Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: January 2016

L’éditorial du calame: Bonne année pour les autruches?

altIl est de coutume, quand une nouvelle année commence, de faire des vœux. Prêtons-nous donc au jeu. Prions pour que 2016 soit meilleure que 2015. Pour que le climat général soit moins morose. Que la situation économique s’améliore. Que les prix du fer et de l’or redressent le nez.  Qu’il y ait moins de vols, de viols et de braquages. Que les routes soient moins dangereuses. Que l’agriculture donne, enfin, un riz de bonne qualité. Que l’hivernage soit bon. Qu’il y ait moins de gabegie ou qu’elle soit moins sélective. Que Polyhone  Dong plie bagages. Que les sociétés d’Etat soient mieux gérées. Qu’il y ait moins de chômage des jeunes. Que le Trésor public puisse faire face au service de la Dette et aux engagements de l’Etat. Que le Président voyage moins souvent et plus utilement. Que les anciens militaires soient moins présents dans la vie de tous les jours. Qu’on ne parle plus de dialogue ou d’Oum Tounsi. Pour que l’Accord de Dakar soit enfin appliqué.  Que l’Assemblée nationale et le Sénat ne se réunissent plus. Que les ministres soient, enfin, des responsables et non plus seulement des exécutants.  Que les mairies ne soient plus des coquilles vides. Que la zone franche de Nouadhibou réussisse à attirer des investisseurs. Qu’il n’y ait pas de nouveaux agréments bancaires. Que le fisc arrête de pressurer les sociétés privées au-delà du raisonnable. Que nos structures de santé ne soient plus des mouroirs. Que nos médecins et nos enseignants soient plus consciencieux. Que les rapports de l’IGE et de la Cour des comptes soient suivis d’effets. Que les prévaricateurs ne soient plus réhabilités à la pelle. Qu’il n’y ait plus autant de népotisme et de tribalisme. Qu’il y ait moins de détentions arbitraires et de dénis de justice. Que Biram ould Abeïd et Brahim ould Ramdhane retrouvent la liberté. Que tous les partis politiques soient autorisés. Que l’opposition comprenne, enfin, combien sa démarche sert plus le pouvoir qu’elle ne le dessert.  Et l’on pourrait allonger la liste des vœux à l’infini. Tellement de choses clochent, en effet, qu’il serait illusoire de les énumérer une à une.

Aussi bizarre que cela puisse paraitre, nous devons être le seul pays au Monde où les problèmes essentiels sont occultés au profit d’autres totalement inutiles. Au moment où nous éprouvons des problèmes de survie, où tous nos secteurs vitaux battent de l’aile, où nos comptes sont vides, où une minorité pille nos maigres ressources, on continue à débattre d’un hypothétique dialogue avec des questions  surréalistes. Avec qui faut-il dialoguer ? Faut-il exiger du pouvoir une réponse écrite à la plateforme de l’opposition ? De quoi faut-il discuter et sous quelle forme ? Une situation kafkaïenne qui en dit long sur nos incertitudes. De quoi discutent les autruches, lorsqu’elles s’enfouissent, de concert, la tête dans le sable ? Figurez, ma chère, qu’hier soir, le Président m’a dit… – Non ? – Si ! Ah, le dialogue inclusif… Et de papotages en coups de pied dans le popotin, les années passent, et leurs bons vœux, comme des rêves…tandis que s’appesantit une menaçante réalité, concoctée, ailleurs, par des prédateurs autrement plus lucides… 

Ahmed ould Cheikh

Sécurité : Le département d’Etat américain avertit des risques de voyager en Mauritanie

Sécurité : Le département d’Etat américain avertit des risques de voyager en Mauritanie« Le Département d’État américain avertit les citoyens américains des risques de voyager en Mauritanie » en raison des menaces d’enlèvements perpétrées par des groupes terroristes dont Al Qaeda au Maghreb Islamique (Aqmi), peut-on lire mercredi sur la liste des pays à risque identifiés par les Usa.

L’avertissement actualisé d’une annonce publiée dans ce sens le 12 mars 2014 atteste également que l’Ambassade américaine à Nouakchott met en garde contre tout voyage qui ne serait indispensable, dans les régions frontalières comme le « Guidimagha, le Hodh El Charghi et Hodh El Gharbi les régions de la Mauritanie du Sud-Est, la moitié orientale de la région Assaba (à l’est de Kiffa), Tidjikja, la moitié orientale de la région Tagant (à l’est de Tidjika), la moitié orientale de la région Adrar (à l’est de chinguetti) et la région Zemmour de la Mauritanie du nord ».

Les Etats-Unis indiquent, par ailleurs, qu’en raison de leur engagement antiterroriste leurs citoyens restent une cible privilégiée et des réseaux de terroristes et leurs affiliés «présents en Mauritanie ».

Dans les conseils aux voyageurs américains, les autorités américaines recommandent également l’extrême vigilance pour les usagers sur les routes mauritaniennes précisant que « les citoyens américains ne devraient se risquer à l’extérieur des zones urbaines à moins de faire parti d’un convoi.

Enfin, l’ambassade américaine propose à ses ressortissants sur le territoire mauritanien de s’inscrire sur le système «STEP» pour rester informer de tout développement sécuritaire dans ce pays hôte.

(https://travel.state.gov/content/passports/en/alertswarnings/mauritania-…)

 

mauriweb

Un détachement de l’armée mauritanienne à Bangui pour se joindre à la force africaine du maintien de la paix

Un détachement de l’armée mauritanienne à Bangui pour se joindre à la force africaine du maintien de la paixLe président Mohamed O. Abdel Aziz a salué ce mardi le bataillon de l’armée nationale, 750 hommes au total, devant se rendre en Centrafrique pour intégrer la force africaine de maintien de la paix dans ce pays.

La cérémonie s’est déroulée sur la base du 3ème groupe d’escadron mobile de la gendarmerie nationale dans la moughata de Ouad Naga au Trarza.

Mohamed Ould Abdel Aziz s’est ensuite enquis des équipements et matériels de ce bataillon entraîné et formé dans toutes les disciplines militaires liées à la mission de maintien de la paix.

Il a également suivi un film documentaire sur la formation et l’entrainement de ce bataillon et s’est assuré de son aptitude à s’acquitter de sa mission sur le terrain.

Le Chef de l’Etat a souligné que la réussite des efforts entrepris par l’Etat pour la réussite de cette mission était tributaire de l’engagement et du dévouement des officiers et sous officiers composant ce bataillon dans l’exercice de la mission qui leur est confiée afin de garantir le succès de la participation – pour la première fois – de la Mauritanie dans une force internationale relevant des Nations Unies.

 

saharamedias

Le président Mohamed O. Abdel Aziz a salué ce mardi le bataillon de l’armée nationale, 750 hommes au total, devant se rendre en Centrafrique pour intégrer la force africaine de maintien de la paix dans ce pays.

La cérémonie s’est déroulée sur la base du 3ème groupe d’escadron mobile de la gendarmerie nationale dans la moughata de Ouad Naga au Trarza.

Mohamed Ould Abdel Aziz s’est ensuite enquis des équipements et matériels de ce bataillon entraîné et formé dans toutes les disciplines militaires liées à la mission de maintien de la paix.

Il a également suivi un film documentaire sur la formation et l’entrainement de ce bataillon et s’est assuré de son aptitude à s’acquitter de sa mission sur le terrain.

Le Chef de l’Etat a souligné que la réussite des efforts entrepris par l’Etat pour la réussite de cette mission était tributaire de l’engagement et du dévouement des officiers et sous officiers composant ce bataillon dans l’exercice de la mission qui leur est confiée afin de garantir le succès de la participation – pour la première fois – de la Mauritanie dans une force internationale relevant des Nations Unies.

Dossier Sécurité Sahel : 1-Blanchiment de carte / par Ian Mansour de Grange, chercheur associé au LEHRI et au CEROS

altPeut-on évoquer la sécurité au Sahel, cette relativement étroite bande traversant le continent africain, entre le 20ème et le 23ème parallèle Nord, en dehors de celle, générale, de ce continent avec ses homologues ? Ou, plus précisément, de cette zone avec ses adjacentes, de la Méditerranée au Golfe de Guinée ? Inscrite, de force, dans le « système-Monde » [1] mis en place par les puissances occidentales depuis quatre cents ans, l’Afrique n’a cessé d’y opposer, dans la plus totale anarchie, tout un enchevêtrement d’« économies-mondes » [2] localisées, contribuant, paradoxalement, à renforcer l’oppression de celui-là. Jusqu’à ce point-limite où les effets pervers d’une telle situation semblent menacer cette domination en ses établissements centraux mêmes. Avec, notamment, les multiples débordements des mouvements migratoires, trafics en tous genres et menées terroristes, diversement provoqués par la paupérisation entretenue du continent.

On en parle d’autant plus – des nuées d’experts et de media sont, désormais journellement, convoquées à cet effet – que les éminents [3] stratèges du Système, grands manipulateurs, s’il en est, des menaces sur leur « ordre », ont enfin décidé l’exploitation de celles des réserves foncières africaines, sur- et souterraines, qu’ils jugeaient, jusqu’ici, peu ou prou rentables. Dont celles, justement, de l’espace saharo-sahélien. Au point même, d’ailleurs, où l’on peut, à bon droit, se demander si lesdits débordements n’ont pas été, sinon commandités, du moins variablement orchestrés, par ces maestro de la programmation. De fait, l’Afrique, traditionnelle banlieue lointaine des civilisations urbaines – Indus, Croissant fertile, Occident – ne fut longtemps exploitée directement, en tant que pourvoyeuse d’énergie (esclaves), de minerais (or) et d’exotisme (ivoire, fruits…) que sur ses côtes, et les cinquante années de la première partie du 20ème siècle d’efforts à s’imposer jusqu’en ses plus profondes entrailles avaient fini de convaincre de la rentabilité supérieure à entretenir, plutôt, des intermédiaires locaux soudoyés, dans le ratissage des matières premières « intérieures ». Une politique « raisonnable », tant que les investissements mobilisés à cette fin le restaient.

Certes, il est très peu probable que la carte suivante [4] ait suffi même à l’ordinaire des discussions de ces états-majors discrets. Nul doute qu’ils n’aient disposé, et depuis belle lurette, d’informations autrement détaillées et précises. Mais elle est, dans son esprit, singulièrement significative des décisions prises à l’orée des indépendances.

Carte blanche pour une zone de non-droit

Une vaste zone de quelque six millions de km² –  Sahara pour ses trois-quarts Nord, et Sahel, au Sud – fut ainsi abandonnée à elle-même, en attendant l’inéluctable rentabilisation de son exploitation, du fait de l’épuisement des ressources plus accessibles. Une zone gommée, juste partagée, à la règle – c’est dire toute la désinvolture avec laquelle on traita l’affaire – entre huit Etats – Algérie, Libye, Egypte, Soudan, Tchad, Niger, Mali et Mauritanie – incapables d’en gérer la moindre surface, sinon vaguement, en quelque couloir d’échanges d’autant moins productif que le Système assurait l’hégémonie sans partage du fret maritime. Une situation guère préoccupante, au demeurant, pour ces Etats qui n’ont justement d’existence qu’en ce qu’ils sont rouages de celui-là, mais autrement plus cruciale pour les quelques millions d’autochtones dont l’essentiel des revenus n’avaient cessé, des millénaires durant, de s’appuyer sur le commerce entre les deux rives du Sahara.

Du jour au lendemain, des populations naguère maîtresses de leurs allées et venues – en dépit de l’épisode colonial – se sont retrouvées fracturées en diverses minorités nationales, aux marges obligées d’Etats largement plus tournées vers les rentes tirées du bradage, à moindre prix, des ressources minières de leurs territoires que du bien-être de leurs administrés, ordinairement exclus du pactole. Quarante années durant, les gens ont oscillé entre résignation, en s’initiant à d’autres techniques de survie (agriculture, pastoralisme, pêche), révolte (rébellion touarègue), délinquance (trafics de migrants clandestins, cigarettes, drogue, armes), établissant, en ces situations hors-la-loi, divers arrangements avec de segments de plus en plus conséquents des autorités administratives nationales, en relation plus ou moins directe avec des cartels mafieux internationaux.

Des mondes, parfois objectivement alliables, parfois réputés antagonistes, se sont ainsi imbriqués, aux grès de la survie, l’opportunité, l’avidité ou autre mobile encore moins avouable, dans des proportions d’autant plus grandes et complexes qu’est vaste la zone blanche dont tous tiraient profit, plus souvent hors d’elle, d’ailleurs, qu’à l’intérieur même. Une situation certes à même d’accélérer l’affaiblissement d’Etats déjà fortement entamés par les ajustements structurels imposés par les institutions de Brettons Wood et la généralisation des dessous-de-table, népotismes et détournements des deniers publics. Mais pas assez, cependant, pour imposer une restructuration de cette zone si juteuse dans son non-droit. Deux évènements vont concourir à cette fin pressentie par les stratèges du Système : l’instrumentalisation des contestations sociales centrées sur l’islam, au Maghreb, notamment en Algérie, et l’annonce, fin 2002, par la Banque mondiale, de la « découverte » de gisements phénoménaux d’hydrocarbures aux frontières de divers Etats sahéliens. En moins de cinq ans, la carte blanche retrouve alors des couleurs… (A suivre)

Ian Mansour de Grange

Article réalisé dans le cadre d’un projet éditorial

soutenu par VITA/Afronline (Italie)

 associant 25 média indépendants africains

Encadré :

Projet “Media africani per los viluppo dell’Africa ; Piano strategico di informazione su pace e sicurezza ”

La société VITA SOCIETA’ EDITORIALE SPA (forme abrégée VITA SPA), domiciliée à Via dei Missaglia, 89 – 20142 Milan (Italie), a décidé de développer, avec l’appui de la Direzione Generale Mondializzazione e Questioni Globali (DGMO) du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale (MAECI) de l’Italie, un projet d’informations, en partenariat avec vingt-cinq media indépendants africains, autour des trois thèmes suivants : paix et sécurité (dont lutte contre le terrorisme, trafics d’armes et de drogue) ; dialogue interreligieux ; migrations.

Le Calame s’y est engagé. Aussi retrouvera-t-on, de façon récurrente en cette année 2016, ces thèmes développés, dans nos colonnes, sous les formes les plus variées : dossiers de fond, reportages, interviews, tribunes, etc. C’est tout particulièrement sur cette dernière forme que nous interpellons nos lecteurs, en ouvrant trois tribunes libres –paix et sécurité, dialogue interreligieux, migrations – où chacun pourra émettre ses avis, suggestions, critiques ou autres. Merci de nous faire parvenir vos contributions, sous format informatique, aux deux adresses suivantes : aocheikh@gmail.com et manstaw@gmail.com ; en vous efforçant de ne pas dépasser la limite de 5000 caractères (plus ou moins 800 mots) par intervention, à l’exclusion – bien évidemment : nos lecteurs connaissent l’esprit et la ligne éditoriale du Calame – de tout propos injurieux, raciste, belliciste ou autre démesure.  Merci, d’avance, de contribuer à faire mieux entendre la voix de l’Afrique et, tout particulièrement, de la Mauritanie musulmane, dans l’effort de paix des hommes et femmes de bonne volonté.  

 


[1] Voir le concept mis à jour par Immanuel Maurice Wallerstein. Par exemple, https://lectures.revues.org/780

[2] Espace économiquement autonome (dans la réalité africaine de ces deux derniers siècles, toujours parasite), un concept élucidé par Fernand Braudel.

[3] Peu ou prou visibles, au demeurant. Nous parlons, ici, du pouvoir « au-dessus » du pouvoir, les quelques consortiums qui détiennent – en très petit comité, quelques centaines de décideurs, peut-être moins – suffisamment de leviers économico-financiers pour imposer la marche à suivre du Système-Monde dont les Etats nationaux, petits ou grands, ne sont que des rouages…

[4] Publiée bien évidemment complète, en 2006, mais on verra, plus loin, que l’intérieur de la partie blanche se résume à ce que j’en ai retenu ici, juste augmenté de la vague délimitation des zones de turbulences touarègues et djihadistes…

 

le calame

Décès de l’historien et homme politique Mahfoud Ould Lebatt

ALAKHBAR (Nouakchott) – L’historien Mahfoud Ould Lebatt a rendu l’âme ce Mardi 12 janvier matin. Au lendemain de l’indépendance, Ould Lebatt avait été nommé secrétaire particulier de Moktar Ould Daddah, premier président mauritanien.

Tout au long des années Dadah, il a eu à occuper plusieurs fonctions. Mais on se souvient plus de lui pour avoir été le secrétaire du père de la nation.

L’homme fut le premier à introduire une machine dactylo-arabe en Mauritanie.

Ould Lebatt était par ailleurs surnommé « la boite noire » de l’histoire contemporaine du pays. Né à la Mecque en Arabie Saoudite, il avait près de 80 ans.