Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: February 2012

Du “coup d’Etat” manqué de 1987 à Inal, Jreida et Oualata

altLe 22 octobre 1987, Nouakchott se réveillait sous les rumeurs. Un coup d’Etat perpétré par des officiers négro-africains venait d’être déjoué selon les médias officiels, avares en information. 24 heures plutôt, raconte Boye Alassane Haraouna dans ‘J’étais à Oualata », le président Taya, mis au courant du putsch, téléphone à Ahmed Ould Minnih, lui demandant de faire le ménage au sein de ses troupes car un putsch était en cours de préparation. Qui a averti le président ?  Là, les spéculations vont bon train dans tout le Fouta ? Encore aujourd’hui, des personnes accusées d’avoir vendu la mèche limitent leurs déplacements le long du fleuve de peur du crachat populaire. Or, nul ne connaît encore aujourd’hui avec certitude comment le coup d’Etat fut déjoué. Dans la capitale et les villes  de l’intérieur, les spéculations vont bon train à propos de cet acte qui n’a eu le moindre début d’exécution. Jeune Afrique, rare organe d’information panafricaine titre «Les 14 points du coup d’Etat », affirmant sur la base d’un document obtenu auprès des autorités mauritaniennes que les auteurs du putsch entendaient déplacer la capitale du pays à Boghé et changer le nom de la monnaie nationale en «Mboudou ». Le quotidien français Le Monde parlera d’une «République du Walo » après l’exécution des présumés cerveaux du coup d’Etat.Dans le pays, c’est la course aux anathèmes. Les condamnations pleuvent. 15 jours après l’arrestation des putschistes, le MND dénoncera un «putsch pas comme les autres » dans une déclaration datée du 8 novembre 1987. En effet, c’était le premier coup d’Etat dirigé par des négro-africains. Environ 22 jours plus tard, les condamnations tombent. Les historiens se chargeront sans doute dans   quelques siècles de revenir sur le rôle passif ou actif joué par le MND dans les épisodes qui suivront ce coup d’Etat. Et, d’abord, s’agissait-il d’un coup d’Etat, s’interroge-t-on dans les salons négro-africains déjà éprouvés par une vague d’arrestations sans précédent de ses intellectuels et de ses cadres ? La question pendante de la réforme agraire, puis la publication en avril 1986 «du manifeste du négro-africain opprimé » qui reprenait mot à mot le manifeste écrit par des cadres noirs en 1966 avaient cristallisé les rapports entre le régime de Maouiya Ould Sidi Ahmed Taya et le fleuve. Le Rais qui avait été alors interpellé sur la question par le Burkinabé Thomas Sankara en marge d’un sommet de l’Organisation de l’Unité Africaine ne pardonnait pas ce qu’il considérait comme un affront.
 Aussi beaucoup d’intellectuels pensaient que le coup d’Etat de 1987 était le prétexte idoine pour opérer des purges dans l’armée. Les trois officiers présumés responsables du coup d’Etat sont condamnés et exécutés en décembre de la même année, 6 jours avant le quatrième anniversaire de l’arrivée du président Ould Taya au pouvoir. Nul ne connaît aujourd’hui où sont enterrés le Capitaine Bâ Seydi, ancien commandant de la base navale de la capitale, Sarr Amadou et Sy Saidou, anciens officiers d’Etat major. Dans la foulée d’un procès sommaire   et à huis clos, une quarantaine de personnes sont lourdement condamnées. Parmi elles, 37 officiers écopant de peine allant de 5 ans à la perpétuité. Le Colonel Amadou Babaly , ministre de l’intérieur jusqu’en décembre 1986 puis chef d’Etat major est acquitté de justesse, sa responsabilité n’ayant pas pu être établie. En janvier 1988, soit quelques semaines après l’exécution, 500 à 1000 sous officiers négro-africains ont été radiés de l’Armée, de la gendarmerie et de la garde nationale. Malgré une abondante littérature, le coup d’état de 1987 continue de garder sa part de mystère. L’affaire intervient quelques mois après les arrestations de nombreux cadres négro-africains comme le témoigne l’historien Ibrahima Abou Sall, arrêté le 4 septembre 1986 dans la grande purge d’intellectuels et de cadres négro-africains accusés d’avoir publié le «Manifeste du Négro-Mauritanien opprimé ». L’historien qui fut sévèrement torturé écrit : « il fallait que j’avoue que je faisais partie des auteurs du manifeste et que nous préparions un coup d’Etat en vue d’instaurer en Mauritanie un régime des noirs, aidés en cela par Israël ». Ainsi, une année avant le présumé putsch, l’accusation était déjà porté contre beaucoup d’intellectuels : «le procès du 14 septembre fut le premier d’une série qui se déroulèrent dans les principales villes du pays.

A ce premier, nous étions 23. Ce fut une véritable parodie de justice, depuis l’instruction jusqu’à la condamnation »., écrit Ibrahima Abou Sall, compagnon d’infortune de feu Saidou Kane. N’ayant pas été autorisés à consulter les dossiers de leurs clients, l’ensemble des avocats préféra boycotter le procès. Tous furent condamnés à 5 ans de prison ferme avec amende, déchéance des droits civiques et politiques et interdiction de séjours dans toutes les régions administratives sauf dans le sud et ceci pendant 10 ans. Le coup d’Etat de 1987 interviendra alors que ces personnes, accusées d’en fomenter un étaient déjà en prison. La plupart seront conduites dans le fort de Oualata à l’Est de la Mauritanie. Les horreurs de la détention sont décrites par Boye Alassane, ancien détenu aujourd’hui en exil dans son livre choc : j’étais à Oualata. C’est là que seront décédés, entre août et septembre 88, dans des conditions atroces, l´adjudant-chef Ba Alassane Oumar, l’écrivain Téne Youssouf Guèye, qui fut représentant de la Mauritanie à l’ONU en 1963. Egalement décédé, Djigo Tafsirou, ancien ministre de la Santé. Le lieutenant de génie Bâ Abdoul Ghoudouss livré froidement par l’Etat algérien alors qu’il était en stage dans ce pays voisin n’échappera pas lui non plus aux séances de torture. L’indignation de l’opinion internationale est venue trop tard comme d’habitude. Mais n’eut été les ONG et surtout Amnesty International, Africa Watch, la FIDH, la faucheuse n’aurait épargné personne à Oualata.

Mauritanies1

Nouakchott : Etudiantes détenues, les mères en sit-in, des domiciles d’étudiantes perquisitionnés (témoignages)

ALAKHBAR (Nouakchott)- «Libérez nos filles», ont scandé, ce matin, les mères des étudiantes détenues dans le commissariat du Ksar I, suite aux récentes grèves qui ont secoué l’Université de Nouakchott. Six filles, au total, sont retenues, certaines depuis une semaine, dans ledit commissariat. Il s’agit de Khadijetou Ngaïdé, Kadiata Bocar Ba, Amy Dieng, Anthiata Diagana, Fatimata Diop dite Coumbis et Mariam Ball. Sont aussi arrêtés avec qu’elles des garçons dont Bouyaga Sall, Souleymane kébé, Al Housseinou Diouh, Omar Camar et Bocar Diagana. «Il y a des filles et des garçons qui sont là, mais généralement dans le contexte mauritanien arrêter une fille et la faire dormir au commissariat c’est quelque chose qu’on ne connait pas.», a confié à Alakhbar, Lalla Aïcha Ouédrago, une militante des droits de l’homme venue soutenir les mères.

«Les filles peuvent rentrer chez-elles et revenir chaque jour, s’ils veulent, jusqu’à la fin de leur interrogatoire. Mais dormir dans ses conditions c’est vraiment quelque chose que nous ne souhaitons pas», a-t-elle ajouté. Et pour les mères, le seul mot d’ordre est : «Nous ne bougerons pas d’ici tant que nos filles ne sont pas libérées.» «La police a perquisitionné des maisons hier entre 20 et 21 heures et arrêté des filles qui seraient soi-disant des militantes ; oui nous sommes militantes pour réclamer nos droits. Et si la police continue ses arrestations barbares, nous serons prêts à arracher nos droits, a déclaré Ba Fatimata, membre du syndicat d’étudiants SNEM.

«La police est même venue me chercher chez-nous, mais ne m’a pas trouvée, a-t-elle confié à Alakhbar en marge d’un sit-in des mères des étudiantes détenues dans le commissariat du Ksar I. Et Ba Fatimata de déplorer le fait qu’ «être étudiant est devenu un crime.»Et une autres étudiante d’ajouter : «Hier vers 21 heures et quelques, des éléments des la police ont perquisitionné des domiciles et arrêté Anthiata Diagana et Coumbis. Ce n’est pas normal ; nous sommes des étudiants. Nous ne sommes ni des criminels ni des terroristes pour qu’on nous chasse. Par contre, nous usons notre droit le plus absolu, celui de grève. Si cependant les étudiants mauritaniens n’ont plus ce droit, que les autorités nous le disent. Là, on saura alors que nous ne sommes pas dans un Etat de droit. J’espère d’ailleurs qu’elles auront assez de place pour accueillir tous les étudiants mauritaniens dans leurs commissariat.»

IRA:Une défection à l’heure des comptes !

Alakhbar(Nouakchott)- Des membres de Initiative de la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA- Mauritanie),ont déclaré ce soir au cours d’une conférence de presse qu’ils ont tenu à Nouakchott , leur divorce avec leur compagnon de route Birame Ould Dah Ould Abeidi.

Les transfuges ont justifié leur démarche par une gestion “chaotique et opaque” du mouvement, selon un communiqué parvenu à Alakhbar.

le groupe dissident souligne, qu’il n’est pas un secret pour celui qui évolue au sein de cette initiative que celle-ci reste caractérisée par ce qui suit :

– Gestion unilatérale du mouvement
– Personnification de l’initiative
– Absence de concertation et de dialogue sur les problèmes,
– Dictature permanente,
– Gestion non transparente des biens de l’Ira,
– Absence de comptes rendus des voyages et des finances,
– Discours extrémiste entretenu,
– Absence de réunion du bureau exécutif depuis 2010,
– Dérives politiques pour un mouvement de droits de l’homme,
– Absence d’organisation de méthode et de stratégies.

URGENT: L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme s´inquiéte sur le sort de Bathily Bakari

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en MauritanieDescription de la situation: 

L’Observatoire a été informé par l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH) de la disparition de M. Bakary Bathily, secrétaire général du Syndicat national des étudiants de Mauritanie depuis le 2 février 2012. 

 

Selon les informations reçues, M. Bakary Bathily, alors qu’il était activement recherché par la police, reste porté disparu depuis le 2 février 2012, date à laquelle ses proches ont été pour la dernière fois en contact avec lui. Les raisons de cette recherche restent à ce jour non communiquées ni par la police, ni par le procureur de la République. Ce jour, les autorités ont violemment dispersé à coups de matraques et de grenades lacrymogènes un sit-in organisé par plusieurs étudiants devant l’Université de Nouakchott afin de réclamer l’amélioration de leurs conditions d’études. Treize étudiants ont été arrêtés et interrogés sur la localisation de M. Bakary Bathily, bien que celui-ci n’ait pas participé au sit-in, avant d’être libérés sans charge le 9 février.

 L’Observatoire s’inquiète pour le respect de son intégrité physique et psychologique, compte tenu des mauvais traitements que M. Bathily a subis au commissariat de police de Kaédi lors d’une précédente arrestation le 24 septembre 2011 en marge d’une manifestation de jeunes qui protestaient contre la procédure irrégulière d’enrôlement[1], qui avaient conduit à son hospitalisation pendant un mois en raison d’un traumatisme crânien et de la perte complète de sa dentition[2]Actions requises :  L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :  i.Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Bakari Bathily et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;  ii.Prendre toutes les mesures nécessaires pour localiser M. Bakari Bathily et procéder, le cas échéant, à sa libération immédiate et inconditionnelle ; iii.Mener sans délais une enquête exhaustive, indépendante, effective, rigoureuse, impartiale et transparente quant aux faits décrits ci-dessus, afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal indépendant, compétent et impartial conformément aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi ; iv.Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de M. Bakari Bathily ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ; v.Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement :- son article 1 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international” ;- et son article 12.2 qui prévoit que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;  vi.Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie.  

Adresses :  

·         S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Ministère du Secrétariat Général à la Présidence, B.P.184- Nouakchott, Tél : 00 222 525 70 29 ; Fax : 00 222 525 85 52

·         M. Mohamed Ould Boilil, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie : BP 195 – Nouakchott – Mauritanie – Téléphone : + 222 525 15 84 ; fax : + 222 529 09 89 mail : mmelhadi@interieur.gov.mr; leminesidi@yahoo.fr

·         Me Abidine ould El Khaire, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, B.P.350- Nouakchott, Tél : 00222 5258204/7002, Fax : 00 222 525 70 02

·         M. Ba Koita Mariam, Président, Commission nationale des droits de l’Homme, Email: bkoita2000@yahoo.fr

·         M. Cheikh Tourad Ould Abdel Malick, Directeur des droits de l’Homme, Commission nationale des droits de l’Homme, Email: ctmohamed2000@yahoo.fr

Crise universitaire : Détention et “torture” d’étudiantes noires

altDes étudiantes de l’université de Nouakchott,” toutes de la communauté négro-africaine, sont détenues depuis quelques jours dans différents commissariats de police de Nouakchott” et maltraitées, voire torturées et humiliées dans certains cas, selon leurs parents. “Jamais, et dans aucune circonstance, cette même police ne se permettrait de traiter ainsi des étudiantes maures” soutient d’emblée Souleymane Kebe, chargé des relations extérieures du syndicat national des étudiants mauritaniens (SNEM). Une ligne a été clairement franchie par les autorités selon le syndicat, qui n’avait “jamais eu de rapports de la sorte après arrestations de filles”. Certaines auraient été frappées, même humiliées, à moitié déshabillées. Parmi elles, Kadiata Ba, étudiante en 3ème année de droit qui a été «raflée avec deux autres étudiantes alors qu’elles rentraient chez elles» a affirmé Ba Bocar Amadou, son père. “Je me suis présenté dans les locaux du commissariat de Dar Naim II où ma fille est gardée à vue, et où elle aurait visiblement subi des tortures cruelles” continue le père.

Bâ Bocar Amadou affirme ne “pas comprendre ni les motifs de ces arrestations, ni l’orientation que cela semble avoir”. “Je suis choqué par la détention de filles dans des conditions suspectes et j’appelle à la libération immédiate» de toutes les étudiantes.

«Je n’ai jamais vu un tel manque d’égard pour des étudiantes et que dans les pires des circonstances d’agitations universitaires, un tel traitement n’a jamais été réservé à des filles», s’exclame-t-il.

Sur les réseaux sociaux, les groupes de soutien se sont vite montés, et les choses prennent l’allure de “nouvel apartheid” pour Sow Yera, ou encore on évoque “une déclaration de guerre contre les noirs de la Mauritanie”.

L’arrestation de la secrétaire adjointe du SNEM, Khadjetou N’Gaïndé Boun Oumar survolte les étudiants et de plus en plus au-delà, qui voient dans l’union de toutes les composantes associatives, politiques contestataires éprises d’une Mauritanie unie et égalitaire, la seule solution pour barrer la route à un “général putschiste raciste” dit avec force Hussein Thiam sur le site communautaire Facebook.

Noorinfo avec Al Akhbar

Noor Info