Les Forces Progressistes du Changement (FPC) Mauritanie

Monthly Archives: September 2013

Alassane Hamady Soma Ba, président du parti Arc-en-ciel : “Les bambaras sont les oubliés de ce pays, pourtant ils ont fondé Atar!”

Le microcosme politique mauritanien compte très peu de personnages du genre de caractère entier d’Alassane Hamady Soma Ba. Richissime homme d’affaires dans les années 80, il est l’une des victimes-figures de proue de ceux qui ont tout perdu à cause d’un système d’état qui a pensé la domination économique, politique et culturelle d’un groupe communautaire exclusif de ce pays. Effacé depuis du paysage social du pays, il revient en force, en politique, sans langue bois, avec des idées pour sortir du carcan des partis politiques, autant du pouvoir que de l’opposition classique, décrite comme “crypto-personnelle”. Entretien avec un homme révolté contre un système “inique et machiavélique”, mais qui ne conçoit la solution pour ce pays, que dans une cohabitation pensée et à réaliser réellement.  


Alassane Hamadi Ba, dit Balas. Crédit : Noorinfo/MLK  

Alassane Hamadi Ba, dit Balas. Crédit : Noorinfo/MLK  

 

 

Vous avez obtenu votre récépissé il y a trois ans. Depuis le parti n’a pas tenu d’activités jusqu’à votre assemblée générale d’il y a quelques jours. Que s’est-il passé?
   
  En réalité on était en hibernation depuis tout ce temps. Pour trois raisons objectives. 
   
La première était que mes amis et moi voulions soutenir Aziz qui avait fait des promesses jamais tenues par aucun dirigeant de ce pays depuis sa naissance en 1960, et pleines d’espoirs, et qui ne pouvaient laisser aucun mauritanien indifférent, aussi bien sur la question de la cohabitation, que sur la répartition des richesses entre les mauritaniens, donc pour enfin une justice sociale entre tous les mauritaniens qui seraient désormais égaux en droit et en devoirs. 
   
  Malheureusement, très tôt, je me suis rendu compte que c’était un leurre, un bluff. Je l’avais prévenu que je le quitterais en cas de non-respect des engagements. Sincèrement, j’étais très loin d’imaginer qu’un responsable de ce rang et de surcroît officier supérieur dont on nous dit toujours que la parole est sacrée allait opérer un revirement à 180 degrés. J’ai donc mis en veille le démarrage des activités du parti. 
   
  La deuxième raison est que les membres fondateurs de mon parti qui me pensaient très proches du cercle décisionnaire du pouvoir et qui s’étaient agglutinés autour de moi sans conviction politique s’étaient subitement volatilisés, comme la neige fond au soleil, quand ils ont constaté que je n’étais plus en odeur de sainteté auprès d’Aziz.
   
  La troisième raison est plus personnelle et médicale. J’ai eu un accident au cours d’une simple opération de la cataracte, mon ophtalmo m’a troué la cornée et m’a rendu aveugle. Grâce à Allah, le Guérisseur de tous les maux, j’ai retrouvé ma vue après une greffe a Paris. Je redis encore une fois Merci à mon Seigneur, Al Hamdoulilahi!
   
  Quand j’ai retrouvé ma vue, le désir du combat m’est revenu. Et d’entretiens en entretiens sur les radios privées et la télévision privée , les auditeurs et téléspectateurs m’ont incité à reprendre mes activités politiques. C’était véritablement une demande de personnes qui m’avaient entendu et qui me disaient que j’avais rallumé une flamme en eux. D’où la reprise de mes activités politiques, portée par la tenue d’une assemblée générale le 31 août dernier où un bureau exécutif a été formé. 

 


Alassane Hamady Soma Ba, président du parti Arc-en-ciel :   Quel projet de société portez-vous?
   
  La Mauritanie ne manque que d’une seule chose: des gouvernants capables et surtout soucieux du bien-être de CHACUN de ses citoyens. Allah lui a fourni tout le reste : ses eaux sont peuplées de toutes les espèces prisées de poissons, ses vallées sont fertiles et peuvent nous rendre autosuffisant en nourritures, ses mines malheureusement bradées à des multinationales voraces, sont d’une richesse inouïe, et avec un petit nombre de bouches à nourrir, à chausser, à loger, a soigner, a instruire ou à habiller. 
   
  C’est bien la preuve qu’Allah nous aime et qu’il nous a gâté. Seul malheur dans ce tableau : des mauvais gouvernants qui ne pensent qu’à eux-mêmes et à leurs fils biologiques. Allez à Paris sur les champs-Elyses, l’avenue la plus chère au monde, vous y trouverez des hôtels 4 étoiles  appartenant à des mauritaniens, allez à Casablanca, à Las Palmas, à Nice, à Los Angeles, en Floride vous trouverez des centaines de villas cossues appartenant à des mauritaniens. Est-ce acceptable tout cela quand la pauvre ménagère ne parvient même plus à mettre quelque chose dans son panier, quand les malades sillonnent les rues et les bureaux avec leurs ordonnances entre les doigts. Non ! c’est criminel.
   
  Cette succession de mauvais gouvernants voraces n’est pas un sort d’Allah! les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent. Boutons-les tous dehors, auditons-les tous et reversons nos biens volés dans notre trésor public et nous ne tendrons plus la main ni au Qatar, ni au Koweit, ni à aucune autre puissance. La mal-gouvernance sempiternelle est le seul problème de ce pays.
   
  La cohabitation est le socle des problèmes mauritaniens. Et ce problème majeur est entretenu par une minorité au pouvoir.
   
Quelles solutions préconisez-vous? 
   
  Honnêtement, à ce moment de notre histoire, la solution ne peut venir que des mauritaniens eux-mêmes qui doivent prendre conscience de leur situation. Les moutons de Panurge à un moment doivent sortir des rangs et toiser le berger. Et arrêter d’espérer son avenir par rapport à de misérables avantages gratinés par une élite toute aussi misérable à laquelle ils s’accrochent.
   
  Mais j’ai bon espoir : Aziz a provoqué le déclic. Tous les espoirs fondés sur Aziz ont été déçus en moins de deux ans! Plus personne ne croira cette classe politique. J’espère que ce sera un déclic historique! Et j’espère participer à la création d’un de ces vecteurs de ce mouvement d’éveil social et politique de masse.

 


 
La structure organisationnelle de votre parti est assez unique en son genre… Comment le décririez-vous?
   
  Le bureau exécutif, déjà formé, est chapeauté par un conseil externe de sages chargé de veiller au respect et au suivi de l’éthique politique et morale du parti. ces sages ne sont pas membres du parti. Leur honnêteté intellectuelle, leur probité morale sont reconnues, pour certains depuis l’époque de Mokhtar Ould Daddah. On a dressé leur liste et on les a invités à veiller à ce que les objectifs du parti ne soient jamais perdus de vue, notamment la lutte pour consacrer une réelle et effective cohabitation. Tout mouvement risque l’écueil de l’embourbement politique et de la corruption.
   
  Alassane Borty Diallo est le président d’honneur. Deux présidents actifs : moi et un premier vice-président arabo-berbère. C’est cette structure organisationnelle qui doit exister dans toutes les institutions publiques du pays : partout où il y a un président arabo-berbère, son vice-président doit être un noir, et vice-versa. Ce vice-président sera chargé de renforcer l’axe de l’Afrique arabe, car même de ce côté nos relations battent de l’aile. Ces gens ne croient plus en notre oligarchie menteuse, cupide et vorace.
   
  Il y a cinq vice-présidents : Un pour chaque communauté : entre le parti et les arabo-berbères, entre le parti et les Soninkés, entre le parti et les harratines, mais également un lien avec les wolofs, un autre avec les Pulaars, et même les bambaras, car on nous les fait oublier tout le temps! Pourquoi sont-ils les éternels oubliés de ce pays? Ce sont eux pourtant qui ont crée Atar ! Depuis l’empire du Ghana. Dans la falsification de l’histoire en Mauritanie on veut balayer tout ça. A Boutilimit, à Mbout, à Timbedra, à Aioun El Atrouss, à Nema ils y sont nombreux et mauritaniens bon teint. Non à la falsification de l’histoire mauritanienne! Si on les efface demain ce sera le tour des Wolofs, ensuite les Soninkes et encore les Pulaars, étant donné que la purge de 1989 a avorté.
   
  Nous nous sommes chargés de la redynamisation des relations entre la Mauritanie et l’Afrique noire. Cette oligarchie dont on parlait nous a coupé de cette part identitaire de notre pays, en nous extirpant de la CEDEAO de l’OCAM. Même, n’ont-ils pas tenté de sortir la Mauritanie de L’OMVS et du CILS ?
   
  A travers ce type d’organisation nous voulons consacrer les notions de TRANSPARENCE, de l’unité et de l’égalité. D’ailleurs, toutes nos réunions de bureau politique seront accessibles a tous. Un observateur par séance.
   
  Notre Commission nationale chargée de la cohabitation est présidée par un brillant marabout et un fils de chérif connu de tous les mauritaniens .. Il y aura également nos représentants itinérants, sur l’ensemble des cinq continents, et toutes les parties de l’Afrique où repose une forte diaspora mauritanienne. Car comme je le dis souvent : notre force viendra de l’extérieur, car l’intérieur a été anesthésié par 53 ans de marasme, de torpeur, de couardise. Ceux qui ont grandi hors du système peuvent aider à faire basculer les choses.

 


En pulaar sur la devanture :  

En pulaar sur la devanture : “La maison de Hammadi Sooma Bah” du nom de son père. Crédit : Noorinfo/MLK  

Participerez-vous aux prochaines élections législatives et municipales?
   
  Nous allons y participer. On ne se laisse pas mener dans la guéguerre entre le pouvoir et une opposition crypto-personnelle. Nous y serons pour que notre discours soit entendu. Avec le temps nous espérons être une véritable avalanche.
   
  Dans ce premier temps, nous n’allons pas disperser nos forces, mais nous présenter dans quelques communes seulement. Même aux législatives nous comptons nous présenter.
   
  Depuis Ahmed Daddah jusqu’à boydiel, en passant par Messaoud et Moustapha Ould Abderrahmane, sans oublier Kane Hamidou Baba, et sanghott Ousmane Racine, tous ont fait l’accumulation de leurs preuves négatives, pour que les mauritaniens les plus profanes fassent la différence. On peut leur dire “Mooorr“* quitte à ce qu’arc-en-ciel soit un singleton. On va tous les mettre à nu pour que le peuple mauritanien se réveille!
   
Un dernier mot particulier? 
   
  Le combat commence. Je ne prononcerai pas encore mon dernier mot (rires).
   
Propos recueillis par Mamoudou Lamine Kane
   
“Mooorr”: onomatopée signifiant le dégoût et suggérant la honte envers les actes moralement répréhensibles d’un individu.

 

Noorinfo



 

Oumar Diagne: Où va la Mauritanie ?

altTrop de choses, dans ce pays, sont troublantes et l’avenir semble très incertain. Le racisme, l’esclavage, la pauvreté, les discriminations minent le quotidien dans une atmosphère où l’absence de conscience ou où, des   consciences volontairement  anesthésiées  se propagent dans  l’air ambiant et assombrissent le ciel.  

Après des années de militantisme, je me suis interrogé sur ce qui fait que la situation n’évolue guère. J’ai donc jugé utile de prendre du recul et de mener une analyse.  

Mon constat est que l’idée d’un Etat moderne n’est pas encore ancrée dans la mentalité des populations. Plus grave encore est que ceux qui sont considérés comme des acteurs politiques manquent de culture générale, critique et étatique.  

L’essence de l’Etat est de protéger. «  Le but de la République est la sécurité des particuliers », nous dit Hobbes. Or, en Mauritanie, on assiste à un Etat où l’exclusion est la base de l’organisation de la société : exclusion d’origine raciale, sociale et économique.  

En ce qui concerne l’exclusion raciale, elle pourrit la situation du pays depuis son indépendance. Elle a atteint son summum avec les massacres, la déportation, les assassinats, les emprisonnements  des Négro-mauritaniens en1989. Aujourd’hui, elle continue à travers  la volonté du pouvoir mauritanien d’exclure le maximum de Négro-mauritaniens de l’état civil.  

Pour ce qui est  de l’esclavage, il s’agit de l’un des pires crimes que nous pouvons  connaître en ce XXIème siècle, des siècles après Rousseau, un des pères de la philosophie des lumières, celle de la raison. Pour Rousseau, tous les hommes naissent égaux en droit car tous naissent libres.  

  La  Mauritanie est  un des rares pays au monde où l’esclavage, sous sa forme ancienne,  demeure encore. Cela devrait pousser les Mauritaniens à s’interroger sur eux-mêmes, sur leur état d’arriération. Ils devraient en avoir honte. Malheureusement, tel n’est pas le cas. La société mauritanienne est une société inégalitaire, fière, où le vent de l’esprit de Rousseau passe encore inaperçu, car les oreilles sont bouchées par les lourdeurs des traditions. Il faut noter que, plus on est ignorant et aveugle d’esprit, plus il est plus aisé d’être fier de soi.  

Pour ce qui est de l’exclusion économique, une minorité s’accapare aujourd’hui de la richesse du pays.  « Depuis son accession au pouvoir, le Président Aziz, malgré ses promesses, a passé son temps à construire sa propre fortune au lieu de gouverner. Il fait main basse sur l’ensemble de l’économie mauritanienne, de l’exploitation des ressources naturelles aux banques, en passant par la pêche et les projets d’infrastructures.  

« Pour s’assurer du bon fonctionnement de sa machine à laver l’argent, Aziz doit employer en permanence un gang de courtisans qu’il enrichit tout en les chargeant de dissimuler ses propres avoirs. Qui sont les prête-noms qu’il utilise pour blanchir sa fortune fraîchement acquise ? Cette nouvelle classe d’hommes d’affaires maquignons, qui tous travaillent pour Aziz, sont en train de mettre en coupe réglée l’économie du pays. Pas un secteur n’échappe à leur voracité. » 1        

La gestion de l’Etat, en Mauritanie, repose sur  l’ethnie, la tribu, le clan, la courtisanerie.  Les richesses  sont, par conséquent,  mal réparties et ne résultent guère d’un mérite quelconque.   

Comment sortir de cette situation ?  

« Le changement institutionnel peut être amorcé ou engendré par un déplacement ou des modifications dans la dynamique des rapports de force au sein même des fonctions ou des postes clés de l’institution, par un changement idéologique, un scandale qui révèle la disparité trop grande entre des finalités et des pratiques ou le décalage entre les vertus. » 2  

Pour ce qui est de la dynamique des rapports de force en Mauritanie au niveau des postes clés, il est certain qu’elle n’est pas  en faveur de forces de progrès, de justice, d’égalité ou de fraternité. Au contraire, ce sont des forces rétrogrades, féodales, soucieuses de s’accaparer des richesses du pays qui y dominent. On peut donc difficilement espérer un changement idéologique au sommet de l’Etat.  

Concernant  un scandale qui révèle la disparité trop grande entre des finalités et des pratiques ou le décalage entre les vertus les changements, je peux dire que peu de choses scandalisent les Mauritaniens y compris l’assassinat de leurs  propres compatriotes ou frères. On l’a vu lors des événements de 1989. Même les populations victimes semblent peu choquées. On a vu de nombreux Négro-africains au côté du pouvoir. On peut même se demander si le Mauritanien a des valeurs humaines. Mes propos peuvent paraître forts  mais je suis convaincu de la pertinence de cette question.  

Quelles sont les valeurs des Mauritaniens ? Quelle est la finalité de l’Etat mauritanien ? Les valeurs des Mauritaniens sont dominées par l’appartenance ethnique, tribale, clanique, l’argent gagné facilement. La mentalité qui domine au sein de la société est inégalitaire, inhumaine. Elle frôle la barbarie.  

Pour ce qui est de la finalité de l’Etat mauritanien,  il n’y en a guère d’un point de vue collectif. L’Etat est là pour servir ceux qui en tiennent  les manettes. Cette manière de voir le rôle de l’Etat est très partagée. D’une manière générale, les opposants ont  les mêmes valeurs que ceux qui sont au pouvoir. C’est surtout pour cette raison que je demeure sceptique quant à l’avenir de ce pays.  

Les opposants mauritaniens, dans leur majorité, partagent les mêmes valeurs que ceux au pouvoir.  

On parle de démocratie mais on n’est pas pour la liberté de conscience.  

On lutte contre  le racisme mais on n’est pas pour l’égalité des Hommes. On croit aux castes. On le vit fièrement sans regret ni honte.  

On est contre l’esclavage mais on est pour le maintien du statut féodal de la femme en Mauritanie. Ou en tout cas, dans la pratique, on soumet son épouse, la considère comme inférieure à soi.  

On accuse le Président de voler les richesses du pays, d’entretenir la misère mais une fois arrivé au pouvoir, on agit de la même manière que lui.  

Il est aussi certain que si l’opposition venait au pouvoir les pratiques ne changeraient pas de beaucoup.  

Tout cela rend pessimiste. Mais le pessimisme  n’empêche pas d’agir. Il peut même rendre plus fort car rien ne peut décourager le pessimiste actif. La Mauritanie a besoin  d’une rupture épistémologique, d’un changement de paradigmes, de disque.  

Oumar Diagne  
Ecrivain      

 

 Source:  Oumar Diagne

 

 

Hommage aux militants des FLAM

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Hommage aux militants desFLAM
                    
                      Djamberêbés !
 
Pour vous Djamberêbés , heros de liberté
Je veux dire ce chant , dont la Mauritanie
Saura faire un drapeau  contre son oppression .
Car , en refusant la peur et les compromissions ,
Vous vous êtes dréssés contre la tyrannie,
Et vous avez crié  ‘’ Noire est la dignité ‘’ .
 
Ils vous ont arrêtés , vous et vos compagnons .
Ils vous ont enchaînés , torturés sans remords.
Mais c’est de Oualata qu’est née notre esperance .
En vos jours  et vos nuits qui n’étaient que souffrance,
En ces heures sans fin  vous menant à la mort ,
S’est forgé  notre lutte et scéllée notre union
 
Gueye Tene Yousouph , chantre du sol natal ,
Et Djigo Tafsirou , Ba Alasane Oumar,
Retrouvant le courage et la foi des nos pères ,
Fils d’une seule lutte  et d’une même terre ,
Frères de même sang , Soninkés , Halpular ,
Vous nous gardez unis : keffo ! Diappo ! Dental
 
Vous n’aviez pour linceul que douleur et torture ,
Ils vous ont refusé deuil  et cérémonie .
Vous n’avez pas de tombe où reposer  vos cœurs ,  
Mais  vous , nés du Tekrour , vous êtes les vainqueurs .
Car notre immense tombe est la Mauritanie .
Et chacun de nos cœurs est votre sépulture .
 
Non ! Vous n’êtes pas morts , et votre heure est venue .
Non , vous n’êtes pas morts , car de vos meurtrissures
Est né un arbre  vert , une flamme a jailli .
Un seul , – ayez pitié – parmi nous a failli ,
Voulant l’argent  pourri pour panser ses blessures.
Tous les autres  sont là . La lutte continue !
 
Frères nous gagnerons . Forts de nous souvenir ,
Nous saurons maintenir la détermination ,
Qui fait les hommes libres , et qui les garde  sages .
Au-delà  du racisme ils verront  nos visages .
Au-delà de leurs peurs la reconciliation.
Justice et paix pour tous , c’est là notre avenir !
 
Nous tous mauritaniens, reconnaissons-nous frères :
Il nous faudra  bâtir  un monde plus humain
Où nous pardonnerons ,sans jamais  oublier .
Où nous partagerons , mais sans jamais plier .
Tous nos enfants un jour se tiendront par la main ,
Fils d’une seule lutte et d’une même terre .
                                                      
 
                         ANNICK
 
  Juillet 1992
 
 

Scrutins législatifs et municipaux : Au profit des frères et des cousins

Alors que le COD et le président Mohamed Ould Abdel Aziz poursuivent leur jeu de nerfs autour des prochaines consultations électorales, avec des échos de plus en plus persistants relatifs à de fortes pressions exercées sur les deux parties par des « pays amis » pour dépasser la crise politique persistante en Mauritanie, les scrutins envisagés ont ouvert une véritable course pour l’accès aux fonctions électives, avec en soubassement le retour en force du népotisme et du tribalisme.  


Scrutins législatifs et municipaux : Au profit des frères et des cousins  
 

 

  Les partis de la Coordination de l’opposition démocratique (COD) continuent de maintenir le suspens quant à leur participation ou non aux prochaines élections législatives et municipales de novembre 2013.
   
  Prévue dimanche 1er septembre dernier, la décision finale des leaders de l’opposition dite radicale semble courir de report en report, les réunions de la COD s’éternisant sans qu’une position commune officielle ne soit prise. De sources proches de ces milieux, la décision des partis de la COD reste suspendue aux éventuelles nouvelles concessions que le pouvoir du président Mohamed Ould Abdel Aziz pourrait amener à leur concéder. Il est en effet de plus en plus question de négociations en coulisses entre les différents acteurs, de pressions sous la table exercées par certains partenaires clés de la Mauritanie pour amener l’opposition et les autorités à s’entendre sur des points afin qu’aucun boycott ne vienne prolonger une crise politique qui n’a que trop durer. C’est dans ce cadre que s’inscrirait l’intermédiation confiée, selon certaines sources, à Messaoud Ould Boulkheïr, président de l’Assemblée nationale et figure de proue de la scène politique nationale.
   
Pendant que d’âpres négociations se déroulent ainsi dans les coulisses, les partis de la majorité et plusieurs autres partis dont certains se réclament de l’opposition et d’autres de la COD participationniste, s’étripent pour s’arracher sièges au Parlement et dans les prochains conseils municipaux. Au sein du parti-Etat, plusieurs sources de presse évoquent un retour en force du népotisme et du tribalisme. Au détriment du mérite et de la compétence, plusieurs ministres du gouvernement et hauts fonctionnaires de l’Etat ou encore cadres influents du parti-Etat, l’Union Pour la République (UPR) s’activeraient ainsi à mettre à l’étrier électif leur propre frère ou leur cousin. La politique devient de ce fait, sous les tropiques du ciel mauritanien, une affaire de famille et de succession, dont l’objectif loin de servir la Nation et les populations, se résumerait à des partages de prébendes au sein des cercles familiaux restreints. La populace ne servirait dans ce jeu de dupes, que de strapontin servant à mener à des ambitions personnelles visant la préservation d’un héritage politique que certains clans et tribus s’adjugent.
   
  A tout seigneur tout honneur, le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf a été cité par certaines sources de presse pour son entremise en faveur de son frangin qu’il aurait avancé comme candidat à la mairie de NBeïkatt Lehouach, son fief d’origine. A son tour, le tout nouveau ministre de la Santé aurait poussé son propre frère pour un poste de député au Hodh Charghi. Il en serait de même pour le Commissaire à la Sécurité Alimentaire qui aurait lui aussi mis en selle son propre frère pour la députation au nom de l’UPR. Même scénario adopté par la ministre de la Fonction Publique qui a mis aux devant sa sœur sur la liste à la députation réservée aux femmes. L’ambassadeur de la Mauritanie au Qatar ne serait pas du reste, lui qui a proposé également son frère pour la mairie de Oum Avnadach au Hodh Charghi.    
  Ceux qui pensaient que ce phénomène était uniquement circonscrit dans les deux Hodhs où la force du tribalisme et des chefferies traditionnelles reste encore prégnante ont dû déchanter en apprenant qu’au Trarza aussi, un des leaders de l’UPR dans la région, s’activerait de son côté pour placer son frère à la tête de la commune de R’Kiz, suite à des ententes avec des ensembles tribaux locaux. L’un des députés transfuges de l’opposition et qui est entré au parti EL Wiam, est en campagne au Trarza, pour ses neveux qu’il souhait présenter à la députation à Rosso et la municipale à Mederdra.
   
  Ce phénomène ne concernerait pas cependant, selon les sources, les seuls partis de la majorité, en l’occurrence l’UPR, mais toucherait aussi certains partis de l’opposition qui défendent dans leur discours des principes comme la démocratie, l’égalité des chances entre Mauritaniens et le culte du mérite, à l’image du RFD d’Ahmed Ould Daddah, qui selon les mêmes sources, userait des mêmes méthodes liées au mérite par naissance. C’est dans ce cadre que l’un de ses vice-présidents, Ould Moine envisagerait, de propulser son fils pour la députation du parti dans la liste nationale au cas où l’option de la participation l’emporterait. Il en serait de même pour plusieurs autres cadres influents de la COD qui chercheraient à mettre en selle leurs propres frères ou fils.
   
  Alors que les grands échassiers de la confrontation politique, la COD et Ould Abdel Aziz en l’occurrence, continuent leur jeu de Yo-yo, certains partis politiques, sûrs de leur assise populaire présumée, piaffent d’impatience pour aller aux charbons, quelles que soient les conditions dans lesquelles les prochains scrutins seront organisés. A la limite, certains de ces partis qui se réclament de l’opposition modérée ou dite « responsable », comme EL Wiam, Sawab, et dans une moindre mesure, ADEL, Renouveau Démocratique et Mouvement Pour la Rénovation, trouvent les garanties actuelles assez suffisantes pour prendre part aux élections. Ce qui aux yeux de leurs détracteurs relèverait de la naïveté politique, si d’autres ne vont pas plus loin en voyant dans leur démarche un opportunisme inopportun qu’ils risquent de payer cher. Leurs partisans croient cependant que seules les élections pourront sortir le pays de la crise dans laquelle celui-ci se débat depuis des années et qu’il est temps de repartir sur de nouvelles bases avec des institutions légitimes. A la limite, ils accusent les partisans de la COD boycottistes d’être des perturbateurs qui cherchent plus à sanctionner un homme, Mohamed Ould Abdel Aziz, qu’à œuvrer pour l’intérêt national.
   
  Le débat politique est ainsi en pleine ébullition en Mauritanie, à l’heure où la plupart des analystes voient dans les scrutins de novembre 2013 le plus grand enjeu politique que la Mauritanie ait connu ces dernières dix années. Il s’agit en fait, selon ce point de vue, d’un combat de survie entre une COD laminée en 2009 par des scores qu’elle continue de considérer comme truqués et un parti-Etat qui va pour la première fois au feu et cherche à prouver son leadership politique sur la scène nationale.
   
JOB   Lu sur l’authentique 

 

Noorinfo

Socogim Ps : Les Habitants tiennent un sit-in devant la présidence [Photoreportage]

altLes pluies qui se sont abattues ce dernier temps à Nouakchott ont fait, dans le quartier de la Socogim Ps, beaucoup plus de dégâts que les précédentes. Des maisons détruites, des pans de murs démolis, des routes coupées ; ça patauge partout. Mosquée détruite, poste de santé abandonné, école fermée depuis trois ans.

Le spectacle à la Socogim Ps n’est pas beau à voir. Une situation indescriptible qui a poussé les populations du quartier à manifesté, ce jeudi matin devant les grilles du palais présidentiel à Nouakchott.

Sous la houlette du collectif des jeunes de la Socogim Ps, les manifestants composés de jeunes, des femmes et des mères de familles arboraient des banderoles et de pancartes sur lesquelles sont inscrits différents slogans exprimant les problèmes du quartier « la Socogim PS sinistrée et oubliée » ou en encore « au secours, le quartier ne dispose plus de mosquée, de poste de santé ni d’école » « Depuis que des années nous avons des difficultés » martèlent t-ils.

Les habitants de Socogim PS témoignent

« Toutes les eaux se déversent dans nos maisons » se plaint une dame. Mika Lo, Membre du collectif des jeunes de la Socogim PS « Nous voulons une solution urgente, des camions citernes tout de suite pour pomper les eaux, la situation est très grave » préviens t-il.

Dans la foulée quelques manifestants ont été reçus par un conseiller à la présidence. Après une visite chez le Wali de Nouakchott des solutions provisoires ont étaient trouvés. Selon nos informations 6 camions citerne sont en ce moment entraient d’évacuer les eaux. 4 camions appartiendraient à l’Agence Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (ANEPA) et 2 de la Communauté Urbaine de Nouakchott(CUN).

A noter que le collectif des jeunes de la Socogim Ps avait recensé 144 maisons détruites par les eaux avant les derniers pluies.

Djigo Souleymane

Source: cridem