Daily Archives: 29/03/2018
Mauritanie: les FPC prennent leur distance avec l’opposition
A partir de maintenant les Forces progressistes pour le Changement ex-FLAM gèlent leur participation au Groupe 8 de l’opposition mauritanienne pour des raisons manifestes liées à son manque de volonté de changer le système mis en place par les régimes successifs de Nouakchott depuis 1960. Ainsi en a décidé cette semaine le parti négro-mauritanien non encore reconnu officiellement dans une déclaration publiée à Nouakchott par la presse nationale. Une prise de position considérée par les observateurs comme un démarquage net avec l’opposition.
Le navire G8 groupe de partis d’opposition en plus du FNDU qui regroupe plus de 10 partis aura navigué seulement quelques mois avant la grosse vague qui vient le secouer cette semaine pour débarquer un passager assez encombrant qui ne veut plus poursuivre le voyage. Le contestataire ce sont les FPC ex-FLAM qui avaient pris le départ avec le dialogue national fin 2017 pour apporter leur contribution malgré sa non reconnaissance officielle au débat sur la réforme constitutionnelle imposée par le président mauritanien. Tout en gardant son autonomie de parti avant-gardiste des libertés. Ainsi le compagnonnage avec le G8 n’est rien d’autre pour le chef historique des FPC Samba Thiam qu’une volonté à trouver un consensus avec l’opposition démocratique pour changer fondamentalement le pays. Le référendum qui a conduit au changement des symboles nationaux et à la mise en place de conseils régionaux et également la répression contre l’opposition après cette réforme constitutionnelle et le manque de stratégie collective de l’opposition sont autant de raisons qui ont poussé les FPC à quitter le comité de suivi du dialogue national. Et pour éviter d’être instrumentalisé par le pouvoir huit mois après les FPC décident de geler leur participation au G8 qui ne semble pas manifestement animé de la volonté de changer le système mauritanien mis en place depuis 1960. C’est le sens de la déclaration du parti publié cette semaine à Nouakchott par la presse nationale. Pour les FPC la contradiction principale c’est que l’opposition ou les chefs de l’opposition sont plus tournés vers le changement de régime que le système lui-même à caractère raciste excluant les noirs. C’est clair pour les observateurs il s’agit d’un démarquage net de la façon de faire de la politique pour éviter toute complicité avec le pouvoir. Une prise de position qui rejoint celle du président de l’AJD-MR Ibrahima Mokhtar Sarr ancien Flamiste et ancien prisonnier de Oualata sous le régime de Ould Taya qui avait en un moment donné côtoyé le régime de Ould Aziz.
Yaya Cherif Kane- Journaliste. Rouen-France.
Les FPC demandent une enquête sur « une fosse commune »
Alakhbar – Samba Thiam, le président des Forces Progressistes du Changement (FPC – Opposition) invite la Société civile mauritanienne à exiger une enquête sur la question de la « fosse commune » qui serait découverte à Choum une ville située au nord-ouest du pays près de la frontière avec le Sahara occidental.
« A partir d’informations relayées par les médias, 15 squelettes auraient été découverts, attachés avec une balle dans la tête, dans une fosse commune aux environs de Choum. Cette information est importante. Nous ne devons pas la laisser passer. J’invite les organisations civiles et les organisations des Droits de l’Homme à se lever pour créer un mouvement de masse afin d’obliger le Gouvernement à faire les investigations nécessaires sur cette question », a dit le chef des FPC lors d’une conférence de presse ce mercredi à Nouakchott.
Le chef des FPC a également demandé aux « mêmes organisations civiles de s’adresser aux organisations internationales comme Amnesty dans une synergie d’action pour que cette information reçoive toute l’enquête nécessaire. Sinon, le Gouvernement, qui fait mine basse, risquerait encore d’envoyer des bulldozers pour nettoyer la zone ».
Selon Samba Thiam, le régime de l’ancien président Maaouya Ould Sid Ahmed Taya a mené, à la fin des années 80 et au début des années 90, une campagne « d’épuration ethnique » contre les Noirs qui servaient dans les Forces armées et de sécurité.