Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 14/10/2013

Crise politique : Les fleurs de la ruse et les fruits de l’intelligence

La crise politique mauritanienne qui dure depuis bientôt 5 ans, risque de durer encore un bout de temps : la faute à une ruse “malsaine”, qui crée des postures d’intérêts, de contingences, et qui laissera de profonds sillons dans la vie politique.  


Crise politique : Les fleurs de la ruse et les fruits de l'intelligence  
 

“En Mauritanie, très particulièrement, les hommes politiques, et plus généralement les acteurs économiques aussi, confondent la ruse et l’intelligence. La ruse c’est Bouki la hyène, le renard des contes occidentaux. A terme, ils perdent toujours, même si durant un court laps de temps, on a l’impression que leurs plans marcheront. L’intelligence c’est voir au-delà des contingences dont la ruse profite, tout en ne négociant pas certains principes. C’est Leuk le lièvre. La ruse permet le mensonge, la tromperie. Tous les moyens sont bons. L’intelligence cerne une stratégie dans un cadre légal, modal, moral et social, acceptable et accepté. C’est toujours le chemin le plus ardu à suivre, mais c’est le seul qui porte des fruits comestibles. La ruse n’a que de belles pétales colorées à offrir” m’expliquait il y a quelques années un homme politique mauritanien, aujourd’hui complètement démissionnaire de cette scène. Il concluait en disant que les politiciens du pays, à l’exception de “quelques-uns” qu’il ne voulait pas nommer, étaient “affreusement rusés”.

   
En repensant à l’imbroglio du “dialogue” instauré entre la branche dure de l’opposition, représentée par la COD, et le pouvoir, en la personne d’Aziz, on ne peut s’empêcher de considérer cette ruse azizienne qui marche (presque) pour la troisième fois : faire semblant de dialoguer, instaurer un climat de confiance, faire sourire ses adversaires, dissiper un peu les nuages de la crise, et brusquement, quand les opposants sont dos au mur, les mettre face au choix cornélien de la participation ou non à des élections. Ce scénario a été mis en place pour la première fois, au moment des accords de Dakar, qui a fondé la crise politique actuelle dont la Mauritanie n’est pas encore sortie cinq ans après!
   
  Dans la foulée des élections reconnues “transparentes”sont organisées, et légalisent tranquillement un coup d’état. C’est ce qui a failli se passer à nouveau pour ces législatives et municipales 2013, avant que le RFD et l’UFP entre autres ne se désistent. Et pour cause : on ne peut pas prétendre dialoguer (du latin, di-logica : deux logiques, deux thèses) avec quelqu’un le cœur sur la main, et revenir sur sa parole en entonnant un monologue. Et toute la crise politique mauritanienne ne repose que sur ce fait de ruse : la faillite de la parole donnée, qui crée des situations de méfiance justifiées. Or Aziz le sait, aux yeux des mauritaniens, et de ceux de la communauté internationale surtout, envers qui il a un devoir de “semi-transparence”, ces élections n’auraient eu aucune crédibilité, 
   
  Si cette ruse a marché, c’est qu’aussi de l’autre côté, les rusés ont leur lot. Entre le vizir du RFD qui en a perdu le sourire à force de rêver de la présidence, à n’importe quel prix, et les populaires et populistes de Tawassoul, le choix est large.
   
  De l’intelligence, on en trouve dans l’UFP qui ne participera pas aux élections, ayant eu la conviction que ces élections seront une “boucherie électorale” comme le dit Lô Gourmo, un des vice-présidents du parti. Et les accusations de fraude qui s’accumulent, depuis quelques semaines ne lassent pas d’inquiéter : entre la dame saisie à Arafat avec des dizaines de cartes d’identité et une somme importante, qui a mystérieusement disparu une fois amenée au commissariat, et les dernières accusations de l’APP qui pointent des inscriptions de maliens touaregs à Bassiknou, les inquiétudes de trucage électoral semblent justifiées; assez en tout cas, aux yeux des partis démissionnaires, qui estiment ne pas avoir eu les garanties d’élections crédibles, justes et transparentes.
   
  Car si gouverner c’est prévoir, l’UFP fait partie des trois seuls partis qui ont un vrai et détaillé programme de travail en cas d’arrivée au pouvoir. Les deux partis étant le front populaire de Chbih Ould Cheikh Melainine, et l’AJD-MR de Ba Mamadou Alsanne.
   
  Qu’on les aime ou pas, ils ont une posture pratique dans la façon dont les affaires mauritaniennes devraient être gérées, dans chaque secteur économique, dans chaque catégorie sociale. Après la vague de critiques, ils ont toujours des solutions concrètes à proposer. On peut critiquer ces solutions, ne pas être d’accord, mais elles ont été pensées, discutées, posées, comme un vrai parti doit être.
   
  Et justement, en parlant de programme et de gouvernance surtout, la ruse prévaut dans celle-ci depuis l’avènement des militaires. C’est la ruse qui a fait truquer les chiffres macroéconomiques rendus au FMI pendant 12 ans, avant que cela ne soit éventé il y a 8 ans. C’est encore la ruse aujourd’hui qui veut faire prendre des vessies pour des lanternes quand l’état et le FMI se gargarisent semestriellement des “performances économiques” du pays, sans se pencher sur la redistribution éventuelle de ces “performances”, ni même se pencher sur la façon dont ces chiffres ont été obtenus.
   
  Les caisses sont remplies c’est vrai, uniquement parce que l’argent n’est pas dépensé! On se rappelle l’an passé du commissariat à la sécurité alimentaire, qui à deux mois du terme de son exercice, n’avait pas dépensé 44% du budget alloué,  alors que le triangle de la pauvreté se trouvait dans une gravissime crise alimentaire, et que les organismes partenaires se démenaient pour trouver des sous! Cette institution de lutte contre la pauvreté n’était pas le seul dans ce cas.
Pour ces élections à venir, la ruse ayant joué son rôle, Bouki rira certainement bien, le temps de chauffer quelques strapontins à l’assemblée, en espérant qu’une quelconque intelligence soit à l’œuvre dans les méandres d’une Mauritanie oubliée de ses politiques.  
 
 
 MLK

Noorinfo

Conférence de presse de l’UFP: “Nous ne participerons pas a des élections unilatérales et mal préparées”

altLe parti de l’Union des Forces du Progrès a organisé le dimanche 13 octobre 2013 aux environs de 12 heures trente une conférence de presse dans son siège central de Nouakchott. Comme pour démontrer toute l’unité du parti par rapport à la décision du boycott que le bureau exécutif de l’UFP vient de prendre, le Président Mohamed Ould Maouloud était entouré des députés Moustapha Ould Bedredine et Kadiata Malik Diallo, respectivement secrétaire général du parti et membre du bureau exécutif et de l’ancien ministre Mohamed Ould Khlil entre autre hauts responsables de la formation. Dans son intervention, le Président Ould Maouloud a confirmé la décision de son parti de ne pas participer à des élections jugées unilatérales et très mal  préparées malgré un retard de plus de deux ans. Mais, a expliqué Ould Maouloud : « Notre décision de ne pas participer découle essentiellement de notre détermination à continuer à combattre le despotisme qui prévaut au pays depuis cinq ans. Mais aussi parce que nous nous insurgeons contre cette volonté manifeste d’exclure délibérément des Mauritaniens de ces élections à travers le refus d’enrôler plus d’un million de citoyens qui représentent un quart de la population. A titre d’exemple, pour les 30.000 Mauritaniens résidents en France seul un bureau de recensement a été ouvert. C’est pourquoi, seuls deux mille se sont enrôlés. Cela sans compter les autres Mauritaniens installés dans d’autres pays ». Selon Mohamed Ould Maouloud, la décision de boycott a été prise après un débat difficile, mais responsable entre les instances du parti. L’heure était grave puisque la décision de boycott constituait de gros sacrifices. Pour Ould Maouloud, l’UFP est l’un des rares partis voire le seul parti qui peut se prévaloir de six communes à l’intérieur du pays dont une commune régionale (Tidjikdja) qu’il dirige avec un autre parti, deux commune départementales (Boghé et Barkéol) et trois communes rurales (Moyt, Boulli et Tikobra). Selon Ould Maouloud : « Beaucoup d’autres opportunités d’en reconquérir d’autres se présentent encore à nous mais néanmoins nous avons décidé de boycotter après que nous ayons accepté d’aller au dialogue avec le pouvoir qui a démontré à travers ses agissements que ce n’était qu’une mise en scène. Nos députés sortants se sont aussi sacrifiés en acceptant de ne pas se présenter. Certainement qu’un parlement sans Kadiata Malik Diallo et sans Moustapha Ould Bedredine dont les brillantes prestations  ont régalé les téléspectateurs de la télévision nationale ne vaudra plus grand-chose. L’audimat de la TVM s’en ressentira fortement». Enfin, le Président Ould Maouloud a remercié les masses populaires de son parti d’avoir  respecté une décision aussi difficile que de boycotter des élections qui pouvaient leur offrir de très grandes opportunités d’occuper plusieurs conseils municipaux et de faire élire un bon groupe de députés.

 

Source: Le calame.