Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Daily Archives: 15/02/2012

URGENT: L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme s´inquiéte sur le sort de Bathily Bakari

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en MauritanieDescription de la situation: 

L’Observatoire a été informé par l’Association mauritanienne des droits de l’Homme (AMDH) de la disparition de M. Bakary Bathily, secrétaire général du Syndicat national des étudiants de Mauritanie depuis le 2 février 2012. 

 

Selon les informations reçues, M. Bakary Bathily, alors qu’il était activement recherché par la police, reste porté disparu depuis le 2 février 2012, date à laquelle ses proches ont été pour la dernière fois en contact avec lui. Les raisons de cette recherche restent à ce jour non communiquées ni par la police, ni par le procureur de la République. Ce jour, les autorités ont violemment dispersé à coups de matraques et de grenades lacrymogènes un sit-in organisé par plusieurs étudiants devant l’Université de Nouakchott afin de réclamer l’amélioration de leurs conditions d’études. Treize étudiants ont été arrêtés et interrogés sur la localisation de M. Bakary Bathily, bien que celui-ci n’ait pas participé au sit-in, avant d’être libérés sans charge le 9 février.

 L’Observatoire s’inquiète pour le respect de son intégrité physique et psychologique, compte tenu des mauvais traitements que M. Bathily a subis au commissariat de police de Kaédi lors d’une précédente arrestation le 24 septembre 2011 en marge d’une manifestation de jeunes qui protestaient contre la procédure irrégulière d’enrôlement[1], qui avaient conduit à son hospitalisation pendant un mois en raison d’un traumatisme crânien et de la perte complète de sa dentition[2]Actions requises :  L’Observatoire vous prie de bien vouloir écrire aux autorités mauritaniennes en leur demandant de :  i.Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Bakari Bathily et de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ;  ii.Prendre toutes les mesures nécessaires pour localiser M. Bakari Bathily et procéder, le cas échéant, à sa libération immédiate et inconditionnelle ; iii.Mener sans délais une enquête exhaustive, indépendante, effective, rigoureuse, impartiale et transparente quant aux faits décrits ci-dessus, afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal indépendant, compétent et impartial conformément aux instruments internationaux et régionaux de protection des droits de l’Homme, et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi ; iv.Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de M. Bakari Bathily ainsi que de l’ensemble des défenseurs des droits de l’Homme en Mauritanie ; v.Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement :- son article 1 qui stipule que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation de tous les droits de l’Homme et de toutes les libertés fondamentales aux niveaux national et international” ;- et son article 12.2 qui prévoit que “l’Etat prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration” ;  vi.Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par la Mauritanie.  

Adresses :  

·         S.E M. Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie, Ministère du Secrétariat Général à la Présidence, B.P.184- Nouakchott, Tél : 00 222 525 70 29 ; Fax : 00 222 525 85 52

·         M. Mohamed Ould Boilil, Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation de la République Islamique de Mauritanie : BP 195 – Nouakchott – Mauritanie – Téléphone : + 222 525 15 84 ; fax : + 222 529 09 89 mail : mmelhadi@interieur.gov.mr; leminesidi@yahoo.fr

·         Me Abidine ould El Khaire, Ministre de la Justice de la République Islamique de Mauritanie, B.P.350- Nouakchott, Tél : 00222 5258204/7002, Fax : 00 222 525 70 02

·         M. Ba Koita Mariam, Président, Commission nationale des droits de l’Homme, Email: bkoita2000@yahoo.fr

·         M. Cheikh Tourad Ould Abdel Malick, Directeur des droits de l’Homme, Commission nationale des droits de l’Homme, Email: ctmohamed2000@yahoo.fr

Crise universitaire : Détention et “torture” d’étudiantes noires

altDes étudiantes de l’université de Nouakchott,” toutes de la communauté négro-africaine, sont détenues depuis quelques jours dans différents commissariats de police de Nouakchott” et maltraitées, voire torturées et humiliées dans certains cas, selon leurs parents. “Jamais, et dans aucune circonstance, cette même police ne se permettrait de traiter ainsi des étudiantes maures” soutient d’emblée Souleymane Kebe, chargé des relations extérieures du syndicat national des étudiants mauritaniens (SNEM). Une ligne a été clairement franchie par les autorités selon le syndicat, qui n’avait “jamais eu de rapports de la sorte après arrestations de filles”. Certaines auraient été frappées, même humiliées, à moitié déshabillées. Parmi elles, Kadiata Ba, étudiante en 3ème année de droit qui a été «raflée avec deux autres étudiantes alors qu’elles rentraient chez elles» a affirmé Ba Bocar Amadou, son père. “Je me suis présenté dans les locaux du commissariat de Dar Naim II où ma fille est gardée à vue, et où elle aurait visiblement subi des tortures cruelles” continue le père.

Bâ Bocar Amadou affirme ne “pas comprendre ni les motifs de ces arrestations, ni l’orientation que cela semble avoir”. “Je suis choqué par la détention de filles dans des conditions suspectes et j’appelle à la libération immédiate» de toutes les étudiantes.

«Je n’ai jamais vu un tel manque d’égard pour des étudiantes et que dans les pires des circonstances d’agitations universitaires, un tel traitement n’a jamais été réservé à des filles», s’exclame-t-il.

Sur les réseaux sociaux, les groupes de soutien se sont vite montés, et les choses prennent l’allure de “nouvel apartheid” pour Sow Yera, ou encore on évoque “une déclaration de guerre contre les noirs de la Mauritanie”.

L’arrestation de la secrétaire adjointe du SNEM, Khadjetou N’Gaïndé Boun Oumar survolte les étudiants et de plus en plus au-delà, qui voient dans l’union de toutes les composantes associatives, politiques contestataires éprises d’une Mauritanie unie et égalitaire, la seule solution pour barrer la route à un “général putschiste raciste” dit avec force Hussein Thiam sur le site communautaire Facebook.

Noorinfo avec Al Akhbar

Noor Info