Monthly Archives: January 2016
Les assaillants tués de l’hôtel Radisson revendiquaient la libération de terroristes en Mauritanie et au Niger
Les deux assaillants tués dans l’attaque de l’hôtel Radisson de Bamako, le 20 novembre 2015, avaient sur eux une lettre demandant la libération de deux terroristes du groupe islamiste Almourabitoune, a indiqué samedi le procureur du pôle judiciaire spécialisé contre le terrorisme, Boubacar Sidiki Samaké.
M. Samaké a fait cette déclaration à la télévision publique malienne. Il a précisé que les deux assaillants avaient sur eux une lettre écrite en arabe, demandant la libération de deux prisonniers détenus en Mauritanie et au Niger.
Selon lui, le groupe Almourabitoune a été à l’origine de l’attaque du Radisson, qui a fait 22 morts dont trois ressortissants chinois.
Chacun des deux assaillants tués avaient sur lui une somme de 200.000 FCFA, en billets de 10.000 F mis en circulation en octobre 2015, a indiqué le procureur.
Avec la CENTIF (cellule nationale de traitement de l’information financière du Mali), le pôle des enquêteurs va travailler pour retracer l’origine des billets, a-t-il ajouté
maliactu
Sénégal: Le rôle du Sénégal dans la saison 3 de la bataille de Karbala ( Par Oumar Ndiaye)
Lors d’une bagarre, même demander à l’un des protagonistes de vous confier ses chaussures est aussi une façon de prendre fait et cause et d’afficher sa position. Entre l’Iran et l’Arabie Saoudite, c’est un conflit qui remonte au 27 janvier 661 avec l’assassinat de Ali ibn Abi Talib qui est encore remis au goût du jour ce 02 janvier 2016. Et le Sénégal déclare ne pas vouloir prendre position. Le choc des civilisations opposant régulièrement Sunnites Arabes et Chiites persans autour de questions hautement économiques, géostratégiques et politiques, toujours sous couverts de fallacieux principes religieux, s’est ranimé de nouveau.
Au moment où l’Iran est accusé de s’immiscer dans les affaires internes d’un Royaume souverain (Pléonasme admis), il est inquiétant de voir les procurations que s’octroient des pays africains pour rompre toute relation avec Téhéran.
Un communiqué de presse qui fait suite à la rencontre entre les autorités du ministère des Affaires étrangères et l’ambassadeur de l’Iran à Dakar, condamne officiellement l’incendie de l’ambassade saoudien en Iran, invoquant la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques et celle de 1963 sur les relations consulaires. Mais l’ambassadeur du Royaume saoudien n’a encore été ni entendu ni rencontré pour se prononcer sur la décapitation du guide religieux Chiite pour un très ironique délit d’opinion par Riyad qui siège pourtant au Conseil des nations Unies sur les questions de liberté et de droits Humains. Le pays de la Téranga est muet sur la liberté d’opinion consacrée par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.
D’ailleurs sur cette question de droits humains, l’exégèse du Saint Coran sied mieux quand on sait que les trois derniers présidents de la République du Sénégal ont tous eu à assurer aussi la présidence de l’Organisation de la Coopération Islamique(OCI). Inspiré par cette organisation, porte-voix du monde musulman qui a comme mission la sauvegarde et la protection des intérêts de tous les pays musulmans dont la Palestine, notre pays peut mieux faire dans l’esprit de promouvoir la paix internationale et l’harmonie entre les différents peuples de la Oumma islamique et du monde.
Rappelons que plus de 99% des actes de terrorisme à travers le monde musulman sont intra-communautaires. En effet régulièrement, des musulmans attaquent, kidnappent, violent, réduisent en esclavage et tuent d’autres musulmans sous le voile de cette même religion qu’ils ont en partage, paradoxalement. Et le Sénégal n’est en rien différent des pays laïcs, démocratique avec une population majoritairement musulmane qui font régulièrement l’objet d’attaques de groupes Wahabbo-djihadistes. Ceux qui ont décapité le 10 octobre 680 le petit-fils du prophète Mohamed(PSL) ne ménageront pas en 2016 la descendance de nos marabouts africains.
Au nom de la lutte contre l’associationnisme et pour rétablir l’orthodoxie en islam, les néo-salafistes n’épargneront ni nos sites historiques, ni nos symboles religieux encore moins nos Vénérés Tombeaux Sacrés. Tous les sites historiques de l’islam de la Mecque, de Médine et de Kerbala ont été détruits. Même les tombeaux de Zaïd ibn Khatab, frère de Oumar ibn Khatab, de Hussein fils de Ali et de fatima et avant lui celui du Prophète Mohamed(PSL), sa maison familiale, sa mosquée et les vestiges de la demeure de sa première épouse, Khadidia ont été profanés et pillés. Le saccage des sites religieux Tombouctou en 2012 est encore frais dans nos mémoires.
A présent, Chiites et Wahhabites exportent leur conflit héréditaire en Afrique. Au Sénégal de Kolda à Louga, de Campus universitaires de Dakar à Waoundé, il est devenu très fréquent d’assister à des scènes de violences extrêmes entre musulmans négro-sénégalais pour des injures qui seraient proférées à l’encontre des pieux khalifs que sont Aboubakr, Ousmane et Oumar, morts en Arabie depuis plus de 13 siècles. Des mosquées sont souvent fermées par décision administrative pour éviter des bains de sang (sénégalo-sénégalais). Des corps-à-corps dans les colonnes des prieurs opposent de plus en plus Salafistes autoproclamés aux soufis si ce n’est pour le motif que les financements de la construction de la mosquée sont chiites et que les sunnites en réclament l’imamat.
Le Sénégal ne sera pas biffé de la listes des pays catalogués associationistes par les Wahhabites juste en s’inscrivant comme 34ème figurant dans cette saison 3 de la lutte entre Perses et Arabes. Tous les pétrodollars qui y seront récoltés ne suffiraient pas à panser nos maux après le passage des fanatiques qui vont razzier nos villes et villages, tuer nos braves cultivateurs, pêcheurs et éleveurs et réduire nos femmes en esclaves sexuelles. L’apparition de milices terroristes chiites pro-iraniennes en Afrique noire pourrait bien compliquer la donne déjà très trouble avec Boko Haram, Aqmi, Daech et autres qui ne fonctionnent qu’avec des subsides du Royaume saoudien.
Oumar Ndiaye
Face à l’occupation coloniale : Peut-on parler de résistance ? (deuxième partie) Par le colonel (E/R) Oumar Ould Beibecar
L’embuscade d’Oum Tounsi.
Rappel historique.
Le Groupement Nomade du Trarza, dont le PC se trouvait à Boutilimit, était composé d’une centaine d’hommes, dont une petite dizaine de français comprenant trois officiers, ainsi que d’une trentaine de tirailleurs négro-africains dont plusieurs mauritaniens et d’une cinquantaine de goumiers originaires des tribus guerrières du Trarza. Il était appuyé par les postes de Nouakchott et d’Akjoujt, reconstitués en 1929, et par un mejbour relevant de l’autorité de Baba O. CHEIKH SIDIYE, et avait pour mission de patrouiller sur l’axe Nouakchott-Akjoujt pour barrer la route du sud aux rezzous en marche vers le Sénégal.
Les services de renseignements français avaient signalé le 6 Août 1932, le mouvement d’un important ghazzi qui avait quitté le 26 Juillet la ville de Smara avec pour objectif, le Groupe Nomade du Trarza. Le 17 Août, ces mêmes services avaient signalé le passage de ce ghazzi le 15 Août à Hamédoua (Tijirit). Les autorités coloniales avaient donné au commandant du GN la mission de l’intercepter sur cet axe, au niveau d’Oum Tounsi, point d’eau incontournable, au cœur de l’Emirat du Trarza.
Le rezzou de 120 fusils, commandé par Sidi ould Cheikh OULD LAROUSSI secondé par Brahim Salem OULD MOICHAN, dont une centaine originaire de la tribu des Oulad Dleim motivé essentiellement par une vendetta contre les guerriers du Trarza, avait repéré le GN le 18 Août au matin, et s’était embusqué aux alentours du puits. Bénéficiant de l’effet de surprise, il a réussi à détruire plus de 50 % du GN qui avait perdu 39 hommes avec la mort de 6 français dont 1 officier et 5 sous-officiers, 21 gardes maures, 10 tirailleurs, 1 partisan et 1 interprète. Le commandant du GN avait pu regagner son PC avec une soixantaine d’éléments dont 20 blessés et 1 tirailleur porté disparu.
Cependant ce rezzou n’est pas sorti indemne de cette bataille, il a perdu 27 hommes dont son chef, mort le lendemain des suites de ses blessures, et avait pu se retirer à Smara avec 22 blessés. Quelques mois avant Oum Tounsi, des Ghazzis des Oulad Dleim avaient subi plusieurs revers à Techle, à Aghweinit et ailleurs par des ghazzis des Leuleb, redoutable tribu guerrière du Trarza chargée d’assurer la sécurité et la défense du flanc nord de l’Emirat, dans plusieurs batailles fratricides entre Béni Hassan.
Les rescapés Oulad Dleim, de ces combats, motivés par la perte de plusieurs des leurs, parmi les plus courageux, dont Cheikh OULD LAAROUSSI, père du chef du ghazzi d’OUMTOUNSI, abattu par Sidna OULD MAYEGHBA dans l’une de ces batailles, et plusieurs autres se sont repliés vers Smara pour organiser la riposte qui va aboutir à l’embuscade d’Oum Tounsi, sachant que les braves guerriers de Leuleb à l’origine de leur cuisante défaite, et particulièrement le téméraire tireur d’élite MOHEMDOUMOU OULD GTHEITH qui pouvait à lui seul vaincre tout un ghazzi, avaient regagné les rangs du GN du Trarza sur recommandation du pacificateur CHEIKH BABA OULD CHEIKH SIDIYE.
La lettre de la compromission.
Comme je l’avais déjà démontré en Août dernier, la preuve qu’il s’agissait bien de vendetta est que ce ghazzi, qui avait quitté son Rio d’Oro occupé par l’Espagne, le 26 juillet 1932, n’avait pas laissé derrière lui une région libérée. Et, il n’était pas, non plus, venu pour libérer le Trarza avec lequel il avait beaucoup d’hostilités. Aussi dans son offensive, sur une distance de plus de 1000 km, avait-il évité volontairement, les villes de Nouadhibou, de Fdérik, de Bir Mogrein, d’Atar et d’Akjoujt où il y avait des unités coloniales françaises bien connues. Donc des objectifs militaires importants et à sa portée, mais le but à atteindre du ghazzi n’était pas les colons français, sa mission principale était bien de se venger de ses cousins terrouzi.
Une lettre envoyée secrètement, au Colonel TRANCHANT, par les chefs Oulad Dleim, écrite le 2 décembre 1932 à Atar, 107 jours après l’embuscade d’Oum Tounsi, citée par Jean PERRIGAULT dans son livre « On se bat dans le désert » pages 149 et 150, signée par : Ely Ould Maichane, des Lekliga, Ahmed Ould Ely, des Oulad Bamar, Sidi Mohamed Ould Omar Ould M’Barek, des Serahna: Ahmed Ould Yarb, des Oulad Tegueri, et la totalité de la djemaa des Oulad Deleim du cercle de l’Adrar, dont voici la teneur, confirme cette allégation.
« Nous restons attachés à la convention qui nous unit, nous y sommes même plus attachés que précédemment. Et il sera ainsi, que nous soyons près ou loin de vous. Mais les Trarza, ou plutôt les Euleb, nous ont fait ce que vous savez. Les jours se suivent, tantôt favorables tantôt défavorables. Telle est la situation qui a existé depuis toujours entre les Euleb et nous. Nous n’avons voulu atteindre que les Euleb. La preuve, c’est que nous avons évité les Ben Otman (guerriers de l’Adrar), les Oulad Ahmed Ben Daman, ainsi que les pelotons. Nous sommes allés droit à nos ennemis. Ceux-ci ayant su que nous arrivions sont partis à la rencontre du groupe adverse. L’action s’est déroulée en terrain découvert ; les partis ennemis étaient face à face ; aucun ne s’est dérobé à la lutte.
• Il est arrivé ce qui est arrivé. Gloire à Allah !
• Nous ne voulons que la paix et l’amitié.
• Le calomniateur détruit en une heure ce que le magicien ne détruirait pas en un an.
Méfiez-vous de ceux qui calomnient. Car ils ne poussent qu’à la guerre et ne poussent à la guerre que les gens maudits. Dieu a dit à ce sujet : « Satan est l’ennemi des hommes que les hommes considèrent comme un ennemi. Salut »
Les Oulad Dleim n’avaient pas atteint leur objectif car le héros MOHEMDOUMOU OULD EGHTEIT et plusieurs de ses cousins, goumiers du GN du Trarza avaient survécu à cette embuscade et avaient même joué un rôle déterminant dans la reprise de l’offensive. Le héros est mort tranquillement chez lui en 1973 et le dernier de ses compagnons Mohamed Salem OULD SIDI OULD MOKTAR est mort un peu plus tard, au milieu de ses enfants. Puisse le tout puissant les accueillir dans son paradis avec tous nos autres martyrs.
Cette lettre contredit les allégations du grand notable Oulad Dleim, Brahim OULD BOYDAHA qui confirmait dans un article paru le 23 janvier 2012 intitulé SOS pour le monument aux morts d’Oum Tounsy : « la motivation profonde de ELMOUJAHIDIA était ‘’CHAHADA’’ et non le butin ». Comment à cette époque, des gens qui étaient venus supplier un tombeau de Othmane OULD HAMOU, selon Devali OULD CHEINE, avant leur combat décisif, comme s’il pouvait leur prêter main forte, pouvaient-ils parler de Chahada ?
Dans son SOS Ould BOIDAHA écrivait : « Il sied à tout mauritanien honnête et digne de ce nom d’assurer, à ce lieu historique et volet important de notre passé, respect et préservation pour la mémoire de nos MORTS des deux côtés et les français doivent se joindre à nous pour défendre leurs valeurs traditionnelles, le respect du sang de leurs fils et pour cette même cause dans laquelle ils ont démontré encore qu’ils sont plus honnêtes que nous intellectuellement et moralement. »
A la fin de son SOS, Ould BOIDAHA avait lancé cet appel : « Je lance un appel aux ministères de l’éducation et de la culture, à l’ambassadeur de France en Mauritanie et à l’Unesco pour la préservation de ce site historique, faisant partie du patrimoine historique national auquel ’’ les français sont liés par leur sang, l’honneur et l’histoire’’ et demande aux mauritaniens dignes de ce nom de se joindre à moi pour renforcer cet appel de détresse. » Comprendra qui pourra.
Aujourd’hui, la déception d’Ould BOIDAHA a sans doute disparu depuis que, par la volonté du chef de l’Etat, plus royaliste que le roi, et uniquement par sa volonté, Oum Tounsi va rayonner en s’identifiant au nouvel aéroport.
Il existe déjà, une grande avenue, une école, et tout un quartier à Dakhla, capitale de notre Tiris Elgharbiya, qui portent le nom d’OUM TOUNSI. Mais le nouvel aéroport de Nouakchott ne portera jamais le nom de OUM TOUNSI, même si le chef de l’Etat actuel a choisi obstinément le camp de ces imposteurs qui veulent profiter de la complicité de la République, pour se faire passer pour des héros, en falsifiant notre histoire, au détriment de nos vaillants pacificateurs qui avaient vaincu ces récalcitrants et contribué à la naissance de notre chère Mauritanie.
La lettre des Oulad Dleim aux français contredit aussi les allégations de Devali Ould CHEINE, ce baathiste hassanisant, devenu comme tous les baathistes un tribaliste irréductible, selon lesquelles le ghazzi de Smara avait essentiellement pour objectif de venger leur neveu, l’émir de l’Adrar. Alors que les véritables oncles de l’émir farouches et téméraires, se trouvaient en Inchiri, non loin d’Oum Tounsi et qu’un bon groupe parmi eux faisait partie des effectifs du GN du Trarza ce 18 août 1932, dont le grand guerrier WEDDAD père du doyen de nos martyrs de la guerre du SAHARA aujourd’hui oubliés, le commandant Soueidatt OULD WEDDAD.
Pour venger l’émir, de la manière la plus courageuse et la plus spectaculaire, il était plus logique et plus significatif de cibler le groupe nomade de Chinghitty, commandé par le capitaine Charles LECOQ de 1931 à 1935, auteur principal de la mort de l’émir le 19 mars 1932 à WEDYANE EL KHAROUB, qui rayonnait tranquillement dans l’Adrar, au même moment, à partir de Chinguitti.
Cette lettre des Oulad Dleim, tout en confirmant cette vendetta, révèle cependant, ce qui est plus grave, l’existence d’une convention entre eux et les colons français, ce qui discrédite, si besoin était, le fait de considérer cette bataille comme la plus grande action de « résistance nationale » en lui donnant le nom du nouvel aéroport de Nouakchott.
Le pouvoir actuel, qui défend aveuglément l’hypothèse de ces faux résistants, ferait mieux de demander l’avis technique du ministère de la culture et des historiens pour éviter de se ridiculiser devant l’histoire, au lieu de s’acharner contre la famille du père de la nation qui n’a fait qu’exprimer un vœu, qui est d’ailleurs celui de la majorité des citoyens de ce pays.
Nous les enfants de ces nombreuses tribus arabo-berbères et négro-africaines ( de 80% du peuple mauritanien), qui avaient répondu honorablement à la fatwa des deux cheikhs de l’Emirat du Trarza, le salafiste Baba OULD CHEIKH SIDIYA et le souffiste Cheikh Saadbouh OULD CHEIKH MOHAMED VADEL, convaincus par Coppolani, en portant les armes sous le drapeau français pour pacifier notre pays, déstabilisé par des émirs laïcs et sanguinaires, ainsi que par des bandes de pilleurs sans foi ni loi.
Nous les enfants des interprètes, des gardes-cercles, des goumiers, des tirailleurs, des partisans, des fonctionnaires de la coloniale, pionniers de la pacification.
Nous les enfants d’autres émirs et chefs de tribus reconvertis en pacificateurs.
Nous les enfants des ressortissants de l’Emirat du Trarza instigateur de la pacification.
Nous les enfants des vainqueurs.
Nous les enfants du GN du Trarza.
Nous les enfants du père de la nation et de ses compagnons fondateurs et bâtisseurs de la République.
Nous les enfants des martyrs de la pacification, et particulièrement les enfants des victimes mauritaniens de l’embuscade de d’Oum Tounsi dont on veut immortaliser le massacre, par des étrangers Sahraouis.
Nous tous, nous refuserons cette traitrise et cette humiliation et nous la combattrons avec la dernière énergie.
L’aéroport de Nouakchott portera dés que possible son vrai nom, celui du Président Moktar OULD DADDAH, le père fondateur et bâtisseur de la Mauritanie moderne. Celui qui a servi fidèlement la République et qui ne s’en est jamais servi. Advienne que pourra.
A suivre
source: lecalame
Somagaz : Licenciement de 130 employés
La société SOMAGAZ a limogé 130 de ses employés, tient jeudi de source de nos confrères de Alakhbar qui rapportent la nouvelle. Sur les 130 employés, 100 sont définitivement renvoyés de leurs emplois alors que 30 seulement ont bénéficié d’un départ-volontaire, ajoute la même source. Cette centaine de personnes licenciées vont grossir les rangs des chômeurs déjà bien important en raison de la récession économique dans le pays.
La Somagaz, rappelle-t-on, à l’image de toutes les entreprises du secteur économique traverse aujourd’hui de profondes difficultés financières qui envisagent de douloureuses mesures sociales de redressement;
Source : Mauriweb
Maître Ahmed Salem ould Bouhoubeyni, président en exercice du FNDU, dans une interview exclusive : ‘’J’aspire profondément au changement. Néanmoins je souhaite, pour mon pays, que ce changement intervienne de façon paisible et concertée ».
Le Calame : Dans un posting publié récemment, vous avez lancé un appel aux concessions en faveur du dialogue adressé à toutes les parties, y compris l’opposition. L’article a suscité un malaise au sein du pool politique qui, semble-t-il, s’est réuni et vous a adressé des observations, Qu’en est-il ?
Maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni : J’ai pris connaissance de ces informations relayées par la presse mais je peux vous confirmer qu’il n’en est rien. Le pool politique ne s’est pas réuni depuis plus d’une semaine. Ensuite, si le pool politique ou un autre pool du Forum a des observations à me faire, ce qui est tout à fait normal, nous avons suffisamment de canaux pour ne pas échanger nos observations par presse interposée.
Ceci dit il est constant qu’en matière de dialogue, aucune partie ne doit avoir l’attitude du repli dit « instinctif » ou modèle gagnant/perdant. Ce mode de négociations est souvent le recours de ceux qui estiment ne pas devoir apporter de contribution (compétitive ou coopérative), mais veulent tout recevoir.
C’est la pire des trois méthodes possibles de négociations. Elle consiste à estimer que les concessions ne concernent qu’une partie : l’adverse. Cette méthode dite « instinctive » repose sur le principe gagnant/perdant et conduit fréquemment à perdant/perdant.
Une approche construite sur la surévaluation de soi et la sous-évaluation de l’autre qui conduit à un écart absurde, dans l’interprétation des comportements de négociation. Une même attitude sera perçue de manière radicalement opposée, selon que l’autre ou moi l’adopte.
Cette forme de négociation se compare à ce style de conduite automobile où chacun est prompt à insulter (au moins intérieurement) le conducteur voisin, mais tout aussi prompt à trouver toutes les bonnes raisons de s’absoudre lui-même. C’est ce qu’on décrit comme une combinaison de biais accusatoires de l’autre et de biais excusatoires de soi.
Si je ne cède pas, c’est que je suis ferme ; si l’autre ne cède pas, c’est qu’il est têtu et ainsi de suite : Je suis ferme, il est têtu ; je suis précis, il coupe les cheveux en quatre ;
je suis intuitif, il est inconscient ; je suis clair, il est dissimulateur ; je suis juste, il est revanchard ; je suis prudent, il est procédurier ; je suis malin, il est manipulateur ; je suis conciliant, il est hypocrite ; je suis pragmatique, il n’est pas fiable ; je fais tous les efforts, lui n’en consent aucun ; mes intentions sont bonnes, les siennes sont inavouables ; si ma proposition n’est pas acceptée par l’autre, c’est parce qu’il ne la comprend pas ;
si je n’accepte pas la sienne, c’est qu’elle est mauvaise ; si je m’énerve, c’est parce que l’autre a dépassé les bornes ; si l’autre s’énerve, c’est parce qu’il a perdu ses moyens. Bref c’est la pire manière d’aborder les négociations. Les tenants de cette thèse attendent généralement tout de l’autre partie et ne sont prêts à ne lui céder aucune concession.
C’est une perception biaisée de la réalité, spontanément favorable à soi et volontiers défavorable à l’autre. Elle conduit à l’échec assuré des négociations, dès même le stade préliminaire.
En revanche, toute négociation gagnerait à choisir, en fonction des cas, l’une des deux autres approches interactives suivantes. Fondée sur des concessions mutuelles, la méthode donnant/donnant ou give and take consiste à abdiquer une partie de sa volonté au profit de l’autre.
C’est une approche à prédominance compétitive (négociation par position), cherchant à établir et à défendre une position, en vue de réaliser des gains, suite aux concessions de l’autre partie. La négociation consiste ainsi à des échanges, de façon à céder, à mon adversaire, sur des solutions qui me laissent assez indifférent et l’avantagent en forte proportion, pour autant qu’il cède sur ce qui m’est prioritaire et l’indiffère en termes relatifs.
La dernière méthode – gagnant/gagnant – est à prédominance coopérative. C’est une négociation raisonnée fondée sur la prise en compte des intérêts des différentes parties.
C’est une démarche qui permet, par la production de valeur, de se rapprocher d’une situation où les deux parties optimisent leur satisfaction autant que possible. Elle consiste à optimiser, de manière décisive, pour l’un sans mettre l’autre en difficulté, et à combiner, immédiatement, une solution qui nous coûte peu mais apporte beaucoup à l’autre, avec une autre solution qui coûte peu à l’autre mais nous rapporte beaucoup.
Ces combinaisons et ces échanges fondent la négociation en tant que mécanisme de production et non pas seulement de partage de valeur.
– On dit qu’il existe, au sein du FNDU, deux tendances : ceux qui poussent au dialogue – « mûharwiline » vers le pouvoir – et les autres qui y sont moins favorables. Qu’en est-il ?
– A mon avis, certains tentent d’inverser les rôles, pour faire obstacle au dialogue.
On essaye de coller, à celui-ci, la vertu de bouffée d’oxygène au pouvoir, comme une bouée de sauvetage et de solutions à ses problèmes, si bien que toute action en faveur du dialogue est devenue assimilable à une sorte de compromission, faisant le jeu du pouvoir.
Cette manœuvre tente de confiner le Forum dans un rôle passif, de complexer toute initiative de sa part en faveur du dialogue et d’empêcher, coûte que coûte, le Forum de se réapproprier celui-ci.
Or, il convient de rappeler que le dialogue est une revendication du Forum. Lors de ses premières assises, en Mars 2014, le FNDU a adopté une vision stratégique qui fait, du dialogue politique, « la seule voie possible pour le règlement de la crise politique que vit notre pays ».
Ceci est formellement inscrit dans le document pour le dialogue avec le pouvoir, élaboré par le FNDU. Dans ce texte, il n’est pas dit que le dialogue est la meilleure voie ni la voie idéale mais « la seule voie possible ». Il faut donc ramener le dialogue à ce qu’il est en substance ; à savoir, initialement une revendication, je dirai, même, une exigence du FNDU.
Avec un rapport de force favorable, le FNDU est, aujourd´hui, un acteur incontournable qui peut obtenir, à la table de négociations, des concessions et exiger d’être impliqué davantage, dans le processus de transition qui doit conduire à l’alternance pacifique et assurer le changement auquel aspire le peuple mauritanien. C’est cela, la bonne approche du dialogue.
– Vous n’êtes donc pas parmi ceux qui tirent vers le pouvoir ou veulent l’approcher?
– Je m’inscris dans une dynamique d’opposition depuis longtemps. Je n’ai pas de leçons d’opposition à recevoir de quiconque. Le 6 Août 2008, j’ai signé assez tôt, au nom de l’ordre des avocats, le communiqué condamnant le coup d’Etat. J’ai douze ans de combats en faveur de la justice et les droits de l’homme, au conseil de l’Ordre des avocats (six ans membre du Conseil et six ans en tant que bâtonnier).
Il y a quelques mois, j’ai remis ma robe d’avocat au président de la République, en guise de protestation et pour dénoncer l’injustice. Rassurez-vous : je suis confortablement et durablement installé, dans le statut d’opposant.
Par ailleurs, j’ai goûté au plaisir des professions libérales réussies, je suis dans un réseau de consultants juridiques internationaux et peux vous confirmer que je ne suis pas candidat aux fonctions publiques.
Sur ce plan, je vous en rassure aussi, vous ne risquez pas de me voir prochainement à l’UPR. Non pas que l’appartenance à l’UPR soit dévalorisante en soi mais je me sens bien dans mon coin et entends y rester. Cela dit, mon opposition s’accompagne de deux constantes. En un, je tiens beaucoup à mon indépendance, ma liberté et cohérence avec mes principes.
Ces vertus ne seront hypothéquées par aucun autre statut, aussi glorieux soit celui de président du Forum. En deux, mon opposition n’est ni adressée contre une personne ni en faveur d’une autre. Elle est responsable et démocratique. A cet égard, je n’ai jamais adhéré au slogan Irhal. Je suis opposant parce que j’ai une ambition pour mon pays, pour plus de justice, d’égalité, de prospérité, de stabilité et de démocratie.
J’aspire profondément au changement. Néanmoins, je souhaite pour mon pays que ce changement intervienne de façon paisible et concertée. Tous mes efforts iront dans ce sens.
Je ne suis pas de ceux qui pensent que privilégier cette option est, en quoi que soit, compromettant.
– Après votre candidature à la dernière présidentielle, retirée à la dernière minute, entretenez-vous toujours l’ambition de briguer les suffrages des Mauritaniens ?
– Je suis engagé dans un grand projet politique : celui de contribuer, au sein du FNDU, à opérer le changement en Mauritanie, à tourner la page des régimes autocratiques et assurer l’alternance démocratique. Ce projet est ambitieux et doit occulter toutes les autres ambitions personnelles.
Il doit être le prélude à une nouvelle approche politique moins personnalisée, mettant le citoyen au centre de son action. Le constat qui se dégage manifestement, aujourd’hui, est celui d’une rupture entre le citoyen et ses gouvernants. Les politiques économiques et sociales ne prennent pas suffisamment en compte les préoccupations et intérêts des citoyens.
Le chômage, le faible et inégal accès aux services publics, les conditions de vie sont les exemples les plus éloquents du divorce. Le contrat social est rompu. Mais il faut éviter, à tout prix, que le divorce et la rupture avec le citoyen touchent l’ensemble de la classe politique.
Eviter qu’il y ait une rupture, qu’une défiance s’installe entre le citoyen et la classe politique ; plus généralement, entre le citoyen et l’élite ; que le gouffre se creuse ; ce qui conduirait une partie des citoyens à vivre comme en exil, à l’intérieur de la démocratie, et amènerait l’autre partie à chercher les remèdes dans les solutions simplistes que leur propose l’extrémisme.
– Vous préconisez une nouvelle manière de faire la politique ?
– En fait ce n’est pas une nouvelle manière de faire la politique mais il faut se rendre à l’évidence que le nouveau contexte impose une nouvelle approche qui doit s’articuler autour des deux postulats suivants : d’une part, plus de proximité avec le citoyen, pour que son vécu quotidien soit au centre de l’action politique, notamment les jeunes qui ont le sentiment de ne pas être écoutés et encore moins compris ; meilleure prise en compte, d’autre part, du péril qui nous menace, de la crise où la Mauritanie est en train de s’enfoncer.
– Aussi bien crise économique que sociale ?
– Effectivement. Cette crise, internationale d’ailleurs, n’est pas seulement économique mais concerne tout un modèle de société, dans un moment particulièrement délicat de transition, entre un ancien en voie de dérèglement et un neuf en pointillés (pour emprunter la formule).
Entre, d’une part, la désagrégation des structures anciennes, la profonde érosion des contenus de la tradition, la dissolution des repères hérités du passé et, d’autre part, l’extension chaotique du mode de vie urbain, l’individualisme et l’aggravation du sentiment d’inquiétude et de désarroi.
– Par quel bout faut-il commencer, pour faire face à cette situation ?
– Par le dialogue. Justement, c’est la raison pour laquelle le dialogue est le choix et l’option du Forum, dans toutes ses composantes (société civile, syndicats, personnalités indépendantes et partis politiques). En effet, le Forum considère que la co-construction constitue une opportunité, pour relever les défis posés à la démocratie. Le FNDU considère que le changement auquel aspirent les Mauritaniens gagnerait à être opéré par le biais des forces politiques et sociales porteuses de programmes et de visions sociétales.
Autrement, le système, à force de dysfonctionner, explosera de façon incontrôlée, sous l’effet de l’exaspération, le ras-le-bol, le désarroi populaire, la colère la rancœur et les menaces.
– Qu’est-ce qui, selon vous, peut relancer la dynamique du dialogue ?
– Tout simplement que le pouvoir envoie des signes forts prouvant que le dialogue est, bel et bien, son option réelle. Qu’il réponde à la plateforme du FNDU et renoue rapidement les contacts à cet effet.
– Est-ce qu’à l’heure où le pouvoir et l’opposition n’arrivent pas à s’entendre, il faille voir émerger une troisième voie ?
– Toutes les voies doivent converger vers le dialogue, l’apaisement et le règlement des questions sociales ; la lutte contre le terrorisme, à travers la coopération internationale ; le rétablissement du lien avec le citoyen, pour tenir compte de ses préoccupations et améliorer ses conditions de vie, la démocratisation du pays, le renforcement de la justice, la saine et équitable gestion des ressources nationales. L’unique voie qu’il convient de suivre, aujourd’hui, est celle qui évite au pays l’éclatement.
– Considérez-vous que la menace est sérieuse ?
– Oui. Nous vivons une situation très tendue qui risque d’exploser à tout moment. C’est une nouvelle donne avec laquelle tout le monde doit composer. Il faut qu’elle soit intégrée dans tous les projets. La Mauritanie fait face à des crispations communautaires, favorisées, du reste, par le déclin de l’autorité.
Dans ces conditions, le péril qui nous menace est celui de l’enfermement de chacun dans ses certitudes, désignant l’autre comme coupable de toutes ses souffrances. Dans un tel contexte, chacun cherche ceux qui lui ressemblent le plus pour s’installer, côte à côte, dans une identité de plus en plus réduite.
La Mauritanie est gagnée par le succès de l’extrémisme auprès d’une partie de la population en déshérence, en particulier les nouvelles générations urbaines, sans réelles perspectives d’avenir, qui vivent un profond malaise, renforcé par le sentiment d’être abandonnés.
La Mauritanie est marquée par la fragilité de sa cohésion sociale. Notre société n’est pas un ensemble cohérent et intégré, tant font défaut les attributs de cette cohésion : égalité des chances et des conditions, accès effectif au droit et au bien-être économique qui permet à chacun de participer, activement, à la société et d’y être reconnu.
La Mauritanie est particulièrement menacée par le terrorisme. L’heure est grave. La responsabilité du pouvoir est évidente et la raison d’être du Forum est de tourner cette page. Mais la situation interpelle tous les Mauritaniens, l’élite en particulier : il faut réagir pendant qu’il est temps.
Les Mauritaniens sont, aujourd’hui, devant leurs responsabilités. Ceux qui auront laissé, sciemment, le pays sombrer dans le chaos, en dépit de ses divers appels de détresse, en assumeront la responsabilité devant l’Histoire.
Propos recueillis par Ahmed Ould Cheikh
le calame




