Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Nouakchott : Etudiantes détenues, les mères en sit-in, des domiciles d’étudiantes perquisitionnés (témoignages)

ALAKHBAR (Nouakchott)- «Libérez nos filles», ont scandé, ce matin, les mères des étudiantes détenues dans le commissariat du Ksar I, suite aux récentes grèves qui ont secoué l’Université de Nouakchott. Six filles, au total, sont retenues, certaines depuis une semaine, dans ledit commissariat. Il s’agit de Khadijetou Ngaïdé, Kadiata Bocar Ba, Amy Dieng, Anthiata Diagana, Fatimata Diop dite Coumbis et Mariam Ball. Sont aussi arrêtés avec qu’elles des garçons dont Bouyaga Sall, Souleymane kébé, Al Housseinou Diouh, Omar Camar et Bocar Diagana. «Il y a des filles et des garçons qui sont là, mais généralement dans le contexte mauritanien arrêter une fille et la faire dormir au commissariat c’est quelque chose qu’on ne connait pas.», a confié à Alakhbar, Lalla Aïcha Ouédrago, une militante des droits de l’homme venue soutenir les mères.

«Les filles peuvent rentrer chez-elles et revenir chaque jour, s’ils veulent, jusqu’à la fin de leur interrogatoire. Mais dormir dans ses conditions c’est vraiment quelque chose que nous ne souhaitons pas», a-t-elle ajouté. Et pour les mères, le seul mot d’ordre est : «Nous ne bougerons pas d’ici tant que nos filles ne sont pas libérées.» «La police a perquisitionné des maisons hier entre 20 et 21 heures et arrêté des filles qui seraient soi-disant des militantes ; oui nous sommes militantes pour réclamer nos droits. Et si la police continue ses arrestations barbares, nous serons prêts à arracher nos droits, a déclaré Ba Fatimata, membre du syndicat d’étudiants SNEM.

«La police est même venue me chercher chez-nous, mais ne m’a pas trouvée, a-t-elle confié à Alakhbar en marge d’un sit-in des mères des étudiantes détenues dans le commissariat du Ksar I. Et Ba Fatimata de déplorer le fait qu’ «être étudiant est devenu un crime.»Et une autres étudiante d’ajouter : «Hier vers 21 heures et quelques, des éléments des la police ont perquisitionné des domiciles et arrêté Anthiata Diagana et Coumbis. Ce n’est pas normal ; nous sommes des étudiants. Nous ne sommes ni des criminels ni des terroristes pour qu’on nous chasse. Par contre, nous usons notre droit le plus absolu, celui de grève. Si cependant les étudiants mauritaniens n’ont plus ce droit, que les autorités nous le disent. Là, on saura alors que nous ne sommes pas dans un Etat de droit. J’espère d’ailleurs qu’elles auront assez de place pour accueillir tous les étudiants mauritaniens dans leurs commissariat.»

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