Daily Archives: 02/03/2018
Débat sur le troisième mandat: Définitivement clos?

Que ceux qui s’agitent à réclamer un troisième mandat pour Ould Abdel Aziz, l’appelant, en conséquence, à se dédire et à parjurer, se le disent ! Le tombeur de Sidi ould Cheikh Abdallahi, en Août 2008, ne modifiera pas la Constitution pour encore briguer la magistrature suprême, une hypothèse pesante de polémiques et d’agitations, depuis 2016. L’actuel président de la République, qui coule son dernier séjour au Palais gris, l’a encore réitéré, tout récemment, dans une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique. On a eu droit, avant ladite publication, à beaucoup de supputations. Des rumeurs ont laissé croire que le Président se serait rétracté et que ses proches conseillers cherchaient à faire annuler l’interview, voire à en retrancher les propos sur le troisième mandat. Mais, bref, l’interview très attendue a été publiée. Permet-elle de clore définitivement le débat sur la question ? A priori, oui : en repoussant toute tentation de retour en arrière, le Président a déclaré une sage position, puisqu’elle évitera, à la Mauritanie, un autre referendum à haut risque, voire forcing à imprévisibles conséquences. Un geste qui devrait permettre, à son successeur, de ‘’poursuivre ce que nous avons entrepris, en faisant encore mieux’’, selon ses propres termes et d’une certaine manière épargner, au pays, les soubresauts de la RDC ou du Burkina…. De quoi conférer, à l’ex-putschiste, un statut d’ancien président de la République, avec tous les égards qui pourraient, de surcroît, lui ouvrir la présidence de diverses organisations africaines, voire internationales, contrairement à l’ancien président sénégalais, maître Abdoulaye Wade. On peut même se demander si, à Bruxelles, le président Macron n’aurait pas promis de jouer un rôle, dans la « reconversion » d’Ould Abdel Aziz. Le prochain voyage, en Mauritanie, du chef de l’État français pourrait édifier les Mauritaniens sur ce point. Certains observateurs croient également savoir que la décision d’Ould Abdel Aziz de fournir, après de longues hésitations, enfin un contingent mauritanien à la force G5 Sahel, ne serait pas gratuite.
Un bémol… ou deux ?
Un bémol cependant : Ould Abdel Aziz clame son intention de soutenir un candidat en 2019. C’est certes son droit en tant que citoyen, on le lui concède, mais il ne doit pas le refuser aux autres. Prudence, quand même : le tombeur de Sidioca ne doit pas oublier que le choix d’un dauphin ne garantit pas, nécessairement, le succès de celui-ci à la présidentielle, et que dauphin ne signifie pas forcément « docilité » ou impunité pour celui qui aurait commis des travers sous le précédent magistère. Le président Aziz doit méditer le cas du camerounais Ahidjo qui céda son fauteuil à Paul Biya, avant d’être contraint à l’exil, et, plus récemment, celui du président angolais Do Santos qui a légué son fauteuil à Joao Lourenço, avant de voir celui-ci se débarrasser des enfants de son mentor qui régnaient, sans partage, sur les postes juteux de l’économie angolaise. Deux bémols ? Si la décision d’Ould Abdel Aziz de ne pas tenter l’aventure d’un troisième mandat semble « définitive », il n’hésite cependant pas à avancer, en fin d’interview, l’étrange concept de « décision définitive… pour le moment ». Lapsus révélateur ?
Toujours est-il, qu’aujourd’hui, ce que les Mauritaniens attendent, c’est de savoir sur qui va porter le choix d’Ould Abdel Aziz. Le Président misait sur son défunt fils ; il échafauderait, aujourd’hui, divers scénarios pour arrêter son choix. Des rumeurs avancent les noms du chef d’état-major général des armées, le général Ghazwani, et de l’actuel maire de Zouérate, l’ex-colonel Cheikh ould Baya, tous deux proches et confidents du « boss ». En plus de ces deux militaires, on ajoute l’ancien PM, Moulaye ould Mohamed Lagdhaf, tombé en disgrâce, à la veille du referendum du 5 Août dernier. L’homme aurait fait les frais d’une « querelle de positionnement », dans l’Est du pays mais paraîtrait en retour d’audience. Si Ould Ghazwani, qui ne tardera pas à prendre sa retraite, semble peu porté vers les dorures des palais et les contraintes de la magistrature suprême, Cheikh ould Baya, a choisi, lui, les grands espaces de son Tiris Zemmour où le rejoint, de temps en temps, son alter ego, le président Ould Abdel Aziz. Depuis qu’il a pris sa retraite, l’homme est resté discret (si on exclut deux sorties malheureuses sur sa fortune et l’hymne national qui lui ont fait beaucoup de mal). Sa présence, au sein de la commission de redynamisation de l’UPR, a suscité beaucoup de commentaires de la part de ses soutiens. Mais l’homme, qui s’est fait beaucoup d’ennemis lors de son passage à la Délégation de la surveillance maritime, est disqualifié par le seul fait que l’autre alter ego qui tient l’Armée, le général Ghazwani ne veut pas le voir, même en photo.
FNDU (trop) attentiste
Maintenant que le débat sur le troisième mandat semble définitivement scellé, que fera l’opposition dite radicale, rassemblée au sein du G8 et, dans une certaine mesure, ceux du FNDU et du RFD ? À quelques encablures d’échéances capitales (élections locales, cette année, et présidentielle, l’année prochaine), l’horizon ne s’éclaircit toujours sur sa stratégie. L’opposition semble plus campée dans un attentisme sans fin. Rien n’est encore clair sur ce qu’elle appelait, il y a quelques mois,« un programme de gouvernement alternatif », censé aboutir à un plan d’action pour les échéances électorales. Cette attitude fait peser de lourdes menaces sur son avenir. En effet, plus les élections approchent, seul moment d‘agitation et de vie des partis politiques, plus l’opposition se focalise sur ce que fait le pouvoir, bien plus que sur son propre agenda. Longtemps taraud des leaders de celle-ci, l’épine du troisième mandat va-t-elle révéler, une fois ôtée par Ould Abdel Aziz, d’autres douleurs plus secrètes ?
Il serait grand temps de les soigner. Le moment est donc venu, pour l’opposition, de sortir de son mutisme. Ses actions disparates, quasiment sans aucune emprise sur le gouvernement – en tout cas jusqu’ici – doivent céder la place à une définition, claire, de ses ambitions, sans quoi risque-t-elle fort se voir déplumer, jour après jour davantage, à l’approche des élections. Elle doit en finir avec ce qu’on lui reproche : les agendas cachés et concurrents. Il semble aujourd’hui que divers partis du FNDU étudient sérieusement leur participation aux prochaines élections locales. Un débat que le forum doit se hâter de tenir, le plus publiquement possible, pour dégager un consensus interne en vue de coalitions, plutôt que d’y aller en rangs dispersés. Seuls quelques rares partis sont capables de présenter des candidats en nombre mais, dans la grande majorité des cas, ce ne sont que des alliances électorales qui permettront, aux uns et aux autres, d’obtenir des résultats décisifs. Plus que jamais, c’est bien l’union – et elle seule – qui fait la force invincible et durable.
DL
LE calame
Conférence de presse des présidents mauritanien et turc
Dans leurs déclarations à la presse, mercredi au pavillon présidentiel de l’aéroport international de Nouakchott Oumtounsy, à l’issue de la visite d’amitié et de travail que le président turc vient d’effectuer en Mauritanie les présidents Mohamed Ould Abdel Aziz et son homologue turc, Monsieur Recep Tayyip Erdogan, se sont félicités de la solidité des liens existant entre les deux pays liens qui jettent les bases d’une importante coopération bilatérale.
Parlant le premier le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz déclaré:
« Au Nom d’Allah Tout Clément Tout Miséricordieux
Paix et Salut Sur Son Saint Prophète
Excellence, Monsieur le Président,
Messieurs, Dames,
Je voudrais adresser mes remerciements et ma gratitude à Son Excellence Monsieur Recep Tayyip Erdoğan, Président de la République de Turquie, pour cette visite de bon augure et pour les résultats positifs consécutifs à cette visite et également pour la coopération existant entre les deux pays frères dans des domaines stratégiques tels que l’agriculture, les mines, le commerce, le tourisme, sachant que le volume des échanges entre les deux pays a connu une augmentation qualitative de plus de 20% entre 2015 et 2017.
La visite a constitué une occasion précieuse d’échange de points de vue sur les grands enjeux de l’heure, notamment les développements récents de la question palestinienne et la nécessité de trouver une solution pacifique, juste et durable à cette question sur la base des résolutions internationales pertinentes affirmant le droit du peuple palestinien à établir son Etat indépendant avec comme capitale El Qods Al-Cherif.
Comme vous le savez, nous sommes confrontés au terrorisme, à l’extrémisme, à la contrebande et au trafic de drogue au Sahel et nous apprécions le soutien de Son Excellence Monsieur Recep Tayyip Erdoğan au G5-Sahel dans le combat qu’il mène contre ces dangers.
Je vous remercie »
À son tour, le Président turc a salué le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, en son nom et au nom de sa délégation, exprimant son plaisir de visiter la Mauritanie ; pays du million de poètes, pays de la paix, pays des savants, des mahadras et du Coran.
Il a par la suite remercié le Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse, indiquant qu’ils sont ici, sa délégation et lui-même, pour jeter les bases d’une unité mutuellement bénéfique avec la Mauritanie et encourager le secteur privé turc à investir en Mauritanie.
Le Président turc a expliqué que son ministre de l’économie, accompagné d’un certain nombre d’hommes d’affaires, a visité la Mauritanie en décembre et qu’aujourd’hui un grand nombre d’hommes d’affaires sont venus avec lui pour rencontrer des hommes d’affaires mauritaniens, chercher des opportunités d’investissement et promouvoir les relations bilatérales.
Il a ensuite précisé qu’ils sont conscients de l’importance de la coopération entre les deux pays, en particulier dans le domaine de la pêche maritime, où plus de 40 navires turques pêchent en Mauritanie, ajoutant qu’ils savent aussi que la Mauritanie dispose d’un grand potentiel dans le domaine de l’exploitation minière et qu’en Turquie ils ont des expériences importantes dans ce domaine.
Monsieur Recep Tayyip Erdogan a exprimé la volonté de la Turquie à mettre toutes ces expériences à la disposition des frères mauritaniens notant la tenue prochaine de la première réunion du Comité Economique Conjoint.
Il a par la suite annoncé que les deux pays ont conclu aujourd’hui de nombreux accords et protocoles dans les domaines de l’agriculture, du tourisme, de l’éducation etc, ajoutant qu’il ne fait aucun doute que ces accords donneront un nouvel élan aux relations bilatérales.
Le Président Erdogan a souligné que les turcs seront toujours très heureux d’accueillir les frères mauritaniens en Turquie, en vue de partager avec eux les expériences de cette dernière en matière d’industrie et de défense, ajoutant que son pays a fait de grands progrès dans ce domaine.
Il a indiqué que la Turquie est l’un des pays qui apprécient à leur juste valeur les risques auxquels sont confrontés les cinq pays du Sahel en raison du terrorisme, précisant que ces pays se sont engagés, au cours de la dernière conférence de Bruxelles, à fournir cinq millions de dollars pour soutenir la force conjointe du G-5 Sahel.
Monsieur Erdogan a, par la suite, abordé l’importance pour l’Etat et le peuple turcs, des relations tant avec la Mauritanie qu’avec l’Afrique en général.
Il a indiqué qu’en tant que Président de la dernière conférence de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), il a procédé à la tenue d’un sommet sur Al-Qods le 13 décembre, ajoutant que c’était le premier pas dans cette direction car la ville d’Al-Qods revêt une importance particulière aussi bien pour les musulmans que pour les chrétiens et expliquant que la déclaration des États-Unis concernant cette ville ne les engage pas.
Il a enfin réaffirmé l’importance que revêt, pour les deux parties, le renforcement de la coopération bilatérale sur la base des nombreux points communs entre eux et des multiples opportunités qui s’offrent à chacun d’eux.
AMI