Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: December 2015

Abdallahi Ould Hormatallah et les pendus d’Inal : Au nom de notre compagnonnage et de ton parcours

altCher ami,

C’est par le journal Le Calame (honneur à lui) que j’ai pris connaissance cette semaine d’une information glaçante selon laquelle tu niais les pendaisons d’Inal du 27 novembre 1990 pour « célébrer » d’une bien cruelle manière, l’indépendance de la Mauritanie. Mon premier reflexe avait été de souhaiter un malentendu, un problème d’interprétation… Puis vint ton démenti (timide) qui me soulagea. Mais c’était avant que ne vienne cette vidéo qui dissipe tout malentendu d’un coup, éclaire tout le monde sans ambigüité. Je suis maintenant dans la situation de celui qui, face à ce genre de situations, doit réagir par l’indifférence (qui frise parfois le mépris) ; ou encore celle de la personne qui voyant un ami risquer de perdre pied, est tiraillé entre le désir de lui tendre la main et la tentation de lui tourner le dos pour ne pas se mouiller. Et parce que je te voue un profond respect forgé par un long compagnonnage et que je n’ai aucune envie de te laisser à ton sort, je m’en vais donc réagir à tes propos.

J’avoue, cher ami, que j’ai eu mal ; mal pour toi. Parce que pour t’avoir côtoyé au plus fort de la résistance contre la dictature d’Ould Taya, je sais que tu fus un combattant sincère des causes justes et nobles, à l’université de Nouakchott pendant la grève de 1997, en France ensuite au sein de Conscience et Résistance et de SOS Esclaves. Le grand public ne le sait probablement pas : tu fus, avec les amis de Conscience et Résistance, à l’origine du colloque organisé à la Sorbonne les 31 mai et 1er juin 2002[1] par l’Association internationale de recherche sur les crimes contre l’humanité et les génocides (AIRCRIGE) avec le précieux concours de Catherine Coquio. Sans vous (les amis de CR et toi), Catherine Coquio ne se serait peut-être jamais intéressée à ce point à la Mauritanie. J’eus l’insigne honneur de produire le texte d’introduction sous le titre La Mauritanie sous la botte d’un tyran[2] ; texte qui reprenait les graves manquements aux droits de l’homme sous Ould Taya. Il y était question de pratiques esclavagistes et d’exécutions extrajudiciaires dont les pendaisons d’Inal. Au deuxième jour du colloque je faisais une communication qui portait sur l’impunité et la résistance[3] où je disais, entre autres, « Les évènements dont nous faisons état ne sont pas le fruit de l’imagination, fût-elle vagabonde et fertile, des militants que nous sommes. Nous ne faisons pas du militantisme-fiction. Nous ne demandons qu’à cesser d’en parler, mais pour cela, encore faut-il que les abus cessent. Si on en a déjà parlé il faut encore en parler. Pourquoi ? Parce que l’oppresseur, lui, n’en a pas assez d’opprimer. Il continue ses forfaitures, ou laisse, au moins, courir l’impunité. Il y a dénonciation parce qu’il y a violation des droits de l’homme. » Nous étions sur la même longueur d’onde toi et moi et tu écriras, presque exactement, avec tes mots, la même chose, dans le texte que tu publiais sur le site d’AIRCRIGE intitulé le Cri de l’esclave : mécanismes et enjeux d’une domination[4]. J’y reviendrai plus loin.

Je suis donc vraiment triste de te voir soutenir certains discours que tu avais si brillamment vilipendés il y a encore peu.

  1. D’abord l’épouvantail FLAM

Pour avoir entendu souvent le régime Ould Taya se servir de cette ritournelle jusqu’à la nausée, je ne m’attendais pas à l’entendre dans ta bouche. Parce que plus que beaucoup de personnes, tu sais à quel point le régime d’Ould Taya a joué sur les peurs en se servant de la prétendue « menace FLAM » et du « péril noir » pour mobiliser les communautés mauritaniennes les unes contre les autres. Tu sais comment les services de renseignement avaient manipulé le Manifeste du négro-africain opprimé (document fondateur s’il en est des FLAM) pour justifier tous les crimes auxquels le régime de Taya allait se livrer de la façon que tu sais. Tu es aussi bien placé pour savoir que des personnes comme Tene Youssouf Guèye ont payé de leur vie sans jamais avoir été des FLAM. Et il y en eut beaucoup d’autres dans les camps de la mort comme à Inal (je te renvoie aux témoignages de Sy Mahamadou, auteur de l’enfer d’Inal qui fut aussi ton compagnon de lutte). Les FLAM pourraient, de même, t’objecter que leur retour (notamment celui de leur président Samba Thiam en septembre 2013) en Mauritanie a été, sinon encouragé, du moins facilité, d’une façon ou d’une autre, par le pouvoir que tu soutiens. Lequel Samba Thiam avait même été reçu à la présidence de la République (qui put l’imaginer il y a encore peu ?) ; singulier parcours que celui de cette organisation que tu qualifies de raciste ! Reprocherais-tu à Ould Abdel Aziz d’avoir reçu à la présidence de la République une organisation raciste ? Je ne le pense pas. Tu aurais même pu le mettre au crédit de ton camp. Mais n’étant pas membre des FLAM et n’ayant pas été mandaté, je ne vais pas m’improviser avocat ici. Elles (les FLAM) sont assez outillées pour le faire sans aide. Les faits, eux, la pendaison des militaires à Inal dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990, ne souffrent aucune contestation. Plusieurs témoignages circonstanciés se recoupent et personne ne les a niés jusqu’ici ; pas même les présumés auteurs de telles abominations. Et pour avoir vécu dans les régions du sud de la Mauritanie au moment des faits, j’ai personnellement vu partir beaucoup de soldats qui ne sont jamais revenus pour savoir qu’il ne s’agit pas d’affabulations.

  1. S’agissant de l’esclavage

Dans ton brillant papier que j’ai mentionné plus haut, tu présentais la situation de l’esclavage en Mauritanie comme peu de gens avaient su le faire. C’est un texte actuel que je recommande vivement à tous ceux (j’espère que ce sera une minorité) qui aimeraient en savoir davantage sur cette pratique en Mauritanie, de sa genèse à son actualité. Tu y écrivais notamment qu’ « Au-delà de toute interprétation dogmatique ou propagandiste, il existe une réalité inaliénable, que certains expriment en parlant de “séquelles”, de “survivances” ou de “plaies”… Or la réalité de ces traces d’un système ancien n’empêche pas l’esclavage pur et dur de persister. » Je relevais surtout dans ton texte ce passage qui pourrait être cruel : « On peut penser que tous ces mécanismes ne concernent que l’ancienne Mauritanie, la société rurale ou ce qui en reste. Malheureusement les choses n’ont pas changé, malgré le principe d’égalité proclamé par la Constitution de 1991 dans son Préambule, qui se réfère à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 et à la Charte Africaine des Droits de l’Homme de 1951. L’évolution, depuis l’existence de l’Etat en Mauritanie, tend au contraire à enraciner ce mode de fonctionnement pour une raison simple, liée à l’impératif de reproduction des élites. Les descendants des maîtres d’hier assurent le maintien de ce système d’exploitation en exerçant leur nouvelle fonction : magistrat, homme d’affaires, directeur d’entreprise publique, officier supérieur de l’armée, avocat, enseignant, journaliste, leader politique, syndicaliste, diplomate, Imam…Un simple examen du rôle et du fonctionnement des institutions fait voir combien ce système cloisonné résiste à tout effort d’émancipation ». Parce qu’entre 2002 et aujourd’hui, toi et moi savons que même s’il y a eu des avancées  incontestables, la copie est loin d’être propre. Et il suffirait de modifier un ou deux noms pour tenir le même discours aujourd’hui. Tu serais alors le meilleur avocat de la cause de l’émancipation des esclaves et des opprimés mauritaniens.

Mon cher Abdallahi,

Je ne serai pas de ceux qui te reprochent ton positionnement politique aujourd’hui aux côtés du pouvoir. C’est en vérité le propre de tout acteur politique/public que de vouloir se donner les moyens de mettre en œuvre ses idées. C’est même un honneur, dans certaines conditions, de servir son pays. Je pouvais juste espérer que compte tenu de ton intelligence politique, de ton parcours, du courage que je te connais, tu puisses mieux inspirer la politique que tu soutiens pour aller plus loin dans la réparation des torts dont, pour la plupart, il a hérité. A moins que ce régime ne les reprenne à son compte ; ce serait alors une autre histoire. De plus, même d’un point de vue tactique, tu avais tout intérêt à le faire au nom même des actes posés que tu as rappelés dans ton intervention. Tu en as les moyens intellectuels et politiques. Je pense, sincèrement, que c’est le combat que tu te dois d’épouser de là où tu es.

Je ne saurais terminer, cher ami, sans te recommander de reconsidérer tes propos dans cette émission. Il serait triste pour toi de tirer un trait sur ton long parcours au service des droits de l’homme et des opprimés. Aujourd’hui, il y a ce passage de quatre minutes d’une émission au cours de laquelle tu tiens des propos dans lesquels tes compagnons ont du mal à te reconnaitre. Il te suffirait de le reconnaitre avec humilité et de t’excuser auprès de ceux que tu as pu blesser. Ce ne serait pas une marque de faiblesse. Et tu pourrais alors espérer garder tout le mérite de ton engagement, le parcours de toute une vie, qui du coup, ne s’écrirait plus au passé. Et certainement, ceux qui te connaissent en public et en privé, comme moi, ne t’en tiendront pas rigueur. Parce que je crois sincèrement que tu es quelqu’un de bien et de foncièrement bon. A moins que ce ne soit un reniement. Ce serait alors, une autre histoire.

Abdoulaye DIAGANA

[1] COLLOQUE INTERNATIONAL. Dictature et racisme d’Etat au Soudan et en Mauritanie : répression, esclavage, extermination. 31 mai-1er juin 2002. Université Paris IV-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, Paris 5ème.

Amphithéâtres Guizot et Descartes. Organisé par : Aircrige, en collaboration avec : l’OCVIDH, SOS-Esclaves, Soudan-Solidarité, Vigilance-Soudan, Survie. Disponible à cette adresse http://aircrigeweb.free.fr/blog2/2002/05/dictature-et-racisme-detat-au-s…

[2] Disponible à l’adresse http://aircrigeweb.free.fr/ressources/mauritanie/colloquesoudmauritanie/…

[3] Accessible à l’adresse http://aircrigeweb.free.fr/ressources/mauritanie/colloquesoudmauritanie/…

[4] Accessible à l’adresse http://aircrigeweb.free.fr/ressources/mauritanie/colloquesoudmauritanie/…

 

le calame

Déclaration : APP

Déclaration : APPAPP – Quelques jours après les allégations de déni d’esclavage venant du Président de la République comme le grand de la constitution qui qualifie l’esclavage comme un crime contre l’humanité, et ayant la charge de veiller à l’application des lois, conventions et traités en vigueur lesquelles constituent une condition sine qua none pour l’instauration d’un Etat de droit;

le Ministre de la justice parce qu’il s’agit bien de lui et pour les raisons qui ne sont plus qu’un secret de Polichinelle pour tous les Mauritaniens… est venu réitéré les mêmes déclarations outrageuses qui continuent jusqu’à présent à susciter indignation continue, réprobation générale et rejet total de l’opinion.

Or l’esclavage est une réalité dont l’existence ne souffre d’aucun doute. Et c’est au nom de ce phénomène abject et anachronique cause des revendications légitimes de tous bords: abolition, réinsertion, redistribution des richesses nationales, partage de pouvoir… que la plus grande composante nationale, en l’occurrence les esclaves et les anciens esclaves (Haratines), se voient spoliés de tous droits.

Dans ce cadre caractérisé par la recrudescence du négationnisme, APP tient à révéler à l’opinion des cas tout récents d’esclavage avérés. Ainsi après son interpellation par certains citoyens à propos des pratiques dont leurs proches et eux-mêmes sont victimes à Outeïd Talhaya (moughataa M’Beïket Lahouach), le Coordinateur régional de SOS-Esclaves de la wilaya du Hodh Echargui a saisi la justice.

Aussitôt, sur ordre du procureur de la République, la gendarmerie s’est rendue, le jeudi 03 Décembre, sur les lieux, conduisant deux esclavagistes Khalihina Ould Haïmad et Hanana Ould Bouna, et une partie de leurs victimes : Fatma Mint Zaïda et deux (2) de ses quatre (4) enfants.

Quant aux deux autres restants et leur grand-mère Zaïda ainsi que Bouta Mint Diouma et sa famille qui compte (5) membres, établis à 6 kilomètres de la frontière avec le Mali, ils vivent toujours en captivité, nonobstant les dispositions prises pour les récupérer et les ramener à Néma.

On signale que la capitulation inacceptable et l’inféodation inconcevable de l’administration et de la justice aux pressions du système tribalo-féodal sont telles que les criminels échappent à chaque fois à l’application de la loi.

Ainsi l’intervention de l’adjudant de l’armée Sidi Ould El Ghalla de la base militaire de Bassiknou et de l’ex-maire de la commune Echimime Sidi Mohamed Ould Sidi El Mokhtar, tous deux fils des chefs de leurs tribus, protège-t-elle le troisième esclavagiste Mohamed Ould Haïmad qui vit présentement en toute impunité, à Outeïd Talhaya.

Cependant l’engagement sans équivoque du procureur de la République à poursuivre les auteurs de ces crimes d’esclavage et crime contre l’humanité, sa détermination de les placer en détention préventive, se heurte à la volonté du juge d’instruction Mohamed Ali Ould Hamoudy plus que jamais résolu à dévoyer les faits par la qualification des chefs d’accusation pour protéger les esclavagistes.

Les manœuvres foncièrement vicieuses et attentatoires de ce dernier durent depuis sept (7) ans, date de sa désignation à la cour de Néma. Sept ans d’intimidations et de menaces exercées sur les victimes d’esclavage, les contraignant à se dédire et se plier à sa volonté ont fini par acquitter tous les esclavagistes.

Dénonçant et condamnant avec force la volonté manifeste de l’Etat de faire barrage à l’émergence d’une Mauritanie refondée, une Mauritanie complètement dépourvue d’exclusion, de marginalisation et de privilèges indûment acquis au nom des droits de naissance et de race, APP :

1) Engage le pouvoir à enjoindre à toutes les autorités compétentes de faire preuve de sérieux et d’impartialité dans le traitement des dossiers d’esclavage, notamment dans cette affaire qui constitue un test des pouvoirs publics dans leur volonté de mettre fin aux pratiques esclavagistes ou non ;

2) Exige la sanction immédiate de l’administration et tous les magistrats et les auxiliaires de la justice impliqués, entre autres le juge d’instruction Mohamed Ali Ould Hamoudy conformément aux dispositions des articles 18 et 21 de la loi incriminant et condamnant l’esclavage ;

3) Rend le pouvoir seul responsable des conséquences des manipulations extrajudiciaires en cours sur la paix civile et la cohésion sociale ;

4) Met en garde contre toute volonté de protectionnisme de l’Etat et de connivence avec les esclavagistes afin de consacrer les parodies de justice et les décisions attentatoires subséquentes ;

5) Apelle l’ensemble de ses militants et sympathisants à rester mobilisés et vigilants jusqu’au règlement définitif de ces cas flagrants ;

6) Invite l’ensemble de la classe politique et la société civile à s’insurger contre la politique de déni d’esclavage de l’Etat aux conséquences assurément fatales pour la paix civile et la cohésion sociale ;

7) Rappelle que jamais son souci et son attachement à la cohésion sociale, la paix civile et la stabilité nationale ne sera au prix de l’acceptation du déni de l’esclavage et des droits légitimes des esclaves et anciens esclaves (Haratines) qui constituent l’une de ses priorités centrales.

Nouakchott, le 14 Décembre 2015
Le Bureau Exécutif

cridem

Arabie saoudite: au moins neuf femmes élues aux élections municipales

content_imageLes premières élections municipales ouvertes aux femmes se sont déroulées samedi 12 décembre. Selon les premiers résultats, au moins neuf Saoudiennes ont été élues dans ce pays ultra-conservateur où les femmes restent soumises à de nombreuses restrictions.

C’est un résultat historique. Au moins neuf Saoudiennes ont été élues aux premières élections ouvertes aux femmes en Arabie saoudite. Une véritable surprise pour ce pays ultra-conservateur régi par une version rigoriste de l’islam et qui est l’un des pays les plus restrictifs au monde pour les femmes : elles n’ont pas le droit de conduire et doivent obtenir l’accord d’un homme – un tuteur – pour travailler ou voyager.

« Cette victoire est le fruit d’un travail de longue haleine et à tous les niveaux. Notre participation aux conseils municipaux est une nouvelle étape. Nous ambitionnons désormais de participer à toutes les commissions et à la prise des décisions », a affirmé Rasha Hifthi, l’une des femmes élues lors de ces élections. « Il y avait des réticences au sein de la société civile et certains disaient que les femmes ne recevraient aucune voix. Cette première expérience électorale est donc une réussite et nous espérons qu’à l’avenir la participation sera plus large », a ajouté l’élue.

Si les résultats officiels confirment qu’une dizaine de femmes ont été élues à travers tout le pays, ces Saoudiennes pourront siéger dans des conseils municipaux et participer à la vie locale pour la première fois. Une avancée importante initiée par le roi Abdallah, mort en janvier dernier, qui avait ouvert ce droit de vote et d’éligibilité aux Saoudiennes avant sa mort. Abdallah avait déjà nommé, en 2013, trente femmes au sein du Majlis al Shura, l’assemblée consultative du royaume. Aujourd’hui, le roi Salmane règne en Arabie saoudite et il est le seul à pouvoir décider d’autres réformes du statut des femmes.

Auteur: RFI – RFI

COP21 : un accord “historique”, mais que prévoit-il ?

mediaLe texte adopté par les 195 pays de la COP21 est-il l’accord révolutionnaire annoncé par la présidence française ? Revue de détails avec l’envoyé spécial de France 24 au Bourget.

Un accord sans précédent pour lutter contre le réchauffement, dont la vitesse inédite menace la planète de catastrophes climatiques, a été adopté, samedi 12 décembre, à Paris, dans un concert d’applaudissements par 195 pays, après plusieurs années de négociations extrêmement ardues.

“Je ne vois pas d’objection dans la salle (…) je déclare l’accord de Paris pour le climat adopté”, a déclaré, très ému, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères et président de la 21e conférence climat de l’Onu, en abattant son maillet sur le pupitre.

Une ovation de plusieurs minutes a alors eu lieu dans la salle, six ans après le fiasco de la COP de Copenhague, qui avait échoué à sceller un tel accord.

L’ambassadrice française Laurence Tubiana, bras droit de Laurent Fabius, a longuement étreint Christina Figueres, la responsable climat à l’Onu, avant que le président François Hollande ne les rejoigne brièvement à la tribune. Sous les vivats de la salle, ils se sont tous pris par la main.

“Historique”, un “tournant dans la lutte contre le rechauffement climatique” ou encore “un rayon d’espoir”. L’atmosphère était déjà au triomphalisme dans les allées du Bourget, quelques heures plus tôt, alors que la COP21 touchait à sa fin, samedi après-midi. Les politiques, les délégués rencontrés sur place et même les ONG soulignent tous la portée sans précédent d’un texte qui engage juridiquement 195 pays.

Mais il y a de l’eau dans le vin de la victoire dès que l’on gratte un peu sous la surface des 31 pages du document final. Beaucoup d’obligations sont rédigées de telle sorte “[qu’]il faut voir comment les États appliquent ce texte au niveau national avant de se réjouir”, affirme Tim Gore, un responsable d’Oxfam. Explication des engagements pris.

  • L’objectif de 1,5 °C
    Le préambule à l’accord souligne, pour la première fois dans l’histoire des COP, l’objectif à plus long terme de “limiter la hausse des températures à 1,5 °C”, même si le but premier est de rester sous les 2 °C. Cette inclusion est la grande surprise de la COP21, et peut être vue comme “la victoire morale des pays les plus vulnérable”, estime Tim Gore.
    Problème : “Le reste du texte n’est pas conforme à l’objectif d’une hausse maximum de 1,5 °C”, estime Mohamed Adow, de l’ONG Christian Aid. Il n’y a, d’après lui, pas suffisamment d’engagements à court terme pour y parvenir. Il n’y a ainsi rien sur la décarbonisation ou le développement des énergies renouvelables,
     
  • Le volet financier
    “Ceux qui parlent de victoire au sujet de cet accord devraient lire plus en détail la partie concernant la finance”, assure Brandon Wu, conseiller pour l’ONG Action Aid. Le texte final est selon lui “moins bon à ce sujet que le projet précédent”.

    Le texte se contente de prévoir une éventuelle hausse des montants versés aux pays pauvres, faisant des 100 milliards, promis en 2009, un simple “plancher”. Les pays riches pourront relever ce “plancher”, mais ils n’y sont pas obligés.
     
  • Le retour des droits de l’Homme
    Le texte final fait référence aux “obligations en terme de protection des droits de l’Homme” dans son préambule. C’est une victoire car, ce rappel avait disparu dans la version précédente de l’accord.
    Cela donne une “certaine base juridique” pour défendre les droits de ceux qui ont été victimes d’abus dans des conflits environnementaux, comme lors de la déforestation illégale, assure Teresa Anderson, spécialiste de la question pour Action Aid. Elle regrette cependant que les droits de l’Homme soient cantonnés au préambule. “Si la référence était présente dans l’accord lui-même, il y aurait une obligation légale plus forte d’en tenir compte”, commente-t-elle.
     
  • L’adaptation
    Il s’agit de l’aide apportée par les États “riches” aux pays les plus touchés par les changements climatiques pour y faire face. Un article entier est consacré aux obligations des pays développés. Elles sont, d’abord, d’ordre financier. L’accord souligne en effet qu’une partie du fonds vert (les 100 milliards de dollars par an à partir de 2020) doit être consacrée à cette question.

    Mais la formulation est décevante : les pays les plus pauvres voulaient que 50 % de l’argent soit alloué à l’adaptation et 50 % aux efforts de réduction des émissions. Les pays développés ont obtenu qu’aucun objectif chiffré ne soit écrit noir sur blanc. Un flou qui a fait dire à plusieurs ONG que la voix des plus pauvres n’a pas été réellement entendue.
    Il est aussi question des transferts de technologie pour mieux lutter contre les conséquences du rechauffement climatique. Un article entier organise un mécanisme permettant aux pays développés de faire bénéficier aux plus démunis des innovations technologiques.
     
  • La révision des engagements
    Les promesses de réduction des émissions faites par les parties prenantes à l’accord avant le début de la COP21 ne suffisent pas à rester sous la barre d’une hausse de 2 °C des températures en 2100. Il fallait donc prévoir un mécanisme pour y remédier. Le texte met en place un système de révision périodique des engagements (tous les cinq ans).
    C’est une bonne chose, car certains pays ne voulaient pas en entendre parler, comme les puissances pétrolières. Mais les premières révisions obligatoires à la hausse des engagements n’ont pas à être faites avant 2024. “C’est trop tard”, assure la Fondation Hulot qui, comme d’autres ONG et pays “pauvres”, veut que le processus de révision débute en 2018. Attendre 2024, d’après eux, condamne la planète à dépasser une hausse de 1,5 °C des températures.
     
  • Les pertes et dommages
    “C’est la première fois qu’un accord sur le climat comporte un paragraphe entier sur la reconnaissance des pertes et dommages”, s’enthousiasme un délégué des Comorres contacté par France 24. Il s’agit de reconnaître que la pollution causée par les pays développés a eu des répercussions irréversibles sur certains territoires. Cela peut donner entraîner la reconnaissance internationale du statut de réfugié climatique par exemple.

    “C’est une bonne chose en apparence, mais le texte lui-même est plutôt décevant sur ce point”, regrette Gerry Arrances, coordinateur du Mouvement philippin pour la justice climatique. L’article qui traite de cette question exclut, en effet, de pouvoir engager la responsabilité d’un État pollueur et de lui réclamer réparation. “Les États-Unis n’en voulait absolument pas et il est difficile de se battre contre eux”, reconnaît cet activiste.
     
  • Plus de transparence
    Les Etats s’engagent à faire un point tous les deux ans sur les progrès réalisés pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. C’est une manière de faire pression sur les pays qui n’apparaissaient pas dans le texte.

Le texte, bien qu’imparfait, établit un consensus entre les parties sur la plupart des thèmes soulevés avant le début des négociations. Reste un dernier problème : il ne rentrera en vigueur que si 50 pays le ratifient.

Le vrai test pour l’accord de Paris débute donc au printemps 2016, lorsque le processus de ratification par les parlements nationaux va débuter.

france24.fr

Comité de soutien au colonel Oumar Ould Beibacar : Communiqué

Comité de soutien au colonel Oumar Ould Beibacar : CommuniquéCOVIRE – Le Comité de Soutien pour la libération du Colonel à la retraite Oumar Ould Beibacar a appris sa libération conditionnelle le jeudi 03 Décembre 2015.

En effet, le Procureur de la République a retenu contre le prévenu les charges extrêmement graves de terrorisme, d’incitation à la haine ethnique et raciale, d’atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat.

Pour ces motifs, le juge d’instruction conformément à l’ordre N°36/2015 du 03-12-2015, l’a placé sous contrôle judiciaire pour une durée de deux mois renouvelable cinq fois, avec confiscation de son passeport, de son ordinateur, de son téléphone, de documents personnels et l’obligation de faire acte de présence toutes les deux semaines à la direction de la sureté de l’état, ainsi que l’interdiction de sortir de la circonscription de Nouakchott sans autorisation au préalable.

Le Colonel à la retraite Oumar Ould Beibacar avait été arrêté le Samedi 28 Novembre 2015 suite à une conférence qu’il animait au siège de l’AJD/MR sur le thème : Inal-a-t-il définitivement entaché le 28 Novembre?

Le Comité de Soutien pour la libération du Colonel à la retraite Oumar Ould Beibacar reste préoccupé par cette libération sous contrôle judiciaire contraire à la liberté d’expression, de réunion et d’association et non conforme aux dispositions des normes juridiques nationales et internationales dont la Mauritanie est partie.

Le Comité de soutien :

Ø exige de la justice de s’assumer et de cesser d’être un instrument d’intimidation et de coercition aux mains de l’Etat et de laver le Colonel Oumar Ould Beibacar de tous les chefs d’accusation non fondés qui sont retenus contre lui,

Ø rappelle aux autorités judiciaires l’exercice de l’indépendance de son pouvoir constitutionnellement reconnu, seul gage de la paix et de la sécurité nationale

Ø met en garde les pouvoirs publics contre tout déni des problèmes fondamentaux, de protéger les bourreaux et de perpétuer l’impunité qui mine l’unité nationale, menace la paix civile et met en danger les conditions minimales pour le vivre ensemble dans la quiétude,

Ø lance un appel au peuple mauritanien pour une mobilisation totale face aux menaces de restriction de leurs libertés fondamentales garanties par constitution.

Nouakchott, le 08 Décembre 2015

Les signataires :

Association Des Femmes Chefs de Familles (AFCF)

• Alliance pour la Justice et la Démocratie/ Mouvement pour la Rénovation (AJD/MR)

• Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH)

• Association Mauritanienne pour la Promotion de la Culture et de la Langue Sonninke (AMPCLS)

• Association pour la Promotion de la Langue Wolof (APROLAW)

• Association pour le Développement Intègre de l’Enfant (APDE)

• Association pour la Renaissance du Pulaar en Mauritanie (ARPRIM)

• Association pour le Renforcement de la Démocratie et l’Education Citoyenne (ARDEC)

• Association d’Appui au Développement à la Base des Communautés (SALNDOU)

• Alliance Populaire Progressiste (APP)

• Coordination des Organisations des Victimes de la Répression (COVIRE)

• Collectif des Rescapés Militaires (COREMI)

• Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT)

• Collectif des Veuves

• Collectif des Orphelins des victimes Civiles et Militaires (COVICIM)

• Collectif Mooyto Koota

• Collectif des Anciens Fonctionnaires de Police Victimes des Evènements de 1989

• Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des droits de l’homme (CSVVDH)

• Conscience et Résistance (CR)

• Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)

• Forces Progressistes pour le Changement (FPC)

· Groupe d’Etudes et de Recherches sur la Démocratie et le Développement Economique et Social (GERDDES)

• Initiative de Résurgence abolitionniste (Ira-Mauritanie)

• Kawtal Ngam Yellitaare

• Ligue Africaine de Droits de l’Homme / Section Mauritanie

• Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme(LMDH)

• Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAPROM)

• Mouvement pour le Changement Démocratique (MCD)

• Mouvement pour la Refondation (MPR)

• Manifeste des Harratines

• Ne Touche Pas à Ma Nationalité (TPMN)

• Pacte National pour la Démocratie et le Développement -PNDD(ADIL)

• Parti pour la Liberté, l’Egalité et la Justice(PLEJ)

• Arc en Ciel -Le Parti Mauritanien du Concret (PMC)

· Regroupement des Victimes des Evénements 89 -91 (REVE)

• SOS-Esclaves

• TAWASSOUL

· Union des Forces de Progrès (UFP)