieu ! Et il se trémousse librement sur son fauteuil à chaque session de l’assemblée nationale !» enrage Aboubacri Sy, représentant du collectif des rescapés militaires, (COREMI).

 


Ibrahima Moctar Sarr, à la tribune avant la marche, samedi 9 février. Crédit : Noorinfo/MLK

Ibrahima Moctar Sarr, à la tribune avant la marche, samedi 9 février. Crédit : Noorinfo/MLK

«Plus jamais ça»

Pour que cela ne se reproduise plus, le doyen de l’événement, Bâ Mamadou Alassane, président du PLEJ, insiste sur le fait que les communautés noires du pays doivent être plus unies. «Les consciences doivent être plus aigues pour permettre une unité forte qui ne pourra que porter ce combat».

«L’unité et la réconciliation sont possibles dans ce pays, mais d’abord les cœurs doivent être apaisés, et les gens doivent se parler, pour que tout puisse être pardonné et pouvoir passer à autre chose. On se fout de notre gueule quand on voit des ministères organiser on ne sait pour qui, des festivals dits d’unité nationale. Il n’y aura unité et réconciliation que lorsqu’il y aura vérité !» soutient Mamadou Sarr, SG du forum national des droits humains (FONADH).

 


 Près de 2000 manifestants ont marché vers l'assemblée nationale. Crédit : Noorinfo/MLK

Près de 2000 manifestants ont marché vers l’assemblée nationale. Crédit : Noorinfo/MLK

Une marche et un député

Après plus d’une heure et demi de tribunes et d’animations musicales, la foule composée maintenant de près de 2000 personnes à 18h30, se met en mouvement vers le Parlement, où un seul député, Kane Hamidou Baba, du Mouvement pour la refondation, recevra des mains d’Ibrahima Sarr, la lettre demandant l’abrogation de la loi d’amnistie de 1989.

«Malouma Mint Bilal devait être là mais son enfant est souffrant, il se pourrait qu’elle revienne. Et d’autres députés qui ont des contretemps ou ne sont pas sur place» justifie sa solitude, le président du MPR.

Ce que quelques manifestants en colère souligneront et commenceront à crier après la remise la remise de la lettre, et que la foule se dispersait : «Il faudra nous dire clairement si on peut vivre ensemble dans ce pays, et qu’on en tire les actions qui s’imposent».

Mamoudou Lamine Kane

 
Source: noorinfo

 

Mathieu Guidere:

altIntervention française contre les islamistes au Mali, opération commando en Somalie, islamisme au Maghreb, leçons du Printemps arabe… Mathieu Guidère, professeur d’islamologie à l’Université de Toulouse-II et ancien professeur à l’école militaire de Saint-Cyr, éclaire les positions des différents groupes islamistes extrêmistes en Afrique, du Sahel au Maghreb.
Né en Tunisie, Mathieu Guidère est titulaire d’un double doctorat d’arabe et de lettres françaises. Aujourd’hui professeur d’islamologie à l’université de Toulouse, il a publié, en janvier, Les Cocus de la révolution, récit très personnel autant qu’analyse politique qu’il situe volontiers dans la lignée des périples orientalistes du XIXe siècle.
Jeune Afrique : La coalition islamiste est-elle assez solide pour résister à l’offensive française ?
Mathieu Guidère: L’offensive se cantonne pour le moment à des frappes aériennes : il n’y a donc pas de confrontation au sol et la question de la capacité de résistance des islamistes ne se pose pas encore vraiment. Les trois groupes qui se partagent le Nord-Mali sont très différents dans leurs idéologies et leurs objectifs mais, en ce moment, ils constituent une alliance de fait contre l’ennemi commun. Ils peuvent résister efficacement car le territoire malien et leurs spécialisations militaires respectives sont bien réparties entre eux. Ces trois groupes sont aussi tactiquement complémentaires, Ansar Edine évoluant en colonne comme une armée régulière, les deux autres groupes fonctionnant en commandos et en troupes de choc. Ils ont donc tout-à-fait la capacité de résister à une confrontation au sol qui se produirait, non avec l’armée française, mais avec les troupes africaines de la force commune.
D’abord parce qu’un travail diplomatique très important a été effectué par la France avec la visite d’État du président François Hollande et de nombreuses visites ministérielles. La France a ainsi manifesté concrètement sa volonté de plaire à l’Algérie et d’arrondir les angles diplomatiques. Les États-Unis ont également beaucoup œuvré pour infléchir la position algérienne, promettant une aide militaire importante. Et les Maliens ont, eux, fini par faire allégeance à Alger, alors qu’ils étaient les seuls de la région à ne pas l’avoir fait – Amadou Toumani Touré avait ainsi refusé toute collaboration contre les islamistes au moment de la guerre civile algérienne. Depuis quelques mois, Bamako a envoyé de nombreuses délégations à Alger pour tenter d’assouplir sa position. Mais tout cela n’a pas empêché les Algériens de déployer deux nouvelles brigades aux frontières au cas où les combattants seraient tentés de fuir sur leur territoire. 
L’intervention, répondant à l’urgence, n’est-elle pas prématurée compte tenu de la situation précaire dans laquelle se trouve l’État central malien et son armée ?
Oui et non : le plan de guerre avait été préparé longuement et il était prêt. Les états-majors attendaient juste le bon moment pour le mettre en œuvre. L’offensive des islamistes au-delà de la ligne de démarcation n’a fait qu’accélérer le processus. Sans cette intervention, l’État malien tombait et nous nous retrouvions avec un État défaillant à la somalienne, livré aux bandes et à la guerre civile.
Les menaces jihadistes de “frapper le coeur de la France” sont-elles sérieuses et réalisables ?
Il faut d’abord voir qui les brandit. Il y a des menaces précises venant de quatre groupes différents. Celle des shebab somaliens visés par l’opération commando qui a échoué à libérer l’otage français, celle d’Aqmi, celle du Mujao tombée et celle d’Ansar Eddine. Ce sont quatre menaces différentes, mais qui se concentrent de manière inédite sur la France. Elles sont crédibles pour les ressortissants et les intérêts français en Afrique, mais beaucoup moins sur le territoire, ces groupes n’ayant pas de réseaux, pas de prolongements en France. Un risque subsiste cependant dans l’hexagone : certains Français partis faire le jihad au Mali pourraient revenir pour mener des opérations et des Maliens résidants en France pourrait être tentés d’agir. Mais il s’agirait-là de terrorisme intérieur, et pas opéré de l’extérieur.
Qu’est-ce que cette intervention révèle de la politique de la France en Afrique et de son traitement des prises d’otages?
Sur le plan politique, on nage en pleine contradiction avec les grandes déclarations sur la fin de la Françafrique et de l’ingérence française en Afrique…  Concernant les otages, Hollande a tenté plusieurs options, de la négociation à l’opération commando à laquelle on vient d’assister en Somalie. Dans ce domaine, la France a paré au plus urgent et décide au cas par cas de la meilleure solution. Mais ces jours-ci, il n’y a pas de doctrine précise sur la politique africaine générale comme sur l’attitude à avoir vis-à-vis des prises d’otages : on est dans le traitement de l’urgence, au coup par coup.
Vous venez de publier un ouvrage intitulé Les cocus de la révolution, en parlant du Printemps arabe. Qui sont-ils ?
Ce sont ceux qui l’ont faite : les jeunes libéraux, les chômeurs, les femmes, les intellectuels. Ils ont sincèrement pensé que la révolution amènerait un changement immédiat, sans attendre un processus transitoire dont on annonce qu’il pourrait durer entre cinq et dix ans.
Vous écrivez : « Le retour à la religion est vécu dans ces pays comme une véritable libération »…
C’est le paradoxe : les anciens régimes avaient instrumentalisé la sécularisation des sociétés, de manière parfois très radicale, comme en Syrie où en Tunisie. Bien que l’article premier de l’ancienne Constitution tunisienne stipulait que l’islam est la religion de la Tunisie, le régime restreignait toute manifestation de religiosité : le port du voile, de la barbe, l’ouverture des mosquées hors des heures de prière. Avec les révolutions, ces éléments sont devenus des signes de libération. Associée à la démocratie en Occident, la laïcité l’est à la dictature dans les pays arabes : ces révolutions se sont ainsi finalement révélées conservatrices.
Faut-il craindre l’avènement d’une ­théocratie en Tunisie ?
En Tunisie, pays de rite sunnite malékite, il ne peut y avoir de théocratie, parce qu’il ne peut y avoir un religieux à la tête de l’État. On assiste en Tunisie à une bataille interne à l’islamisme entre un parti majoritaire qui est Ennahdha, de tendance « frériste » [des Frères musulmans, NDLR], et la tendance salafiste, qui peut être violente. Il fallait que la tendance frériste trouve son ancrage en s’alliant avec les salafistes ou avec le centre. Elle a tenté de s’allier avec les salafistes mais constate aujourd’hui qu’elle a beaucoup plus intérêt à s’allier avec le centre. Devenus opposants, les salafistes veulent casser Ennahdha.
En Libye, on avance souvent que les libéraux l’ont emporté sur les islamistes, est-ce exact ?
On a en Libye une perception faussée de la situation. C’est un État islamique dans lequel la charia est appliquée depuis 1993. La révolution a tout de suite étendu le champ de son application. Toutes les tendances, des extrémistes aux modérés, y sont islamiques, et les libéraux s’inscrivent dans ce paysage. La question est de savoir si la Libye va devenir un sanctuaire islamo-jihadiste. Je pense que non, car lorsque l’ensemble du champ politique est islamique, les radicaux passent inaperçus.
Au Maroc, la révolution n’aurait ainsi pas eu lieu parce que les autorités n’ont jamais dissocié l’islam de la pratique du pouvoir ?
Exactement. Le roi n’a jamais dissocié et ne dissociera jamais le politique du religieux. Il est légitime dans ces deux domaines, et l’opposition doit choisir entre s’opposer à la dimension politique du régime ou à sa dimension religieuse. On a donc une rupture entre les opposants qui veulent la fin du symbole religieux et ceux qui veulent l’atténuation du pouvoir royal. La monarchie joue très bien sur cette rupture, qui permet la perpétuation du système.
Quant à l’exception algérienne…
Je parlerais plutôt de traumatisme algérien, qui a abouti à un rejet des deux protagonistes des années de plomb, les militaires et les islamistes. Le jour où ces deux-là dégageront, l’Algérie pourra probablement trouver une voie de fonctionnement et de développement normale. Personne n’est dupe : ce n’est pas parce que l’Algérie est un pays merveilleux qu’il ne s’y est rien passé.
 
Source: JA

Paris soutient le plan d’autonomie du Sahara

 

altA l’issue d’un entretien avec le président de la Chambre des représentants marocains, à Paris, l’ancienne Garde des sceaux française a salué l’engagement du Maroc dans la lutte contre le terrorisme au Sahel et rappelé le soutien de Paris au plan d’autonomie marocain au Sahara.
La présidente de la Commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale française, Elisabeth Guigou a salué, le 8 février, à Paris le soutien du Maroc à l’action de la France contre le terrorisme au Sahel.
“Nous sommes très reconnaissants à la fois aux autorités marocaines et au peuple marocain pour leur appui à l’action de la France” contre les groupes terroristes au Mali qui menacent toute la région, a-t-elle affirmé  à l’issue d’un entretien au parlement français avec le président de la Chambre des représentants, Karim Ghellab.
“Nous espérons que  by I Want This” href=”http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAWEB20130208192603/maroc-sahara-rabat-plan-d-autonomieelisabeth-guigou-reitere-le-soutien-de-paris-au-plan-d-autonomie-au-sahara.html” rel=”nofollow” target=”_blank”>cette crise puisse aussi justement montrer à quel point les intérêts des pays de la région, à la fois du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne, sont liés”, a ajouté Elisabeth Guigou. “Il faut agir ensemble. Je pense qu’il y a une évolution favorable, j’espère que ça aura de bonnes répercussions sur la question” du Sahara.
Dans la conjoncture actuelle marquée par la menace  que font peser ces groupes sur la bande sahélo-saharienne et au-delà, “ce serait très important que la question du Sahara puisse trouver une issue”, a-t-elle estimé. La France “soutient depuis longtemps la proposition marocaine d’autonomie qui nous paraît être vraiment crédible”, a-t-elle assuré. “Les autorités françaises le disent et le redisent y compris en Algérie.”
 
 
Source: JA
 

Comment le pire est arrivé en Tunisie

L’assassinat de l’opposant laïc de gauche Chokri Belaïd, le 6 février, ouvre une nouvelle ère dans la confrontation entre les Tunisiens et Ennahda, selon la presse tunisienne.

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Des manifestants à Tunis arborent le portrait de Chokri Belaïd, le 6 février 2013. Anis Mili/Reuters

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Pour beaucoup de Tunisiens, l’assassinat de Chokri Belaïd signifie le pire tournant que leur pays puisse prendre.

Tristes et en colère, ils sont descendus nombreux dans la rue, dès l’annonce sur les réseaux sociaux du meurtre de l’avocat et secrétaire général du Parti des patriotes démocrates unifiés.

Laïc de gauche, Chokri Belaïd était un opposant historique au régime de Ben Ali, puis au parti d’Ennahda aujourd’hui au pouvoir.

Oraison funèbre pour la Tunisie

Tunis Tribune rend hommage au héros assassiné. 

«Chokri Belaid est mort car il défendait les sans-voix, les opprimés et les brimés. Une main vendue, une main sale et une main corrompue a stoppé sa respiration.»

Le site publie une tribune en forme d’oraison funèbre dont on se demande si elle concerne le militant ou plutôt l’ensemble du pays.

Les Tunisiens protestent contre l’assassinat politique mais aussi contre la montée de la violence imputée aux milices de la révolution

La violence monte mais «les idées (elles) ne meurent pas», selon Tunis Tribune. Et le responsable de cette violence est «la dictature», cet Etat qui n’appartient plus au peuple mais aux«gangsters réunis sous la bannière de la Ligue de protection de la révolution».

«L’ordre est ferme et la stratégie macabre est en marche. Une stratégie élaborée dans les mosquées qui ne servent plus à la prière mais comme base arrière pour préparer les attaques et les humiliations contre les citoyens», prédit le site d’information.

La societé tunisienne post-révolutionnaire

Dans une tribune publiée par le site Nawaat, l’historien Mohamed Arbi Nsiri s’effraie de voir se développer de nouvelles formes de violence qui, comme une «malédiction», anéantiraient les idéaux «pacifiques» portés par la révolution de 2011.

Ce nouvel assassinat, c’est la représentation de la société tunisienne post-révolutionnaire selon l’historien. 

Dans les médias tunisiens, le crime est majoritairement analysé comme un point de non-retour. Tous annoncent un vent de radicalisation dans les semaines à venir.

La presse est, en particulier, intransigeante avec le parti au pouvoir qui se doit, selon elle, de prendre ses responsabilités.

Le président tunisien Moncef Marzouki est rentré en catastrophe d’un voyage au Caire. Condamnant l’assassinat par l’intermédiaire de son président Rached Ghannouchi, Ennahda tente de pacifier les foules.

Par la voix de son Premier ministre, Hamadi Jebali, il vient d’annoncer la formation «d’un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique». Les partis de l’opposition ont, quant à eux, appelé à la grève générale.

L’universitaire Salah Oueslati, sur le site tunisien Kapitalis, est intraitable avec Ennahda, qui a perdu toute légitimé. S’il faut une implosion du parti pour limiter la puissance de son aile radicale et sa prise de pouvoir par la force, celle-ci doit se faire au plus vite, ajoute-t-il.

Selon l’universitaire, l’assassinat ne visait pas l’homme politique, membre d’un parti qui ne «constitue nullement un concurrent électoral de premier plan», mais le militant qui, sans relâche, critiquait le parti au pouvoir.

Chokri Belaïd avait d’ailleurs prédit à la fois sa propre fin et la montée de la violence en Tunisie en «faisant une lecture pertinente de la stratégie du parti islamiste et (en n’hésitant pas) à révéler à maintes reprises son plan d’assassinat de ses opposants politiques».

Ennahda est responsable

Que le parti d’Ennahda ait dénoncé le meurtre de Belaïd ne constitue pas une preuve d’innocence, commente également l’universitaire. Peu importe s’il a été simplement «laxiste» ou véritablement «complice» du crime, la responsabilité de son gouvernement est de toute façon en jeu:

«Si Ennahda n’est pas le commanditaire direct de cet assassinat, et l’enquête policière le dira peut-être un jour, le gouvernement issu de ce parti et des autres membres de la Troïka est au moins responsable du climat d’impunité qui règne dans le pays.»

Il y a des lustres qu’ils auraient dû rechercher «les imams qui appellent à la haine, à la violence voire à l’assassinat d’hommes politiques de l’opposition», estime Salah Oueslati.

La famille de Chokri Belaïd a accusé Ennahda d’être à l’origine du meurtre. Le frère de la victime s’est également exprimé. Dans une vidéo reprise par le site de la radio Mosaïque FM, il a été sans équivoque: 

«Les membres de la Troïka ne sont pas les bienvenus aux funérailles.» 

«Sauver ce qu’il reste de la révolution»

Difficile également pour les principaux titres tunisiens de ne pas mettre en perspective ce meurtre avec celui, en octobre 2012, de Lotfi Nagdh, président de l’Union régionale des agriculteurs de Tataouine, par des membres de la milice révolutionnaire.

Dans un étrange concours de circonstances, l’assassinat de Belaïd s’est produit quelques jours après la demande de libération des assassins de Lotfi Nagdh, par un député d’Ennahda —pour qui les miliciens ont commis un acte de «défense» des «principes» de la révolution. 

Le Temps qualifie, quant à lui, le meurtre planifié et parfaitement orchestré de Chokri Belaïd de «terrorisme».

Pour montrer que les forces civiles critiques du pouvoir en place ne faiblissent pas malgré cette nouvelle déstabilisation, le quotidien tunisien propose une plongée dans les manifestations qui rassemblent, depuis le 6 février, avocats, étudiants, universitaires, hommes politique… tous unis autour du slogan «dégage Ennahda!».

Le quotidien s’interroge également sur l’héritage du printemps arabe en Tunisie. «Réveillée le 6 février 2013» sur ce qui apparaît comme une «phase sombre» de son histoire, la Tunisie évitera-t-elle une montée de la violence similaire à celle que connaît l’Egypte? L’important est de «sauver ce qui reste de la révolution».

Lou Garçon

Plainte pour « pratiques esclavagistes » au commissariat de police de Teyarett III : Bilal Ould Salma réclame justice.

altLes organisations abolitionnistes IRA et SOS Esclaves viennent de porter devant les autorités un nouveau cas d’esclavage. Ce jeudi 7 février, les militants de ces deux mouvements ont assiégé le commissariat de police de Teyarett III pour manifester leur soutien et leur solidarité à Bilal Ould Salma. Certains n’ont pas hésité à y passer la nuit. victime d’esclavage, Bilal Ould Salma a porté plainte contre ses maîtres pour « pratiques esclavagistes », « sévices » que lui, sa mère et ses trois frères et sœur (Youma Mint Salma) ont subis. Sa mère a vécu un quotidien fait de viols. Ignorant sa paternité, Bilal Ould Salma qui a perdu sa jeunesse et vécu « un quotidien horrible et misérable », entend se battre pour sortir sa fratrie du joug des maîtres.

IRA et SOS Esclaves, venus à la rescousse des victimes, exigent l’application par les autorités mauritaniennes de la loi et de ne plus soutenir les maîtres par le biais de prétendus parents qui s’activent à soutirer les cas d’enfants victimes d’esclavages. Les dénégations des autorités qui s’évertuent à réfuter les cas d’esclavage n’incitent pas les officiers de police judiciaires et les juges à statuer sur ces cas, de peur de contredire les autorités.

Birame Dah Abeïd président de l’IRA a mis en garde, dans la nuit du jeudi au vendredi, les autorités contre les répercussions que pourraient entrainer le déni d’esclavage et l’impunité garantie par les autorités aux segments esclavagistes. Selon Birame, la connivence de l’Etat avec les maîtres esclavagistes pourraient porter préjudice à la cohésion sociale et à la paix civile.

Le dirigeant abolitionniste a invité les autorités à être un « égal conforme à la loi »jugeant « honteuses » les difficiles conditions de détention, au sein du commissariat de police de Teyarett III de haratines, entassés comme des bêtes ». Il a pointé du doigt l’attitude des autorités qui ne cessent de chosifier les populations haratines.Birame a, enfin, réitéré son engagement et la fermeté de son organisation à lutter contre l’esclavage.

Quant à Boubacar Ould Messaoud, président de SOS Esclaves, il a exprimé sa « préoccupation face à la recrudescence de ces cas et de la complicité et le laxisme des autorités, de mèche avec les segments esclavagistes, échappant à la justice ».Il s’est dit « excédé par le comportement des autorités et de la police ». Nous pensons que la frustration engendre la violence. Les gens sont de plus en plus frustrés ». Le président de SOS Esclaves a déploré « l’absence de volonté politique des autorités peu enclines à sanctionner les criminels » d’où les révoltes notées ça et là avant de réaffirmer le caractère pacifique et pacifiste de leurs mouvements, en dépit des violences subies et des mensonges véhiculés.

Ces derniers jours, les organisations abolitionnistes n’ont cessé de tirer à boulets rouges sur la mauvaise volonté des autorités peu disposées à prendre les mesures nécessaires devant le cinq cas d’esclavage révélés ces dernières heures par son organisation.

Source: Le calame