Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: October 2013

Brakna: La CENI rejette trois listes candidates de l’UFP à Bogué

alt ALAKHBAR (Nouakchott) –  Le comité régional de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI)  au Brakna a rejeté, lundi soir, trois listes déposées au nom de l’UFP dans la moughataa de Bogué, c’était lors d’une réunion du comité de la CENI, a rapporté le correspondant d’Alakhbar.

Les candidats de l’UFP dans les autres circonscription du Brakna ont retiré leur liste, à part ceux de Bogué qui étaient obstinés à participer aux compétitions électorales avant  d’être éliminés par la CENI.

 

Source: alakhbar

Elections du 23 Novembre: Les mauritaniens rapatriés du Sénégal contre le parti au Pouvoir (Déclaration)

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Les représentants de la coordination des mauritaniens rapatriés du Sénégal ont donné le mot d’ordre de vote contre l’UPR (Union Pour la République), parti au Pouvoir apprend « mauriweb.info» dans une déclaration rendue publique samedi par cette organisation.

Selon les rédacteurs de la déclaration se serait l’irrespect par le gouvernement actuel des termes de l’accord tripartie Etat-Hcr-Réfugiés qui expliquerait ce désaveu de la formation de l’Union Pour la République. Ci-après le texte intégral de cette déclaration.

Nous Représentants de la Coordination des rapatriés du Brakna, réunis en session extraordinaire ce samedi 12 octobre 2013, après un tour d’horizon de la situation politique locale et une analyse approfondie de nos conditions de vie, avons pris la décision solennelle de ne pas soutenir les candidats de l’UPR aux élections municipales et législatives de novembre prochain dans nos circonscriptions respectives.

Cette décision est le résultat du non-respect des engagements pris par l’Etat mauritanien lors de l’Accord tripartite (Mauritanie/Sénégal/HCR) à savoir la restitution des terres, l’indemnisation des victimes, la réalisation d’infrastructures de base (écoles, postes de santé, réseaux d’adduction d’eau), l’établissement de pièces d’état-civil et l’insertion des jeunes.

Cinq ans après leur retour au terroir, les rapatriés, livrés à eux-mêmes, se débattent quotidiennement dans une situation de plus en plus inextricable au regard des pouvoirs publics et de leurs sbires locaux. C’est dans cet esprit qu’ils se démarquent des fossoyeurs de leur cohésion et de leur essor.

Les signataires

1. Abdoulaye Samba Sow, Boynguel Thilé
2. Abou Demba Sow, Bélel Ournguel
3. Abdoul Abou Sow, Bababé
4. Oumar Sow, Goural
5. Abdoulaye Mbaré, Séno Kuna
6. Mika Samba Dia Férouga
7. Abdoulaye Fatal, Weendou Mbabba
8. Abdoulaye Sy, Winnde Gnaworé
9. Wane Mamadou, Winnde Gnaworé
10. Saïdou Nourou Mbodj, Houdallaye
11. Moussa Ndorel Bâ, Diandia
12. Harouna Thiéba Diallo, Diandia Yalalbé
13. Amadou Abou Bâ, Kadiel Abou
14. Amadou Malal Sy, Dounguel Djéry
15. Yéro Diop, Weendu Edi
16. Mamadou Abdoul Sow, Houdallaye
17. Moussa Hawa Diallo, Diandia
18. Mamoudou Yéro Sall, Hamdallaye
19. Mamadou Abdoulaye Sow, Hamdallaye
20. Aly Hamady Bâ, Bélel Koylé
21. Ousmane Samba Bâ, Mourtogal
22. Harouna Salif Bâ, Winnde Gnaworé
23. Harouna Saïdou Bâ, Houdallaye

Source: cridem

Crise politique : Les fleurs de la ruse et les fruits de l’intelligence

La crise politique mauritanienne qui dure depuis bientôt 5 ans, risque de durer encore un bout de temps : la faute à une ruse “malsaine”, qui crée des postures d’intérêts, de contingences, et qui laissera de profonds sillons dans la vie politique.  


Crise politique : Les fleurs de la ruse et les fruits de l'intelligence  
 

“En Mauritanie, très particulièrement, les hommes politiques, et plus généralement les acteurs économiques aussi, confondent la ruse et l’intelligence. La ruse c’est Bouki la hyène, le renard des contes occidentaux. A terme, ils perdent toujours, même si durant un court laps de temps, on a l’impression que leurs plans marcheront. L’intelligence c’est voir au-delà des contingences dont la ruse profite, tout en ne négociant pas certains principes. C’est Leuk le lièvre. La ruse permet le mensonge, la tromperie. Tous les moyens sont bons. L’intelligence cerne une stratégie dans un cadre légal, modal, moral et social, acceptable et accepté. C’est toujours le chemin le plus ardu à suivre, mais c’est le seul qui porte des fruits comestibles. La ruse n’a que de belles pétales colorées à offrir” m’expliquait il y a quelques années un homme politique mauritanien, aujourd’hui complètement démissionnaire de cette scène. Il concluait en disant que les politiciens du pays, à l’exception de “quelques-uns” qu’il ne voulait pas nommer, étaient “affreusement rusés”.

   
En repensant à l’imbroglio du “dialogue” instauré entre la branche dure de l’opposition, représentée par la COD, et le pouvoir, en la personne d’Aziz, on ne peut s’empêcher de considérer cette ruse azizienne qui marche (presque) pour la troisième fois : faire semblant de dialoguer, instaurer un climat de confiance, faire sourire ses adversaires, dissiper un peu les nuages de la crise, et brusquement, quand les opposants sont dos au mur, les mettre face au choix cornélien de la participation ou non à des élections. Ce scénario a été mis en place pour la première fois, au moment des accords de Dakar, qui a fondé la crise politique actuelle dont la Mauritanie n’est pas encore sortie cinq ans après!
   
  Dans la foulée des élections reconnues “transparentes”sont organisées, et légalisent tranquillement un coup d’état. C’est ce qui a failli se passer à nouveau pour ces législatives et municipales 2013, avant que le RFD et l’UFP entre autres ne se désistent. Et pour cause : on ne peut pas prétendre dialoguer (du latin, di-logica : deux logiques, deux thèses) avec quelqu’un le cœur sur la main, et revenir sur sa parole en entonnant un monologue. Et toute la crise politique mauritanienne ne repose que sur ce fait de ruse : la faillite de la parole donnée, qui crée des situations de méfiance justifiées. Or Aziz le sait, aux yeux des mauritaniens, et de ceux de la communauté internationale surtout, envers qui il a un devoir de “semi-transparence”, ces élections n’auraient eu aucune crédibilité, 
   
  Si cette ruse a marché, c’est qu’aussi de l’autre côté, les rusés ont leur lot. Entre le vizir du RFD qui en a perdu le sourire à force de rêver de la présidence, à n’importe quel prix, et les populaires et populistes de Tawassoul, le choix est large.
   
  De l’intelligence, on en trouve dans l’UFP qui ne participera pas aux élections, ayant eu la conviction que ces élections seront une “boucherie électorale” comme le dit Lô Gourmo, un des vice-présidents du parti. Et les accusations de fraude qui s’accumulent, depuis quelques semaines ne lassent pas d’inquiéter : entre la dame saisie à Arafat avec des dizaines de cartes d’identité et une somme importante, qui a mystérieusement disparu une fois amenée au commissariat, et les dernières accusations de l’APP qui pointent des inscriptions de maliens touaregs à Bassiknou, les inquiétudes de trucage électoral semblent justifiées; assez en tout cas, aux yeux des partis démissionnaires, qui estiment ne pas avoir eu les garanties d’élections crédibles, justes et transparentes.
   
  Car si gouverner c’est prévoir, l’UFP fait partie des trois seuls partis qui ont un vrai et détaillé programme de travail en cas d’arrivée au pouvoir. Les deux partis étant le front populaire de Chbih Ould Cheikh Melainine, et l’AJD-MR de Ba Mamadou Alsanne.
   
  Qu’on les aime ou pas, ils ont une posture pratique dans la façon dont les affaires mauritaniennes devraient être gérées, dans chaque secteur économique, dans chaque catégorie sociale. Après la vague de critiques, ils ont toujours des solutions concrètes à proposer. On peut critiquer ces solutions, ne pas être d’accord, mais elles ont été pensées, discutées, posées, comme un vrai parti doit être.
   
  Et justement, en parlant de programme et de gouvernance surtout, la ruse prévaut dans celle-ci depuis l’avènement des militaires. C’est la ruse qui a fait truquer les chiffres macroéconomiques rendus au FMI pendant 12 ans, avant que cela ne soit éventé il y a 8 ans. C’est encore la ruse aujourd’hui qui veut faire prendre des vessies pour des lanternes quand l’état et le FMI se gargarisent semestriellement des “performances économiques” du pays, sans se pencher sur la redistribution éventuelle de ces “performances”, ni même se pencher sur la façon dont ces chiffres ont été obtenus.
   
  Les caisses sont remplies c’est vrai, uniquement parce que l’argent n’est pas dépensé! On se rappelle l’an passé du commissariat à la sécurité alimentaire, qui à deux mois du terme de son exercice, n’avait pas dépensé 44% du budget alloué,  alors que le triangle de la pauvreté se trouvait dans une gravissime crise alimentaire, et que les organismes partenaires se démenaient pour trouver des sous! Cette institution de lutte contre la pauvreté n’était pas le seul dans ce cas.
Pour ces élections à venir, la ruse ayant joué son rôle, Bouki rira certainement bien, le temps de chauffer quelques strapontins à l’assemblée, en espérant qu’une quelconque intelligence soit à l’œuvre dans les méandres d’une Mauritanie oubliée de ses politiques.  
 
 
 MLK

Noorinfo

Conférence de presse de l’UFP: “Nous ne participerons pas a des élections unilatérales et mal préparées”

altLe parti de l’Union des Forces du Progrès a organisé le dimanche 13 octobre 2013 aux environs de 12 heures trente une conférence de presse dans son siège central de Nouakchott. Comme pour démontrer toute l’unité du parti par rapport à la décision du boycott que le bureau exécutif de l’UFP vient de prendre, le Président Mohamed Ould Maouloud était entouré des députés Moustapha Ould Bedredine et Kadiata Malik Diallo, respectivement secrétaire général du parti et membre du bureau exécutif et de l’ancien ministre Mohamed Ould Khlil entre autre hauts responsables de la formation. Dans son intervention, le Président Ould Maouloud a confirmé la décision de son parti de ne pas participer à des élections jugées unilatérales et très mal  préparées malgré un retard de plus de deux ans. Mais, a expliqué Ould Maouloud : « Notre décision de ne pas participer découle essentiellement de notre détermination à continuer à combattre le despotisme qui prévaut au pays depuis cinq ans. Mais aussi parce que nous nous insurgeons contre cette volonté manifeste d’exclure délibérément des Mauritaniens de ces élections à travers le refus d’enrôler plus d’un million de citoyens qui représentent un quart de la population. A titre d’exemple, pour les 30.000 Mauritaniens résidents en France seul un bureau de recensement a été ouvert. C’est pourquoi, seuls deux mille se sont enrôlés. Cela sans compter les autres Mauritaniens installés dans d’autres pays ». Selon Mohamed Ould Maouloud, la décision de boycott a été prise après un débat difficile, mais responsable entre les instances du parti. L’heure était grave puisque la décision de boycott constituait de gros sacrifices. Pour Ould Maouloud, l’UFP est l’un des rares partis voire le seul parti qui peut se prévaloir de six communes à l’intérieur du pays dont une commune régionale (Tidjikdja) qu’il dirige avec un autre parti, deux commune départementales (Boghé et Barkéol) et trois communes rurales (Moyt, Boulli et Tikobra). Selon Ould Maouloud : « Beaucoup d’autres opportunités d’en reconquérir d’autres se présentent encore à nous mais néanmoins nous avons décidé de boycotter après que nous ayons accepté d’aller au dialogue avec le pouvoir qui a démontré à travers ses agissements que ce n’était qu’une mise en scène. Nos députés sortants se sont aussi sacrifiés en acceptant de ne pas se présenter. Certainement qu’un parlement sans Kadiata Malik Diallo et sans Moustapha Ould Bedredine dont les brillantes prestations  ont régalé les téléspectateurs de la télévision nationale ne vaudra plus grand-chose. L’audimat de la TVM s’en ressentira fortement». Enfin, le Président Ould Maouloud a remercié les masses populaires de son parti d’avoir  respecté une décision aussi difficile que de boycotter des élections qui pouvaient leur offrir de très grandes opportunités d’occuper plusieurs conseils municipaux et de faire élire un bon groupe de députés.

 

Source: Le calame.

    

LES FLAM posent le débat autour de l’Autonomie.

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« Si nous devons, ensemble, regarder vers l’avenir, il nous faut d’abord nous résoudre à nous  regarder en  face, faire le bilan   de ces cinquante (50) dernières années, courageusement  en  dresser  le constat d’échec, mettre  en exergue les erreurs commises tout le long du parcours afin d’opérer  les  redressements  indispensables pour  avancer, résolument,  vers un meilleur devenir en commun. » Samba THIAM, Président des FLAM.

Après, donc, plus de cinquante ans d’indépendance, la Mauritanie n’a toujours pas réussi à adopter un système politique capable d’assurer la coexistence juste entre ses différentes communautés nationales. Le premier Président feu  Moctar ould Daddah, pour contrer les visées marocaines- disait-il, avait pu imposer sa vision d’un état unitaire fort,’’ trait- d’union- entre l’Afrique Noire et le Maghreb Arabe’’, et cela malgré l’opposition forte de certains leaders noirs. Si la forme d’État-nation ‘’implique que la  majeure partie de la population relève d’une seule et même nation’’ comme le dit Yves Lacoste, or l’acceptation de la structure unitaire de l’État fondée sur la souveraineté absolue de la nation représentant la communauté majoritaire n’a pas pu assurer une coexistence pacifique en Mauritanie. De plus, ce type d´État ne pouvait être considéré démocratique dans la mesure où il ne satisfait pas deux conditions essentielles: la participation des minorités au pouvoir politique et la limitation de l’arbitraire du pouvoir.

Ayant très tôt compris les difficultés de cohabitation et bien avant l’indépendance, certains leaders, issus de la communauté négro-africaine de Mauritanie, avait défini plusieurs options pour préserver l’intérêt équitable des différentes populations mauritaniennes: de la séparation pure et simple, et/ou du rattachement au Sénégal des régions du sud, la fédération, ou la bipolarité de l’exécutif. Tout ou presque a été proposé mais en face le pouvoir a toujours opposé la répression et/ou la fuite en- avant. Ainsi, le premier régime civil s’attelait avec force à combler le déficit démographique maure en faisant appel, dès 1958 aux Rgueibatt (4000 avaient répondu favorablement) et  en annexant le Sahara Occidental; mais aussi il adopta l’arabisation à outrance du système éducatif ; Et pour les mêmes raisons d’équilibre démographiques et d’arabité, le système de Ould Taya tuât et déportât les négro-mauritaniens.

Par conséquent, en Mauritanie, le racisme d’État et l’esclavage ont fortement freiné la construction de l’État unitaire, qui a fortement aliéné les aspirations du peuple noir mauritanien. Alors, il est peut-être temps de rechercher la solution politique dans l’option de l’autonomie des régions comme suggèrent les Forces de Libération Africaines de Mauritanie (FLAM). Dans cette optique, j’introduis, ici, différents types de cette notion d’autonomie.

En effet, Il existe plusieurs types d’autonomie qui souvent se recouvrent. Et que l’on peut distinguer sous deux formes:

– Autonomie à base territoriale : Dans ce groupe, on peut inclure l’autonomie régionale, l’autonomie territoriale à statut spécial et l’autonomie locale.

– Autonomie à  base personnelle

Dans ce groupe on peut classer les autres formes d’autonomie: culturelle, économique, et administrative. Cependant, une superposition existe presque toujours entre les différentes solutions; ces trois derniers types peuvent faire partie à la fois de l’autonomie territoriale et personnelle. La meilleure démarche est la combinaison qui peut correspondre aux caractéristiques  socio- culturelles,  économiques et géographiques de la région.

L’autonomie renvoie avant tout à un transfert de compétence et non à une simple délégation des pouvoirs; plus qu’un statut politique, l’autonomie est un aspect qui permet d’attribuer sur la base d’une négociation avec l’État et dont la finalité est de préserver, protéger et promouvoir la différence. Puisqu’ il n’existe pas un modèle d’autonomie capable d’apporter des solutions uniformes applicables partout, nos acteurs politiques doivent tenir compte des spécifiques historiques, géographiques, culturels et économiques pour développer un plan d’autonomie. Ce projet doit être achevé graduellement en respectant les équilibres de notre société. Un programme trop radical visant à atteindre une solution immédiate pour les problèmes de minorités, qui n’ont pas été résolus durant des décennies (sans parler de la mémoire historique conflictuelle) ne peut qu’aggraver la situation déjà très précaire de la Mauritanie. Un projet d’autonomie doit pouvoir compter sur l’appui de la société civile et ne doit pas être exclusivement fondé sur l’appartenance ethno- culturelle. Comme l’affirme Micheal Keating, l’un des impératives d’un régime d’autonomie est d’être ouvert aux influences extérieures, particulièrement sur le plan culturel.

L’autonomie est un partage du pouvoir fondé sur un consensus entre majorité et minorité qui tire son origine du concept de la subsidiarité; c’est –à-dire que dans le cas où le pouvoir local et régional peut assurer une efficacité de meilleure gestion que celle du pouvoir central,  les décisions doivent y être prises.

Si les minorités représentent dans leur région d’habitat la majorité de la population, cette région devrait obtenir une autonomie territoriale à statut spécial, ce statut devrait inclure:

– Une reconnaissance juridique du statut linguistique de la région

– Un système d’enseignement tenant compte des valeurs et besoins d’un tel groupe.

– Un organe législatif

– Une structure administrative, y compris une unité de police régionale

– Un système judiciaire qui soit responsable des affaires du territoire en question et qui reflète la composition de la population de ce territoire

– Des mesures pour une surveillance internationale appropriée

– Une autonomie fiscale.

– Une définition du statut d’autonomie par la constitution.

– Un système de discrimination positive en faveur des personnes qui appartiennent à un autre groupe ethnique que celui de la majorité dans la région.

Il est nécessaire à une région de disposer d’institutions autonomes qui lui permettent de créer un lieu de débat et de décision, d’élaborer des politiques, de conférer légitimité aux décisions et défendre l’intérêt de la collectivité au niveau de l’État et au plan international.

Les groups et les personnes appartenant à une communauté minoritaire devront avoir le droit de disposer des pouvoirs législatifs et exécutifs autonomes pour gérer leurs propres affaires. Ceci afin de permettre aux communautés minoritaires de pleinement participer à la vie publique grâce à la garantie d’une représentation des institutions politiques. Par pouvoirs législatifs et exécutifs, nous définissions la capacité politique de la gestion de toutes les affaires touchant aux intérêts d’une communauté ethno- culturelle dans la préservation de leur identité culturelle et nationale, et dans son développement socio-économique, au niveau législatif, gouvernemental, administratif et jurisprudentiel. Le droit à l’autonomie est lié aux droits collectifs. A notre avis, la reconnaissance juridique d’une communauté comme sujet de droit est souhaitable pour la création d’un cadre juridique et institutionnel garantissant les étapes suivantes de l’autonomie:

1- Choix libre d’identité

2- Libre expression d’appartenance à une communauté ethno- culturelle

3- Auto-organisation c´est à dire la possibilité de choisir librement la forme d’autonomie tout en considération les intérêts de la majorité constituante de l’État

4- Auto- gestion et auto-administration. La constitution de l’État doit garantir les droits collectifs par une clause spéciale qui lie le droit à l’autonomie à l’intégrité territoriale de l’État. La reconnaissance de l’autonomie implique la loyauté envers l’État et le respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale.

Les droits culturels des minorités doivent être respectés. L’État mauritanien doit permettre aux minorités  de conserver et de développer leur identité culturelle et de créer et gérer leurs propres établissements privés d’enseignement et de formation. Il doit aussi garantir le libre fonctionnement des medias dans les langues minoritaires et la circulation sans entrave des informations. Une allocution du budget de l’État devrait être accordée aux minorités dans le but de préserver leur identité culturelle.

“La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité” (Albert Camus)

Quelle que soit la solution adoptée, quelle que soit sa finalité, il apparaît vital, surtout dans les situations de crise, de prendre en compte les revendications des minorités et de ne pas les laisser insatisfaites, bref d’entamer des négociations. Ainsi, les risques inhérents à l’ignorance des revendications des minorités dans certains cas peuvent dépasser ceux liés à la possibilité que la mise en place de structures autonomes s’accompagne de frictions ou d’incompatibilités avec les droits de l’homme’’.

En élaborant des formes d’autonomie adaptées, il serait possible de prévenir les conflits ethniques qui menacent la sécurité de la Mauritanie.

 

La lutte continue !

 

Amadou Mody THIAM- Cincinnati- Ohio-USA

 

FLAM – Amérique du Nord