Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: February 2013

ce qui serait arrivé si la France n’était pas intervenue au Mali

Pour l’écrivain malien Manthia Diawara, la France n’a pas seulement aidé un pays en péril: elle a redonné espoir à toute l’Afrique.

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Une Malienne arborant les couleurs de la France, le 2 février 2013. © ERIC FEFERBERG / AFP

J’ai ressenti l’intervention française au Mali comme une dose de réalisme qu’il fallait prendre avec beaucoup d’humiliation voire de la honte, parce que je croyais que mon pays était différent de ceux que je considérais comme des Républiques bannières, où l’Occident doit toujours venir en aide; des pays qui ont échoué, où le peuple, en voyant les soldats blancs arriver, jubilent comme des enfants à la vue du Père Noël. 

 

Voir les Maliens danser dans les rues, pour souhaiter la bienvenue à l’armée française, comme on l’avait fait lors de l’indépendance, était pour moi un arrêt sur l’image, qui me renvoyait à la fois à l’échec de notre indépendance, et prétendue souveraineté nationale, et au retour intégral sous l’hégémonie française, comme celle d’un père qui ne veut pas voir son fils grandir.

Bien entendu, il est plus facile pour le fils d’accepter l’aide escomptée du père, plutôt que de se mettre en question, lui-même. Ainsi que le disait Sembene Ousmane, il est plus aisé pour nous, Maliens et autres Africains, de continuer à tendre la main vers l’Occident, pour dire «merci, merci» que de se demander comment on en est arrivé là, et de blâmer les autres pour nos problèmes que de nous regarder en face.

Ces images de la France sauveuse de l’intégrité territoriale du Mali sont, ainsi, l’illustration parfaite de l’insouciance et de l’irresponsabilité des Maliens au nord et du sud. Faut-il croire que les actions politiques des rebelles du MNLA et djihadistes d’Ansar Dine du nord ont été teintées de mauvaise foi et d’opportunisme cynique, en s’associant à des terroristes d’AQMI, aux preneurs d’otages et aux trafiquants de drogues. Ainsi, ils ont invité les Occidentaux dans un débat, rapidement devenu plus grand que le Mali.

Quant aux putschistes du sud, issus d’une armée, déjà affaiblie et rancunière contre les forces démocratiques qui l’avaient déçue du pouvoir depuis 1992, et humiliée par sa défaite cinglante contre les rebelles venus de la Libye, ils ont commis des fautes graves en voulant se présenter comme porte-drapeau des voix contradictoires, sinon, irréconciliables au Mali.

Il faut compter d’abord avec la gauche radicale, du parti SADI d’Oumar Mariko, qui lutte contre la corruption des institutions nationales et qui veut maintenir les militaires au pouvoir pour se débarrasser de tous les «politiciens corrompus», puis avec les leaders religieux, prêts à prostituer leur foi pour revendiquer plus de pouvoir dans un Etat qu’ils considèrent «comme musulman à 95%»; jusqu’aux politiciens aigris, qui partageraient le lit avec n’importe quel diable, plutôt que celui de la démocratie, pour arriver au pouvoir.

Ce retour de la France sauveuse du Mali indique finalement que nous continuons délibérément à fermer nos yeux et nos oreilles face à l’impunité, la corruption, et aux crimes abominables contre les plus faibles de nos sociétés: les femmes, les homosexuels, les minorités et les enfants. Que celle ou celui qui n’a jamais péché dans le Mali que je viens de décrire, lève la main.

La France a eu raison de venir au secours du Mali, surtout pour sauvegarder ses intérêts dans la région stratégique du Sahel, et pour dire à qui veut l’entendre qu’il faut toujours compter avec elle, comme une des plus grandes puissances mondiales, sinon sur le plan économique, en tout cas sur le plan militaire et politique. Ce message est clair pour tout le monde aujourd’hui, mais surtout pour les Allemands et les Américains qui commençaient à croire qu’ils pouvaient se passer de la France.

François Hollande vient de démontrer aux Américains qu’il connaît l’Afrique et les Africains, mieux qu’eux; et d’infliger une leçon de poker à Barack Obama, dont la politique antiterroriste dans le Sahel est qualifiée de désastreuse.

Pendant les débats présidentiels aux Etats Unis, Mitt Romney avait mentionné trois fois le Mali, sans avoir une seule réaction de la part d’Obama. Calcul rhétorique du débat de la part du président sortant? Pourtant l’Amérique avait déjà jeté plus de 500 millions de dollars dans la région, pour la lutte contre le terrorisme (Africom, forces armées américaines en Afrique).

«Négocier quoi? Ta main gauche ou droite? Ta femme ou ta fille?»

Parmi les humanistes, les pacifistes, et les fervents défenseurs de la souveraineté nationale, qui pouvait blâmer la France d’intervenir au Mali? Les djihadistes coupaient les mains des personnes accusées de vol, égorgeaient leurs ennemis, détruisaient les mausolées et les bibliothèques, et violaient les femmes. 

Qu’allait-il se passer, sans l’intervention de la France? La Cédéao passait tout son temps à parler, à dire une chose et son contraire, mais toujours sans agir. Elle aussi comptait, naturellement, sur les Européens et les Américains pour venir au secours du Mali.

D’ailleurs les Maliens ne voulaient pas de soldats noirs de la Cédéao dans leur pays. Ils préféraient des soldats français, parce que eux, au moins, n’étaient pas des voleurs et des violeurs comme on a pu le voir en Sierra Leone et au Congo.

Quant à l’ONU, elle prônait le dialogue, et idem pour l’Algérie. L’infatigable médiateur, Blaise Compaoré, se mit alors au travail, nuit et jour, pour trouver une solution pacifique à la crise malienne. Mais, pendant ce temps, les djihadistes avançaient jusqu’aux portes de Mopti, sans se priver des exactions barbares de la charia.

Il faut tenir compte, aussi, et c’est là où réside l’ironie de notre condition africaine, du fait que beaucoup de nations africaines se réjouissent du malheur de leurs voisins, comme étant le signe de leur exceptionnalisme, leur supériorité propre. 

C’est comme s’ils se disaient:

«Nous sommes à l’abri de toute critique, tant que les malheurs des autres, nos voisins, sont étalés en public.»

Ou, comme disent les Bambaras (une ethnie au Mali), c’est du Niangon tiya, c’est-à-dire, ce qui est le propre de ceux qui tirent du plaisir dans le malheur d’autrui. C’est ce qu’on appelle le Schadenfreude en allemand.

Heureusement que la France est intervenue pour sauver Tombouctou et ses manuscrits et monuments historiques, des mains des barbares.

Le manifeste de François Hollande à Bamako

Mais, n’oublions pas que nous sommes, ici aussi, devant un récit bien construit, dont la logique nous empêche de prendre du recul, en nous bombardant avec des évènements qui se succèdent. 

Tel un roman, on nous a présenté l’intervention française comme inévitable, du point de vue de la justice et de la morale. Le bien et le héros doivent triompher à la fin. Comme dans un roman, François Hollande, le sauveur du Mali, donne son discours sur le dénouement de l’histoire sur la place de l’indépendance à Bamako, où il avoue avec candeur:

«Je veux vous dire que je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique.» 

Même pour les plus cyniques lecteurs de ce roman, il faudrait avouer que nous sommes évidemment très loin du discours démagogique de Nicolas Sarkozy à Dakar. En mettant sa carrière politique en jeu, le discours de François Hollande à Bamako nous rappelle plutôt l’appel à la guerre du général de Gaulle, le 27 Octobre 1940, à Brazzaville, et son fameux discours du 30 Janvier, 1944, dans la même ville. 

Mais, en parlant de fiction, il est intéressant de remarquer que les Congolais avaient érigé un monument en souvenir du général de Gaulle à Brazzaville, pour commémorer ces dates historiques. 

Est-ce que François Hollande aussi aura droit à son monument à Bamako, 50 ans après nos indépendances? Faut-il rappeler aussi que Bamako fut cet autre lieu où le RDA (Rassemblement démocratique africain) était né en 1946, en réponse au discours de Charles de Gaulle à Brazzaville en 1944?

Il faut dire que, comme Brazzaville avait servi de tremplin pour l’homme du 18 Juin, pour relancer sa carrière militaire et politique, Bamako sera aussi la preuve incontournable de la montée de la côte de popularité du président Hollande en France, de son leadership mondial dans la guerre contre le terrorisme, et de sa détermination à défendre le droit de l’homme et la démocratie, à tout moment et partout. 

Voilà tout ce que François Hollande a pu gagner en trois semaines de guerre au Mali, sans oublier la dette éternelle des Maliens envers lui. Dans de telles circonstances, qui peut encore accuser le président Hollande d’être après les ressources minérales d’un pays que les djihadistes et autres satans du terrorisme étaient prêts à réduire au barbarisme? Et qui peut encore demander à voir des images de la guerre pour ternir la bonne image des soldats français?

Quel rôle pour Dioncounda Traoré et le Mali?

Mais, si François Hollande et la France sont les plus gros gagnants du conflit fratricide au Mali, que dire des acteurs maliens et africains? Je me pose cette question, à moi-même, après ces trois semaines parsemées d’afropessimisme, de pleurs intérieurs, d’apitoiement sur moi-même et de plaintes contre les autres. 

J’ai déjà mentionné les antagonistes du récit de l’intervention française, comme Ansar Dine, AQMI/Mujao et le MNLA au nord et au sud, les politiciens, les marabouts et, à leur tête, Amadou Haya Sanogo et les anciens putschistes.  

Je pense que le président Dioncounda Traoré doit organiser, avec l’aide de la Cédéao et autres partenaires, les élections aussi rapidement que possible. Les élections doivent avoir lieu, avant d’entamer des négociations avec qui que ce soit. 

Seul un gouvernement légitimement élu peut entamer des négociations crédibles et durables avec les rebelles qui contestent l’intégrité territoriale.

Le plus urgent, à part la poursuite des djihadistes qui sont à l’affut, c’est de restaurer l’ordre constitutionnel, en arrêtant ceux qui ont commis des crimes, au nord et au sud, contre l’humanité, ou contre l’Etat.  

Il sera dans l’intérêt du nouveau gouvernement de négocier avec le MNLA, car leur cause ne va pas disparaître de soi. Ce à quoi Dioncounda Traoré doit résister, c’est d’être poussé par la France dans des négociations hâtives. Il a aussi raison de refuser de négocier avec Ansar Dine et les autres groupes religieux. 

Le président Dioncounda Traoré rentrera dans l’histoire, à coté de Modibo Keita, s’il arrive à sortir le Mali de cette impasse, qui n’est pas sans rappeler l’éclatement de la Fédération du Mali, et à organiser des élections crédibles.

Quid de la place de la Cédéao?

Les gens de ma génération doivent se rendre à l’évidence que le nationalisme, tout seul, ne peut pas nourrir son homme, à plus forte raison de le rendre fier de lui-même; que la notion de souveraineté nationale doit se mesurer à l’aune de la valeur des citoyens, de ce qu’ils sont capables de produire comme matériel et culture nationales à protéger.

Nous avons enfermé la nouvelle génération dans un nationalisme aveugle, au lieu d’ouvrir ses yeux à la force de l’unité et la complicité entre les pays de la Cédéao; et nous l’avons poussé seulement vers la sauvegarde des intérêts nationaux, ethniques et personnels plutôt que de l’orienter vers des espaces et des utopies, au-delà du Mali ou du Sénégal.

Finalement, au lieu de forger l’idée de sacrifice de soi pour le bien être des autres, celui de notre voisin au Sénégal ou en Guinée, nous l’avons encouragé à célébrer la victoire de notre nation dans chaque malheur que nous voyons chez nos voisins de l’autre côté de la frontière.

Si le constat des faiblesses de nos Etats-nations n’était pas clair pendant l’effervescence des indépendances, il l’est aujourd’hui, après les interventions de la France pour sauver l’intégrité de la Côte d’Ivoire et du Mali. La célébration du discours de François Hollande sur la place de l’Indépendance à Bamako est aussi une grande leçon de sobriété pour nous.

Si on ne peut pas protéger les droits des minorités à l’intérieur de nos Etats-nations, pourquoi ne pas se poser la question sur l’existence de ces Etats-nations? Pourquoi continuer à garder les hommes et les femmes comme des prisonniers dans la nation, si elle ne peut pas satisfaire leurs besoins élémentaires de liberté de mouvement et d’expression, de droit au travail, à l’éducation et à la santé? 

Après 50 ans de stagnation dans l’Etat-nation, pourquoi ne pas le dépasser et rêver d’une nouvelle Afrique où les hommes, les femmes, les pensées, les cultures et les marchandises circuleraient librement du nord au sud, de l’est à l’ouest?

Redéfinir la notion de l’Etat

Pour ce faire, il serait nécessaire de divorcer des Etats des nations. Les Etats auraient alors pour fonction principale le développement et le maintien des infrastructures de transport et mobilité, de l’économie, de la santé, de la culture, et de renforcer la sécurité et la protection des droits des individus.

Ce décuplement, dans lequel nous reléguerions le rôle de la nation aux blocs régionaux et à l’Union africaine, pour nous concentrer sur la définition des Etats et de leurs accents culturels et économiques, constituerait la base de la nouvelle définition du panafricanisme.  Il nous permettrait aussi de mieux négocier en bloc avec les puissances étrangères, plutôt que bilatéralement avec les moyens faibles des Etats-nations.

Il est difficile de parler du panafricanisme à la génération qui a précédée celle des indépendances, parce qu’elle ne connaît ni l’histoire du RDA, de loi-cadre ou la balkanisation de l’Afrique occidentale française, ni les enjeux derrière la Fédération du Mali, ou de l’union Ghana-Guinée-Mali. 

A cette génération, formée après les nombreux coups d’Etat, depuis les débuts des années 1960, la mention même du panafricanisme peut paraître dépassée ou illusoire; les valeurs sûres étant celles du nationalisme, du tribalisme et de l’intérêt individuel.

Les espoirs d’intégrations régionales et de l’Union africaine, ou la renaissance de ce qu’on peut appeler «l’idée de l’Afrique», reviennent aujourd’hui dans la houle d’une troisième génération, née vers 1970, et arrivée à maturité après la libération de Nelson Mandela, la chute du mur de Berlin: la fin de la guerre froide.   

Cette troisième génération, comme on peut le voir dans la musique Hip Hop et chez les reggaemen comme Tikken Jah Fakoly, chante l’Afrique sans complexe et sans inhibitions des frontières de l’Etat-nation. 

Cette nouvelle génération sait aussi que son désir de mobilité et de transaction la pousse au-delà des frontières nationales, souvent encombrées de politiques identitaires et de xénophobie.

C’est avec cette génération qu’il faut oser penser les nouvelles Afriques.

Ce que nous appelons divorce ou décuplement de l’Etat et la nation consisterait, donc, à atténuer la force de la nation et du nationalisme au niveau des grands centres d’attractions des populations diverses, comme Lagos, Dakar, Abidjan, Accra ou Ouaga, pour en faire des Etats forts et convoités dans des domaines spécifiques des finances, de la science et la technologie, dans la production industrielle, dans l’art et l’agriculture.

La nation, comme du temps de l’Union générale française, où la capitale de l’AOF était à Dakar, jouerait alors un rôle fédérateur entre ces états.  Sa capitale pourrait être fixée dans un endroit stratégique, ou se déplacer par rotation, comme en Afrique du Sud. 

Son rôle principal serait la protection des droits des minorités et leurs intégrations dans la société multiculturelle des états.  Quand à la sécurité, elle serait à la charge des états et de la nation.   

La nation aurait un rôle de garde-fou contre les excès des Etats, et veillerait sur la protection et l’intégration de tous le citoyens, partout ou ils souhaiteraient être dans la Cédéao.

Manthia Diawara,
 
Ecrivain malien et professeur de littérature à l’université de New York. Il a notamment publié Bamako, Paris, New York
 
Source: slateafrique

Vatican : Oui, il y a déjà eu un pape africain, berbère


 

Des cardinaux lors d'une cérémonie à Saint-Pierre le 18 février 2012. REUTERS/Tony Gentile

Des cardinaux lors d’une cérémonie à Saint-Pierre le 18 février 2012. REUTERS/Tony Gentile

 

 

L’annonce de la démission du souverain pontife, le pape Benoît XVI ce 11 février a été, du moins pour ceux qui suivent ces questions de loin, une véritable surprise.

Dans le même temps, cela a relancé la sempiternelle question d’un pape africain pour diriger l’Eglise catholique. Le 28 février prochain, le siège d’évêque de Rome sera donc vacant et les conjectures quant au conclave qui devra élire le nouveau chef de l’Eglise catholique romaine vont déjà bon train.

Un pape noir? Et pourquoi pas? Le débat est rouvert à chaque occasion, notamment lorsqu’il a fallu élire le pape Jean-Paul II en 1978.

Seulement, pour le site Anecdote du Jour, un pape africain, n’aurait en soi, rien d’inédit. Le site saisit l’occasion de la démission de Benoît XVI pour rappeler que trois Africains ont déjà eu à être «successeur de saint Pierre».

Il s’agit donc pour Anecdote du Jour, de trois Africains originaires d’Afrique du Nord, trois Berbères précisément.

Il y a donc d’abord Victor Ier, né dans l’actuelle Tunisie et qui gouverna l’Eglise catholique à partir de l’an 189 et ce pendant une dizaine d’années. Vint ensuite Miltiade (ou Melchiade). C’est le 32e africain à diriger l’église catholique, di 2 juillet 311 à sa mort le 10 janvier 314. Seulement les origines de ce pape sont encore sujettes à polémique.

Selon le Liber Pontificalis (le Livre des papes), Miltiade serait né sur le continent, plus précisément en Afrique du Nord, sans aucune autre précision. Mais pour le théologien américain Richard Mc Brien, serait tout simplement romain.

Enfin, il y eut Gélase Ier, également berbère, qui dirigea l’Eglise catholique romaine de 492 à 496.

Anecdote du jour souligne qu’il n’ y a rien détonnant à tout cela:

«De nombreuses populations berbères étaient chrétiennes et le pourtour méditerranéen faisait partie de l’Empire romain. On connaît d’ailleurs plusieurs saints chrétiens africains de cette période, comme saint Augustin et sa mère sainte Monique.»

Et le site de conclure que la dislocation de l’Empire romain, les invasion vandales et les conquêtes musulmanes en Afrique ont fait disparaître les derniers chrétiens berbères. Tout ceci, sachant que l’Afrique noire n’a été véritablement évangélisée qu’au début du XIXe siècle.

Lu sur Anedcote du Jour

 
Source: noorinfo

 

Un député de la majorité : «L’esclavage existe bien en Mauritanie »

altLe député de Kiffa, Nagi Ould Mohamed Lemine appartenant au groupe parlementaire de la majorité dans une émission intitulée : « le siège parlementaire » diffusée sur la radio libre Mauritanid FM ne va pas par quatre chemins en parlant de l’esclavage. Pour lui, le phénomène existe dans toutes ses manifestations et à travers tout le pays. Comme les séquelles, les pratiques sont légion. Certainement pas comme avant, avec un esclave la corde au cou ou proposé à la vente dans un marché public. Mais, des esclaves empêchés d’hériter ou obligés de racheter leur liberté ou dans l’impossibilité de se marier sans l’aval de leur maître.

Citant plusieurs érudits, notamment Abderrahmane Etombouctou ou Mohamed Yahya Al Walati qui déclarent clairement que l’esclavage qui se trouve en Mauritanie n’a aucune justification légale du point de vue de l’Islam, le téméraire député regrette le silence assourdissant des Oulémas sur cette grave question. Pourtant dit –il : « Ces mêmes Oulémas ont prononcé des fatwas contre l’excision et ont battu campagne à travers toute la Mauritanie pour la combattre comme pratique néfaste ». Le parlementaire, membre du bureau exécutif de SOS Esclaves considère que la lutte contre l’esclavage est la responsabilité de tous.

Selon lui, aucun développement n’est possible tant que plus des deux tiers de la population sont mis ohors jeu. Pour le député, ce ne sont pas les textes condamnant le phénomène qui manquent, mais c’est une réelle volonté politique qui instruirait toute l’administration, judiciaire, sécuritaire à combattre effectivement l’esclavage.

Source: Le calame

FLAMNET-AGORA: Quand le vent se lèvera par Bâ Kassoum Siddiki

altUsure, temps qui passe, gestes d’oubli dans le quotidien d’une banalisation n’ont fait que renforcer l’effervescence protestataire. D’Inal au Parvis des Droits de l’Homme à Paris, les voix et les marches résonnent encore d’hommage. Les consciences se sont aiguisées contre les commémorations fictives, le détournement des pardons, le déni de justice. C’est que l’hybris fut atteint, dans une stupéfaction dont nous ne sommes jamais relevés : des hommes comme offrande dans une profanation inédite des préceptes de l’Islam. Ils étaient vingt huit. Condamnés à mourir dans la nuit du 27 novembre 1990, à la veille de la fête de l’indépendance de la Mauritanie. Ils avaient la possibilité de parler, d’accuser, pour sauver leur vie mais ils se sont tus. Ils n’élevèrent aucune plainte qui puisse abdiquer leur dignité. Ils n’ont ni crié ni courtisé leurs geôliers et bourreaux. Dans le bruit de leur ombre, leur silence clamait l’extrême grandeur de leur humanité. Résistance de la victime amplifiée par la voie sacrée de l’innocence qui enragera les milices et les commis de la mort. Ils étaient simples soldats qui, dans une ultime épreuve, ont choisi la perspective : ne pas faiblir devant l’ennemi. Dans la souffrance contenue de leurs supplices, ils affirmèrent une éthique, celle qui dit non à la mécanique meurtrière d’un racisme d’Etat. Ils ne demandèrent ni pardon ni n’avouèrent, étouffant leur souffrance intérieure de ne revoir l’enfant et l’épouse, la chaleur de la maisonnée, la terre ferme. Ils étaient tels Jean Moulin qui, soumis à la torture, en proie à l’agonie, fait face, trouve cette force tranquille, transparence par elle-même de la déshumanisation du détenteur du fusil et de la baïonnette ; s’obstinant par leur attitude emprunte de retenue à la plus haute affirmation de l’idée de soi.

A tous ceux ensevelis sous-terre sans sépulture, aux corps dispersés dans les sables torrides écumant de préjugés racistes, nous ne cesserons de saluer leur substance d’homme. Devoir de mémoire que l’écrivain guinéen Thierno Monembo, dans l’épitaphe (citant Senghor) de son dernier roman Le terroriste noir, rend touchant :

« On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat inconnu,
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme
».

Comment alors dire l’après quand le présent nous submerge dans une continuité. La douleur est si lancinante en nous qu’elle rend la narration inaccessible, le récit infirme dans une chute impossible. Il reste alors le souvenir de vingt huit visages, le regard, témoin authentique de vingt huit bannis, quelques uns très jeunes, qui par le mépris de la mort énoncèrent une leçon de sens plus que le tribun révolutionnaire. Dans l’impératif du devoir, ils s’étaient engagés pour défendre leur patrie à la souveraineté très souvent contestée. Mais ils furent réduits à des numéros, à une quantité d’hommes à immoler. Nous les croisions dans les enceintes de nos mosquées, assis sur les mêmes tapis, dans les palabres de nos villages. Au détour des rues, dans les cours de récréation nous nous perdions avec ceux de notre génération dans des camaraderies joyeuses. Les aînés nous grommelaient par de sages conseils. Mais une ingéniosité génocidaire répartit les mauritaniens en Beydanes et Noirs, fit de la différence un absolu alors que toute diversité n’est qu’une variation de l’universel humain.

Ce que les civilisations exprimaient d’éminent, l’un et le multiple, l’addition et la somme, les chiffres et les nombres pour se repérer dans le mobilisme universel furent érigés en Mauritanie en d’innommables opérations de soustraction et de division. Déchiffrer le monde à travers l’ordre et l’organisation pour configurer les éléments, qui fit écrire à Platon devant le frontispice de l’Académie « que nul n’entre ici s’il n’est géomètre » (mathématicien) fut subverti en négations humaines. Trier, compter pour démembrer, participaient d’une action d’épuration. Le choix d’un symbole, celui de l’indépendance, pour arracher à la vie des hommes qui n’étaient coupables que d’être des Négro-Mauritaniens, de parler Peulh, Soninké, Wolof, constitua une épreuve de plus. Désormais la fête de l’indépendance est ainsi marquée du sceau négatif de ces vies brisées. D’autres exécutions suivront sans faire sourciller les membres de la hiérarchie militaire. C’est dire à quel point la négation d’autrui et de sa dignité fut entreprise comme une besogne d’état par des officiels et leurs fidèles suppôts.

L’Etat porta au paroxysme la prescription d’une identité, une citoyenneté à sens unique, refusa sa dimension plurielle par l’amputation. La Mauritanie comme entité est alors doublement niée dans ses racines africaines et arabes. La singularité des hommes et de leurs cultures devint suspecte et finit par l’assassinat. Dans un riche rappel du sens et de la promotion de la tolérance, Claude Lévi-Strauss nous enseigne dans Race et histoire : « La diversité des cultures humaines est derrière nous, autour de nous, devant nous. La seule exigence que nous puissions faire valoir à son endroit est qu’elle se réalise sous des formes dont chacune soit une contribution à la plus grande générosité des autres.»

Mais la scission l’emporta sur ce « qui scellait » la république. Derrière le carnaval de célébration la mort, dans ce qui était l’annonce d’une espérance, nous nous effondrâmes du naufrage des idées de fraternité et de communauté de destin. Dans l’idéal d’une cohésion des nationalités les forces de division n’ont jamais cessé d’être à l’œuvre. Dans ce qui fut appelé « les événements », dans un trouble saisissant de l’esprit, les plus fines plumes dont le président des maires de l’époque, se mirent à tout justifier dès les premières heures des déportations : l’esclavage, l’expropriation des terres aux habitants de la vallée, la désignation d’une communauté. Le quotidien national Horizons ancien Chaab, censé être dépositaire de la représentation nationale de tout citoyen mauritanien, se répandit dans le journalisme de crispation et d’intolérance. Dans le déchaînement des médias de la haine, les éditoriaux donnaient dans des titres à l’évocation sans équivoque. La volonté des Négro-Mauritaniens de préserver leur patrimoine, la terre, passait pour de « L’Egoïsme enragé ». Volonté qui pour un rédacteur en chef bien en vue n’était destiné qu’à « priver les Pulaars mal nés du Fouta». C’est tel philosophe, écrivain de surcroit, qui dans l’envers du précepte aristotélicien « Je suis davantage amoureux de la vérité »se fit l’interviewer glorieux à la télévision mauritanienne d’un militant de l’extrême droite française.

Ce ne fut donc ni l’œuvre d’un tyran ni de quelques illuminés mais bien d’une pensée qui trouva en Ould Taya l’arme fatale, en son régime le manifeste d’une violence acérée qui nous extorqua le rêve d’une république possible avec toutes ses originalités culturelles. La proscription délibérée de l’entité multinationale s’étalait à tous les niveaux : administration, armée, éducation et culture. Les scènes répressives se répétaient dans une phase toujours ascendante, pour finir par des exécutions extrajudiciaires. Des civilisations qui ont préservé leur personnalité historique depuis les temps anciens furent interdites d’expression.

Un totalitarisme naissant aux accents de douceur et de tromperie guette encore. L’arbitraire ne tient plus à la mitraillette mais à une omission volontaire avec la bénédiction d’en haut : tout tient dans le carnet du fonctionnaire dont les humeurs variables décident qui est mauritanien et qui ne l’est pas, avec l’encouragement du gouvernement. Aucun recours n’est possible contre de tels agissements. Apatrides de l’intérieur par un recensement qui va dépeupler la Mauritanie de sa composante africaine est l’aspect récent de la nouvelle exclusion. L’état civil présenté comme le socle de statistiques fiables, comme proposition d’objectivité, n’est en réalité qu’une fabrique d’une manipulation plus élaborée de la citoyenneté. L’Etat, dans le registre partisan qui est le sien, décide à lui seul des élus et des relégués, se ferme au débat sur une question aussi importante, instaure de fait une fracture entre citoyens d’un même Etat, use de la violence systématique pour toute forme de contestation. Ainsi une figure du Négro-Mauritanien est construite, il devient un schéma : le contraste de l’arabité. S’édifie alors une ligne intérieure, un moule idéologique jamais avoué mais qui inspire toute la politique menée jusqu’ici, à l’exception du courageux pouvoir démocratique du président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. La discrimination s’insinue, rend toujours plus marginale la composante négro-mauritanienne. C’est une ligne directrice à laquelle les différents régimes se sont attelés. Intérioriser un non dit, celui de donner toujours plus à la communauté arabe de Mauritanie, principe d’une discrimination négative que Calliclès, dans une incompréhension de l’essence de la justice opposait à Socrate comme ce qui est « l’avantageux au plus fort ». Ould Abdel Aziz ne fait pas exception. Il inaugure même une forme de réparation et d’attention mais dans une volonté de contrôle plus efficace. Conscient que la violence ne peut parfaire une domination, il trouva en l’état civil un moyen plus neutre, plus sûr même, puisqu’accepté par les bailleurs de fond au nom de la lutte contre le terrorisme. Auto-défense d’un système qui absout les crimes par une loi d’amnistie en même temps qu’il l’associe à l’objectif noble d’unité nationale. Ruse d’unité factice quand l’exigence de justice n’est pas le rempart de l’Etat, quand l’Etat de droit fait défaut.

Ainsi c’est à la constitution, résultat d’un contrat multinational, de préserver la coexistence pacifique, inspirée d’une éthique égalitaire. La coexistence de nos différentes nationalités doit découler de leur reconnaissance sans prééminence d’un groupe sur un autre, d’une culture sur une autre. L’Etat est si mal parti qu’il faut le refonder en son caractère multinational en aménageant un dispositif de droits qui garantissent la représentation politique, la langue, la nationalité, l’emploi, une école pour tous où le prétexte d’une unité de culture et de formation ne doit pas servir d’instance ségrégative contre une communauté, notamment négro-mauritanienne. Claude Lévi-Strauss notait dans Tristes tropiques que « Le consentement est à l’origine du pouvoir, et c’est aussi le consentement qui entretient sa légitimité.»

Un tel prérequis d’une configuration dynamique de la cohésion nationale n’est pas d’actualité. Il existe même des signes alarmants d’hégémonie culturelle comme l’attestent les dernières lois sur l’audiovisuel privé où radios et télévisions privées sont obligées d’émettre majoritairement en Hassanya alors que la BBC à Londres a des éditions intégrales, de manière continue, en langues étrangères ; de même qu’aux Etats-Unis nombreux sont les organes de presse éditant uniquement en Espagnol sur le sol américain où pourtant l’Anglais est prépondérant. Ainsi le sésame démocratique n’a mis fin ni à l’esclavage, ni au racisme d’Etat, ni à la gabégie, aux grandes injustices qui gangrènent le pays.

Et Marx, dans le désordre qui caractérisait la montée de la bourgeoisie, écrivait dans une lettre en mai 1843 : « Vous ne direz pas que je me fais une trop haute idée du temps présent, et si malgré tout je ne désespère pas de lui, c’est que sa situation désespérée est précisément ce qui m’emplit d’espoir. »

Je ne pourrai mieux conclure en plaçant cet espoir dans l’engagement de deux figures de proue que sont Birane Ould Abeïd et Abdoul Birane WANE. Incarnation d’une société civile nouvelle, leurs organisations posent les questions fondamentales dont les résolutions détermineront l’avenir serein de notre pays. : rien de plus ni rien de moins qu’une citoyenneté entière pour tous, la primauté généralisée de la règle de droit, en lieu et place des conservatismes arriérés, nulle distinction autre que celle fondée sur l’utilité publique. La société civile, par sa vigilance alerte, se présente ainsi comme notre conscience de soi. Accompagner ce mouvement, comme le font l’AJD et le PLEJ, exige l’émergence d’une force de dépassement dont le nœud est l’opposition à toutes les lois iniques : lois d’amnistie, sur l’éducation nationale pérennisant l’injustice et l’exclusion. Le sens de la modernité démocratique se jaugera en fonction des droits culturels et sociaux effectifs et réels, dans une garantie de la préservation et de l’expression de la culture de chacune de nos nationalités. C’est donc dans une large autonomie du Sud au sein d’une dynamique fédérale que se trouvent les chances d’un ancrage démocratique. En somme il n’ ya de monde que par le territoire. Et c’est quand les hommes et les femmes contrôleront au sein de leur territoire, là où ils vivent, les moyens de production et d’échange, qu’ils pourront avoir le sentiment de la maîtrise de leur existence. Ce jour où l’administration des choses se substituera au gouvernement des hommes où des citoyens décident dans une libre association l’institution du vivre-ensemble, le vent de liberté se lèvera alors à partir de l’Eden matinal de nos souffrances affranchies.

BÂ Kassoum Sidiki- Paris-France

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Exclusif, Noêl Mamère : « J’accuse » !

altNoêl Mamère persiste et signe dans ses accusations contre le président Aziz qu’il soupçonne d’implication dans le trafic de drogue dans la sous-région. Dans un entretien qu’il nous accordé, le parlementaire français ne va pas par quatre chemins et parle d’une affaire de «notoriété publique». Dans cet échange exclusif, Noêl Mamère se fonde sur des relations «suspectes » du président et sur les risques du blanchiment d’argent. Il y évoque aussi la situation au Mali.

Rien ne fait reculer le député Noêl Mamère dans ses accusations proférées contre le président Aziz à l’occasion  de l’émission « 28 minutes » diffusée sur la chaine franco-allemande Arte, lundi 21 janvier 2013. Une émission qui a fait tabac  hors métropole pour son caractère inédit. Dans cette émission, en effet, Noêl Mamère, député Verts, membre de la majorité présidentielle en France, discutant de la crise malienne sur le plateau, avait, sans détour, porté de graves accusations contre le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz. Le député français avait en substance dit parlant de la menace Djihadiste: « est-ce que vous imaginez que les Jihadistes vont disparaître et qu’ils ne vont pas se réfugier … en Mauritanie où il y a un président qui est le parrain d’un trafic de drogue par exemple ?». Le pavé était ainsi jeté dans la marre. On ne jasait plus, depuis cette interview, que de tels propos. Nous avons pu contacter le premier intéressé qui ne s’est pas dérobé à nos questions.

Relations troubles du président Aziz

A la question de savoir s’il se rendait compte de la gravité de ses déclarations et sur quels faits se basait-il pour porter une telle accusation contre le président Aziz, le député français ne s’embarrasse guère des états d’âmes et reste imperturbable réitérant les accusations déjà tenues dans l’émission précitée. « Je vous confirme les propose que j’ai tenus concernant le président de la Mauritanie, qui ne font que confirmer ce qui est de notoriété publique». Il n’y a donc pas de raison pour le député français de reculer dans ses assertions. Et pour les corroborer, le député français cite les relations troubles du président Mohamed Ould Abdelaziz notamment au travers de la grâce présidentielle accordée à Eric Walter Amégan, célèbre trafiquant de drogue, extradé en 2009 par le Sénégal, en Mauritanie. L’affaire avait, en effet, émaillé la justice mauritanienne lorsque la Cour d’Appel avait relaxé tous les détenus dans l’affaire Amégan-Mini Ould Soudani. Le 15 février 2011,  alors que le président Aziz est au Pouvoir, explique Noêl Mamère, le principal accusé bénéficie d’une mesure de grâce présidentielle réduisant de 15 à 10 ans sa condamnation à la réclusion criminelle avant de se voir -comme par enchantement- souligne-t-il, acquitté le 11 juillet 2011.  Dans cette affaire louche Eric Walter Amégan bénéficie d’une sympathie encore inexpliquée du président Mohamed Ould Abdelaziz, martèle Mamère. De telles relations  -tout d’ailleurs comme ses liens avec le consul général de Guinée Bissa, entourent les liens du président Aziz d’un voile très opaque, assure Noêl Mamère. Les mêmes relations poussées avec Hamdi Boucharaya, consul général de Guinée-Bissau, pays aujourd’hui plaque tournante du trafic de drogue, soulèvent encore bien des interrogations indiquent le député Français.   »On ne compte plus ses visites au Palais présidentiel de Nouakchott.  C’est un véritablement secret de polichinelle que de savoir qu’il a pignon à la Présidence mauritanienne et que le président Aziz ne lésine pas sur les marchés publics attribués en sa faveur sous le couvert d’un partenariat avec des sociétés espagnoles comme Atersa photovoltaique, inaugurée récemment par votre premier Ministre », précise Noêl Mamère. «Malheureusement, comme vous vous en doutez, un certain nombre de régimes de la sous-région du Sahel sont impliqués, de manière directe ou indirecte, dans toutes sortes de trafics lucratifs qui nuisent à la nécessaire stabilité politique de pays déjà touchés par une grande pauvreté des peuples », soutient fermement le député français, Noêl Mamère.

Quels enjeux au Mali ?

A la question de savoir, les raisons des tergiversations de la Mauritanie concernant son implication dans le conflit au Mali, Noêl Mamère croit savoir qu’elles ne tiennent pas qu’à ces raisons. « Ce pays a beaucoup agi dans l’élimination des djihadistes (contrairement au Mali), mais il compte sur son territoire de nombreux Touaregs et ne veut donc pas se laisser entraîner dans un engrenage dangereux pour ceux qui sont actuellement au pouvoir ». L’intervention française au Mali concerne directement les pays limitrophes, souligne pourtant Nôel Mamère, mais elle risque d’ajouter à la fragilité de la sous-région. Mais comme c’est une guerre « asymétrique » (une armée contre des groupes mobiles et bien armés), elle risque de s’enliser dans les sables du désert, indique Nôel Mamère tout en précisant qu’à l’exception du Tchad, aucune armée Africaine n’est formée à la guerre du désert. Le député « Verts » rappelle cependant que dans la continuité de sa politique Africaine, la France a choisi l’option militaire (peut être inévitable), résultat de graves défaillances dans sa politique d’aide au développement en direction de ses anciennes colonies précisant que la seule question qui vaille est de savoir quelle politique Africaine de la Gauche? Veut-elle la rupture avec la France-Afrique ou continuer à protéger ses intérêts coûte que coûte? Il met enfin en garde contre les appétits et les convoitises de certaines entreprises pour les gisements potentiels de gaz et de pétrole dans la région, soulignant que c’est là le véritable enjeu et que notre pays est dans la même tourmente.

 

Source: Mauriweb