Daily Archives: 23/09/2013
Retour de Samba Thiam et ses lieutenants : Quel rôle pour les FLAM en Mauritanie ?
La dernière vague des leaders du mouvement des Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) est attendue demain, mardi 24 septembre 2013. Après le retour des premiers membres, dont le Vice-président Ibrahima Mifo Sow venu préparer le redéploiement de l’organisation dans le pays, rendu possible grâce aux changements politiques intervenus depuis 2005, la boucle va en effet être bouclée avec l’arrivée du chef charismatique des FLAMS, Samba Thiam et le dernier carré des fondateurs historiques. Entre temps, le mouvement a connu une scission en 2006, avec la création d’une aile dissidente dénommée FLAM Rénovateur, approché le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz et rencontré les principaux acteurs de la vie politique et de la société civile. L’occasion de se demander ce que ce retour des FLAMS va apporter en termes de plus-value pour la consolidation de l’unité nationale et la cohabitation interethnique en Mauritanie, mais surtout quel regard une certaine communauté maure portera à cette organisation jusque-là considérée comme hostile.
C’est demain, mardi 24 septembre 2013 à 13 heures que l’avion transportant le président des FLAM, Samba Thiam et le dernier carré de ses collaborateurs atterrira à l’aéroport de Nouakchott. Un retour historique qui sera sans nul doute fêté à sa mesure après plusieurs années d’exil. Ce come back de la figure historique des Noirs de Mauritanie marquera ainsi l’implantation définitive des FLAMS dont l’ambition première sera axée, si l’on en croit ces leaders, sur les changements sociaux et structurels que le mouvement compte impulser à la dynamique actuelle.
Il faut dire que l’arrivée de l’aide dure des FLAMS intervient huit années après le retour de la dissidence créée en France en février 2006 par Mamadou Bocar Bâ et compagnie, cet ancien président du Forum de l’opposition mauritanienne (FOME) qui avait mis fin à son exil avant de fumer le calumet de la paix avec les nouveaux maîtres de la Mauritanie post-Ould Taya, en l’occurrence le CMJD (Comité militaire pour la justice et la démocratie). Certains analystes avaient à l’époque vue dans le rapprochement entre cette dissidence et le régime transitionnel d’Ely Ould Mohamed Vall un beau coup réussi par les militaires qui venait de récupérer une partie négligente de cette organisation longtemps bannie en Mauritanie. Certes, les idéaux fondateurs des FLAMS étaient toujours présents dans les discours des dissidents, mais pour leurs détracteurs, la compromission était assez flagrante pour leur donner de la crédibilité.
Le retour de l’aile dure des FLAMS de Samba Thiam, après celui des FLAMS dit modérés, marque cependant un tournant décisif dans le combat des négro-mauritaniens pour qui, la lutte armée pour leur libération, constituait un pan non négligeable du combat prôné contre le « système raciste et racial de Nouakchott ». Mais les années sont passées et les idées révolutionnaires de l’époque ont bien dû se ramollir devant l’offense du temps, mais surtout devant cette Mauritanie nouvelle, où l’espace libre de l’expression et de l’action politico sociale, s’est beaucoup distendu.
Ce retour, après celui du Vice-président des FLAMS, Ibrahima Mifo Sow qui a eu le temps de déblayer le terrain, pourrait indiquer que l’organisation a eu assez de garantie pour permettre un déploiement serein des troupes et la participation active à la foire des idées et des débats nationaux. Un peu d’histoire pour mieux comprendre la suite.
Naissance des FLAMs
Les Forces de Libération Africaine de Mauritanie (FLAM) sont nées les 14, 15 et 16 février 1983 à Nouakchott. Une naissance historique, selon ses fondateurs, car selon eux, elle « constituait un bond qualitatif au niveau organisationnel en ce que l’organisation offrait pour la première fois un cadre unitaire de lutte contre le racisme d’Etat » (Dixit Abdoulaye Thiongane-Flam Europe du Nord). Elle constituait également, selon Thiongane, le « couronnement d’une prise de conscience de la nature structurelle de l’oppression raciale et de l’intelligence des mécanismes à travers lesquels celle-ci se manifeste et se met à l’œuvre ». La devise de l’organisation devint « A oppression totale, lutte totale ». Les membres fondateurs des FLAMS ont ainsi connu les arrestations, les bagnes, les meurtres, l’exil…durant ces années dites de « braise », entre 1989 et 1992 notamment. Le Manifeste du Négro-africain oppressé, « de la guerre civile à la lutte de libération nationale » produit par les FLAMs et publié en 1986 deviendra dès lors le livre de chevet des Flamistes. Elle vaudra d’ailleurs l’arrestation, la déportation à Walata de plusieurs de ses membres dont certains décèderont en cellule comme Feu Djigo Tafsirou, Tène Youssouf Guèye entre autres, mais aussi d’autres rescapés parmi lesquels, Feu Saidou Kane et l’actuel président de l’AJD/MR Ibrahima Mokhtar Sarr.
Aujourd’hui, les FLAMS estiment que si le contenu du Manifeste était mieux appréhendé et traduit en une véritable réflexion autour des enjeux de la cohabitation raciale, « la Mauritanie n’en serait pas là », un pays divisé, où les communautés se côtoient sans se parler, hypothéquant dangereusement son avenir. Deux nationalismes se sont ainsi livrés à des guerres fratricides, les chauvins arabes et négro-africains.
Au chauvinisme baathiste et nassérien, raciste, purificateurs et exclusiviste, dont le but affiché est de jeter une partie de la communauté de l’autre côté du Fleuve, comme le souligne les FLAMs, s’opposerait ainsi une organisation négro-africaine qui se situerait, selon ses partisans, dans la perspective d’une Mauritanie réconciliée avec ses identités multiples, unie dans la paix, la justice et l’égalité.
La déportation continue sous des méthodes plus subtils
Les FLAMS estiment que la lutte pour l’égalité entre les Mauritaniens, qu’ils soient maures ou noirs, est loin d’être gagnée, trouvant dans le nouvel enrôlement biométrique la face cachée d’une déportation subtile, en ce que ce recensement s’apparente plus à une épuration ethnique sous le sceau de la loi. L’on s’étonne ainsi de la dureté des propos tenus à ce sujet par ses plus dignes représentants qui continuent de parler d’une nécessité absolue de « combattre ces lois scélérates qui favorisent la suprématie d’un groupe ethnique sur les autres », créant des citoyens à la mauritanité indéniable et des citoyens à origine douteuse dès lors qu’ils sont noirs. Pour les FLAMS, la conclusion est fatale : « l’actuel recensement permettra une fois bouclée, de fermer définitivement les portes de la Mauritanité à des centaines de milliers de négro-africains qui seront jetés dans les rivages obscurs de l’apatride.
Changer la nature de l’Etat
Dans une interview accordée en juillet 2013 à Essiraj, le Vice-président des FLAMS, Ibrahima Mifo Sow indique que l’objectif de son mouvement est de changer la nature raciste, discriminatoire et esclavagiste de l’Etat mauritanien. Ce qui pourrait bien constituer un point de rapprochement avec le mouvement IRA (Initiative de résurgence du mouvement abolitionniste) qui poursuit les mêmes objectifs. Et cette interconnexion entre les Négro-mauritaniens, constituerait selon ses deux courants, le plus grand cauchemar de l’appareil dominant en place.
Le come back des FLAM au terroir serait intervenu sur la base de deux importants dossiers que l’organisation avait à cœur de voir régler, et qui selon elle ont permis de décrisper le climat politique et social. Il s’agit notamment du problème des déportés et de celui du passif humanitaire, bien que le mouvement estime que ces deux préalables n’ont pas été totalement apurés. Les FLAM estiment en outre que le climat qui prévaut actuellement dans le pays est assez favorable pour le dialogue, sentiment qu’ils auraient perçu à travers leurs rencontres avec les partis politiques et les autorités nationales.
Pour le moment, la préoccupation de Samba Thiam et de ses camarades ne semble pas politique, dans la mesure où ils estiment que tant que les grandes question seront irrésolues, comme le problème de l’esclavage, de la discrimination raciale, les élections ne constitueront pas une priorité pour eux.
Entre Flamistes et Nationalistes arabes, quelle cohabitation ? Les rapports entre les FLAM et les Nationalistes arabes ne seront pas sereins de l’avis de plusieurs observateurs, car dès l’annonce du retour des FLAM en Mauritanie, les partisans du statu quo, selon un posting de Kaw Touré « ressortent la grosse batterie de la solution finale… avec des attaques répétées, haineuses, mal fondées…et foncièrement malveillantes ». A en croire quelques partisans des FLAM, « la campagne de diabolisation contre les FLAM a déjà commencé dans certains milieux chauvins ».
Cheikh Aïdara
Source: L’Authentique.
Arrivée du président des FLAM : Grande effervescence au siège du mouvement
Il ne reste que quelques petites heures pour que la délégation présidentielle de FLAM, conduite par son président, M. Samba Thiam, accompagné du porte-parole des forces de libérations africaines de Mauritanie, foule enfin le sol national, à partir de l’aéroport international de Nouakchott, ceci après plusieurs années d’exil forcé. Comme on l’imagine, il y aura une forte émotion de l’aéroport au siège du mouvement , situé près l’hôtel Ikrama, a Sebkha, où on enregistre, depuis quelques jours, une grande effervescence. Il ne désemplit pas. La mobilisation et la sensibilisation ont fini de prendre. La communication aussi. Dans ce cadre, les responsables du mouvement ont mis le paquet. Un dossier de presse a été concocté, il sera distribué au cours de la conférence de presse qu’organisera la délégation présidentielle. Aussi des lettres d’invitation aux manifestations du mouvement ont été distribuées ce lundi, 23 septembre aux acteurs politiques et à la société civile.Maître Aziz a encore gagné : la C.O.D va aux législatives comme elle ira à la présidentielle…
Après avoir refusé tout contact avec le pouvoir à base de Rahil et autre « Aziz dégage », la C.O.D a fini par dégager ce slogan qui ne fit pas recette pour retourner au dialogue avec le pouvoir à la queue leu leu. Après avoir juré le boycott, elle finit par réaliser que c’est un suicide, ce qui en islam est interdit ; de là certainement que Tawassoul furent en tête du dialogue-halal malgré le rappel de la dame du RFD qui estima que ce serait une trahison d’aller au dialogue contre le serment de la COD qui veut que nul ne puisse y aller sans l’aval de la toute puissante confrérie si codifiée.
Un climat glacial s’installe entre Bamako et Nouakchott
L’absence du président mauritanien à la cérémonie d’investiture du nouveau président malien reflète la dégradation des relations diplomatiques entre Bamako et Nouakchott, confient des sources concordantes à l’Alakhbar.Selon nos sources, les relations diplomatiques entre les deux voisins ont commencé à se dégrader depuis que les autorités de la transition au Mali ont refusé le déploiement de troupes mauritaniennes pour participer à la Munisma sur la frontière entre les deux pays. Cette objection a poussé la Mauritanie de dépêcher son premier ministre mauritanien, et son chef d’Etat major des Armées mauritaniennes pour tenter en vain de convaincre le gouvernement malien à revoir sa position.
le Mali estime qu’un déploiement comme le prévoit la Mauritanie serait non seulement une violation de souveraineté, mais une manière de se rapprocher davantage aux Touaregs et Arabes pour mieux les soutenir. Mais le président Ould Abdel Aziz avait justifié sa décision par le souci de sécuriser ses frontières et d’assurer le ravitaillement de ses troupes (Voir ici).
La récente visite de Ould Abdel Aziz au Sénégal est une autre illustration de son mécontentement contre son voisin malien. Le président mauritanien s’est rendu au Sénégal avec une forte délégation de 9 ministres et des conseillers sans signer de nouveaux accords. Les deux parties n’ont fait que paraphraser les mêmes accords sur le gaz mauritanien, les licences de pêche, la transhumance du bétail mauritanien au Sénégal, le pont de Rosso, etc. En réalité, note notre source, Nouakchott voulait par cette visite manifester sa colère avec Bamako.
Il en va de même avec le principal allié de Bamako dans la crise du Nord Mali, à savoir la France. La preuve: le dernier remaniement du gouvernement mauritanien. Il s’agissait bien sûr de nommer des personnalités moins politiques à l’approche des prochaines élections législatives et municipales. Il s’agissait encore de nommer des gens, comme le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire général du Gouvernement, qui sont plus favorables à un rapprochement avec les Etats unis qu’avec la France.
A cela s’ajoute un autre élément de la crise, il s’agit de l’indignation des autorités maliennes du soutien indéfectible de Nouakchott aux mouvements rebelles de l’Azawad (MNLA, MAA, HCUA). Bamako pense que la Mauritanie est devenue, depuis le déclanchement du conflit armée en mars 2012 au nord du Mali, une terre d’accueil pas seulement pour les refugiés maliens, mais aussi pour les leaders politiques et militaires indépendantistes de l’Azawad. Le MNLA, le HCUA et le MAA tiennent très souvent leurs conférences de presse à Mauricenter, un hôtel situé au cœur de la capitale mauritanienne. Et c’est juste à cet hôtel que le MNLA, le HCUA et le MAA ont fumé le calumet de la paix, deux jours après la fête de Alfitr, à travers la signature d’un accord d’unité et de non agression.
Source: Alakhbar




