Monthly Archives: September 2015
Une dame dénonce le trafic d’être humains et les viols subis par les mauritaniennes en Arabie Saoudite
De retour d’Arabie Saoudite ce vendredi à 3 heures du matin, Salka a dénoncé un trafic d’êtres humains auxquelles se livrent d’obscures agences de recrutement de domestiques basées à Nouakchott.
«Nous (les bonnes recrutées et envoyées récemment en Arabie Saoudite) avons signé des contrats en tant que bonnes domestiques et nous en sommes fières, nous ne sommes pas des femmes qui font commerce de leurs corps. Les gérants d’agences qui nous ont envoyées en Arabie nous avaient en réalité vendues, cela à notre insu », dit-elle en substance.
Salké a également dénoncé les maltraitances dont elle et ses compagnons d’infortune ont été victimes : «Nos bourreaux saoudiens nous ont violées, battues», affirme-t-elle en substance. Elle a estimé que ces derniers sont en vérité des impies et non des musulmans.
Enfin, elle a appelé l’Etat à punir les soi-disant gérants des agences de recrutement de bonnes qui en réalité se livrent à un trafic d’êtres humains. Rappelons que Salké et les autres bonnes envoyées récemment en Arabie Saoudite doivent leur salut aux militants abolitionnistes qui ont poussé les autorités saoudiennes à agir et à rapatrier les dames.
SC
(©Cridem/ 12 Septembre 2015)


O.P.A sur l’opposition dite « radicale
Les deniers débats, les derniers commentaires ont largement démontré la profondeur de la déliquescence de l’opposition dite « radicale »
Comme dans le passé elle n’a su prendre la bouée de sauvetage qui lui aurait permis de sortir de la fange où elle est enfoncée jusqu’à l’os. Elle est restée dans le langage vide et les stéréotypes et elle s’est laissée manipulée par des hommes qui n’ont absolument rien à voir avec la politique et qui ne sont attachés ni à la démocratie, ni aux droits de l’homme ni aux intérêts du peuple mauritanien
Notre opposition « radicale » est mourante. A force d’erreurs, de mauvais choix et de mauvaise foi, elle a peu à peu atteint le point de non-retour Regardons en arrière pour suivre son parcours
Au début des années 90 , dans le sillage du « vent de l’Est », et du sommet de La Baule, un fort sentiment de liberté traversa le pays, les mouvements hostiles au régime de Ould Taya relevèrent la tête .Un front se créa ,le FDUC, qui se transforma ensuite en UFD .Il regroupait toutes les forces politiques hostiles au régime. Le pouvoir était aux abois. Et puis, soudain, vint un homme qui sauva le régime en place : Ahmed Ould Daddah . Il n’avait aucun programme, ne portait avec lui aucune expérience, sinon, celle catastrophique de la BCM et de la Sonimex , il était à l’étranger, coupé des mauritaniens , lié seulement à quelques milieux passéistes Il se présenta candidat et recueillit plus de 30 pc des voix au terme d’une campagne maladroite .Après cette élection, il se persuada qu’il était le « messie » venu du ciel et il se mit à dos tous les hommes politiques qui le soutenaient .L’unité de l’opposition vola d’abord en éclats, El Hor de Messaoud s’en alla, puis les négro-africains, puis les communistes du MND, puis les nationalistes, arabes baathistes et nasséristes, puis les islamistes, puis les Indépendants .Ahmed Ould Daddah fit le vide autour de lui. Il prôna ensuite alternativement le boycott et la participation, déroutant tous les observateurs. L’UFD boycotta donc les élections législatives en 92 participa aux municipales de 1994, boycotta les présidentielles de 97, participa à celle de 2003 . Ahmed allait ensuite soutenir tous les coups d’Etat, espérant qu’on lui offrira la seule chose qui l’intéresse :la Présidence de la République et il sera déçu à chaque fois. Il soutint Ould Abdel Azziz quand celui ci vint au pouvoir, puis se détourna de lui .
Aujourd’hui Ahmed Ould Daddah, qui est passé derrière Messaoud Ould Boulkheir aux élections de 20O9 propose encore le boycott et le refus de tout dialogue avec les autorités en place. On le comprend ; c’est un homme qui ne connait que son propre égo et qui sait bien qu’il a perdu toute crédibilité auprès des populations
Mais en vérité il est fini, Ahmed Ould Daddah .Maintenant une bonne partie de l’opposition a été achetée par un homme d’affaires, Mohamed Ould Bouamatou C’est lui qui trace les lignes à suivre et paye . C’est une entreprise qui n’a pas coûté cher à celui qui pendant des années, vivait des agios » frauduleux sur les entreprises publiques qui lui versaient chaque mois des sommes énormes d’une manière tout à fait frauduleuse. Bouamatou qui n’a pas supporté la fin de cette aubaine est donc devenu l’ennemi numéro 1 du pouvoir. Il s’est installé à Marrakech, eldorado des milliardaires d’Europe et d’ailleurs et a commencé son OPA sur l’opposition mauritanienne,. Il a acheté d’abord la presse, puis les cadres de l’opposition, RFD surtout puis enfin les dirigeants eux même. Aujourd’hui, pour une bonne partie des « cadres » du RFD, les ordres viennent de Marrakech directement. Le refus du dialogue, le boycott prôné par une partie de l’opposition ne sont pas en réalité une position politique mais plutôt le résultat de la hargne d’un homme d’affaires contre ceux qui ne l’ont pas laissé sévir contre les intérêts de l’économie nationale et du pays.
D’ailleurs,, M Bouamatou mobilise maintenant ses amis français pour ouvrir une nouvelle boutique qui vendra la « démocratie » et la « justice » aux africains, au prix fort bien sûr . Du coup il se désintéressera peut être bientôt de la marchandise appelée « RFD et autres… » . Peut être la vendra t il rapidement au meilleur offrant. Le problème c’est que pour cette denrée là ,il n’y a plus preneur
Ahmed Mohamed : un déçu de l’opposition
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Terres de Darel Barka : Le chef d’arrondissement prend le contre-pied du Premier Ministre après la ministre de l’agriculture
Elfoutiyou – Le mardi 8 septembre 2015, le premier ministre Yahye O Hademine reçoit pendant plus de deux heures d’horloge une délégation composée des membres de la commission contre l’accaparement des terres de Darel Barka. Cette délégation comprenait Kane Tidjane, ancien maire, Sidi O Yelli, Cheîkh Hamahoullah, Oumar Dia, un ressortissant de Boynguel Thilé, village rapatrié du département d’Aleg et Bâ El Hadj Abdoul, sénateur de Boghé.
C’est au cours de cette audience que le PM a informé ses hôtes que l’investisseur, l’AAAID a renoncé à son projet sur les 3200 Ha de terres de Darel Barka. C’est suite à cette audience que les deux détenus, Brahim Ould Inallah et Deddahi Ould Séyid ont été libérés par le parquet d’Aleg.
Le surlendemain, la toute nouvelle ministre de l’agriculture, Lemina Mint Khotob O Momma affirme au cours d’une réunion de cabinet que « les engagements de son département vis-à-vis des accords et conventions internationales portant sur le secteur agricole seront respectés.
Elle poursuit en ajoutant que sa nomination a la tête de ce département a coïncidé avec la période des campagnes, appelant a plus de sérieux pour leur exécution. Ajoutant que les programmes et politiques appliqués par le ministère doivent se poursuivre dans la transparence, la complémentarité et la concertation. »
Le vendredi, 11 septembre, c’est le chef d’arrondissement de Darel Barka qui a convoqué une réunion avec les propriétaires terriens. Comme un petit colon, le chef d’arrondissement commence par des menaces, pourquoi les autres villages ne sont pas représentés ici.
Et il poursuit son intervention en affirmant aux paysans présents à la réunion que l’Etat Mauritanien n’a pas renoncé au projet sur les 3200 Ha dans la cuvette de Karawlatt-Woullou N’Diaye. Le projet aura lieu martèle le chef d’arrondissement qui invite les paysans à examiner les voies et moyens de mise en œuvre de ce projet avec Moulaye O Cheikh, coordonnateur du projet AAAID. Le même chef d’arrondissement invite chaque village à fournir deux personnes qui seront employés comme gardien de la cuvette.
La terre appartient à l’Etat martèle le chef d’arrondissement qui met en garde toute personne qui se hasarderait à mettre pied dans la cuvette. Il distribue aux paysans présents sont numéro de téléphone pour lui donner la réponse dans 24 heures. Moulaye indique aux paysans que ce sont des pommes de terre et des oignons qui seront cultivés dans ce projet agricole.
Rien de nouveau donc de la part de Moulaye. A la question d’un paysan, Oumar de savoir si après le retrait de la crue de la cuvette, les paysans peuvent cultiver leurs champs, le commandant de brigade lui répond sur un ton menaçant, pas question. Une seule voix s’est élevée en faveur du projet au sein de l’assistance, il s’agit de Moktar Mamadou Sall, neveu de Kane Abou Baba. Nous avons contacté au téléphone, le coordonnateur du projet AAAID dans la région, Moulaye O Cheîkh qui affirmé que l’AAAID ne s’est pas retiré du périmètre. Il n’a pas employé le mot renoncer.
cridem
Validation de la candidature de Ouattara: une victoire historique contre l’ivoirité (Soro)
Le Président de l’Assemblée nationale ivoirienne Guillaume Kigbafori Soro s’est félicité, jeudi, de la validation par le Conseil constitutionnel, de la candidature du Chef de l’Etat Alassane Ouattara à l’élection présidentielle du 25 octobre prochain, estimant que “c’est une victoire historique” contre “l’Ivoirité”, alors que des jeunes de l’opposition ont manifesté , jeudi, dans plusieurs localités du pays pour dénoncer cette candidature de M. Ouattara..
“Le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire vient de proclamer la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle Ivoirienne. Je m’en réjouis au plus haut point. J’ai un sentiment de grand soulagement et de grande satisfaction”, écrit M. Soro dans une déclaration transmise à APA.
“C’est une victoire historique pour moi et tous les démocrates et une grande œuvre de justice rétablie. Le combat contre l’ivoirité vient de triompher au plan du Droit qui vient d’être ainsi dit”, ajoute-t-il en rappelant que “le 19 septembre 2002, de jeunes ivoiriens ont décidé de combattre cette autre bêtise humaine qu’est l’Ivoirité au prix de leurs vies”.
Pour Guillaume Kigbafori Soro, par ailleurs Président du Conseil politique de la direction nationale de campagne du candidat Alassane Ouattara, “nul ne doit, en effet, être spolié de sa nationalité”.
Dès lors, se félicite-t-il, “le Conseil Constitutionnel vient de consacrer la justesse de notre combat débuté depuis le 19 septembre 2002 en reconnaissant la validité de la candidature de Alassane Ouattara, mettant ainsi un point final et définitif à l’ivoirité”.
Il constate en outre que, “ce combat transcende les questions endogènes à notre pays et prend une forme panafricaine: personne ne doit être honni parce qu’il est étranger”. “La construction de l’Afrique unie et intégrée n’est possible qu’en admettant que partout en Afrique Tout africain est chez lui”, M. Soro.
“Aujourd’hui doit être jour de fête et d’allégresse pour tous les démocrates et combattants de la liberté et du panafricanisme. Je suis heureux de l’aboutissement de notre combat pour la démocratie”, conclu-t-il.
Le Conseil constitutionnel a publié, mercredi, une liste définitive de 10 candidas pour l’élection présidentielle du 25 octobre prochain. Sans surprise, tous les ténors de la politique ivoirienne ainsi que deux femmes, y figurent.
Auteur: Apanews – Apanews
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Les Harratines, ces oubliés de la République (deuxième partie) Par le colonel (E/R) Oumar Old Beibecar
De la responsabilité de l’esclavage
La France a une très grande part de responsabilité dans la consolidation de l’esclavage en Mauritanie, à cause de sa grande tolérance, de son indulgence et de sa bienveillance à l’égard du lobby féodal mauritanien, son partenaire, son complice, qu’elle n’a pas soumis au décret du 12-12-1905 dont la colonie de Mauritanie fut la seule exemptée tacitement.
Les colons adeptes de l’école de l’islamisant Coppolani, qui consiste à respecter scrupuleusement l’Islam sunnite, ont été encouragés par les oulémas des émirs, obligés d’interpréter le coran et la sunna suivant le rite malékite, dans le sens de la légitimation de l’esclavage.
A ce propos, le commandant François BESLAY chef d’état major de l’Armée Mauritanienne en 1961, écrivait : « En ce qui concerne les « serviteurs », je pense qu’il faut, sans vouloir jouer sur les mots, faire ici la distinction entre la condition des serviteurs non libres donc « captif » et celle d’ « esclave ».
Officiellement il n’y avait en effet pas d’ « esclaves » en Mauritanie dans la mesure où ce terme rappelle fâcheusement la traite des Noirs et les esclaves enchaînés, achetés puis revendus aux Antilles ou en Amérique du nord. Il n’y avait, il n’y a encore que des serviteurs et des servantes appartenant, il est vrai à un maître et, de ce fait, intégrés à sa famille pour le meilleur et pour le pire. Sans doute étaient-ils au bas de l’échelle sociale, chargés de toutes les besognes serviles mais, nombre d’entre eux s’y trouvaient à leur place, acceptant volontiers une situation leur assurant sécurité et affection, et se dévouaient à leur maître comme le faisaient sans doute chez nous naguère les vieux serviteurs de la Noblesse attachés à vie à certaines familles.
Dans la société moyenâgeuse qu’était celle de la Mauritanie à l’époque, il n’y avait là rien de bien choquant. Mais la barrière sociale n’existe plus hors la vue des témoins et « un guerrier seul en route avec son serviteur partagera avec lui sa nourriture avec une simplicité amicale qui serait une leçon pour bien des démocrates. ». Certes des excès étaient commis et des serviteurs maltraités par leurs maitres. Mais leur « libération » n’aurait alors la plupart du temps, rien résolu du tout, les jetant seulement en pleine insécurité, sans patron donc sans travail : qui eut alors osé utiliser le serviteur d’un autre sans son consentement.
On convoquait donc le mauvais maître et, en présence du serviteur, on exigeait qu’il s’engage à traiter ce dernier humainement, faute de quoi il lui serait enlevé pour être libéré. Moyennant quoi généralement tout s’arrangeait. Par contre l’administration française s’opposait efficacement à toute vente de serviteur, c’est-à-dire, en fait, à tout changement de patron sans l’accord de l’intéressé et notamment à toute séparation de la mère et de ses jeunes enfants ou même de la servante et de son mari. Une tentative de « libération » massive fut faite en 1944 par les autorités françaises au profit des serviteurs des Réguibats Legwacem.
On dut vite faire machine arrière. Le Peloton méhariste de la Saoura qui nomadisait entre Bir Mogrein et Tindouf étant alors envahi de Noirs évadés, qu’il fallait nourrir, et les Legwacem prêts à repartir en dissidence si on ne leur rendait pas ceux dont l’absence privait le troupeau de ses bergers.
Pratiquement, au fil des années et sous la pression constante des autorités françaises qui refusaient de reconnaitre un droit de propriété quelconque en la matière, nombre de serviteurs passèrent insensiblement du statut de serviteur à celui d’affranchi ; c’est-à-dire que certains reçurent un salaire et, libres de prendre leurs distances avec leurs anciens maîtres, ils se mirent souvent à travailler pour leur propre compte. A tel point qu’en 1958, peu après la mise en place de l’autonomie interne, le vice-président du conseil de gouvernement, Mokhtar Ould Daddah, se fit à plusieurs reprises au cours de ses visites chez les nomades, interpeller par de vieux chefs qui réclamaient : « Rends-nous, maintenant que nous sommes une République Islamique, ceux dont le coran nous reconnaît la propriété !
Néanmoins dans les années 1965, un responsable de la Miferma à Zouerate me rapportait qu’il recevait parfois la visite de Beidhanes venant réclamer que leur soit versé le salaire de « leurs » serviteurs qui travaillaient à la mine !
Pour en revenir aux années 40-50, il existait malheureusement un trafic, clandestin bien sûr, d’ « esclaves », et je reprends le terme car il s’agissait bien de Noirs volés, vendus ou revendus contre leur gré. Un esclave se vendait alors dans le sud marocain pour plus de 20 chameaux ! J’eus personnellement deux fois l’occasion d’arrêter de tels trafiquants.»
Autorités françaises tolérantes
Il ressort de ce qui précède que les autorités françaises pendant la pacification étaient très tolérantes et avaient contribué à transformer l’esclavage en servage, et les esclaves en serviteurs ou en serfs. Ces mêmes autorités avaient renforcé le pouvoir des maîtres ou des seigneurs en leur attribuant toutes les terres arables, pour perpétuer leur domination sur la majorité de ces serviteurs dont le seul moyen de survie était de labourer la terre.
Aucun serviteur n’avait droit de propriété sur ces terres mises en valeur grâce à son labeur et à celui de ses ascendants. La réforme foncière de 1983 n’a pas modifié la situation. Les anciens maîtres sont toujours les propriétaires des terres et les anciens esclaves sont toujours les cultivateurs de ces terres. Profitant de la période de pacification de 1900 au 28 novembre 1960, les français avaient très bien préparé la période de néo- colonisation qui a commencé depuis l’indépendance et qui continue jusqu’à présent.
Avec deux périodes distinctes, celle des bâtisseurs qui se situe entre le 28 novembre 1960 et le 10 juillet 1978 beaucoup plus marquée par une vraie volonté de réduire les inégalités et de promouvoir une véritable égalité citoyenne. A ce sujet le père de la nation déclarait en janvier 1999 dans une interview à Jeune Afrique économie : «C’est une réalité sociologique de la Mauritanie. Malheureusement un héritage très ancré dans les mœurs du pays. Nous n’avions pu l’attaquer de front parce que nous avions un pays à créer d’urgence, et à partir de rien. Il fallait résoudre le problème au fur et à mesure que des solutions étaient envisageables. Notre constitution de 1961 supprimait l’esclavage. Dans la pratique administrative et judiciaire, il fut donné instruction aux forces de sécurité et aux agents de la justice de ne plus considérer l’esclavage comme une institution et de le combattre. »
La seconde période, celle des régimes d’exception destructeurs, qui a commencé ce 10 juillet 1978 et qui continue jusqu’à présent, est marquée par un recul des libertés et des valeurs morales ainsi que par la montée en puissance des inégalités intercommunautaires, interrégionales et intertribales avec pour summum la déportation et le génocide.
Les écoles de la discrimination
En effet, les Français avant de partir avaient bien préparé leur succession au profit de leurs héritiers et complices les chefs de tribus ou fils de grandes tentes arabo- berbères et négro-mauritaniens. C’est ainsi qu’ils ont institué dans les quatre coins du pays les écoles des fils de chefs, dont les premières avaient été construites à Boutilimit (1914), à Atar (1936) et à Kiffa (1939) pour reproduire la société coloniale en vue de préserver les intérêts de la métropole et perpétuer la colonisation sous une autre forme plus civilisée et acceptable par les populations autochtones. Comme leurs noms l’indiquent ces écoles privilégiaient clairement la noblesse et étaient interdites aux serviteurs et aux autres castes auxquels les colons ne faisaient pas confiance et ne leur accordaient aucune importance.
Pour cette raison la France doit être sollicitée aujourd’hui, pour participer avec le gouvernement mauritanien à l’alimentation d’un Fonds de Solidarité pour la Dignité, au profit des victimes de l’esclavage ou personnes assimilées, pour réparer autant que faire se peut les préjudices subis par les descendants de ces esclaves. Pour la France, sa responsabilité se situe entre le 12 décembre 1905, date du début de la répression de la traite des esclaves dans les colonies et le 28 novembre 1960. Elle doit participer avec une indemnisation considérable.
La responsabilité du gouvernement mauritanien commence du premier jour de l’indépendance jusqu’à la fin de ce fléau. L’Etat mauritanien, quant à lui, doit donc mettre en place un fonds de Solidarité qu’il alimentera, à hauteur de 3% de son budget annuel, à compter de 1961. Ce fonds permettra une meilleure insertion de la communauté des anciens esclaves ou personnes assimilées en leur offrant une véritable éducation citoyenne, des écoles, des centres de formation, des capitaux assurant leur autonomie ainsi qu’une entière prise en charge de leur sécurité sociale.
Le pouvoir d’exception a incontestablement renforcé le système féodal – fondé sur les inégalités sociales et l’arbitraire,sources d’instabilité – légué par les pacificateurs, en essayant de lui donner un visage moderne et libéral, si bien décrit par Géneviève Désiré-vuillemin dans son livre “histoire de la Mauritanie” : « Le discours officiel pourrait faire croire que l’ancienne société, avec sa hiérarchie pesante, a été balayée avec les mots d’indépendance, de démocratie, de partis, de rassemblement, de liberté …
Mais ces vocables à consonance moderne ne sont guère que les déguisements, des anciennes formes de pouvoir et de contre pouvoir qui soutenaient auparavant, les compétitions et les affrontements entre fractions ou tribus. Aujourd’hui, qu’un individu se présente vêtu d’une derrah ou d’un costume-cravate, il est parfaitement identifié par ses compatriotes comme le descendant d’une lignée prestigieuse de marabouts ou de guerriers de grande tente, ou le fils exceptionnellement doué et chanceux d’un obscur hartani.»
A suivre.
le calame




