Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: December 2015

Poursuivi pour « incitation à la haine » le colonel Oumar sous contrôle judiciaire

altLe pôle anti-terroriste du tribunal du tribunal de Nouakchott a inculpé «d’incitation à la haine raciale et incitation à l’atteinte à la sûreté de l’Etat » et placé sous contrôle judiciaire jeudi après midi,  le colonel Oumar Ould Beibecar.

Cet officier à la retraite avait été arrêté et mis sous le régime de la  garde à vue dans les locaux de la Direction de la Sûreté de l’Etat (DES-police politique), le samedi 28 novembre dernier, jour de  célébration du 55é anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie.

Il venait d’animer une conférence de presse sur le passif humanitaire au siège de l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR).

Une manifestation à l’occasion laquelle Ould Beibecar  a dénoncé « la pendaison de 28 militaires négro-africains  dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, pour célébrer la fête nationale d’indépendance, comme une souillure contre l’unité de la Mauritanie ».

La défense de l’officier à la retraite dit ne pas comprendre le fait que le  dossier de son client atterrisse devant le  pôle anti-terroriste de la justice mauritanienne pour instruction.

L’arrestation du colonel  a suscité plusieurs réactions de condamnations des partis de l’opposition  et la naissance d’un comité de soutien constitué par diverses organisations de la société civile et personnalités.

Par ailleurs, plusieurs anciens détenus des années 1986/1991  sous le régime de Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, ont porté un témoignage positif par rapport au comportement de l’officier  quand il s’est retrouvé sur le chemin de leur infortune.

Le passif humanitaire en Mauritanie, formule désignant l’exécution extra-judiciaire de plus 500 militaires négro-africains entre septembre 1990 et février 1991, est  couvert par une loi d’amnistie de 1993. Mais ces faits restent  au centre d’une vive controverse, malgré une prière aux morts et « l’indemnisation » des familles sous le régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

 

le calame

Urgent : Mise en liberté de Ould Beibacar

Urgent : Mise en liberté de Ould BeibacarOumar Ould Beibacar a été libéré par les autorités après quelques jours de garde-à-vue. Sa sœur Khayratt a confirmé cette relaxe sur sa page Facebook, affirmant qu’il est rentré à la maison.

Plusieurs acteurs politiques, intellectuels et personnalités avaient condamné l’arrestation du Colonel retraité, demandant sa mise en liberté immédiate et inconditionnelle.

Ould Beibacar avait été arrêté au terme d’une conférence animée au siège du parti de l’AJD/MR d’Ibrahima Moctar Sarr.

Depuis, l’élan de solidarité avec l’homme n’a cessé de grandir et de s’élargir, faisant déferler les dénonciations des atteintes à la liberté d’opinion.

Nous y reviendrons

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Afrique – Mauritanie: Le président Mohammed Ould Aziz interrompt un match de football avant son terme –

Afrique - Mauritanie: Le président Mohammed Ould Aziz interrompt un match de football avant son termeLa décision du chef de l’Etat continue d’alimenter les commentaires sur la toile plusieurs jours après.

Mohammed Ould Aziz fait partie des personnalités dont on parle le plus sur internet depuis quelques jours. Normal, le numéro 1 Mauritanien a pris une décision inédite. Le chef de l’Etat assistait à la rencontre de super coupe de son pays entre Fc Tevragh Zeina et l’ACS du Ksar, traditionnel match qui oppose le vainqueur de la coupe au champion en titre.

Cette année, l’évènement qui s’est tenu le 27 novembre 2015, revêtait un caractère tout particulier. En effet, le match coïncidait avec le 55è anniversaire de l’indépendance de la Mauritanie. Les autorités avaient donc fait le déplacement de Nouadhibou, la capitale économique, pour la rencontre. C’est donc là-bas que Mohammed Ould Aziz a pris cette décision historique.

Alors que le match était rendu à la 63è minute et que les deux formations étaient à égalité (1-1),  il a ordonné, sans autre forme de procès, l’interruption de la partie. La séance des tirs au but a immédiatement suivi. Une séance remportée par Fc Tevragh Zeina  qui a été déclaré vainqueur. Ould Aziz a remis le trophée, puis s’en est allé.

Comme on pouvait s’y attendre, l’acte fait les choux gras de la presse depuis. Presque tous les sites internet ont relayé l’information avec parfois des commentaires durs  contre le président Mauritanien. Ce qui a poussé la fédération mauritanienne de football à faire une sortie pour faire la mise au point.

Dans le communiqué signé à cet effet, Ahmed Ould Yayha fait savoir qu’« il était matériellement impossible de faire jouer l’intégralité du temps réglementaire et de le ponctuer, comme initialement prévu, de la cérémonie de distribution des trophées et médailles avant la tombée de la nuit , en raison des conditions climatiques qui prévalaient à Nouadhibou, d’une part, et du souci de chaque responsable et joueur des deux équipes de recevoir sa distinction des mains du Président de la République », dit-il en précisant que « la décision d’arrêt a été prise en concertation avec le Directeur du Protocole et le Département de tutelle ».

Difficile de convaincre l’opinion surtout que Mohammed Ould Aziz est coutumier de ce genre d’initiatives. Des sources rappellent par exemple que « le président mauritanien avait suite à un saut d’humeur, ordonné l’arrêt de la retransmission en direct d’une rencontre avec la presse. L’ordre avait été exécuté dans la foulée ».

Jean-Marie Nkoussa

cameroon-info.net

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Terrorisme : au sein du G5 Sahel, c’est « donant-donant » en matière d’échange de renseignements

 Terrorisme : au sein du G5 Sahel, c’est « donant-donant » en matière d’échange de renseignements Un système de communication informatisé et sécurisé pour échanger du renseignement sur les terroristes de la sous-région : c’est le projet ambitieux du G5 Sahel, la nouvelle organisation qui regroupe le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Ce 20 novembre, à N’Djamena, les présidents Michel Kafando, Ibrahim Boubacar Keïta (quelques heures seulement puisqu’il a dû rejoindre Bamako en urgence après l’attaque de l’hôtel Radisson), Mohamed Ould Abdelaziz, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby Itno se sont réunis en sommet pour faire avancer le projet.

Vont-ils être capables de surmonter leur égoïsme national et de partager l’un des marqueurs de leur souveraineté respective, la collecte du renseignement ? Entre le Mali et la Mauritanie, les relations ont été en dents de scie ces cinq dernières années.

En revanche, entre le Mali et la Côte d’Ivoire – un autre pays menacé par les terroristes -, l’échange de renseignements fonctionne déjà. C’est grâce à cela qu’en août sept jihadistes maliens présumés ont été arrêtés en Côte d’Ivoire puis extradés vers leur pays d’origine.

Pour que cette coopération soit efficace, « l’échange d’informations doit se faire de manière instantanée, pratiquement en temps réel », précise le ministre nigérien de l’Intérieur, Hassoumi Massaoudou.

“Dans le monde du renseignement, c’est « donnant-donnant »”

Dans le monde du renseignement, c’est « donnant-donnant ». Pour recevoir de l’information de la part de son partenaire, il faut être capable de lui en donner. À ce jeu, plusieurs spécialistes disent que le Niger et la Mauritanie sont les meilleurs. « Les services nigériens ont fait un gros effort d’infiltration dans les milieux jihadistes du Nord-Mali », confie l’un d’entre eux.

Le Mali en retard par rapport à ses voisins

Le Mali, en revanche, est à la traîne. Pas de maillage systématique du territoire par les services spécialisés – il n’y a que 4 000 policiers et 4 000 gendarmes pour un pays de plus de 1,2 million de kilomètres carrés… Pas de collaboration avec des associations comme Tabital Pulaaku – l’« Internationale peule » – afin de neutraliser les terroristes du Front de libération du Macina, dans la région de Mopti-Sévaré.

“Aujourd’hui encore, quelques chefs jihadistes qui se livrent à de juteux trafics transsahariens parviennent à établir des connexions avec certaines autorités maliennes, commente un haut fonctionnaire malien”
Par ailleurs, « beaucoup de nos agents sont mobilisés pour espionner le camp politique d’en face et pas les milieux terroristes », regrette un haut fonctionnaire malien. Qui plus est, le professionnalisme laisse à désirer. « Il y a un gros problème d’étanchéité et de préservation du secret, poursuit-il.

À la fin du régime du président ATT [Amadou Toumani Touré], des gens liés à Aqmi avaient réussi à se rapprocher de l’état-major particulier de la présidence.

Aujourd’hui encore, quelques chefs jihadistes qui se livrent à de juteux trafics transsahariens parviennent à établir des connexions avec certaines autorités maliennes. Et quand les militaires français de Barkhane découvrent que les gens qu’ils ont arrêtés se retrouvent en liberté, ils s’arrachent les cheveux. »

Dans ce « donnant-donnant », les services français et américains sont censés apporter du renseignement technologique – images et écoutes obtenues par drones, avions et satellites -, tandis que les services africains doivent fournir du renseignement humain, à l’aide d’espions infiltrés dans les zones jihadistes.

Une méthode payante sur le front anti-Boko Haram

Officiellement, ça marche, notamment sur le front anti-Boko Haram. En mai, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a rencontré cinq de ses homologues africains à Niamey. Grâce à ses avions Rafale, la France fournit à l’armée nigériane de l’imagerie analysée.

Les États-Unis, de leur côté, ont annoncé l’envoi dans le Nord-Cameroun de quelque trois cents militaires, spécialisés notamment dans le renseignement. Mais en réalité, l’échange d’informations est loin d’être optimal. « Apporter du renseignement utile aux forces sur le terrain, ça n’existe pas vraiment dans les armées africaines », souffle un spécialiste français. « Nos partenaires occidentaux ne nous disent pas tout », regrette notre haut fonctionnaire malien.

Pas d’échange sans confiance. Et en attendant, les jihadistes continuent de circuler sur toute la bande sahélienne.

 

jeune afrique

Opinion – Hommage à Oumar ould Beibacar Par Mamadou Kalidou BA

Opinion - Hommage à Oumar ould Beibacar   Par Mamadou Kalidou BAJe dois préciser d’emblée que j’envisageaisde rendre hommage à Oumar ould Beibacar bien avant aujourd’hui. Tout juste après avoir lu ses écrits sur le combat des FLAM, l’esclavage, la bataille de Toumsi et enfin sur le coup d’Etat de 1989 et la mort héroïque du lieutenant Ba Seydi.

Mais je voulais prendre mon temps, celui de murir, d’affiner ma communication afin qu’elle soit digne de l’homme que je voulais honorer. Or, compte tenu de l’envergure et de la place que je lui conférais au regard de mes paramètres d’appréhension, la gestation du texte souhaité réclamait plus de temps ! Mais voilà, une fois encore le cours des événements est venu perturber mon calendrier m’imposant de m’exprimer presque tout de suite… Car après son arrestation prendre la parole devenait à mes yeux, un devoir de vérité et un sursaut patriotique.

En effet, ce 28 novembre 2015, alors qu’il venait de terminer l’animation d’une conférence sur le thème : « Inal a-t-il définitivement entaché le 28 Novembre? », Oumar Ould Beibacar a été arrêté par la police mauritanienne et conduit à une destination inconnue. Comme j’aurai voulu voir la mine du flic qui aura à affronter le regard d’acier d’Oumar…

Oumar ould Beibacar n’est ni un chef de parti, ni le président d’une organisation de la société civile, encore moins un de ces richissimes hommes d’affaires ; et pourtant son arrestation  nous interpelle tous.

 Pourquoi le régime de Mohamed ould Abdel Aziz a-t-il décidé de mettre au cachot Oumar ould Beibacar ? Pourquoi son arrestation est-elle intervenue après la tenue de cette conférence ?

Enfin quelles peuvent être les conséquences de cet acte ? Mais avant de proposer des éléments de réponse à ces interrogations, je ne puis faire l’économie de souligner d’abord ces traits de caractère qui élèvent l’homme très haut au dessus du commun des mortels.

I. Un homme d’honneur…

Je sais que cette expression (sens de l’honneur) est si bien galvaudée par les uns et les autres qu’elle est familière à la majorité. Et pourtant, demandez aux Mauritaniens de vous définir ce qu’ils entendent par ce premier terme du tryptique érigé en devise de notre pays, et vous verrez alors tout l’écart qui sépare la familiarité d’une expression et sa connaissance effective. Après la raison, l’honneur est cette réalité abstraite qui met plus l’être humain en évidente en le distinguant des autres espèces du règne animal.

Mais l’honneur est surtout la crème de toute rationalité. En effet, si l’absence de la raison ne peut s’accommoder de l’honneur, celui-ci transcende et dépasse celui-là comme un plus en puissance n. Ainsi, avoir le sens  de l’honneur suppose non seulement que vous êtes un humain à part entière mais aussi que vous appartenez au meilleur du genre humain. Voilà pourquoi nous brandissons cette qualité à chaque fois que nous estimons que l’autre, de par son comportement, semble ignorer notre plus value humaine ; le plus souvent d’ailleurs, plus pour se convaincre soi-même que pour persuader l’autre.

Mais de par son essence, l’honneur ne se proclame pas, il se traduit dans l’attitude de l’homme dans la société. Il se manifeste dans l’intégrité dont nous faisons montre dans note rapport à l’autre, dans notre capacité à nous conformer à nos idéaux, mais encore et surtout dans l’harmonie psychique qui résulte de la dialectique endogène perpétuelle qui confronte notre conscient à notre subconscient.

Avoir le sens de l’honneur est, vous l’aurez compris, plus facile à affirmer qu’à vivre ; d’autant que pour vivre en homme ou femme d’honneur, les meilleurs d’entre nous sont obligés de devoir empiéter sur leurs intérêts individuels immédiats, s’opposer bien des fois à ceux qu’ils aiment, notamment aux membres de leur famille, et bien souvent encore à leur communauté ethnique, tribale, linguistique et religieuse.

Parce que vivre en homme ou femme d’honneur, c’est faire ce que l’on dit, mais c’est aussi dire que l’on fait. C’est donc se situer loin du mensonge, par l’affirmation constante de la vérité même si celle-ci dissout vos intérêts matériels, suscite l’animosité de vos proches et vous fait courir le risque non moins négligeable d’être l’oublié d’une certaine histoire !

Oumar ould  Boubacar est un homme d’honneur et cela au sens le plus valeureux du terme.

Un homme d’honneur dans la tradition militaire authentique. Celle-là même qui fait préférer au soldat, digne du métier des armes, la mort au déshonneur ; de choisir de garder le silence pour éviter le mensonge, de défendre le faible face à l’outrage du puissant. Il ose rétablir la vérité sur l’histoire politique de la Mauritanie dont il montre, preuves à l’appui, qu’elle a été outrancièrement falsifiée par des lobbies racistes longtemps tapies dans les régimes qui se sont succédé au pouvoir dans notre pays.

Très au dessus de toutes considérations racistes ou communautaristes, le colonel retraité n’hésite pas à voler au secours de ses frères d’arme, martyr du régime sanguinaire de Taya. Ainsi, dans un article que j’ai lu le 29 octobre2015 sur le site d’information cridem, Oumar ould  Beibacar revient largement sur les motivations, le déroulement et l’exécution des trois officiers négro-mauritaniens Sarr Amadou, Sy Saïdou et Ba Seydi, principaux auteurs de la tentative de coup d’Etat de1987.

Contrairement à ce qui fut jusque là admis, parce que savamment distillé par les propagandes du régime de Ould Taya et ses héritiers, il révèle, avec une plume saisissante que ces trois soldats n’étaient ni des ‘’diables aux longues queues’’, ni des racistes qui voulaient changer la dénomination de la Mauritanie et de sa monnaie, ni des traitres qui voulaient chasser les Maures du pays. Ils étaient tout simplement mus par le désir de reprendre les commandes du pays pour le refonder sur des bases justes et égalitaires.

La preuve, nous dit Ould Beibacar, est qu’ils envisageaient de confier le poste clé de chef d’Etat major des forces armées à Mohamed ould Lekhal, lui-même maure.

Alliant la narration à l’analyse, le vieil officier supérieur de la garde nous raconte alors la grande bravoure, le sens de l’honneur, la lucidité et la ferveur dont fit preuve Ba Seydi tant face à ses pseudo-juges que face à la mort certaine. Aussi finit-il son épopée par ces mots : « Seydi Ba, Seydi Ba, Seydi Ba » pour rendre hommage son frère d’arme négro-mauritanien dont les hauts faits d’armesl’ont, visiblement, ému.

A mon tour de vous dire ceci, mon colonel, si le comportement exemplaire de Ba Seydi vous a ému au point de vous enthousiasmer, c’est bien parce que vous êtes un homme d’honneur ! Oui, je n’ai pas l’ombre d’un doute que si le destin vous avait mis à la place de Ba Seydi (ce que je ne vous souhaite point), vous auriez eu la même attitude courageuse, honnête et honorable.

Vous n’êtes décidément pas de ces soldatons qui, une nuit de novembre 1990, face à des frères d’armes désarmés n’ont eu d’autre idée que de les assassiner. Pendre ou tirer sur un soldat désarmé, même lorsque c’est votre ennemi, en situation de guerre, aucun soldat digne des traditions guerrières ne le fait. C’est une attitude tout simplement méprisable. Que dire donc de tous ceux qui ont attaqué des civils, violé des femmes !

Comment une armée digne de ce nom peu accepté d’avoir en son sein des hommes, j’allais dire des criminels d’unetelle bassesse ! Comment messieurs les officiers, sous-officiers, hommes de troupes qui êtes innocents et gardez encore le sens de l’honneur du soldat, pouvez vous accepter en votre sein des assassins et des tortionnaires ? En n’osant pas affronter les oppresseurs du peuple mauritanien que vous aviez ledevoir de protéger, vous devenez de facto les complices d’une bassesse indigne, non pas seulement du soldat, mais de l’homme tout court !

Oumar ould Beibacar, lui, est d’une autre trempe. J’ose espérer qu’il n’est pas l’exception et que dans les rangs de notre armée, existent encore des soldats courageux, honnêtes et dignes !

II. Un homme intellectuellement honnête et moralement fascinantLibéré de l’armée et de son devoir de réserve, le colonel Oumar Ould Beibacar lance un regard rétrospectif particulièrement pointu sur l’histoire politique de notre pays. Toujours dans le souci de rétablir la vérité oblitérée par des années de propagande mensongère, il revint sur le combat mené par l’élite intellectuelle négro-africaine contre le racisme d’Etat érigé en système de gouvernance.

C’est ainsi qu’il confirme ce que ces pauvres Flamistes (FPC) ont tout le temps affirmé, c’est-à-dire que jamais dans leur action politique ils n’ont pensé, et à fortiori, développé un quelconque discours raciste à l’encontre de leurs compatriotes maures. L’homme dont la position et le grade ont permis de savoir et révéler comment les services secrets mauritaniens sous le régime deMouawiya ould Taya ont réécrit le « manifeste du négro-mauritanien opprimé » publié par les FLAM en 1986, sous le couvert de traduction, y introduisant des propos à caractère raciste dans le seul but de diaboliser ces vaillants patriotes par intoxication de l’opinion maure.

Mieux encore, en montrant comment les lobbies racistes créent et entretiennent un lien entre les FLAM et les présumés putschistes de1987 pour corroborer l’idée d’un complot négro-africain contre les Maures, Oumar Ould Beibacar sonne le glas de la dernière pièce du puzzle par lequel les assassins et autres tortionnaires des militaires et civils négro-mauritaniens justifiaient leur forfait !

Ne disaient-ils pas que les purges anti-négro-africaines de 1989 à 1991 étaient la conséquence du « complot ourdi par les FLAM (aile civile et militaire) contre les Maures de Mauritanie ?

En effet, en 1989, après avoir déporté et chassé plus de 120000Négro-mauritaniens vers le Sénégal et le Mali, le régime de Ould Taya (à l’époque protégé par le Président actuel alors commandant du BASEP) s’est adonné à une véritable opération de dénégrification  de la Mauritanie. Aussi des milliers de civils furent exterminés sauvagement dans toutes les régions de la Mauritanie.

La nuit du 27 au 28 novembre 1990, 28 soldats négro-mauritaniens furent pendus à Inal par leurs frères d’arme pour célébrer à leur manière l’indépendance de la Mauritanie. Enfin, moins d’une année après, en 1991, ce sont plus de500 autres soldats, tous négro-mauritaniens, qui furent exécutés ça et là dans différentes casernes militaires sous le prétexte fallacieux qu’ils conspiraient contre je ne sais quel diable !

Voilà, entre autres, les terribles VERITES réaffirmées par Oumar ould Beibacar et qui, de mon point de vue, lui valent l’incarcération dans les geôles de Mohamed ould Abdel Aziz. Eh bien si dire ces vérités entraîne la prison, je demande à nos autorités de venir me chercher pour m’embastiller.

Oui, j’écris que je serai bien honoré d’aller rejoindre cet ami – par la morale et les idées – que je n’ai pourtant jamais eu l’honneur de rencontrer, dans le cachot de leur choix ! Tous les intellectuels progressistes de ce pays ont le devoir ultime de suivre cette dynamique au risque de sur peupler les prisons de Mohamed ould Abdel Aziz !

Dans un pays miné par l’oppression multidimensionnelle, la place des honnêtes hommes n’est nulle part ailleurs qu’en prison !

Mon colonel ! Pour vous et vous seulement, je me mets au garde-à-vous ! Vous qui, de par votre valeur intrinsèque, valez bien des généraux de nos temps modernes réunis !

Par son arrogance et l’oppression croissante exercée sur les Négro-africains de Mauritanie et les Hratines, le régime actuel compromet déjà gravement d’unité nationale, en arrêtant les éléments progressiste de la communauté maure, il tue, consciemment ou inconsciemment tout espoir de voir les communautés mauritanienne opérer une jonction heureuse et trouver les meilleures solutions au crucial problème de la cohabitation. Savez-vous combien de Négro-mauritaniens ont vu leur colère s’atténuer, leurfrustration s’édulcorer rien qu’en lisant Oumar Oud Boubacar ?

Nos gouvernants actuels vont-ils continuer à envoyer au bagne tout Mauritanien obéissant à sa conscience et qui ose rétablir la vérité ?

Après Ould Mkheitir qui défendait les forgerons, Biram Dah et Brahim Bilal qui souhaitaient libérer les esclaves et Oumar ould Beibacar qui voulait soigner les blessures de ses frères Négro-mauritaniens (racisme d’Etat, esclavage) et donner enfin l’occasion aux Mauritaniens de discuter pour refaire leur unité, le régime actuel va-t-il arrêter tous les progressistes de ce pays ? Oui, va-t-il faire arrêter un certain Isselkou ould Abdel Kader, un certain Mohamed Hanefi, faire extrader un certain Gemal ould Yassa…  et briser à jamais l’espoir de voir la Mauritanie faire la paix avec elle-même ? Quelle terrible destinée que cette d’un pouvoir qui envoie au cachot les meilleurs de ses citoyens !

Chacun à le devoir d’évaluer lucidement la situation et surtout avoir le courage de s’impliquer ; l’avenir de la Mauritanie a, aujourd’hui plus que jamais, besoin que ses intellectuels s’expriment, que ses citoyens se réveillent et que son peuple se recompose pour enfin reconquérir la verticale !

Mamadou Kalidou BA

Nouakchott le 02 décembre 2015. 

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