Monthly Archives: September 2015
FLAMNET-AGORA: Devoir de mémoire et refus de l’oubli : 4 septembre 1986, le début des années de braise en Mauritanie
C´était le 4 septembre 1986, le début des premières arrestations des militants et sympathisants desForces de libération africaines de Mauritanie(FLAM) suite à la publication du “Manifeste du Négro-mauritanien opprimé”. En publiant ce manifeste en 1986, nous avions montré que des problèmes réels de coexistence entre les deux communautés raciales existaient.
Nous avions aussi montré par quels mécanismes, ils avaient été engendrés. Nous avions également indiqué les perspectives dangereuses (guerre civile) sur lesquelles pouvaient déboucher ces problèmes, s´ils n´étaient pas résolus à temps correctement.
Nous avions enfin appelé à un débat national sur la question. L´esprit du Manifeste était, en Patriotes sincères d´attirer l´attention des pouvoirs publics sur les problèmes de la nation, en vue de leur trouver des solutions avant qu´il ne fut trop tard.
Quelle fut la réponse du gouvernement raciste de Ould Taya? Cinglante, féroce et sanglante.
Depuis 1986, le système d´Apartheid mauritanien a systématisé dans le cadre de sa consolidation la politique de répression et de la mise à l´écart de la communauté noire et cela dans tous les domaines de la vie politique.
Ainsi en septembre de la même année, prenant comme prétexte la parution du“Manifeste du Négro-mauritanien opprimé”, L´Etat raciste (parce qu´il n´avait pas des idées à nous opposer), procéda arbitrairement à l´arrestation d´une centaine d´intellectuels noirs qui furent inhumainement torturés, sommairement jugés et lourdement condamnés.
Plusieurs centaines d´autres seront révoqués de la fonction publique ou contraints à l´exil. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte !
En 1987, les corps militaires et para-militaires connaitront une véritable purge qui se soldera par la radiation de plus de 3000 gendarmes, policiers, gardes et militaires noirs. Cette politique de mise à l´écart s´accompagne d´une volonté délibérée d´extermination de la communauté négro-mauritanienne déjà largement sous représentée dans tous les secteurs de l´Etat.
Ainsi, après l´assassinat le 6 décembre 1987 des lieutenants Ba Seydi, Sy Saidou et Sarr Amadou, le régime totalitaire du colonel Maawiya Ould Sid´Ahmed Taya s´attela à la liquidation physique des prisonniers politiques envoyés à cet effet à la prison mouroire de Oualata, l´écrivain TENE Youssouf Gueye, L´Adjudant-Chef Ba Alassane Oumar, Le Lieutenant Ba AbdoulGhoudouss, Le Doyen Djigo Tafsirou y seront froidement assassinés. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte !
Le pouvoir engagé dans le démentélement de la composante noire s´appuie essentiellement sur les Baathistes et Nassériens qui infiltrent l´appareil d´Etat à tous les niveaux en rivalisant d´ardeur dans la répression des noirs. C´est ainsi que durant toute l´année 1988, les exactions contre les noirs étaient devenues des pratiques quotidiennes.
Les élèves, étudiants et civils noirs qui avaient tenté de manifester contre cette situation d´injustice à Nouakchott furent arrêtés, torturés et obligés à payer des lourdes amendes que les officiers de police baathistes fixaient selon leurs humeurs. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte!
A Kaédi, Djowol, Rosso, Sélibaby, Nouadhibou, Zouératt, c´est la même atmosphère de terreur contre les civils noirs avec arrestation, tortures et amendes à ceux qui disaient non à l´injustice. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte !
Durant la même année 1988, le gouvernement envoya dans le Sud des brigades militaires exclusivement beydanes, pour exproprier les terres, perquisitionner et désarmer les villageois négro-africains, en état de siége. C´est dans ce contexte de chasse à l´homme généralisée contre les Négro-africains que survient le conflit dit “sénégalo-mauritanien”.
En avril 1989, le régime raciste organise des massacres de plusieurs centaines de Négro-mauritaniens et autres ressortissants Ouest-africains, des viols, des vols, des déportations au Sénégal et au Mali de plusieurs dizaines de milliers d´authentiques citoyens noirs, la confiscation de leurs biens, l´arrestation de plusieurs d´entre eux, dont plusieurs souvent froidement abattus.
Cette politique délibérée d´extermination des Noirs a fini par instaurer une très grave situation interne qui a fait des Négro-mauritaniens des otages du Système. Le choix par le régime du génocide de la composante noire comme solution aux problèmes mauritaniens, à travers les événements d´Avril 1989, dans leur préparation méthodique, les conséquences horribles montrent à quel point la communauté noire est menacée dans ce pays.
La persistance en 1990 du même climat de terreur sur toute l´étendue du territoire marquée par les déportations, des licenciements massifs, la systématisation des exécutions sommaires qui prennent l´allure de véritables massacres atteste la réalité de cette menace.
C´est cette même logique de despotisme sanguinaire qui a conduit le régime deTaya à procéder en fin 1990 début 1991 à l´arrestation pour la nième fois de plus de 3.000 Négro-mauritaniens civils et militaires accusés, selon les “prétextes classiques” d´avoir comploté contre l´Etat.
En mars 1991, avec la pression nationale et internationale, la dictature raciste recula et procéda à des “remises de peine grâcieuses” qui devaient aboutir à la “libération”des prisonniers politiques Négro-mauritaniens.
Le bilan de ces arrestations s´éléve à des centaines de morts tous exécutés extra-judiciarement, des milliers de cas de disparition dans la vallée pendant ces années de braise. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte!
Dans la totalité des villes et villages du Sud (de Ndiago à Daffor) il n y a aucune famille négro-africaine qui ne compte en son sein, soit un exilé, soit un déporté, un assassiné ou estropié á vie. C´est un petit rappel pour ceux qui ont une mémoire courte !
Le 4 septembre 86, l´histoire des années de braise commençait par là et elle continue toujours à faire des ravages. Que beaucoup de larmes, de sang et de salives versés !
Les Flam d´hier, FPC d’aujourd’hui , portèrent les premières le flambeau de la résistance et elles continuent à lutter contre vents et marées et à résister aux coups d´assaut du Système, de ses valets et de ses alliés.
Une chose est sûre: on a beau critiquer, dénoncer, réformuler, réformer, refonder, on revient au même constat du Manifeste du Négro-mauritanien Opprimé 1986 et reformuler ses recommandations: le dialogue inter-communautaire pour un Etat juste, égalitaire et non-racial.
A cette occasion nos pensées pieuses et militantes vont à nos martyrs tombés sur le champ d´honneur à Oualata, Djreïda, Inal, Azlat, Nbeyka et dans la vallée.
Et la lutte continue!
Kaaw Touré
DÉCLARATION DE POLITIQUE GENERALE DES FORCES PROGRESSISTES DU CHANGEMENT F.P.C
Liberté – Egalité- Unité

DÉCLARATION DE POLITIQUE GENERALE DES FORCES PROGRESSISTES DU
CHANGEMENT
F.P.C
La Mauritanie est un pays biracial et multiculturel. Sa population, composée de Bamana, Harratin, Fulbe ou Haalpulaaren, Soninko et Bidhan ou Arabes, est estimée à un peu plus de trois ( 3) millions.
Avec une telle population, relativement modeste, il est possible, avec un programme ambitieux et une volonté politique réelle affirmée, de rendre chaque mauritanien heureux de vivre, heureux de partager. Mais cela suppose, au préalable, de s’attaquer frontalement aux problèmes majeurs et récurrents qui handicapent la marche de notre pays vers le progrès depuis l’indépendance, et auxquels nos gouvernements successifs n’ont jamais voulu véritablement faire face.
De l’indépendance de notre pays à nos jours, le pays vit des crises récurrentes engendrées par un un Système à caractère discriminatoire faisant fi des principes de justice et d’égalité qui devraient fonder la cohabitation entre communautés diverses. L’Etat, au lieu d’être au service de tous, sert plutôt les intérêts d’une seule communauté ethnique.
Il est possible de faire de ce pays, un pays de partage, le transformer en une Mauritanie égalitaire, démocratique, réconciliée avec elle-même. Mais il faut, pour se faire, relever les défis auxquels il fait face; en l’occurrence le défi de l’unité nationale, le défi du Développement, celui du changement de nos mentalités tournées vers l’absence d’ordre, le non respect du bien public dans notre pratique administrative courante.
Aussi, pour corriger les choses devrions-nous impérativement :
– Fixer, en priorité, les nouvelles bases de notre Unité nationale, pylône de la Cohabitation,
– redéfinir l’orientation de notre développement, en identifier les obstacles,
– mettre de l’ordre dans la gestion de notre Administration , de nos ressources et deniers publics.
D’où la nécessité de mettre en place une série de réformes opportunes, hardies :
UNE REFORME POLITIQUE POUR UNE VERITABLE UNITE NATIONALE
Le règlement global et durable de la question de cohabitation – question prioritaire – à travers un Etat reconstruit sur la base d’une gestion conjointe et équilibrée du Pouvoir entre Négro- mauritaniens et Arabo-berbères; un Etat profondément remanié à travers une série de réformes à opérer, au niveau politique, administratif et de l’Armée.
I. CONSIDERATIONS SPECIFIQUES
Le règlement du problème de la cohabitation entre les différentes composantes de notre pays suppose plusieurs réformes politique, économique, sociale et territoriale.
I.1 Réformes politiques et institutionnelles
Il faudra énoncer, inscrire (et appliquer) dans la nouvelle Constitution les principes politiques généraux suivants devant protéger chaque communauté contre une quelconque assimilation ou domination, tels :
- ØL’Affirmation de l’identité multiethnique et pluriculturelle du pays ;
- ØCaractérisation de la pratique de l’esclavage et de toutes formes d’asservissement humain comme crime contre l’humanité.
- Ø
- ØLa reconnaissance de toutes nos nationalités et l’affirmation de leur égalité devant l’emploi et la justice.
- ØLa reconnaissance de l’égalité de toutes nos langues et cultures nationales
- ØL’Institution d’un bicéphalisme au niveau de la Présidence de la République (un Président assisté de deux vice-présidents issus de nationalités différentes).
- ØL’Institution du partage équilibré du pouvoir au niveau des grands postes de la République.
- ØL’Etablissement de critères légaux pour l’équité dans le recrutement de la fonction publique.
- ØLa création d’un Observatoire national de la Cohabitation et des Libertés chargé de veiller au respect de ces garanties constitutionnelles.
I.2. De l’Autonomie ou Réforme Territoriale
Le découpage territorial actuel du pays n’est ni juste, ni rationnel. Voila pourquoi, il faudra procéder à un nouveau redécoupage qui repose sur des bases homogènes plus objectives, respectant à la fois les aires culturelles et/ou historiques de nos communautés et la vocation économique de ces régions. Cela offrirait l’avantage de réduire ou atténuer sensiblement les récurrentes tensions ethniques et sociales, inter- tribales actuelles dans la course à la représentativité au niveau du pouvoir central.
I.2.1 Redécoupage administratif
Dans ce cadre, il sera procédé à une décentralisation poussée, ou autonomie des régions. Il sera érigé quatre ( 4) grandes régions, subdivisées en provinces :
- ØLa Région de l’Est, à vocation pastorale, qui engloberait les hodhs et l´Assaba (No 1 )
- ØLa Région du Fleuve, à vocation agricole, qui comprendrait le Guidimakha, le Fuuta, le Waalo ( No 2 )
- ØLa Région du Nord, à vocation minière, constituée de l’Adrar- Tiris zemmour et Inchiri (No 3)
- Øla Région du Centre, à vocation agro -pastorale, qui regrouperait le Tagant, le Brakna et le Trarza ( No 4 )
- ØLes villes de Nouackchott et Nouadhibou auront un statut particulier.
1.2.1-2. Pouvoirs régionaux
Il sera affecté à ces régions un certains nombre de moyens et de compétences ou pouvoirs résiduels.
Ainsi l’Administration, la police, la culture, la Justice (paliers un et deux), les finances régionales, le foncier relèveront de la compétence des régions. Elles éliront leurs propres représentants (Gouverneur et Députés). Chaque Région disposera d’une assemblée législative (dont les compétences restent à définir).
Les Régions userront des langues locales comme langue d’Administration locale.
1.3. Réforme foncière : la TERRE
La terre constitue un bien économique précieux, fortement chargé d’émotion, par tradition. Pour son exploitation durable et rationnelle, il sera procédé à une réforme foncière plus juste et plus équilibrée, redéfinie sur la base des principes ci-après:
- Øl’accès à la terre sera accordé en priorité aux autochtones locaux, dans le respect de la propreté privée. Il sera reconnu le droit des propriétaires tout en faisant place aux nationaux sans-terres ; les populations locales se verront ainsi attribuer « la zone du Waalo» (surface inondable).
- ØAux investisseurs nationaux et sous-régionaux, reviendra le moyen Diéri (12km au-delà du Waalo).
- ØLes Investisseurs internationaux eux, se verront affecter le haut Diéri (20km au delà du Waalo).
- ØL’exploitation moderne des terres du fleuve se fera dans l’équilibre existant qui préserve les droits séculiers des Paysans (accès à la terre), des Pêcheurs (droit –fluvial-de pêche et de navigation) et des Eleveurs (droit-pastoral – par la création de couloirs d’accès au fleuve pour le bétail) .L’environnement immédiat des villages sera préservé.
Pour une meilleure intégration sous-régionale concevoir un statut spécial pour les riverains
1.4. Réforme de l’Education et de l’ECOLE : Enseignement , contenu, orientation, langues et culture.
Etant entendu que toutes les cultures sont d’égale valeur, et en raison du droit inaliénable de chacun à s’épanouir dans sa langue et culture , toutes les langues nationales seront érigées au rang de langues officielles et enseignées comme telles, à côté du Français et de l’Anglais, pour offrir les mêmes chances dans les débouchés.
Aussi, pour renforcer l’unité nationale, devrions-nous oeuvrer au changement de mentalités par la base, ainsi
- ØRestituer à l’Ecole son rôle de vecteur de changement des mentalités apte à créer un type nouveau de mauritanien imbu des valeurs universelles et morales de justice, d’honnêteté d’amour de l’autre, d’égalité entre les hommes, de toléranc , de citoyenneté, de patriotisme ; valeurs aujourd’hui dévoyées par la course effrénée à l’enrichissement immédiat, par tous les moyens. D’où nécessité d’œuvrer au retour, en force, de l’Education morale et civique en classe.
- ØPar ailleurs , au niveau de l’enseignement, chaque enfant démarrera avec sa langue
maternelle à l’école ;
En 3eme année, il apprendra l’Arabe, comme seconde langue, pour les négro-africains, le Pulaar, Soninké, Wolof ou le Bambara pour l’élève arabe (Arabo-Berbère ). Il sera laissé aux Harratines une option libre.
Etant bien compris que la langue seconde sera juste enseignée à titre de langue de communication tout court.
A partir de la 5e et 6e année, il y’aura amorce de l’apprentissage du français et de l’Anglais, à coté des langues nationales dont l’enseignement devra se poursuivre le plus loin possible.
L’Histoire de la Mauritanie sera revue et corrigée dans le sens de l’inter culturalisme, mais surtout dans celui de la restauration de la vérité historique sur le passé et le rôle de chaque communauté ,dans son apport à la construction nationale ; le récit national devra intégrer toutes les composantes nationales, dans un rappel non travesti des relations historiques entre les communautés en présence, l’insistance sur l’intérêt et la nécessité ‘’du vivre ensemble ‘’, dans l’harmonie et la complémentarité.
- §L’Ecole mauritanienne sera le creuset dans lequel sera façonnée une nouvelle mentalité d’un type nouveau de mauritanien, comme réaffirmé plus haut.
Pour se faire, il faudra restaurer certaines valeurs morales et de discipline comme
le patriotisme, l’honnêteté et le courage.
- Øl’esprit de tolérance, l’esprit civique,
- Øl’amour du prochain, le respect des différences.
- ØL’égalité et la fraternité entre les hommes,
- Øle respect du bien public
- Øle respect des valeurs universelles du travail, et du travail bien fait
- Øla restauration du scoutisme
- Au delà de la revalorisation du Savoir, l’Ecole sera adaptée à notre Environnement et à nos objectifs et besoins en matière de développement.
Il s’agira donc de réformer le Système éducatif en réorientant son contenu dans le sens de ces besoins. D’où le Contenu de l’Enseignement portera sur une orientation générale, pratique et professionnelle, en priorité.
Il sera procédé :
- ØA la Création de centres professionnels (Sud, Centre, Est, Nord) autour des métiers de base comme le bâtiment, la menuiserie, la plomberie, l’électricité , la mécanique ,l’agriculture, l’élevage etc .
- ØAu renforcement et l’équipement correct de chaque Lycée au niveau des Provinces
- ØCréation d’Instituts spécialisés (4) au niveau des Régions
- ØRéforme, développement et équipement optimal de l’Université existante.
I-5 Politique culturelle et sociale
Lutte contre l’ignorance, l’analphabétisme par l’alphabétisation des masses rurales.
Lutte contre la pauvreté, la maladie à travers :
- ØLa revalorisation de toutes les cultures nationales
- ØLa redistribution équitable des richesses du pays
- Øla discrimination positive à l’endroit des Haratines
- Øla lutte contre le chômage grandissant par la création d’emplois
- Øla mise en place d’un fonds de chômage et la création d’un fonds « social sécurité »
- ØLa régulation des tarifs de transport
- ØLa régulation des prix des denrées de première nécessité à des normes standards, tout en suscitant également une saine concurrence par la suppression du monopole dans l’importation.
- ØLa garantie aux couches les plus démunies de l’accès aux soins de santé primaire, à l’eau courante, à l’Ecole.
- ØLa suppression définitive de l’esclavage par un train de mesures ( d’ordre juridique , économique , et éducative ) en instaurant une sorte de Plan Marshal
- ØLa construction de routes praticables en toutes saisons, le pourvoi aux besoins fondamentaux de base : manger à sa faim, accéder à l’eau potable, se soigner …
1.6 Réforme de l’Armée
Depuis 1987, la structuration de l’armée nationale, son implantation géographique, ses missions autant que sa composition ethnique qui ne reflète plus la réalité multi ethnique du pays, en font une armée ethnique, orientée vers des taches de maintien de l’ordre et de répression.
Nous devons bâtir des forces armées modernes et républicaines, au service de la paix , à vocation de défense du territoire et de développement économique, aptes à renforcer les conditions pour l’érection d’un pays démocratique, stable et sécurisé.
Cette réalisation exige que les forces armées soient reformées, réhabilitée afin qu’elles renouent avec la discipline, le respect de la hiérarchie, l’esprit républicain, retrouvent leur cohésion, reflètent surtout dans leur composition, la diversité ethnique de notre pays
Dans le corps du commandement, il sera instauré une politique de quotas devant refléter l’équilibre ethnique.
II. CONSIDERATIONS GENERALES (réformes générales).
II.1.1. L’Economie: réforme économique, Option semi-libérale
Le mal profond qui a caractérisé notre économie et qui continue de l’affecter profondément de manière négative, réside dans l’absence d’ordre, de rigueur, de suivi dans nos plans et notre gestion, en général. Par ailleurs, devons- nous redéfinir notre orientation économique dans le sens de la consolidation de notre indépendance nationale, de l’élévation du niveau de vie des populations, et de l’autosuffisance alimentaire par la place accordée aux cultures vivrières.
Notre économie devra s’efforcer d’être une économie à visage humain, c’est à –dire que, tout en s’adossant sur des réformes libérales, elle tiendrait aussi compte de la nécessité du développement social et des besoins de notre société. La croissance devra se refléter dans l’élévation du niveau de vie des populations. D’où la nécessité de l’intervention, voire du contrôle de l’Etat par endroits, pour réguler le fonctionnement de l’Economie dans certains domaines tels que le secteur de l’eau , de la Santé et de l’Education en particulier, et protéger ainsi les populations déshéritées, et même les classes moyennes .
II-2 L’agriculture/Elevage/la Pêche
Nécessité de redéfinir une nouvelle politique agricole qui aura pour vocation particulière d’aider à atteindre l’autosuffisance alimentaire (promotion de la culture de rente et de la culture vivrière), pour réduire voire supprimer notre dépendance à ce niveau.
Essayer de combiner l’élevage moderne et traditionnel, en vue de modifier progressivement la pratique traditionnelle, inadaptée au changement climatique drastique.
Pour la Pêche, mettre en place un système de gestion dont l’objectif serait de supprimer la surexploitation des ressources halieutiques.
Œuvrer à la promotion du secteur de pêche en créant les conditions d’amélioration de la qualité du produit de pêche en matière d’hygiène et de salubrité.
Tendre vers l’implantation d’usines de transformation première sur place des captures.
Créer un système de crédit visant à la promotion entrepreneuriale en matière de pêche, de culture et d’élevage, de manière à contribuer ainsi à l’augmentation des revenues des communautés rurales. Créer un crédit maritime pour la promotion de la pêche artisanale. Revitaliser le secteur manufacturier par une politique de transformation/conditionnement sur place des produits agricoles, halieutiques, miniers et de l’élevage. Ce qui aurait une incidence positive importante sur l’emploi , le développement , et le tourisme .
II -3. Mines et Industrie
Encourager des permis de recherche pour identifier de nouvelles ressources du sous-sol, dans toutes les régions, optimaliser l’exploitation de celles qui existent par le développement des infrastructures de base (transports, Energie, Eau).
Entretien et extension du réseau routier existant.
Dans le domaine hydraulique,
Multiplier les forages urbains et ruraux, procéder à des retenues des eaux d’hivernage pour multiplier les points d’eau (Petits barrages, lacs collinaires en zone pluviale), faire des prospections de recherches de nappes phréatiques dans le nord et le centre pour arrêter l’avancée du désert.
Investir dans le développement des ressources propres, les Energies renouvelables (solaire et Eolienne).
II.1. 2. Le Pétrole
Utiliser les ressources du pétrole pour changer l’Environnement, en particulier
pour stopper la progression du désert au nord et au centre, à viabiliser.
Œuvrer de concert avec les Etats limitrophes pour une meilleure intégration sous-régionale.
Etudier avec les voisins l’établissement d’un statut spécial du riverain fondé sur la double nationalité.
II.3 L’administration
Assainir et moraliser l’Administration, en luttant contre la corruption et les détournements de deniers publics, par l’application ferme et stricte du principe de sanction dans tous les cas de malversation établie.
Ainsi, œuvrer à
- Øl’élaboration d’une grille de sanctions sévères
- User, simultanément, d’une discrimination positive à l’endroit des Fonctionnaires intègres et consciencieux par :
- Øle rehaussement régulier des salaires
- Øla promotion d’une politique de logements sociaux de l’Etat à travers la construction de Cités de fonctionnaires (par département).
- Øla restauration de l’ordre, du respect de l’ancienneté, de la hiérarchie à travers le rétablissement de la promotion par le respect du principe de la récompense par le mérite.
II.4 La Justice.
Nous devons revenir à une justice en paliers:
- ØLa justice de base qui reposerait sur le droit coutumier et serait laissée à la discrétion de la « JEMM ‘A », du village ou du campement.
- ØLa Justice rendue par le Cadi choisi par les populations locales, dans les cas de non règlement des contentieux à la base ( échelon départemental ).
- ØLa justice moderne basée sur le droit moderne à laquelle on recourirait en cas de désaccord au palier No 1 et 2, et de laquelle dépendraient tous les cas complexes liés à la gestion d’un Etat moderne ( échelon régional et national ).
Il sera crée un Conseil Constitutionnel qui sera chargé de:
- Øveiller à la conformité des lois du pays avec celles des Régions.
- Øtrancher les conflits entre Régions
- Øfixer les rapports entre Régions
- Øfixer les rapports entre Régions et Gouvernement Central
- Øcorriger les dysfonctionnements et les effets de discrimination (économique)
- Øveiller à l’alternance au sommet de l’Etat.
II.5. La Jeunesse et Sports
Œuvrer au Développement d’infrastructures sportives à :
- Øl’Elaboration d’une politique de pépinière grâce à de larges compétitions intra et interscolaires, régionales et nationales.
- Øla Création et multiplication de centres culturels
- Øla Mise en place d’un fonds national de Jeunesse.
- Øla Restauration de l’éducation physique à l’Ecole.
II.6 L’Environnement
- ØMener une politique hardie de reforestation du Sud et d’extension du tapis végétal au Nord et au centre.
- ØEncourager la multiplication de places vertes dans les cités et les villages.
- ØDévelopper une politique de lutte contre la désertification par la Fixation des dunes
- ØProcéder à la captation des eaux de pluies, ou création de petits barrages pour multiplier les points de verdure.
- ØCréer et protéger les parcs régionaux, à l’image de Boumdeit, les parcs urbains de loisir dans toutes les capitales régionales, les ceintures vertes autour des villes.
- ØDémultiplier les forages.
- ØMultiplier les éoliennes dans les villages et en zone de pâturage pour le bétail
- ØElaborer des Actes de loi visant à imposer pour chaque nouvelle Construction 4 arbres, en milieu urbain et 2 en milieu rural.
- ØEtablir une réglementation draconienne en matière de coupe du bois de chauffe ou pour petits ruminants. Soutien et encouragement simultané de l’Etat à l’usage du gaz domestique.
II.7. La DEMOCRATIE / Droits de l’homme
Développer la Démocratie par :
- Øle renforcement du multipartisme intégral.
- Øl’Enracinement du respect des libertés fondamentales (de Conscience, d’opinion, de culte, presse)
- Øle respect intégral des droits de l’homme.
- ØLe Rejet de la censure ou du délit de Presse
- ØLa reconnaissance et l’établissement de procédures de compensation pour les torts portés aux citoyens par l’Etat; possibilité de recours auprès des tribunaux contre l’Etat
- Øla Consolidation et le renforcement des compétences de la CENI et son indépendance
II.7 la DIPLOMATIE
- ØElaborer et appliquer une politique étrangère à égale distance entre le monde arabe et négro-africain
- ØŒuvrer à l’intégration économique (voire politique) sous-régionale, en consolidant les ensembles existants et en procédant à la réintégration de la Mauritanie dans la CEDEAO
- ØŒuvrer au bon rapport de voisinage
- ØŒuvrer à l’unité politique et économique du Continent.
Il est possible de faire de ce pays, un pays de partage, le transformer en une Mauritanie égalitaire, démocratique, réconciliée avec elle-même. Il suffit d’une réelle volonté politique pour le réaliser.
Le Congrès 29 Aout 2014
La lutte continue !
Déclaration du RFD
Nul ne peut ignorer l’ampleur de la crise politique, économique, sociale et de valeurs que traverse aujourd’hui le pays dans un contexte mondial trouble. Du fait de ses agissements irresponsables, le régime en place a perdu toute crédibilité aux yeux du citoyen et face aux partenaires étrangers.
Aussi, la pérennité de l’Etat et son autorité sont-elles sérieusement remises en cause, ce qui augure de graves dangers pour le pays. Il s’agit-là d’inéluctables conséquences des agissements de Mohamed Ould Abdel Aziz, sept années durant, pour le sabordage de l’unité nationale, le pillage des richesses nationales, prenant, parfois, la forme de spoliation au grand jour du domaine public et vidant l’ensemble des institutions de l’Etat de toute crédibilité.
Au lieu de répondre sincèrement aux propositions du Forum National pour la Démocratie et l’Unité visant à l’instauration d’un dialogue inclusif et responsable, permettant aux Mauritaniens de faire face, dans l’unité et la cohésion, à cette grave crise avec le moindre coût possible, Mohamed Ould Abdel Aziz préfère la politique de la fuite en avant, due à son manque de discernement et à son mépris à l’égard de la classe politique dans son ensemble… C’est ainsi qu’il vient d’annoncer la tenue de ce qu’il appelle tantôt « dialogue » et tantôt « rencontres » ou « concertations », auxquels il a convié des individus et groupes évoluant dans son giron, dans une vaine tentative de contourner les acteurs politiques authentiques.
Considérant la décision du Bureau Exécutif en date du 16/08/2015 et conformément aux textes et usages du parti :
- Le Comité Permanent du RFD réitère l’attachement du parti à la position du FNDU relative aux préalables d’un dialogue sincère et rejetant la mascarade programmée par Mohamed Ould Abdel Aziz ;
- Confirme que tout membre du RFD qui participerait à cette mascarade ne représenterait que lui-même et serait considéré comme démissionnaire du parti.
Nouakchott, le 19 Dhou Al Q’ida 1436 – 03 Septembre 2015
Le Comité Permanent
Source: le calame
L’image du corps d’un enfant de trois ans, échoué sur une plage turque, émeut l’Europe
La même image du corps sans vie d’un enfant syrien de trois ans, échoué sur une plage de Turquie après le naufrage de son embarcation dans la Méditerranée, fait la une de la presse européenne et des réseaux sociaux ce jeudi.
L’image est devient le symbole du drame des migrants. Ce jeudi 3 septembre, la même photo choc fait la une de la presse européenne et des réseaux sociaux : celle du corps sans vie d’un petit garçon de trois ans échoué sur une plage, après le naufrage de deux embarcations transportant des migrants syriens. L’enfant vêtu d’un tee-shirt rouge et d’un short bleu gît le visage contre le sable de Bodrum, une des plages les plus fréquentées de Turquie.
Les embarcations, ainsi qu’une deuxième, était partie dans la nuit mardi à mercredi de la ville côtière turque de Bodrum à destination de l’île grecque de Kos, l’un des plus courts passages maritimes entre la Turquie et l’Europe, lorsqu’ils ont chaviré, ont expliqué les garde-côtes turcs. Rapidement prévenus par les cris des naufragés, les sauveteurs ont repêché 12 corps sans vie, dont ceux de cinq enfants et d’une femme.
Selon les médias turcs, l’enfant photographié s’appelait Aylan Kurdi et il était originaire de Kobané, ville syrienne adossée à la frontière turque. Son frère aîné, Galip, cinq ans, a également trouvé la mort dans le naufrage. L’image a rapidement envahi les réseaux sociaux sous le hashtag #KiyiyaVuranInsanlik (“l’humanité échouée” en turc).
Au Royaume-Uni, “The Independent“, “The Guardian“, “The Times“, “The Daily Mail” et même le tabloïd “The Sun”, pourtant hostile à l’égard des migrants, titre sur la même photo choc. Selon le quotidien “The Guardian”, elle résume “toute l’horreur du drame humain qui se déroule sur les côtes européennes”. “Si ces images extraordinairement fortes d’un enfant syrien rejeté sur une plage ne modifient pas l’attitude de l’Europe vis-à-vis des réfugiés, qu’est-ce qui le fera ?”, interroge de son côté “The Independent”.
“Doit-on montrer le drame humanitaire pour qu’il soit prouvé ? Le Soir le croit”, réagit de son côté le quotidien belge. En Italie, le quotidien italien “La Repubblica” a tweeté “La photo qui fait taire le monde”, et en Espagne, le journal “El Pais” en faisait le “symbole du drame migratoire”, tandis qu’“El Periodico” titrait sur le “Naufrage de l’Europe”.
Des dizaines de milliers de Syriens fuyant la guerre ont gagné la côte égéenne de la Turquie cet été pour rejoindre la Grèce, point d’entrée de l’Union européenne. Les agences humanitaires estiment qu’au cours du mois écoulé, environ 2 000 personnes ont effectué quotidiennement la courte traversée entre les côtes turques et les îles orientales grecques sur des bateaux pneumatiques.
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Libre Expression. Le Problème des Haratines n’est plus un problème d’Esclavage
Ahmed Salem O Elmoctar – « Les Haratines, ces oubliés de la république » : ce bout de phrase résume parfaitement la situation présente des Haratines. Les idées développées par Ould Beibakar au sujet des Haratines sont, pour la plupart, de mon point de vue, défendables. En quelques lignes voilà ce qu’elles m’inspirent.
Tout pouvoir, même le plus démocratique, ne se permet jamais de se créer des problèmes qu’il aurait pu contourner ou éviter. Cette règle s’applique parfaitement aux différents pouvoirs Mauritaniens depuis l’indépendance du pays et même avant.
Chaque pouvoir, dans chaque période, fait habituellement face à une situation comportant un certain nombre de problèmes cruciaux qui exigent des solutions rapides. Et comme la politique est l’art de la recherche de solutions aux problèmes globaux et souvent pressants, aucun gouvernement ne va se permettre de se créer de nouveaux problèmes ou de réveiller d’autres encore endormis.
C’est pourquoi, je considère, personnellement, que poser aujourd’hui le problème de l’existence de l’esclavage dans les autres communautés négro-africaines, au moment où les concernés ne manifestent aucune velléité de le poser, relève de la maladresse ou d’une volonté inavouée de vouloir noyer le problème posé avec pertinence des anciens esclaves de la communauté maure.
Le problème de la décolonisation n’existait pas avant la prise de conscience des peuples colonisés et l’engagement de leur lutte pour la libération.
Les haratines ou les esclaves d’hier ou les deux à la fois, à cause de plusieurs siècles de bannissement et de frustration, peinent à pouvoir poser un problème réellement pressant pour nos différents pouvoirs.
Au temps du pouvoir du président Mokhtar, la situation générale des Haratines se caractérisait par l’impact négatif d’un passé récent de domination esclavagiste. Leur début d’éveil demeure encore insignifiant.
Le pouvoir du président Mokhtar était accaparé par les multiples problèmes posés, dans un premier temps par la mise en cause de la naissance même de la Mauritanie, puis, dans un deuxième temps, par les difficultés posées par une décolonisation inachevée et les tracasseries de clans tribaux, soucieux de préserver leurs privilèges héritées du système colonial.
L’assise sociale du régime du président Mokhtar est essentiellement constituée des représentants de ces clans foncièrement esclavagistes.
Concernant la recherche de solution à la question Haratine, sa marge de manœuvre était donc presque nulle. Il l’évoquait dès fois à des fins de consommation locale ou de règlement de compte avec tel ou tel clan féodal.
Comme le problème ne se pose pas avec acuité, c’était, stratégiquement parlant, de la maladresse de le poser pour la simple raison que le contexte socioéconomique de l’époque ne lui permet pas de faire face aux conséquences d’une volonté réelle de le résoudre.
Quand aux différents régimes militaires qui vont se succédés après, tous, sans exception, étaient accaparés par des préoccupations qui n’ont rien à avoir avec la question Haratine.
Des militaires de formation, esquintés par une guerre fratricide, qu’aucun intérêt national ne peut justifier, leur gestion de la chose civile ne peut pas être idéale. Tous se démènent pour d’abord trouver des solutions, même provisoires, à des problèmes cruciaux qui menacent souvent leur existence.
En réalité, même à supposer que la volonté y est, les pouvoirs militaires qui ont suivi le 10 juillets 1978, ne possèdent nullement les moyens financiers pour indemniser les esclaves ou leurs maîtres. Ils n’avaient que la belle parole et les jolis textes et ils en ont distribués suffisamment.
La malchance, peut être,des pouvoirs militaires est de voir le problème Haratine émerger à la surface au tout début de leur règne. Ce n’était pas le fait du hasard.
Ce qui caractérise cette période, c’était surtout la faiblesse des institutions étatiques et l’émergence des égoïsmes personnels et de clans, consécutifs à l’affaiblissement des deux forces majeures aux ambitions modernistes et unitaires pour le pays, le MND et l’élite intellectuelle qui pivotait autour du président Mokhtar.
Les courants particularistes, surtout racistes et tribalistes, occupèrent aussitôt le terrain. Le problème numéro un des détenteurs du pouvoir est la recherche de solution en vue de partager le peu de moyens dont dispose l’Etat à des clans véreux et impitoyables.
La naissance d’Elhor, en ce moment, fut dictée par un début d’éveil d’une élite Haratine qui tient à avoir sa part du gâteau. Se taire, à l’époque, c’est se faire oublier à jamais. Aucun pouvoir, civil ou militaire, ne pouvait envisager en aucun moment de transformer les féodaux en abolitionnistes.
Ce sont ces mêmes féodaux esclavagistes qui ont réussi à étouffer toutes les interprétations religieuses à caractère abolitionnistes des Oulemas éclairés du passé. Concernant Ould Sidi Yahya, je pense qu’il a beaucoup contribué à répandre la bonne morale, mais la problématique Haratine est quasi absente de ses prêches.
Le colonel Ould Beibakar loue le silence et la réussite sociale d’une certaine élite Haratine, tout en fustigeant et diabolisant ceux qui ont osé dénoncer publiquement la situation déplorable du monde Haratine.
Il prône l’école moderne comme unique solution pour l’émancipation des Haratines. Je rappelle à Ould Boueibakar que des problèmes sociaux aussi complexes et aussi compliqués comme la question Haratine ne peuvent jamais être résolus par le silence.
Je lui rappelle également que les quelques pas, timides de surcroit, franchis dans la solution de ce problèmes sont exclusivement le fruit de la lutte ouverte et (non pas silencieuse) et des sacrifices des concernés et leurs représentants, y compris les « opportunistes », « marchands de la cause » dont il parle.
Je donne raison à Ould Boueibakar, quand il propose l’école comme solution. Mais de quelle école s’agit-il ? J’espère qu’il ne nous propose pas ce qui reste de l’école publique : une coquille vide.
Il sait que la grande masse des Haratine, y compris une bonne partie de « l’élite silencieuse », n’ont pas de moyens pour accéder aux écoles privées respectables ou aux quelques écoles d’excellence.
En suite, quelle solution peut on envisager pour l’emploi et la promotion des quelques cadres qui réussissent à franchir les nombreuses difficultés rencontrées ? Ils feront inévitablement face aux clans des notables et de « féodaux non abolitionnistes » qui veillent sur « la bonne marche » de tout pouvoir qui s’installe dans ce pays.
Plusieurs décennies de sécheresse ont détruit systématiquement l’économie rurale, libérant automatiquement des milliers d’esclaves. Ceux-ci regagnèrent aussitôt les centres urbains à la recherche du travail rémunéré.
Les élites intellectuelles progressistes vont les accueillir, les encadrer et leur insuffler un début de prise de conscience, les préparant ainsi à un éveil plus accentué dans les décennies suivantes. D’une couche sociale en soi ils évolueront progressivement en couche sociale pour soi, pour paraphraser un auteur célèbre.
Après donc les effets de plusieurs décennies de sécheresse, après également une évolution sociale et culturelle certaine, l’esclavage traditionnel ne constitue plus le problème majeur du monde Haratine. Je considère donc qu’il devient absolument inutile de continuer à vouloir limiter coute que coute la question Haratine à un problème exclusivement d’esclaves et la nécessité de se libérer d’un statut esclavagiste qui devient absolument marginal.
D’autres font valoir la promotion des Adwabas par la création des petits projets. Petits, moyens ou grands projets dans des villages abandonnés dans la plus part des cas par leurs habitants au profit de petits emplois au rendement quotidien en ville, ne solutionnent aucun problème.
Aujourd’hui tout le monde se rend compte que l’Etat est presque l’unique source de solutions aux problèmes que peut poser une communauté ou un groupe social déterminé. Il est le seul en mesure de jouer le régulateur des équilibres socio-économiques dans le pays.
Ce fait explique le fond de tous nos problèmes actuels. Jouons donc le sérieux avant qu’il soit trop tard. Tout palabre sur la légalité ou l’illégalité, sur l’existence réelle ou fictive, de l’esclavage, devient absolument inutile, pour la simple raison que le mode esclavagiste, cesse d’exister, surtout comme source de vie, même d’une famille rurale.
Faisons face avec courage à notre vrai problème : le partage équitable du gâteau national. C’est l’unique moyen d’assurer une bonne formation à nos générations futures et de garantir une paix civile durable pour notre pays.
Il s’agit, notamment, de faire réellement en sorte que les Haratines cessent d’être « les oubliés de la République », considérant qu’ils sont les seuls citoyens qui n’ont pas de patrie de rechange, comme l’a su bien dit Ould Boueibakar.
C’est aussi l’unique moyen pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle de facteur d’unité de notre pays et de notre peuple. Pas de noblesse, ni de dignité, ni surtout de fierté, dans la négation de soi et le dénuement complet.
Ahmed Salem O Elmoctar dit Cheddad ( Observateur indépendant)
via Adrar-info




