Daily Archives: 21/02/2012
Mauritanie: Libération de 13 étudiants dont 5 filles
ALAKHBAR (Nouakchott) – Les autorités viennent de libérer l’ensemble des étudiantes détenues, au nombre de 5, en plus de 8 des étudiants, et ce après leurs comparution ce mardi devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dizaines des étudiants de l’université de Nouakchott, arrêtés suite aux récentes émeutes universitaires, ont été déférés aujourd’hui devant le Procureur de la République à Nouakchott.
Dans le même temps les forces de l’ordre ont dispersé un sit-in des membres du Comité de soutien auxdits étudiants, devant le Palais de justice.
Seuls ont étaient permis de rentrer dans le Palais les avocats ; Maîtres Fatimata Mbaye, Ahmed Salem Ould Bouhoubeina, El Hadj Diqllo, qui constituent le collectif de défense des étudiants et l’activiste des droits de l’homme Lalla Aïcha Ouedrago.
Ould Taya, l’écrivain
On le savait officier de l’armée, l’homme qui a bâti un système si fort qu’il ne pouvait être menacé que par l’entourage très immédiat, on le découvre aussi écrivain et visionnaire. L’ancien Président Maouiya Ould Taya (1984-2005) vient de publier un livre sur le printemps arabe. Sous le titre : «Le Salut des Arabes» Ould Taya présente à travers des échanges avec des journalistes, sa vision des défis qui assaillent la nation arabe et l’incapacité de celle-ci à accompagner l’évolution du monde moderne et être gouvernée démocratiquement. Maouiya, consacre une partie de son œuvre aux espoirs et inquiétudes soulèvées par le printemps arabe.
Tahalil-hebdo
Le procureur dira-t-il aux étudiants : “je ne veux plus vous voir devant moi !” ?
En réaction à ce qui se passe entre les autorités et les étudiants, négro africains pour la plupart d’entre eux, le Forum des Organisations Nationales des Droits de l’Homme a écrit ce qui suit dans une déclaration rendue publique dimanche 19 février 2012 :
« Le 14 février 2012, lors d’une manifestation pacifique organisée par les étudiants pour exiger la libération de leurs camarades détenus dans les différents commissariats de la ville, dix étudiants ont été arrêtés manu militari et gardés au commissariat central de police (parmi eux figuraient le journaliste Dialtabé Diop – qui a été insulté et brutalisé, son matériel saisi malgré qu’il ait présenté sa carte de presse – avec huit militants de l’IRA qui ont été par la suite libérés).
Une vingtaine d’étudiants dont sept (7) filles sont restés aux mains de la police, éparpillée dans les divers commissariats de la ville. Certains ont été libérés le 18 février dont : Tidiane Yeli Ball dite Mariem Bal, Ami Dieng, Kadiata Bocar Bâ ; mais d’autres ont également été arrêtés le même jour.
Aujourd’hui, dimanche 19 février 2012, à notre connaissance, vingt (20) étudiants restent arrêtés :- Six (6 ) filles : Kardiata NGaïdé, Fatimata Diop, Anthita Diagana, Haby Sow, Khadijétou Kébé, Fatimata Konté :- Quatorze (14) : Bouyagui Sall, Kébé Souleymane, Abdarahmane Camara, Lô Idrissa Sow, Boubou Diam, Oumar Harouna Camara, Djiby Sall, Badi Sall, Hassane Lô, Ahmedou Ould Boudaha, Mountaga Thiam, El Ketoum Sedigh, Abdallahi Ould M’Ballé, Oumar M’Baye. »
Les faits sont flagrants : les filles retenues dans les commissariats et interdites de visites de leurs parents sont toutes issues de la communauté négro-africaine. Même chose pratiquement pour les garçons. Les organisations de droits de l’homme ont dénoncé des arrestations sélectives. Les faits sont d’autant plus flagrants que pour avoir revendiqué des augmentations de bourses et de meilleures conditions académiques, ces pauvres étudiants noirs se sont vu assaillir par des hordes de policiers antiémeutes et extraire violemment de leur campus pour être conduits dans des commissariats.
Il y a quelques semaines d’ailleurs, alors qu’elles cherchaient le jeune Bakary Batchily, un étudiant que les forces de l’ordre s’étaient donné du plaisir à brutaliser presque mortellement à Kaédi quelques mois plus tôt, les autorités ont interpellé le leader de Touche Pas à Ma Nationalité. Wane Abdoul Birane se verra mettre dans le même sac que les étudiants et se fera soupçonner d’intelligence avec ces jeunes étudiants que la police a pris le soin d’accuser d’outrages à des symboles de l’Etat (drapeau et monnaie nationale)…Il se verra ensuite conduire devant le procureure qui lui dira tout bonnement : « cherchez une autorisation pour votre mouvement! Je ne veux plus vous voir devant moi ».
Eh bien c’est exactement peut-être la même chose que le procureur doit dire aux pauvres étudiants qui sont restés plusieurs jours dans les commissariats et qui vont passer devant lui ce mardi ou un autre jour. C’est en effet d’un simple revers de la main que notre cher procureur doit évacuer cette drôle d’affaire. On le voit mal décider d’envoyer en prison les enfants de ces pauvres mauritaniens et mauritaniennes qui n’ont pas eu la possibilité d’envoyer leur filles et leurs fils dans les universités à l’étranger, ni de les inscrire dans les instituts et facultés privées d’ici…Alors condamner ces jeunes serait la pire des injustices. Surtout qu’ils ont subi les coups de poings, de matraques et de lacrymogènes assénés par la police avant d’aller grelotter dans les cachots sombres des commissariats souvent très peu propres. On ne parle même pas des conditions dans lesquelles ils ont dû s’efforcer de manger les nourritures envoyées par les parents mais qui passaient sous des mains contrôleuses pour être remuées de la façon la plus dégueulasse !
Alors pour ne pas être taxé de racisme, il vaut mieux monsieur le procureur laisser ces pauvres étudiantes et leurs frères rentrer à la maison. Car il serait aberrant qu’ils puissent être reconnus coupables d’avoir « brûlé un drapeau ou des bus. » Ce serait une ineptie de les croire capables de déchirer un billet de banque ! Ils ne faisaient que demander une petite augmentation de bourse. Laissez les rentrer à la maison, ils sont incapables de faire du mal à une mouche. Ils ne se promènent avec aucune arme pour ça.
Kissima Diagana-Journaliste.
Crises sociales : Haro sur le SNEM
Depuis le début des agitations à l’université, la police semble s’être donnée comme mission de neutraliser tous les éléments qui s’activent dans l’animation de la contestation. Elle a ainsi opéré plusieurs coups de filets contre des étudiants de tous bords.
L’année 2012 a commencé par des troubles sociaux qui n’arrêtent pas d’indisposer les pouvoirs publics. Derniers événements en date, ceux-là qui proviennent du monde estudiantin. C’est dans ce cadre que des dizaines d’étudiants de l’ISERI et d’autres de l’université, pour la plupart proches de la mouvance islamique, ont été mis au violon pendant quelques jours à la fin janvier. D’autres jeunes, affiliés au Mouvement du 25 Février ont été, eux aussi, violemment matés et interpellés pendant quelques heures à la suite d’une manifestation organisée, le 11 février.
Ce jour du 11 février, la manifestation du Mouvement du 25 Février coïncidait avec une imposante action contestataire organisée par les étudiants de l’université de Nouakchott pour protester contre l’exclusion de leurs collègues et l’organisation par l’administration des facultés d’examens partiels, ce qui entérinerait, de facto, la décision de l’exclusion contestée.
Comme d’habitude, ici aussi, la police n’y ira pas du dos de la cuillère, d’autant qu’un grave acte de violence a été commis. Il s’agit, en l’occurrence de l’incendie de 4 bus de transport public dont les auteurs courent toujours. Même si cet acte s’est produit loin de la scène des manifestations et à deux heures avant le début du rassemblement des étudiants et des activistes du 25 Février, la police semble croire dur comme fer que les agitateurs de la scène seraient derrière le crime. De leur part, les étudiants et les activistes du 25 Février condamnent l’acte et rendent la police et le pouvoir qui pourraient, selon eux, être derrière cet acte pour discréditer leur action pacifique. Des arrestations furent opérées dans tous les milieux estudiantins.
Après moins de 48 heures de leur détention, les jeunes du 25 Février, dont une forte majorité constituée essentiellement d’enfants de la bourgeoisie, sont libérés après d’énormes pressions de la rue, entretenues notamment par les partis d’opposition et les organisations des défense des droits de l’homme.
Rapidement, la police changera son fusil d’épaule. Au lieu de pourchasser tous les étudiants ou d’entrer en discussions avec eux pour apaiser la situation, elle décide de s’acharner contre les étudiants affiliés au Syndicat National des Etudiants de Mauritanie (SNEM). Elle mènera des actions de répression contre eux, procédera à des poursuites dans les rues et opérera des arrestations anarchiques. Elle installera la terreur même dans les domiciles des parents des étudiants qu’elle violera sans aucun scrupule, parfois tard dans la soirée. Ceci est arrivé à la SOCOGIM, à El Mina, dans les Medina et à la Capitale. Plusieurs dizaines d’étudiants, dont 8 filles, seraient détenus dans des conditions particulières voire indignes dans des commissariats de Nouakchott. Les familles ne sont pas informées et tous ceux qui s’aventurent à se présenter dans un commissariat localisé sont systématiquement repoussés. Tous les étudiants arrêtés n’ont pas été localisés. Nombre d’entre eux ont disparu de la scène sans laisser de trace et nul ne sait encore où ils se trouvent, tout contact avec eux étant perdu. On accuse une nouvelle unité spéciale de la police, chargée d’opérer des arrestations clandestines d’avoir enlevé ces jeunes. On évoque notamment la disparition depuis quelques jours du SG du SNIM, Bathily Bakary que la police recherchait depuis quelque jours. Le jeune a disparu de la circulation. Pour éviter l’arrestation, beaucoup d’étudiants ont déserté leurs domiciles pour se réfugier chez des proches. Certains étudiants ne se gênent plus pour parler d’une attitude digne de militants du KKK au sein de la police dont certains agents tiennent des propos injurieux et racistes contre eux.
Face à cette situation, les partis politiques et des associations des droits de l’homme semblent faire le blocus, gardant un silence coupable. Sommes-nous en train de vivre une préparation psychologique de l’opinion à un 89 bis comme seul rempart contre les prémices de la révolution des jeunes qui se profile à l’horizon ???
MOMS- L´Authentique
Sit-in devant le commissariat de Ksar 1 : Les mamans réclament la libération de leurs filles étudiantes
” Nous ne voudrions pas que nos filles s’éternisent et dorment dans le commissariat de police”.Les alentours du Commissariat de Ksar 1 ont été envahis, mercredi 15 février 2012 par des groupes de femmes qui y ont organisé un sit-in pour réclamer la libération de leurs filles dont certains sont détenues depuis six jours suite à la série d’arrestations des étudiants de l’Université de Nouakchott. Elles étaient près d’une centaine de femmes à brandir des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les mots ” LIBEREZ NOS FILLES devant le Commissariat de Ksar1 dans la journée du mercredi. Interrogée sur l’objet de leur sit-in, Mme Lalla Aîcha, Militante des droits de l’homme a affirmé : ” je suis là avec les mères des étudiantes arrêtées lors des manifestations pacifiques à l’Université de Nouakchott. Ces dernières ont arrêtées il y a plusieurs jours sans qu’aucune nouvelle d’elles ne soit parvenue à leurs familles “.
Nous sommes des mères, des sœurs, dira-t-elle, en substance ajoutant ” nous voulons leur libration même si ça doit s’effectuer sous caution ou sous garantie pour qu’elles rentrent chez elles et au moment venu ils pourront les rappeler et continuer leurs enquêtes “. Et de poursuivre : “ nous ne voudrions pas que nos filles s’éternisent et dorment dans le commissariat parce que nous n’avons pas confiance “.
Pour Mme Aissata Diary Sall, mère d’une détenue, ” organiser une manifestation pacifique dans l’enceinte de l’Université est un droit connu, mais arrêter des filles et les faire dormir dans des commissariats pendant plusieurs jours, ça sort de l’ordinaire “.
” Si on interroge le commissaire ou l’inspecteur, sur les raisons d’un tel état de fait, ils nous répondent que les ordres viennent d’en haut. Nous voudrons bien savoir où se trouve de là-haut “ ajoute Coumba, une autre mère de fille détenue qui fera ensuite remarquer que tant que els filles sont détenues, ses camarades et elles resteront dans la rue. Et Ramatoulaye, mère d’une détenue d’ajouter : ” nous sommes des femmes et nous savons les problèmes des femmes… Alors qu’ils laissent nos filles dormir à coté de leurs mamans même se elles doivent se presenter chaque jour au Commissariat “.
Cheikh Oumar N’Diaye.L´AUTHENTIQUE




