Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: December 2017

Mauritanie : le parti Tawassoul appelle à rompre les relations avec les Etats-unis

ALAKHBAR (Nouakchott) – Tawassoul, le parti d’opposition mauritanien d’obédience islamiste, appelle le gouvernement de son pays à rompore les relations avec les Etats-Unis si l’administration Trump ne revient pas sur sa décision de reconnaître jerusalem comme capitale de l’Etat d’Israël.

« Nous sommes un parti politique responsable. Nous demandons au Gouvernement, si les Etats-Unis d’Amérique ne reviennent pas sur leur décision, de rompre les relations (avec Washington) ou de les suspendre ou au moins de ne plus coopérer avec les Etats-Unis sur la question palestinienne», a déclaré le chef du parit Tawasossoul Mohamed Jemil Mansour.  Il se confiait à Alakhbar au lendemain de la décision des Etats-unis de déplacer leur ambassade en Israël de Tel-Abibe à Jérusalem

Le bureau politique de Tawassoul a lancé le même appel à l’endroit de tous les autres pays musulmans.

ALAKHBAR

Vous avez bien dit “57 années d’indépendance !?”

Vous avez bien dit La semaine dernière, nous avons célébré le 57ème anniversaire de l’indépendance. C’est un rituel immuable. Pour certains d’entre nous, il est d’importance, pour d’autres, il n’a pas une grande signification.

C’est le jour du passage à la liberté, pour les uns et pour les autres, c’est juste une passation de service entre deux ordres assez peu différents, à la limite, un simple transfert de l’hégémonie française à celui d’un groupe d’individus qui a fini par se confondre au Système.

Pour une partie de la population, il revêt une toute autre signification : il serait plutôt le symbole du sang et celui des martyrs à Sorimalé, Inal et entre autres sites qui abritent les fosses communes des leurs ! En tout état de cause, les Mauritaniens, aussi indifférents ou engagés soient-ils dans la consécration de la Nation Mauritanie, sont unanimes à dire qu’ils ont fêté dans un climat général de malaise.

N’en déplaise aux opportunistes tapis dans l’ombre, aux laudateurs du régime et aux tenanciers de “L’épicerie”, l’écrasante majorité du peuple mauritanien est empêtrée dans le mal vivre .

Qu’ils soient dans la nébuleuse de l’opposition, ou même au sein de la majorité, ils sont tous, unanimes à dire que la Mauritanie ne mérite pas son sort, qu’elle peine à se constituer en Etat fort et développé, qu’elle est dans une impasse qui ne finit point.

Depuis l’arrivée des militaires en 1978, la Mauritanie va de mal en pis au gré des médiocres régimes qui se sont succédé à sa tête. Les Mauritaniens vous le diront tous : 57 ans après la proclamation de leur indépendance, les choses n’ont toujours pas évolué dans la normalité.

En tout cas, pas dans le sens d’un développement socio-économique de leur rêve. C’est pourquoi, ils ont marre de vivre l’hypocrisie comme une valeur et le mensonge comme une vertu. Ils n’en peuvent plus de voir que dans cette société, toutes les valeurs et les bonnes mœurs sociales ont foutu le camp.

Ils ne supportent plus que le mensonge, la triche et l’exploitation éhontée de la position ou du rapport temporel des forces, soient les seuls instruments magiques qu’utilisent les “puissants” pour imposer leur ordre immoral. Ils en ont la chair de poule de ne mériter que la totale soumission ou le mépris.

Ils en ont marre de la Mauritanie du détourneur qui se sert en criant gare aux corrompus et aux gabégistes. De la Mauritanie des “vertus” qui consacre les fumiers, finance les corrompus, adule les voleurs des marchés publics et propulse les plus médiocres par dévotion à leur ascendance tribale ou ethnique.

De la Mauritanie des laudateurs qui donne du pays le reflet de la Patrie au million d’hypocrites et de laudateurs. De la Mauritanie du tribalisme, du régionalisme et du caporalisme de Papa qui fait du médiocre un roi et du méritant moins qu’un vaurien !

Projetés au bord du gouffre par ceux qui les gouvernent, les Mauritaniens aspirent, dans une grande partie, à voir leur pays vivre dans un minimum de normalité sur tous les plans. Ils rêvent de s’épanouir dans une patrie où tout est limpide et clair ; où le développement des structures étatiques se passe dans les meilleures des mondes possibles, où les rapports entre communautés sont équilibrés et pacifiés dans le respect des spécificités et des droits de chacun.

Partout et en toutes circonstances, les mauritaniens de toutes conditions, implorent le ciel pour que les valeurs de citoyenneté, fondées sur l’abnégation dans le service de la collectivité, l’honnêteté avec soi-même et avec les autres pour le bien-être de tous, deviennent une réalité que tout le monde intègre dans sa philosophie et son savoir vivre quotidien.

Nous ne devons pas nous leurrer, un pays ne peut pas être construit sur le mensonge. Et notre mensonge national dure depuis plus depuis l’arrivée des militaires en 1978, si ce n’est bien avant en 1960. Parce que nos dirigeants n’ont pas été toujours au rendez-vous. Nos intellectuels n’ont pas été toujours capables.

De l’indépendance à ce jour, nos commerçants n’ont jamais cessé de nous dépuceler et nos enseignants n’ont cessé de nous pourrir les esprits.

Nos médecins et nos pharmaciens ont passé leur temps à nous intoxiquer et nous suicider en cobayes passifs pendant que nos érudits nous empoisonnaient les têtes. Nos fonctionnaires nous ont sans cesse arnaqués. Depuis 1960, nos journalistes n’ont cessé de nous leurrer pendant que les professionnels des médias nous mentaient.

Notre opposition nous a longtemps baratinés. Notre majorité nous a trahis. Nos députés nous ont marchandés, achetés négociés pour nous vendre. Nos diplomates nous ont négligés à l’étranger face á l’adversité sans contrepartie pour la patrie.

Aujourd’hui, seul notre attachement au rêve nous permet de maintenir un semblant d’État. 57 ans durant, le peuple n’a eu que le rêve et l’espoir, à se mettre sous les dents.

Omar. El Moctar

L’AUTHENTIQUE

LES VÉRITÉS DE Mariem Mint Derwich,

altAprès la mascarade du referendum et de son cortège d’irrégularités, de mensonges, de manipulation des masses, de déni de démocratie ; après l’absurdité d’une pseudo-histoire qu’on nous a vendue comme fait établi, reconnu (sauf pour les chantres d’un passé fantasmé et manipulé, point de vérités historiques, dans tout ce blabla nauséabond et idéologique), après l’assassinat de notre drapeau, après la sale guerre contre Bouamatou, la chasse aux sénateurs, aux syndicalistes et aux journalistes, après toute cette médiocrité érigée en intelligence politique, j’avais décidé de poser mon stylo, d’arrêter d’écrire… Je ne pouvais concevoir d’y persévérer, dans un monde où rien n’est vrai, où tout n’est qu’argumentaire stérile, où la moindre pensée critique est passée à la trappe, où réfléchir est un crime.

J’étais fatiguée. Si fatiguée. Si fatiguée d’avoir accompagné, depuis plus de vingt ans, la lente descente aux enfers de notre si beau pays qui mérite mieux que tout ça ; d’avoir assisté, impuissante, au morcellement de nos sociétés, aux pokers menteurs, aux achats des consciences, aux achats des dignités, aux comportements tellement indignes que nous en avons dépassé la honte…Si fatiguée d’avoir cru qu’après Taya, nous verrions, enfin, pointer un semblant de perspectives. Si fatiguée d’avoir pensé que, libérée, la parole allait aboutir à une vraie remise en question de nos manières d’agir et de nous penser, que nous ne verrions plus toutes ces humanités courir après l’argent, écrire pour l’argent, trahir pour l’argent, vendre père et mère pour l’argent… et quelques miettes de pouvoir.

Si fatiguée, si fatiguée… Fatiguée par la Majorité où toujours les mêmes applaudissent, depuis des décennies ; fatiguée par une Opposition incapable de porter un vrai projet de société et qui a montré ses limites, lors du referendum et dans son obstination à boycotter, laissant le champ libre à tout.Fatiguée par un peuple qui accepte tout, tout, sans que cela ne l’empêche de se lever le matin…Fatiguée par ce théâtre où tout est faux et artificiel, sauf le pouvoir suprême, celui qui décide tout, celui qui impose tout, celui qui se mure dans son silence et qui, de temps en temps, apparaît dans un quartier, à la « rencontre des citoyens », puis qui remonte dans sa voiture climatisée et rentre dans son monde où l’eau coule toujours aux robinets, où il n’y a pas de coupures de courant, où Internet fonctionne bien, où les frigos sont toujours pleins, où, quand on est malade, on prend l’avion et l’on part se faire soigner à l’étranger, où l’on envoie ses enfants au Lycée français,tout  en clamant l’arabité de la Nation…

J’ai alors pris du temps pour moi, dans ce trou noir qu’est Nouakchott, trou noir qui absorbe toutes les énergies. Je me suis roulée en boule et j’ai soufflé.Puis est arrivée la dernière humiliation, pour notre pays, la dernière négation, le mensonge ultime : le nouvel hymne national…Le point d’orgue d’une manipulation qui a commencé il y a des décennies, d’un plan soigneusement concocté, pensé, préparé par les zélotes de l’arabité pure et dure, purement idéologique. Non, je ne suis pas dans la théorie du complot. Je ne l’ai jamais été. Mais il faut, parfois, appeler un chat un chat.Nous avions une chance de redresser la tête, avec fierté, et d’inscrire nos arcs-en-ciel en ce nouvel hymne ; nous avions la chance de nous regarder dans nos diversités, d’inscrire nos mémoires, diverses, au fronton d’une pensée républicaine.

Mais, hélas, n’est pas Nelson Mandela qui veut; n’est pas l’Afrique du Sud qui veut. N’est pas visionnaire et courageux qui veut. Je rêvais d’un hymne où l’arabe côtoierait  le pulaar, le soninké, le wolof et tutti quanti… Je rêvais d’une vraie avant-garde de la pensée et non pas de cet appel aux cimetières, aux morts, aux mensonges.Je rêvais de demain, pas d’hier.Je rêvais… Et nous voilà affublés d’un nouveau roman national, d’un drapeau hideux, avec son sang idéologique, et d’un hymne à la gloire d’une Nation plus arabe que les Arabes, plus arabe que l’arabité qu’elle est censée détenir, tout au moins dans sa façon de se percevoir, dans ces espaces sahélo-sahariens…

Game over. La partie est terminée.Ils ont gagné. « Ils »? Ils, les ultra-sectaires, les ultra-nationalistes, les ultra-racistes, les ultra…D’une poignée de guerriers arabes, les Hassan qui ont vaincu les Berbères locaux, ils ont fait un monument à une « pureté » de la race…en oubliant tout ce que ce concept de pureté a fait de mal et réveillé de vieux démons. « Ils » ont massacré notre jeune pays, en regardant, avec des yeux doux, des idéologies lointaines qu’ils ne maîtrisaient pas : quanddes hommes et des femmes, des écrivain et des intellectuels, ont pensé, en Egypte, en Syrie, en Irak ou au Liban, « la Nation arabe », ouvrant un vrai débat, de vrais échanges, quand ces mêmes théoriciens, qui cherchaient une identité, au monde arabe musulman morcelé par les guerres successives et par la mainmise du pouvoir ottoman, sur une partie de ce monde, ont proposé des concepts, cela avait sens, c’ÉTAIT sens; alors que, chez nous, nos « ILS » se sont contentés de copier-coller, sans ouvrir aucun débat ni argumentaire. C’est toujours plus facile…Nos « ILS » ont cru noyer l’arbre, en inondant ses racines prétendument perdues lors de la colonisation française…

Alors oui, je vais dire quelque chose qui va choquer nombre d’entre vous, mais je demande, à ces gens-là, de prendre le temps de réfléchir, avant de m’insulter.Notre pays, nos politiques, ont inventé un concept très pervers et très malin : le génocide pacifique…Il n’est pas besoin de tuer, pour faire, d’un pays, une seule couleur. Non, c’est contreproductif et vous expose aux foudres des bailleurs de fonds et de la Communauté internationale. Il suffit, juste, de faire en sorte que ceux dont vous ne voulez plus s’en aillent d’eux-mêmes. Simple, terriblement efficace, terriblement efficace…

Ainsi les noirs de ce pays ont entamé, aux lendemains des années de sang, le lent et silencieux exode vers d’autres pays… Ils sont des milliers et des milliers qui vivent à l’étranger, maintenant, chassés par cette idéologie tueuse. Et il en part encore tous les jours.

Ces exilés formentde fortes diasporas,en certains pays, et je ne crois pas me tromper si j’avance le chiffre de plusieurs dizaines de milliers des nôtres partis sur les chemins de l’exil car étrangers culturels en leur propre pays. Ce phénomène ira en s’accentuant, feutré, invisible… Mais il se poursuivra. Et, à la fin, il n’y aura plus qu’une seule ethnie, en Mauritanie, Mère de tous les Arabes.

Ceux qui font semblant de ne pas voir ceci sont aussi coupables que ceux qui l’ont planifié. Salut,

Mariem mint Derwich

FLAMNET-AGORA: L’Unité questionnée …Par Samba Thiam

alt L’arrestation à Dakar, récemment, de l’aide de camp du capitaine Dadis Kamara après sept (7ans) de cavale,  va redonner espoir aux victimes guinéennes de voir enfin leurs bourreaux derrière les barreaux.  

L’évènement réveille ou relance d’une certaine façon, par effet- miroir, la question du ‘’passif humanitaire’’ et par delà, celle même de notre Unité nationale avec du plomb dans l’aile , bien mal en point…

En effet l’esclavage -par-dessus tout-, la question culturelle et celle du ‘’passif humanitaire’’ constitueront des boulets à nos pieds, un obstacle  majeur à notre cohésion et à toute réconciliation nationale, si elles ne sont pas correctement résolues .

La question du passif

L’on se souvient il y a quelques années le Maroc  entamait sa réconciliation nationale par la justice transitionnelle…

La Tunisie et la Guinée Conakry , à leur tour , viennent de s’engager dans cette voie .

Si la Tunisie remonte à plus haut dans l’histoire et traite  la période comprise entre 1955 à 2016, la Guinée, elle, se limite pour l’instant, à  ‘’ l’évènement du 28 septembre ’’, survenu en 2009  sous Dadis Kamara Président de la junte militaire putschiste. 

Nous avons encore en mémoire la commission Vérité et Réconciliation de l’Afrique du Sud post- apartheid , puis les  cas du Chili  et de l’Argentine derrière nous , et  pour l’essentiel  résolus…

Nous le constatons , ces pays ont tenté , chacun à sa manière, de panser leurs blessures, de trouver la catharsis nécessaire pour ressouder le lien déchiré entre citoyens .

 Partout  il souffle un vent du changement, de réconciliation, partout sauf chez nous où l’on s’enfonce  dans la  fuite en avant, à travers dénis,  dénégations et négation …

Pendant qu’ailleurs on tente de retracer  le cours du passé douloureux , de retrouver les places où sont ensevelies à la sauvette les dépouilles des victimes, notre chef de l’Etat, lui, choisit de rouler des veuves, de barrer la route à toute investigation, d’effacer toutes traces de fosses communes en rasant les repères, d’intimider ou interdire toute  manifestation ou acte de souvenir de ces évènements. Aussi croit- il , ainsi , naïvement, gommer des  mémoires, ces tragédies de 1986 à 1992 . C’est peine perdue car elles resteront à  jamais gravées dans nos mémoires. Si en Guinée on parle de 150 morts dans un stade, de dizaines de femmes violées et de disparues, ce qui s’est produit en Mauritanie pendant cette terrible période est sans commune mesure… Ce fut un véritable génocide,  planifié !

 

La question culturelle

Aujourd’hui chez nos voisins du Maghreb l’élite arabe au pouvoir, après des années de crispation , a décidé de reconnaître l’existence du peuple berbère par l’officialisation de la langue et culture berbère. Le Maroc en fut  le pionnier, l’Algérie, pétrie de nationalisme à fleur de peau, après moult hésitations, vient de suivre . Elle s’ouvre même, en ce moment , à un débat entrain de prendre corps  qui porte à la fois et sur le rôle et la place de la langue Française dans le système éducatif algérien et sur la nécessité de‘’ découpler la  langue arabe du conservatisme religieux ’’( A Dourari) pour lui restituer sa capacité, autrefois, à produire le savoir –aujourd’hui perdue-.

Chez nos voisins tunisiens le débat va plus loin ; il questionne voire remet en cause  l’identité arabe du peuple tunisien, à l’origine  un melting-pot constitué de grecs,  de romains, de Turcs , de Français , de  berbères, de Noirs  et d’arabes .

Là où, pour baliser l’avenir, nos voisins maghrébins marquent un temps de pause pour évaluer et réfléchir, les mauritaniens, à travers l’aile la plus chauvine,’’ hystérisent’’ le débat dès que les  questions sérieuses  sont abordées…

  Plutôt que de s’attaquer aux problèmes de fond on nous distrait avec des broutilles comme le bricolage du drapeau ou les chansonnettes sur la résistance…

Pendant que d’autres se penchent sur la revalorisation et le développement des langues maternelles en vue de l’apaisement identitaire, notre élite et nos gouvernants se refusent à toute évaluation, à tout examen sérieux et lucide de la situation passée et présente pour, obstinément, poursuivre le projet d’assimilation de la composante non arabe du pays, perçue comme une menace à la pérennité du caractère arabe (décrété) de la Mauritanie !

Les désastreuses et dangereuses pratiques politiques au plus haut niveau de l’Etat, le silence général de l’élite sur ces questions de fond, l’inaction déroutante des plus concernés , tout porte à croire que nous agissons comme  si nous ne  voulions pas que ce pays change, positivement ; comme si  nous refusions d’avancer pour entrer de plain pied dans le concert des nations modernes !

Enfin , un dernier paramètre, sous-jacent, qui entrait en jeu et constituait  l’obstacle le plus sérieux  à la cohésion nationale et au changement – à la base même de tous les autres  facteurs- : le complexe aryen , inavoué, de race supérieure qui sous-tend sournoisement nos rapports inter-communautaires Il nous faut revenir aux fondamentaux du vivre-ensemble qui suppose le respect de la diversité, culturelle , ethnique, religieuse ! ‘’Si l’on ne peut vivre ensemble qu’au prix de l’oppression à l’égard d’une composante, c’est une position pas raisonnable et qui , surtout , n’est pas tenable ‘’.

 

Pouvons nous continuer dans cette voie sans risquer grandement de mettre en péril notre devenir en commun, si toutefois ce  ‘’devenir en commun’’ – ou volonté de vivre ensemble- est  partagé ?

 

C’est toute la question qui interpelle chacun de nous et à laquelle nous sommes tenus de répondre …

 

Samba Thiam  

 

Démonétisation de l’Ouguiya: Économiquement et à l’écart de la politique partisane

altLa décision prise par la Banque Centrale de Mauritanie de démonétiser la monnaie nationale, actuellement en circulation (MRO), et d’émettre une nouvelle Ouguiya (MRU), dont l’unité vaut dix unités de la monnaie actuelle, à partir du mois de janvier prochain, n’est un effet q’un changement de la valeur nominale de la monnaie actuelle (suppression d’un zéro). Cette transition n’aura aucun impact direct sur l’économie réelle ou sur le niveau de production (ni positif ni négatif) si elle se réalise d’une manière prudente et efficace. Elle n’affectera pas non plus le pouvoir d’achat, l’investissement, l’épargne, l’inflation ou le nouveau taux de change de la nouvelle Ouguiya par rapport aux autres devises (10 fois plus forte, nominalement).

À condition qu’il n’y ait pas d’accord préalable entre les autorités mauritaniennes et le Fonds Monétaire International pour dévaluer la monnaie mauritanienne dans l’avenir proche et qu’il y ait une politique économique, financière et monétaire transparente et efficace.

En pratique, cette transition aura un impact positif sur les transactions et les opérations bancaires et contribuera également à la réinjection de liquidité dans le circuit bancaire à court et à moyen terme.

Ceci dit , la démonétisation de l’actuelle Ouguiya et la réduction de la valeur nominale de sa future version peuvent créer une confusion dans le calcul de certains citoyens, ce qui peut conduire à leur scepticisme quant à l’objectivité de cette décision.

Cela peut constituer un défi et exige généralement des autorités l’organisation d’une vaste campagne de sensibilisation, en particulier auprès des citoyens à faible revenu, et qu’elles donnent le temps nécessaire pour réaliser cette transition de la meilleure façon possible.

En fin et à l’écart de la politique partisane, cette démonétisation en elle-même est une décision qui revient aux autorités et pourrait être considérée comme une réalisation. Mais à court terme, elle n’est pas nécessairement considérée comme une réforme économique dû à l’absence d’impact direct sur les agrégats macroéconomiques( PIB, balance des paiements, chômage, inflation … etc). En ce qui concerne le long terme, nous devons tous attendre pour savoir quel sera l’impact économique de cette démonétisation. Wait and see!

Qu’Allah le Tout-puissant nous accorde sa bénédiction.

Sid’Ahmed Maurice Benza

Mauriweb