En d’autres termes : si nous, Occidentaux, ne prenons pas les choses en main – ce qui, en l’état, n’est ni envisageable ni souhaitable -, il ne se passera rien. Le diagnostic est cruel, mais il est juste. Et ce qui vaut pour l’armée malienne en déroute, chassée de Kidal, Gao et Tombouctou en moins de trois mois après avoir abandonné armes, bagages et munitions aux mains des insurgés, vaut aussi pour une bonne partie de l’Afrique francophone : cinquante ans après les indépendances, aucune armée ou presque n’est en mesure de défendre son propre territoire national. Comme d’habitude, c’est de ce révélateur des crises africaines qu’est la RDC que nous viennent les images les plus choquantes de cette faillite. La chute de Goma, le 20 novembre, a jeté sur la route de Bukavu un troupeau informe d’hommes en uniforme de l’armée congolaise, officiers en tête, comme aspirés par le siphon de la débâcle. Une masse à la fois folle et molle soldant au fil des kilomètres ce qui lui restait de dignité dans l’allure comme dans la tenue, les bras chargés du butin des pillages, souvent abrutie par l’alcool et le chanvre, délivrée de toute discipline. Ces naufragés débraillés aux visages hébétés de fatigue, raclant le sol de leurs godillots, de leurs baskets ou de leurs tongs, le casque sur l’oreille, constituent pour les civils réfugiés auxquels ils se mêlent une menace latente.
Derrière ce défilé pathétique des chemineaux de la défaite, c’est toute une nation qui s’effondre. De Bamako à Kinshasa, quand une armée en déroute ne suscite plus de la part des citoyens que colère, amertume, sarcasmes et parfois terreur au passage de la cohorte chancelante et prédatrice de ces silhouettes avachies qui se nourrissent sur la bête, c’est le pays tout entier qui subit une sorte de castration symbolique.

Peur
Les raisons de cet échec collectif ne tiennent évidemment pas à la qualité intrinsèque des hommes de troupe, ni à la formation des officiers (tout au moins les officiers supérieurs), issus souvent des meilleures écoles. Outre la logistique et les moyens adéquats, ce qui manque le plus à ces armées en gestation sont la motivation et le sens de la mission qui leur est confiée. Se battre sans savoir pourquoi on se bat et avec l’impression constante de ne pas être respecté ni soutenu par un pouvoir politique fort et un leadership uni sont des handicaps rédhibitoires. Au Mali comme en RDC, les militaires ont eu la conviction d’avoir été trahis par l’arrière, au point de développer une obsession de la cinquième colonne comme syndrome compensatoire à leur propre humiliation. Ils se méfient de l’État et l’État se méfie d’eux, au point qu’aujourd’hui encore certains chefs d’état-major, voire certains présidents, ne distribuent armes et cartouches qu’avec une extrême parcimonie, de peur qu’elles ne se retournent contre eux. Tout en somme est affaire de gouvernance. Et sur ce point, l’Afrique a encore un long chemin devant elle…
Le Kenya compte parmi les autres armées bien notées : ses troupes s’entraînent régulièrement, y compris avec les Britanniques et les Américains. Les bénéfices sont là, comme en témoigne le bon comportement des soldats kényans engagés contre les Shebab à travers la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Même si son matériel est vieillissant, il reste tout à fait opérationnel. Cette efficacité se traduit par les déploiements à l’étranger : observateurs en RD Congo, importants contingents en Somalie et au Soudan du Sud, instructeurs en Ouganda…
Toujours en Somalie, les 5 000 soldats ougandais engagés ont fait preuve d’une certaine efficacité en dépit de lourdes pertes, tandis que le pays modernise son arsenal et que les États-Unis pourraient transférer des appareils de surveillance et de reconnaissance. Accusé par l’ONU de soutenir les rebelles du M23 en RD Congo, le pouvoir de Kampala a fait savoir qu’il pouvait envisager un retrait de Somalie. S’il survenait, l’Éthiopie enverrait alors une dizaine de milliers d’hommes. Ses militaires connaissent déjà bien le terrain pour y avoir affronté et battu les Shebab.
Également accusé de soutien au M23, le Rwanda dispose de forces efficientes, surtout dans le domaine des opérations d’infanterie légère et de lutte antiguérilla. Déployées notamment au Darfour, ces troupes sont reconnues aux Nations unies pour leurs compétences, en particulier dans les actions civilo-militaires.
D’autres pays entrent également dans cette catégorie des élèves en net progrès : le Ghana et la Tanzanie participent à plusieurs opérations de maintien de la paix des Nations unies ; le Tchad et la Mauritanie, avec leurs unités spécialisées, sont considérés par les experts militaires comme les seuls pays de la sous-région à vraiment pouvoir faire la différence face aux jihadistes dans le nord du Mali.
Source : JA
Dans le cadre de ses activités, la section FLAM/Amérique du Nord organise une conférence-débat à Montréal
Des centaines de sympathisants du rassemblement de forces démocratiques(RFD) ont pris part à un rassemblement organisé, mardi, par ce parti sur la place Ibn Abbass au cours duquel ils ont revendiqué le départ du régime du président Mohamed Ould Abdel Aziz.
Dans une
Coupé des réalités, porté par une paranoïa aigue sur sa sécurité, Taya sortait une fois par décennie une théorie sur les raisons du retard «intolérable» de la Mauritanie dans son développement : et à la fin des années 1990, il décrète que c’est le manque de culture, et le manque de connexion à internet, qui en est la principale cause, d’où les fameux Dar El Kitab (maisons du livre) déployées un peu partout dans les communes, et qui ont fait la fortune de quelques-uns. 
Viol, torture, travail forcé… En Mauritanie, dernier pays au monde à avoir aboli l’esclavage en 1981, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vivent toujours cloîtrés et maltraités par leurs «maîtres», dans l’indifférence d’une société qui refuse de se regarder en face. El Watan Week-end a rencontré des militants et des esclaves affranchis qui se battent pour la dignité.
A 67 ans, Boubacar Messaoud combat l’esclavage en Mauritanie, mais aussi en Afrique. Conscient que c’est un problème profond dans la société africaine, le militant explique que l’esclavage n’est pas propre aux «Blancs», puisque on trouve également ses racines «dans les ethnies africaines. Cependant, tant que l’esclave ne conteste pas, les maîtres nieront formellement son existence.»
«On lit à la page 32 : “La femme esclave ne doit pas cacher son corps, contrairement à la femme libre, mais si son maître la possède et trouve un enfant avec elle, même sans mariage, elle doit se comporter comme les femmes de ‘‘bonne extraction’’ (se couvrir).» Le maître est alors autorisé à faire de son esclave «sa chose» et «à avoir avec elle des relations sexuelles, même quand elle est mariée, et ce, même devant son époux de même condition qu’elle !»
Kaaw Touré, porte-parole des Forces de libération des Africains de Mauritanie (FLAM) est plus intransigeant. Pour lui, la Mauritanie est «une bombe à retardement». Il suppose que le problème de coexistence entre les communautés négro-mauritaniennes et Beydanes repose sur une «politique volontairement et exclusivement panarabiste, privilégiant la communauté beydane à tous les points de vue au détriment de la communauté noire. A cause de cette désastreuse et chauvine politique, on constate qu’aujourd’hui les rapports entre ces populations restent marqués par la méfiance, la suspicion et le ressentiment au lieu de la solidarité et de la fraternité qui auraient dû fonder notre coexistence. Je ne vous apprends rien en vous disant que ces rapports ont été davantage altérés par les purges ethniques, les déportations et massacres des populations civiles et civiles noires des années 1986-1991.»



