
De ce fait, on a parlé de printemps de velours au Maroc, contrairement à ses collègues maghrébins, comme la Tunisie et la Libye où la violence des confrontations entre manifestants et forces de l’ordre ont été de mise.
En début de semaine, Khira mint Cheikhani, professeur de relations internationales à l’Université de Nouakchott et secrétaire exécutive à l’Union pour la République (UPR), parti au pouvoir en Mauritanie déclarait que «les changements intervenus dans le monde arabe sont de deux sortes : un «printemps arabe» dur et un «printemps de velours», précisant que le premier se caractérise par ce qui s’est passé en Tunisie, en Egypte et en Libye et que le second correspond aux réformes qui ont été menées au Maroc et en Mauritanie».
Plutôt que d’invoquer comme Mme Mint Cheikhani des réformes qui n’existent pas, si ce n’est le contraire avec un durcissement de l’arbitraire en Mauritanie, d’autres raisons expliquent l’inertie des forces attendues du changement, qui auraient initié un vrai printemps révolutionnaire dans le pays.
En Mauritanie, où une classe moyenne commence à peine à émerger d’un douteux embryon depuis une demi-douzaine d’années, la structure sociale, est binaire : les très pauvres, et analphabètes, qui représentent plus de la moitié de la population et les quelques très aisés, qui représentent à peine 2% de la population ; au milieu, nage mollement une classe-qui-survit-quotidiennement, et qui n’a certainement pas le temps et le luxe de s’embarrasser de concepts révolutionnaires.
Dans ce cadre précis il n’est pas évident de faire fleurir des revendications. «Les besoins de bases (habitat, nourriture, travail, éducation) étant difficilement couverts, les gens ne peuvent pas se projeter dans des perspectives de contestation durable. Le quotidien ne leur permet pas» soutient Abdoulaye Sow, sociologue à l’université de Nouakchott.
D’autre part, les printemps arabes ont montré une conscience politique forte chez ces jeunes. On ne peut pas en dire autant au pays de la politique du ventre, où de jeunes formations politiques n’existent que dans la perspective d’une récompense du sommet de l’état. Les mouvements comme ceux du Sursaut ou de l’UD ont été remarquables par leur côté éphémère.
D’autres mouvements ont certes germé et tenu la dragée haute mais ont marqué par leur incapacité à se solidariser.
Des mouvements collectifs désunis- Que ce soit le mouvement du 25 février, ou celui de Touche pas à ma nationalité, ou encore des pseudo partis politiques de jeunes, qui se disaient indépendants, et qui ont de suite disparu des radars, tous ont en commun de représenter des intérêts particuliers à un moment donné. «Aucun n’a su inscrire son combat dans un cadre plus globale des jeunesses mauritaniennes, et porter un flambeau de changement» analyse froidement Abdel Vettah Ould Habib, membre du mouvement du 25 février.
«C’est que les communautés fractionnées et cloisonnées voient chacune leur perspective et leurs combats à livrer, d’abord. C’est une urgence sociale en premier lieu, comme ça a pu l’être quand TPMN a commencé à manifester contre le recensement en 2011, et qui n’a quasi-exclusivement rassemblé que des négro-mauritaniens» opine Alassane Dia, coordinateur de l’alter-TPMN.
La force des printemps arabes, que ne peut pour le moment se targuer d’avoir la Mauritanie, est d’avoir un peuple, avec un sentiment d’appartenance commune, guidé vers un même destin, et partageant les mêmes intérêts. Aucun de ces trois critères ne prévoit dans le schéma social et culturel mauritanien.
L’union faisant la force, une telle amorce commune aurait certainement fait vaciller le faible sommet de l’état. En Tunisie, ce sont des tunisiens qui ont fait la révolution, des égyptiens en Egypte. En Mauritanie ? Des groupes bien identifiés politiquement, communautairement, identitairement, culturellement, se sont dressés. «Coupés du reste du peuple, ils ne pouvaient que s’effilocher avec le temps» constate Birame Ould Abeid, président de l’initiative pour la résurgence abolitionniste. «Le combat contre l’esclavagisme que mène IRA cherche justement depuis un moment à sortir du cadre strictement harratine, et montrer à toutes les composantes communautaires que c’est une cause nationale, et que c’est une des raisons de la persistance des injustices criantes qui demeurent dans ce pays, notamment guidées par un puissant système de racisme d’état» explique-t-il.
En passant entre autres par le religieux. C’était l’un des sens de la mise en scène qu’il avait orchestré l’an passé, en incinérant des livres de rite malékite qui justifient l’esclavagisme. Une mise en scène que même Tawassoul avait condamné.
Une mouvance islamico-politique neuve- Tawassoul est la structure politique, qui espérait le plus bénéficier des retombées d’un inespéré «printemps mauritanien». Comme les mouvances islamico-politiques des pays où ces révolutions sont advenues, en ont profité, du fait de leur enracinement social et associatif, dans les milieux défavorisés depuis des décennies parfois, comme c’est le cas pour les frères musulmans en Egypte.
Contrairement au Maroc, à la Tunisie ou à l’Egypte surtout, où les frères musulmans font partie intégrante de la société et du panorama du pays depuis des décennies, la Mauritanie ne connaît l’apparition d’une mouvance religieuse, politique et sociale que depuis peu avec l’avènement de Tawassoul.
Elle n’a pas l’historique de ses collègues maghrébines ou égyptienne, fondus dans les tissus sociaux de ces pays depuis des lustres, et que les périodes électorales post-révolutions ont porté au pouvoir.
MLK
Notre camarade Dr Babah Ould Mohamed Aly, residant à Nouadhibou, a été convoqué le 21 février 2013 par le directeur regional de la sécurité de Dakhlet-Nouadhibou, à la suite d’un meeting de l’IRA tenu dans cette ville, pour se voir accusé de “collaboration avec des organisations racistes, étrangères et extrémistes”
Jai lu récemment un communiqué de Presse émanant de la Commission chargée de tenir les Etats généraux de l’Education et de la formation .
Biram Dah Abeïd a fustigé, mercredi soir (20 février), devant une foule en liesse à Atar, la campagne d’intoxication et de dénigrement orchestrée par des groupes dominants et esclavagistes qui n’ont pas eu l’effet escompté. « Ceci prouve que IRA a changé la donne idéologique et politico-social dans le pays et que pour vaincre IRA et son président, il va falloir que les groupes dominants puissent changer de stratégie et de tactique ». La Marche des harratines contre l’esclavage et pour la liberté a entamé, ce mercredi matin, à Atar, la seconde phase de sa randonnée après l’expédition, au cours du week end dernier, dans les régions du Nord à Nouadhibou et après la caravane de la route de l’espoir.
Communément appelé le Savant d’IRA, Ahmedou Habiboullah Alias El Mehdi a finalement rompu les amarres avec l’Initiative de Résurgence du Mouvement Abolitionniste qu’il a pourtant soutenue dans les moments les plus difficiles, notamment lors de l’épreuve de l’incinération des traités du rite Malékite qui a soulevé une véritable levée de boucliers et suscité l’emprisonnement pendant plusieurs mois du militant des droits de l’homme , Birame Ould Dah Ould Abeid. Jusqu’au jour où il quittera IRA, El Mehdi soutenait contre vents et marées et sur la base de Fatwas et d’écrits amplement étayés de Sourates et de Hadiths que les pratiques esclavagistes qui existent en Mauritanie n’ont aucun fondement légal et que l’Islam n’a rien à voir avec elles. C’est pourquoi, soutenait-il, il fait l’objet d’une véritable marginalisation au sein de sa tribu, de ses proches et même de sa famille. La presse pour laquelle il est devenu aujourd’hui un héros dont les propos inquisiteurs sont repris sur toutes les manchettes de journaux, les titres principaux des radios et télévisions nationales, n’a pourtant jamais accepté de faire sortir ses pertinentes analyses sur la légitimité du combat d’IRA, d’une part et le danger de l’entêtement des forces obscurantistes à continuer à nier des faits pourtant avérés, d’autre part. Au dernier meeting organisé par sa désormais ancienne organisation, El Mehdi décide de faire dissidence. Selon lui, Birame Ould Dah Ould Abeid, devenu subitement un diable, serait sur le point de procéder à l’incinération du Coran ! Aussi prétend t-il que celui-ci et sa femme baignent dans une opulence démesurée et brassent des sommes d’argent phénoménales. Déjà à Nouadhibou, les frictions ont commencé. Sans préavis, El Mehdi demande au Président Birame de présenter ses excuses aux populations. Devant le niet catégorique de Birame, El Mehdi se fâche ou fait semblant et s’efface. C’est la fin d’une idylle. Aujourd’hui, c’est le compte à rebours. El Mehdi mène une farouche campagne de diabolisation contre ses amis d’hier. Des indiscrétions sécuritaires rapportent que certains milieux lui préparent une rencontre à un très haut niveau. Une vieille politique de l’Etat : L’infiltration des mouvements, des formations politiques par des personnes qui s’avèrent n’avoir être que des taupes qui sont en véritable mission. Les jours à venir édifieront sur les dessous de cette histoire. Birame brûlera t-il le Saint Coran et El Mehdi aurait vraiment raison de l’avoir quitté, à temps d’ailleurs. Ou il n’en sera rien de cela et il s’avérera que l’ex savant d’IRA nourrit d’autres desseins que seul le pouvoir peut lui assurer et non une pauvre organisation d’esclaves et d’anciens esclaves sans argent et sans autorité . Toujours est il que comme le dit si bien Seydou Badian dans son roman « sous l’orage » : «Le séjour dans l’eau ne transforme pas le tronc d’arbre en crocodile».



