Daily Archives: 14/03/2018
La guerre contre la langue française
Med Yahya Abdel Wedoud – Les arabophones exagèrent, ils outrepassent toutes les limites.
Leur combat contre la langue française, et partant contre les francophones, qui, à leurs yeux, est une lutte contre les colonisateurs, prend les proportions d’une guerre ouverte et officielle contre leurs frères francophones. Il faut dire qu’en instituant l’arabe comme « SEULE » langue officielle du pays (j’insiste sur ce qualificatif de seule), le législateur mauritanien, renvoie le français des tribunes officielles, pour le confiner au statut de langue « morganatique », de la plèbe des « franchouillards », rabaissés au niveau de citoyens « indignes ».
Auparavant, le français était d’usage, tout comme l’arabe. Par exemple, quand un intervenant parle arabe, la réponse lui est faite en cette langue par le conférencier.
S’il le fait en français, la réponse lui est faite en cette langue. Cet usage a disparu, depuis qu’un ministre francophone, en l’occurrence, Kane Ousmane, invité de l’émission « Le gouvernement sur la balance » (al houkouma vi el mizane), Mohamed Taghiyoullah El Ed-hem n’a pas laissé le ministre de l’économie et des finances s’exprimer en français, lui qui est francophone et ne parle pas arabe.
Depuis lors, TOUT se fait en arabe et les francophones sont relégués au second plan. Avec cette affiche, il ne manque plus qu’à les bannir. Le comble, c’est que l’Islam est invoqué pour légitimer et justifier cette infamie.
Med Yahya Abdel Wedoud
Cridem
La langue française doit être renforcée par une disposition constitutionnelles:
En Mauritanie,dès que quelqu’un demande que l’on octroie au français,la place qui lui sied en tant que langue de savoir et langue-relais dans notre sous-région sahélienne, d’aucuns voient en cela, un complexe à l’endroit de l’ancienne puissance coloniale,et en même temps une mentalité de déraciné.
Mais,que les gens soient sérieux!Comment peut-on faire une vingtaine d’années,voire plus, à apprendre dans une langue,et ne pas souhaiter que celle-ci ait une bonne et solide assise?Ce serait trop réducteur et limité d’appréhender les chose avec un tel état d’esprit réprobateur,ceux qui ne revendiquent que leur droit,par la reconnaissance de la langue dans laquelle ,ils furent formés.D’autant qu’en Mauritanie,depuis l’indépendance jusqu’à nos jours ,le français est introduit largement dans le système d’enseignement à coté de l’arabe.
Si à priori;certains citoyens se prédéfinissent, francophones et arabes de naissance et de culture,c’est leur droit,toutefois,d’autres aussi peuvent à posteriori, légitiment se définir comme francophones, en raison de leurs connaissances reçues depuis toujours,par le biais du français.
Alors, on doit pas leur en vouloir de revendiquer une place plus importante pour la langue de leur formation.Il y va du sens de l’équité,de la justice,et de l’égalité des chances pour les citoyens dans les différents secteurs économique,social,privé ,public…du pays.
Pour casser l’élan du petit militantisme manifesté par les francophones en faveur du français ;certains réfracteurs à leurs droits dûment justifiés,usent de la ruse en répliquant pour dire que le français est une langue étrangère,il serait mieux de revendiquer une place plus importante pour les langues nationales.
Des arguments,dignes d’intolérance et de refus de voir la réalité en face.
C’est vrai que nos langues nationales mériteraient de peser encore plus,mais elles ne constituent pas le levier par lequel,nous avons reçu nos connaissances,nos diplômes… Ce n’est pas avec nos langues nationales,que nous travaillerons dans les banques,dans les universités,dans les tribunaux,dans les laboratoires,dans l’administration.En tout cas,ce n’est pas dans un avenir proche.pas avec notre génération,et les quelques générations qui nous suivent….
Certes nos langues nationales peuvent servir de tremplin à l’alphabétisation des masses,mais elles n’ont pas atteint le niveau du français pour être des langues de travail.
C’est à quoi,demander que le français ait le statut de langue de travail dans la constitution mauritanienne,ne serait pas trop demander.
Absolument!La langue français doit être renforcée par une disposition constitutionnelle,au nom de l’égalité des chances…Sinon sans cette garantie de la loi fondamentale,le français n’est assis sur aucun fil.
Si demain,un pouvoir venait interdire son usage dans l’administration,personne n’aurait un argument de taille pour s’y opposer et exiger son retour.
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Source : Khalil Youssoufi Tandia (Page FB)
A propos des langues nationales (opinion)
Je me souviens de discussions organisées, au milieu des années 70, par des Arabo-berbères et des Négro-africains, autour de la question des langues nationales et au terme desquelles, une tendance majoritaire avait préconisé la transcription des langues Africaines en caractères Arabes.
Les arguments avancés par les tenants de cette proposition étaient qu’elle serait une pierre de plus, qui renforcerait l’édifice de l’unité nationale et qui contribuerait à désamorcer les velléités chauvinistes de certains groupes.
Les arguments qui s’y opposaient, insistaient sur le fait qu’une telle option, si elle était retenue, couperait tout simplement les Négro-africains de Mauritanie du reste de leurs communautés culturelles et linguistiques, dans toute l’Afrique, qui parlent ces langues et qui les ont déjà transcrites en caractères latins.
Résultats : « laissons aux générations futures les soins et la responsabilité de trouver les solutions les plus adéquates à cette question vitale. En attendant, travaillons ensemble, pour la reconnaissance, le respect et la promotion de toutes nos langues nationales ».
Ceux qui avaient pris part à ces discussions, étaient conscients que le fait d’esquiver ce grand problème, en le remettant à plus tard, ne rendait pas service aux futures générations, ni à la cohésion nationale.
La preuve ! Qu’en est-il aujourd’hui ? L’édifice de l’unité nationale et de la cohabitation est resté au niveau des fondations et les obstacles nés de la non-solution du problème des langues, les injustices et les déséquilibres, sociaux et économiques,qu’il a générés, condamnent nos différentes communautés, aujourd’hui , à un face à face négatif et dangereux.
Le français, « langue-pompier », continue à servir à la fois à faciliter la communication intercommunautaire, aussi bien au travail que dans la rue, et à subir les contrecoups des uns et des autres.
Que peut-on faire aujourd’hui, pour se comprendre et mieux vivre ensemble ? Il n’y a pas de solution miracle, pour résoudre un problème de cette envergure.
Seuls le courage, l’autocritique et la volonté sincère de vivre ensemble, peuvent déboucher sur des solutions acceptables pour tous, c’est-à-dire qui prennent en compte les identités ethniques et culturelles de chaque communauté, et qui permettent à chacun de s’épanouir dans sa propre langue maternelle.
La grande concession mutuelle, sera qu’une de ces langues, devra être « élue » par tous, pour assurer un enseignement harmonieux, véhiculer les messages de l’Etat et permettre de communiquer avec la Communauté Internationale.
Ahmed Ould Mohamed
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