Daily Archives: 27/01/2011
Esclavage : Le tabou mauritanien
Après deux jours de procès, trois militants anti-esclavagistes ont été condamnés, le 6 janvier, à un an d’emprisonnement, dont six mois ferme, notamment pour « agression de la police ». Parmi eux, Biram Ould Dah Ould Abeid, figure de la lutte contre l’esclavage en Mauritanie, président de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) et membre de SOS Esclaves. Trois autres militants ont été condamnés à six mois de prison avec sursis dans le cadre du même procès.Tous avaient été arrêtés en décembre après s’être rendus, en compagnie d’un commissaire de Nouakchott, dans une maison du quartier d’Arafat où, selon des informateurs, une jeune fille de 14 ans et une fillette de 9 ans travaillaient comme domestiques pour plusieurs femmes. C’est à leur retour au commissariat que la situation aurait dégénéré en affrontements entre policiers et militants. Mais d’après Elid Mohameden, du collectif d’avocats de ces derniers, les forces de l’ordre n’ont pas été agressées.
Dans la foulée, le procès des femmes – au nombre de trois – de la maison d’Arafat s’est ouvert le 11 janvier. L’une est accusée d’« exploitation de mineurs », les deux autres, de négligence et de participation à l’exploitation. Depuis août 2007, une loi criminalise l’esclavage en Mauritanie, pratique ancienne qui a encore cours. L’accusation porte cependant sur l’« exploitation de mineurs », une première plainte pour esclavage, introduite par plusieurs associations, ayant été rejetée. « Il y a une volonté des autorités de nier le phénomène de l’esclavage », dénonce Aminetou Mint el-Moctar, présidente de l’Association des femmes chefs de famille, qui a déposé les deux plaintes. Depuis le vote de la loi, en 2007, aucun procès pour esclavage n’a encore eu lieu.
Source: Jeuneafrique.com
Afrique du Sud: Nelson Mandela hospitalisé, le président appelle au calme
Le premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, 92 ans, restait hospitalisé jeudi dans une clinique de Johannesburg pour des “examens de routine” et son parti, au pouvoir depuis la chute de l’apartheid en 1994, a appelé la population au calme. Nelson Mandela, 92 ans, était hospitalisé jeudi depuis 24 heures dans une clinique de Johannesburg pour des “examens de routine” selon sa Fondation, dont le silence alimentait les spéculations sur l’état de santé du premier président noir d’Afrique du Sud. Les personnalités ont défilé toute la journée au chevet du héros de la lutte anti-apartheid, admis la veille dans la clinique privée Milpark. Son ex-femme Winnie Madikizela-Mandela semblait très émue à sa sortie de l’hôpital, selon un journaliste de l’agence Sapa. Le président Jacob Zuma a toutefois appelé “au calme et à la retenue”, dans un communiqué transmis depuis Davos où il se trouve pour le Forum économique mondial. “La président Mandela va bien et est pris en charge par une équipe de spécialistes médicaux”, a déclaré le chef de l’Etat.
“Madiba a 92 ans et n’est plus un jeune homme (…) On s’occupe bien de lui à l’hôpital”, a également assuré le Congrès national africain (ANC), son ancien mouvement de lutte contre l’apartheid, au pouvoir depuis 1994.
La Fondation Mandela, qui gère les oeuvres caritatives du Nobel de la Paix et son image, avait annoncé mercredi son admission pour des “examens de routine”. “Il n’est pas en danger et il a un bon moral”, avait-elle assuré dans un court communiqué.
Depuis, la Fondation a observé un silence total sur son état de santé.
Jeudi, la police contrôlait strictement les accès de l’hôpital, devant lequel de nombreux journalistes étaient rassemblés dans l’attente de nouvelles de l’icône mondiale.
Plusieurs membres de la famille, dont son petit-fils Mandla ou la fille de son épouse Graça Machel, Josina, lui ont rendu visite. Le ministre de la Justice Jeff Radebe et la vétéran du mouvement anti-apartheid Albertina Sisulu, 92 ans, se sont également rendus à l’hôpital.
“Madiba, nous t’aimons”, proclamait une large banderole affichée à la fenêtre d’une école située à proximité. Des dessins colorés d’enfants et des messages lui souhaitant un bon rétablissement étaient accrochés à la clôture.
“C’est très important de soutenir l’ancien président parce qu’il a obtenu des changements énormes pour notre génération”, a affirmé Ntho Molena, une lycéenne de 16 ans. “Il s’est battu pour notre liberté et nous lui en sommes reconnaissants.”
Le premier président noir d’Afrique du Sud (1994-1999) a passé 27 ans dans les geôles du régime ségrégationniste blanc, avant de prôner un message de réconciliation qui lui a gagné le coeur de tous ses compatriotes.
Depuis son retrait de la vie politique en 2001, il a progressivement raréfié ses apparitions publiques. Très frêle, il a tout de même assisté à la cérémonie de clôture du Mondial 2010 de football, le 11 juillet 2010 à Johannesburg.
En octobre, un ouvrage compilant des documents personnels de Nelson Mandela, intitulé “Conversations avec moi-même” a été publié dans une vingtaine de pays, mais le nonagénaire n’a pas participé à la campagne promotionnelle.
Un mois plus tard, sa fondation a exhorté ses admirateurs à ne plus tenter de le contacter.
Sur internet, les messages de solidarité affluaient. “Seigneur, protège Mandela, le monde n’est pas prêt à le perdre”, pouvait-on lire sur Twitter, où d’autres internautes se plaignaient du manque d’informations sur sa santé: “Je ne comprends pas ce silence… Pourquoi n’y a-t-il pas plus de transparence sur un sujet aussi important?”
© 2011 AFP
La tragédie de la communauté africaine de Mauritanie : Omission ou occultation ? Par Hamdou Rabby SY
Dans l’histoire de la cohabitation entre les peuples, il y a eu des politiques d’exclusion, d’extermination et de domination à partir de la mise en œuvre idéologique de pratiques empiriques de destruction d’ensembles humains dont le seul tort est de ne pas répondre à la construction d’un mythe national. Il en est ainsi de la communauté africaine de Mauritanie composée de plusieurs peuples dont la cible privilégiée fut les peulhs. Une idéologie nationale, tribale, raciste et chauvine a pris le dessus sur toute autre considération, notamment celle de la construction d’une communauté nationale fraternelle et égalitaire.
Dans un pays dont la superficie est de 1085000km2, n’est-ce pas aberrant d’engager une entreprise de dépeuplement au nom de considérations purement idéologiques ? Dans une Afrique qui, à l’époque, avait besoin de fédérer ses efforts, ses intelligences et ses ressources pour inaugurer l’ère des indépendances, une politique de dénégation de la construction dans son espace continental s’est engagée au point de méconnaître sa spécificité et de compromettre toute perspective de développement et d’ouverture à un horizon politique fondé sur la reconnaissance de l’humanité des êtres humains avant toute autre considération. Il est paradoxal de constater que tous les pays du monde ont consacré une vision communautaire de l’appartenance à une nation ou à un pays, à l’exception de notre Mauritanie qui a forcé son arabité idéologique et politique.
Il est clair que la Mauritanie a pris fait et cause pour une construction d’une République dont le principe fondateur est l’exclusion de l’une de ses composantes les plus importantes. La Mauritanie a fait le choix idéologique d’un appauvrissement systématique en procédant à l’exclusion de tout ce qui peut relever de l’expression de sa diversité. C’est ainsi que toutes expressions culturelles, artistiques, musicologiques, littéraires ne reflètent que l’existence d’une seule composante, les maures. Tous les symboles de l’Etat mauritanien sont maures. La Mauritanie officielle et réelle est une République maure dans toutes ses manifestations. La configuration sociopolitique de la Mauritanie fonctionne sur la base de la vigueur du principe du particularisme, en l’occurrence tribal. L’idéologie qui en découle dans son énonciation négative est le racisme et son effectuation constituante est le tribalisme. Le seul cadre de légitimité sociale et anthropologique est l’appartenance à une tribu. Cette dernière est le véritable creuset du pouvoir et l’instance d’approbation et de validation des décisions politiques.
La gouvernance mauritanienne, de Mokhtar Ould Daddah à Ould Abdel Aziz est tribale. La Mauritanie est suffisamment ancrée dans la bonne gouvernance tribale et clanique qu’elle n’a pas besoin de s’inscrire dans la dynamique de la démocratie rationnelle. Les dirigeants mauritaniens et leurs élites intellectuelles ont trouvé un équilibre entre la sociabilité tribale et la gouvernance moderne. L’important étant d’être en mesure de manipuler la communauté internationale, africaine et arabe dans le sens de faire fonctionner l’Etat mauritanien en se redistribuant les ressources financières de l’Etat. Pays où le détournement des ressources publiques fait partie des valeurs idéologiques et culturelles, la Mauritanie n’a jamais considéré que l’utilisation personnelle, clanique et tribale des ressources publiques, est un détournement ou un délit. Dans les mœurs politiques d’une certaine Mauritanie, ne pas détourner, et refuser la corruption, c’est ne pas respecter l’identité nationale du pays.
C’est pourquoi, il est étonnant de constater que Ould Abdel Aziz s’indigne devant le phénomène de la corruption, lui, qui est cité parmi les plus riches officiers de la Mauritanie avec Ely Ould Mohamed Vall. Seulement, il faut le redire, pour les Africains mauritaniens, ce n’est pas l’enrichissement de Ould Abdel Aziz ou de tel autre dignitaire civil ou militaire qui les intéresse. Mais, c’est la logique de l’occultation de la tragédie vécue par la communauté africaine, c’est-à-dire le génocide contre cette même communauté perpétrée sous le régime de Ould Taya et Ely Ould Mohamed Vall, sans que Ould Abdel Aziz ne nous précise qu’elle fut sa position à l’époque des faits, même s’il n’est pas encore cité sur la liste des tortionnaires, il fut aide camp de Ould Taya et commandant du BASEP. Il nous semble important de l’interpeller au lieu de nous laisser divertir par une prose déjà entendue parce que répétée par tous les anciens présidents depuis le coup de force de 1978 jusqu’à l’avènement de Ould Abdel Aziz.
A entendre l’actuel président, le problème de la Mauritanie serait un problème de mentalités et de gestion des ressources de l’Etat, comme si Aziz avait vécu depuis 1980 jusqu’à sa prise de pouvoir par la force, dans un monastère pour acquérir la vertu qui manquerait aux militaires et aux cadres de la Mauritanie. Notre général président serait ainsi, un homme vertueux, qui ne s’est jamais compromis, qui a toujours vécu en homme honnête se contentant de son salaire. C’est très curieux pour un officier mauritanien de son rang avec toutes les années de loyaux services rendus auprès du dictateur sanguinaire et raciste Ould Taya !
Il y aurait ainsi un mauritanien exceptionnel, ayant évolué dans le système en étant indemne par rapport aux dérives, aux vices et aux manquements, quelle force de caractère ! Il y a comme une sorte d’homme providentiel qui serait armé de vertus et d’une forte détermination pour s’attaquer au fléau le plus grave de la Mauritanie de ces deux dernières décennies. Il n’existe, selon notre président providentiel, que deux problèmes majeurs qui nécessitent la mobilisation de tous les Mauritaniens de tout bord dans le sens d’un sursaut national. Ce sursaut interpelle tous les Mauritaniens préoccupés par la survie économique et idéologique de la Mauritanie.
Il est clair que la Mauritanie de Ould Abdel Aziz est la Mauritanie idéologique inventée par Ould Daddah, et renforcée par Ould Taya, c’est-à-dire, la nation dont le credo politique est l’exclusion de sa composante africaine. Le seul danger auquel la Mauritanie aurait été confrontée dans son histoire, c’est la réalité de sa diversité qu’elle n’a pas eu à assumer dans sa construction politique, de façon délibérée et programmée. Il en résulte que le président Ould Abdel Aziz ne fait pas de la réalité du génocide et de l’impunité, le problème humain et politique fondamental de notre pays. C’est une affaire qui semble réglée, du moins occultée.
A l’heure où l’exigence de justice est fortement réaffirmée à travers la plainte contre Ould Taya, Ould Abdel Aziz s’engage dans des discours de diversion sur la corruption , les mentalités : des abstractions creuses qui ne peuvent constituer un programme politique.
Les Mauritaniens savent très bien sur quoi, faut-il s’engager pour que la Mauritanie retrouve une certaine confiance et s’inscrive dans la conquête de la vraie démocratie, celle qui ouvre la voie à une société juste, libre et égalitaire. Comment ne pas s’étonner de l’incapacité à regarder la réalité en face, celle de la domination, de l’oppression et de la marginalisation ? Ould Abdel Aziz continue les manœuvres habituelles de ralliement à sa majorité qui, de toutes façons, ne vont pas permettre à la Mauritanie de faire le saut dans le concert des nations émergeantes du monde, qui ont accepté de faire des sacrifices pour ne pas hypothéquer l’avenir de leurs peuples.
En effet, Ould Abdel Aziz est en train d’enfoncer notre pays au lieu d’avoir le courage de renoncer à une politique irrationnelle de manipulation de l’opinion internationale parce que les Mauritaniens ne croient pas à ce discours sur la mobilisation contre la corruption et les détournements de l’argent public. L’assainissement doit commencer par le respect des conditions pour sortir de la politique de l’arbitraire, de l’injustice et du clientélisme. Or, Ould Abdel Aziz ne fait qu’amplifier des pratiques séculaires, en ce sens, il doit être le premier à opérer le changement de mentalité. Il ne semble pas se démarquer dans son comportement et dans sa façon de présenter les choses ; rien de nouveau sous le ciel et sur le sable mouvant de la Mauritanie.
Les effets d’annonce n’ont jamais constitué une politique rigoureuse et de mise en application de la bonne gouvernance. Quand on gouverne par la force aveugle et injustifiée et sans mérite, on ne peut en attendre aucun changement, encore moins une politique de la vertu. Reconnaître l’existant et œuvrer dans ce sens est un grand pas. Le peuple mauritanien à l’instar de tous les peuples du continent africain et du monde arabe a trop souffert de l’irresponsabilité politique et de la démagogie.
On attend autre chose que la lutte contre le détournement et la corruption qui constitue le seul discours de la politique de la médiocrité qui a conduit les dirigeants mauritaniens au génocide contre une des composantes du pays. La rhétorique a des figures de style qui peuvent mieux inspirer. La panne se fait sentir dans la prose elle-même. Les Mauritaniens ont besoin d’une autre politique pour vivre une autre vie que celle de la répétition, de la monotonie, du mensonge, de la manipulation, de la facilité pour certains et de la souffrance pour d’autres. Il faut interrompre ce scénario du vide et de la mascarade.
Il y a un moment, l’audace politique en temps difficile, exige une politique du risque, celle qui consiste à rompre avec les sentiers battus, le déjà entendu et les sempiternelles récriminations. Les Mauritaniens ont envie de vivre autre chose que des parades quotidiennes qui ne font qu’enfoncer le pays dans le gouffre de la pauvreté, de la misère, de l’obscurantisme et de la médiocrité intellectuelle. Le monde avance et la Mauritanie recule chaque jour et au rythme des gouvernants.
Le discours de Ould Abdel Aziz s’adresse aux bailleurs de fonds pour remplir les caisses du budget, du trésor, de la dette extérieure dans le but de remplir les comptes et les poches des particuliers au pouvoir. Les mauritaniens opprimés, exclus et salariés sans responsabilité de chef de projet, de service ou courtisans, n’en profiteront pas. De même que les Mauritaniens des couches populaires resteront toujours des laissés pour compte. La politique du mensonge, du particularisme et de la frime conduira davantage notre pays vers l’impasse.
Une politique du sur place, une idéologie de la malveillance et une pratique constante de la manipulation constituent le fonds de commerce artisanal de la gouvernance actuelle. Pour qui sonne le glas ! A peine installé Ould Abdel Aziz a rejoint le sérail, il n’en adviendra rien de bon. Le monde avance, la Mauritanie recule et s’installe dans un endormissement qui promet un réveil très agité et excité ! Il y a de quoi prêter l’oreille aux supputations d’un changement comme à l’accoutumée. Ould Abdel Aziz n’a pas osé clôturer le chapitre de la politique du statu quo, de l’incompétence et de la farce. Les Mauritaniens doivent se faire au devoir de la lucidité et de la patience et renoncer au fatalisme et à la résignation. Peuple de poètes et de guerriers, réveillez-vous, la nuit est trop longue !
SY Hamdou Rabby
conseiller de l’AVOMM
Source: avomm.com
Le rôle des réseaux sociaux dans les manifestations en Egypte
Facebook, Twitter… Une fois de plus, les réseaux sociaux jouent un rôle crucial dans la mobilisation en Egypte. C’est en effet un mouvement d’opposition créé sur internet qui est à l’origine des manifestations de mardi et mercredi. Des jeunes capables de lancer des appels aux rassemblements et de mobiliser des dizaines de milliers d’internautes dans un temps record. Les autorités égyptiennes l’ont compris. Elles ont donc bloqué plusieurs pages internet, Facebook, Twitter mais également Bambuser qui permet de visionner en temps réel des vidéos filmées par les opposants. Les téléphones portables ont également arrêté de fonctionner dans le périmètre de la manifestation du Caire. La réaction des autorités égyptiennes montrent leur inquiétude face à un phénomène qui leur échappe. Elles ne sont pas habituées à une mobilisation si rapide et incontrôlable.Et les jeunes rompus aux nouvelles technologies ont déjà contre-attaqué, s’envoyant des messages de conseil pour contourner les blocages mis en place par les autorités, et continuer leur mobilisation.