Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: December 2015

Esclavage : Déni, instrumentalisation et manipulation

La Mauritanie vient de célébrer avec tambours et trompettes le cinquante-cinquième anniversaire de son accession à l’indépendance. Pour la première fois, les festivités marquant cet événement ont été transférées à l’intérieur du pays. C’est à Nouadhibou, à plus de quatre cent kilomètres (470 kms) que le défilé miliaire, la levée des couleurs nationales et autres manifestations se sont déroulées. Cinquante-cinq ans d’indépendance dont trente six ans de pouvoir militaire. Dix huit ans d’exercice civil et quinze mois d’intermède démocratique auquel une certaine humeur massacrante d’un général désavoué est venu mettre fin. Et replonger du coup la Mauritanie dans un système prétendument constitutionnel soutenu en sourdine par une oligarchie militaro- affairiste aux desseins inavoués. Les valeurs morales consolidées au fil du temps et qui structurent la vie politique, sociale et économique nationale font l’objet depuis quelques temps d’effraction particulièrement préjudiciable à la cohésion sociale et à la stabilité. De plus en plus, des questions nationales fondamentales se posent avec acuité. La gestion des rapports sociaux traditionnels basés sur la stratification sociale constitue en ces temps un terreau favorable à toutes les contradictions voire à toutes les confrontations. La cohabitation entre les communautés nationales pose de plus en plus problème. Surtout depuis les douloureux événements qui ont ensanglanté le pays à travers les exécutions extrajudiciaires des militaires négro-africains et la déportation de leurs familles des années 1989 à 1991. Or, face à tous ces problématiques de fond, la politique de tous les systèmes n’a pratiquement jamais changé. Jamais les dispositifs et les stratégies de cette politique de 1978 à nos jours n’ont favorisé l’émergence d’un climat de sérénité et de fraternité entre les membres de la société. Sur la question de l’esclavage par exemple : Le déni, l’instrumentalisation et la manipulation ont toujours été les palliatifs pour une situation qui s’amplifie de jour en jour et qui génère une radicalisation aux conséquences imprévisibles. Jamais un président mauritanien n’a eu le courage de faire face convenablement à cette histoire. Naturellement qu’en cela les gouvernants selon les circonstances de leur arrivée au pouvoir ont adopté des approches différentes. Quand bien même qu’institutionnellement et même juridiquement, cette question paraît réglée, sur le plan pratique, elle demeure présente dans ses plus éloquentes manifestations et dans ses plus rebelles incommodités. La dizaine d’affaires jugées entre 2010 et 2014 constitue une preuve sans appel de l’existence du phénomène. Les esclaves Yarg et Said dont le maître a reconnu les faits pour n’écoper que  de deux ans avant d’avoir une liberté provisoire. Oumoulkhair et ses enfants : Tarba, Yarbe, Mohamed et les autres sont là : « leurs têtes comme des graines ». Leurs maîtres sont à Yagref jouissant de l’impunité totale. L’esclave Choueida et ses huit enfants libérés de Lemgueyti vivent aujourd’hui à Tarhil dans le plus grand dénuement matériel et la plus grande blessure psychologique. En dix ans, les organisations des droits de l’homme, notamment SOS Esclaves ont libéré des centaines d’esclaves. Des centaines de dossiers sont pendants devant les juridictions nationales.  Depuis son arrivée au pouvoir, Mohamed Ould Abdel Aziz, plus que tous les autres, ne fait que nier catégoriquement l’esclavage non sans une petite dose d’humour peu à propos d’ailleurs. La délectation de la souffrance des autres et l’irrévérence à l’égard de millions de citoyens est une attitude dangereuse. Ce n’est pas que quelques Harratines « ambitieux » acceptent de jouer au cinéma en voyageant à tort et à travers aux frais de la princesse pour collectionner échec sur échec dans les forums internationaux que cela suffise pour éradiquer l’esclavage. Le galvaudage de la problématique et son utilisation à la réalisation de caprices personnels ne la fourvoiera nullement. L’Histoire rattrapera tout le monde : Président indélicat et acteurs peu talentueux. Les lois criminalisant l’esclavage, les tribunaux spéciaux, les fonds des institutions de prise en charge des esclaves et victimes d’esclavage ne serviraient à rien sans des magistrats indépendants, courageux et consciencieux. Or, depuis 2007, toutes les affaires d’esclavage présentées devant les tribunaux sont à quelque une ou deux exceptions près systématiquement requalifiées en travail de mineur, occupation non rémunérée et autres qualifications fallacieuses qui sentent clairement la manipulation complice de certains juges. Selon Boubacar Messaoud, président de SOS Esclaves et membre fondateur du Mouvement d’émancipation des Harratines (El Hor créé le 5 mars 1978) : « L’attitude des juges est compréhensible. Comment voudrions-nous que ceux-là puissent reconnaître l’esclavage alors que le président déclare chaque jour son inexistence » ? Face au déni du pouvoir, l’instrumentalisation de certains Harratines et à la manipulation des lois et dispositifs, le combat pour l’éradication de l’esclavage sera rude et fastidieux. Après cinquante-cinq ans d’indépendance, la Mauritanie doit faire comme les autres. Se réconcilier avec elle-même à travers de larges concertations nationales qui prennent en charge toutes les questions de fond : Cohabitation apaisée entre communautés, partage des ressources nationales, esclavage et promotion des secteurs sociaux, notamment l’école et la santé. Les intérêts égoïstes passent. Les peuples restent. Pour cela, il faut savoir raison garder.

 Sneiba El Kory

le calame

L’ editorial du calame: Raccourcis

altQuelque chose ne tourne pas rond dans notre pays. Où plus personne ne se soucie ni des règles, ni des lois, encore moins des règlements. Le président de la République arrête un match de football après 63 minutes parce qu’il s’ennuyait. Une délégation du FNDU rencontre le ministre secrétaire général de la Présidence,  contre l’avis de trois partis du Forum, alors que les décisions de celui-ci sont censées n’être prises qu’à l’unanimité. Un général à la retraite  brigue la présidence de la Fédération des agriculteurs alors qu’il n’y a jamais adhéré par le passé. Un colonel, qui n’est plus sous les drapeaux lui aussi, est arrêté et mis en examen pour s’être exprimé librement. Un ministre est décoré le 28 novembre alors qu’il l’a été il y a deux ans et que la loi prévoit qu’il ne peut de nouveau l’être avant cinq ans sauf pour ‘’à titre exceptionnel’’. Ses collègues ministres se demandent encore quels services ‘’exceptionnels’’ il a bien pu rendre pour mériter pareille distinction. Si ce n’est un excès de zèle.

Aucun de ces événements n’a pourtant eu autant d’impact que l’affaire du match du 28 novembre. Qui a créé un véritable buzz sur les réseaux sociaux et dans la presse du monde entier. Notre guide éclairé, devenu spécialiste des raccourcis, a non seulement écourté la première expérience démocratique qu’a connue notre pays mais aussi une rencontre de football qui, qu’il vente ou qu’il pleuve, est partie pour durer 90 minutes au moins, selon les règlements intangibles de l’instance dirigeante de ce sport-roi. Pas un journal, un site, une radio ou une télé du monde entier n’a raté cette occasion de nous tourner en ridicule. Même après son coup d’état de 2008, Ould Abdel Aziz n’a pas eu droit à autant de publicité, gratuite bien évidemment. C’est qu’un match de football, même ennuyeux, nul et inutile comme celui de la supercoupe de Mauritanie doit arriver à son terme, sauf si les conditions météorologiques exigent son arrêt. Et dans ce cas, la décision revient à l’arbitre et à lui seul. La fédération de football a essayé, maladroitement, de tirer le président de ce mauvais pas, en se lançant dans des explications alambiquées mais le mal est déjà fait. De pays esclavagiste, champion des coups d’état, avec le plus grand nombre d’anciens chefs d’Etat encore en vie, nous sommes devenus la nation où le président décide de tout, même de la durée d’un match de football. Une réputation dont on aurait bien voulu se passer.

En France, malgré un contexte des plus maussades, marqué notamment par les attentats du 13 novembre et la montée du Front National, les humoristes s’en sont donné à cœur joie. Sur France Inter, l’un d’eux s’est fendu d’un sketch  où il affirme, devant une assistance hilare, qu’il est comme ça Ould Abdel Aziz, ‘’quand il s’ennuie, il faut que ça bouge et puis ça sert à quoi d’être président si tu ne peux pas faire ce que tu veux’’ ? Avec lui, dit-il, c’est une coupe du monde en quatre jours. Notre humoriste, qui n’avait apparemment pas beaucoup de sujets pour dérider son public, lui propose carrément à la fin de son mandat de diriger la FIFA. ‘’Un monsieur qui ne respecte rien pour remplacer des escrocs, on reste dans une certaine éthique, non’’ ? se demande–t-il à la fin.

Pour rester dans une certaine logique cette fois, proposons à notre guide éclairé, s’il veut briguer la présidence de cette  institution, beaucoup plus riche que notre pauvre pays, qu’il peut bien écourter son mandat. Un raccourci qui sera, au moins une fois, bénéfique pour son pays.

Ahmed Ould Cheikh

Déclaration COVIRE:Le Colonel à la retraite Oumar Beibacar a été libéré le jeudi 03 Décembre à 19 heures

altLe Colonel à la retraite Oumar Beibacar a été libéré le jeudi 03 Décembre à 19 heures et mis sous contrôle judiciaire par le juge anti-terroriste. Auparavant ,il a été arrêté, détenu hors de tout contact, par les policiers de la Direction de la Sûreté de l’Etat (DSE) le samedi 28 Novembre à 14H30, au sortir d’une conférence qu’il animait au siège du parti AJD/MR sous le thème : Inal-a-t-il définitivement entaché le 28 Novembre? 

A l’instar de cette manifestation de l’AJD/MR, les victimes de la répression des années 1986 à 1991 membres de la coordination COVIRE avaient programmé une commémoration conjointe avec leurs partenaires traditionnels pour le 55ème anniversaire de l’indépendance de notre pays marquant aussi le 25ème anniversaire des pendaisons des 28 militaires noirs la nuit du 27 au 28 Novembre 1990 ,à Inal.

Le Hakem de Sebkha,suite à la lettre d’information adressée par le Collectif des Orphelins des Victimes Civiles et Militaires(COVICIM), a refusé la tenue de cette cérémonie de deuil, soutenant que toutes les forces de sécurité se sont déplacées à Nouadhibou. Comme il fallait s’y attendre, à partir de quinze heures un détachement de la police a investi les lieux, s’est orienté ostentatoirement vers les victimes pour arrêter leurs festivités.

Ces faits sus –mentionnés ,les récents propos du Président Mohamed ould Abdel qui considère que l’évocation du génocide ,des commanditaires, des bourreaux, n’est autre chose qu’un appel à la haine raciale et à la division; une telle déclaration est assurément un déni du devoir et travail de mémoire toute chose incombant à tous les mauritaniens, l’arrestation et la détention arbitraire de Djiby Soh Président de Kawtal Ngam Yellitaare, de Biram Dah Abeid et Brahim Bilal Ramdane respectivement Président et Vice Président d’Ira-Mauritanie , les tentatives d’intimidations de la HAPA de nature à censurer des témoignages liés aux crimes contre l’humanité et génocide perpétrés en République Islamique de Mauritanie et la comparution devant un juge anti-terrorisme du Colonel à la retraite Oumar ould Beibacar suivi de son placement en liberté sous contrôle judiciaire ,sont sans nul doute des signes annonciateurs de la restriction des libertés fondamentales et aussi la perpétuation de la culture de l’impunité.
Face à cette situation inquiétante ,la COVIRE:

Ø Rappelle le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz que l’engagement qu’il avait pris devant la délégation des victimes le 08 Novembre 2008, étai la prise en charge des devoirs de réparation et mémoire dont d’ailleurs le règlement est en deçà des attentes.

Ø Considère qu’un règlement global implique les quatre devoirs reconnus par les conventions internationales des droits de l’homme ,donc la prise en charge des devoirs de vérité et justice, est une obligation universelle pour un règlement définitif.

Ø Exhorte le gouvernement Mauritanien, à la mise en application de la décision du Ministère des Affaires Islamiques en 2010 relative à la cartographie des sépultures des martyrs depuis l’indépendance.

Ø Attend de l’Etat de Mauritanie ,l’étude des recommandations issues des observations finales des rapports présentés par l’Etat partie devant les organes conventionnels(OPCAT en 2012,PIDCP en 2013) ,l’Examen Périodique Universel (2010 et 2015)et les missions en Mauritanie des experts des procédures spéciales (rapporteur de la CERD en 2008-2013) que l’Etat a librement accepté et pour lesquelles il doit engager des concertations nationales pour un règlement consensuel et définitif.

Ø Exhorte les juridictions nationales compétentes , à la remise en liberté totale du Colonel à la retraite Oumar Beibacar dont l’inculpation par le juge anti-terroriste est une atteinte aux dispositions du Pacte Internationale des Droits Civils et Politiques(art.19 à 22) postulant sur la liberté d’expression et de réunion ,dont la Mauritanie est partie.

Ø Appelle tous les mauritaniens à une mobilisation sans faille pour la défense , la promotion et le respect des libertés fondamentales.

Nouakchott, le 06 Décembre 2015
Les signataires:
Coordination des Organisations des Victimes de la Répression (COVIRE)
Collectif des Orphelins des victimes Civiles et Militaires (COVICIM)
Collectif des Veuves
Collectif des Rescapés Militaires (COREMI)
Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT)
Collectif Mooyto Koota
Collectif des Anciens Fonctionnaires de Police Victimes des Evènements de 1989

le calame

Scission au sein du « manifeste national des jeunes mauritaniens »

Scission au sein du « manifeste national des jeunes mauritaniens »Première défection au sein du manifeste national des jeunes mauritaniens.

Deux groupes ont annoncé mardi leur retrait de cette structure et annonce ne plus avoir de relations avec elle depuis hier lundi.

Le communiqué annonçant ce retrait est signé du secrétaire général du manifeste, Mohamed Lemine O. El Vadel et pour les indépendants par le président de la commission des jeunes, Mohamed O. Dahane.

Dans leur communiqué, les démissionnaires réaffirment leur fidélité aux principes qu’ils défendaient au sein du manifeste.

Ils promettent la mise sur pied très prochainement d’un projet ambitieux basé sur des fondements solides capables de lui permettre de faire face aux défis et tentations qui pourraient se dresser sur la voie d’un projet si ambitieux.

Mauritanie: torture de détenus mineurs

أحد القصر وقد شد بقيده داخل السجنALAKHBAR (Nouakchott)-Des détenus mineurs ont été torturés à la prison centrale de Nouakchott, témoignent des images parvenues à Alakhbar. Elles ont été fuitées.

Certaines images montrent les traces de torture sur les bras d’un détenu mineur. D’autre laissent voir un mineur, ligotés et accroché sur un poteau.

Contactée par Alakhbar, une source au sein de la “Direction mauritanienne des prisons et des affaires pénitentiaires” a démenti la pratique de torture, ajoutant que les gardes pénitentiaires n’osent plus faire correctement leur travail de peur d’être accusés de pratiquer de la torture.

Quelques 80 mineurs sont détenus à la prison centrale de Nouakchott. Certains ont entamé une grève de la faim depuis plusieurs jours protestant contre la mort d’un des leurs après une intervention chirurgicale.

Voir images (les visages sont floutés après consultation d’experts juridiques)

Un rapport de la Commission Nationale des Droits de l’Homme-Mauritanie, avait fait était de l’envoi en prison de huit (8) gardes pénitentiaires pour avoir torturé des détenus à la prison civile de Dar Naim. Ils ont été condamnés à quatre et  six ans de prison. 

Le rapport avait aussi constaté «insalubrité » et « surpopulation carcérale» dans cette prison de Dar Naïm où résident 800 détenues dépassant ainsi sa capacité d’accueil qui est de 300 détenus.

Le rapport avait aussi déploré des conditions de détention qui ne répondent pas aux normes internationales et des manquements sur le plan sanitaire.

Les prisonniers, dont certains souffrent de détention préventive abusive, n’ont droit qu’à une allocution de nourriture de 300 UM, soit moins d’un Euro par jour.

Recemment, un détenu à la prison civile de Dar Naïm s’est plaint auprès d’Alakhbar d’avoir été «à plusieurs reprises » «victime d’agressions sexuelles » de la part de ses codétenus. 

 

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أحد القصر وقد شد بقيده داخل السجن